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Ma peur m'empêche d'avancer dans la vie

Témoignage d'internaute trouvé sur psychologies - 01/03/11 | Mis en ligne le 17/03/12
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Oui, je tiens à mes névroses. Je conviens que je ne me facilite pas la tâche, mais j'ai besoin de me rassurer. Parce que j'ai très peur, si je les abandonne, de me découvrir. Si je tiens à l'idée qu'au fond de moi, je sais mieux que quiconque qui je suis, et Dieu sait combien je tiens à cette idée, alors je reste malgré tout perdu sur la manière de faire baisser ma peur. En ce sens oui, j'ai besoin d'aide. J'ai besoin d'une aide qui me rassure. J'ai peur aussi de me découvrir et de m'apercevoir que derrière tout ça, il y a moi. Si je le découvrais et que je ne m'appréciais pas dans mon vrai moi, je n'aurais donc pas résolu mon énigme identitaire. Je me protège alors dans ma bulle. Et si je m'appréciais dans mon vrai moi, ce qui serait plus probable, alors je serai heureux de pouvoir rayonner, m'affirmer, et j'en profiterai de tout mon saoul. Crois-le bien. Tu parles de schizophrénie. Mon frère est schizophrène, et j'ai aussi l'impression de l'être moi aussi. La différence, c'est que je ne suis pas sous neuroleptiques. Mais je me suis aussi laissé bouffer par cette maladie, et maintenant, je suis résolu et déterminé à ne plus me laisser pourrir. Mais maintenant, voilà plus où moins où j'en suis. Quand je veux m'affirmer, je bloque souvent. Quasiment toujours. Alors je fuis, j'évite, ou bien j'encaisse comme je peux, en me laissant faire. C'est vrai au niveau de la force physique qui n'a jamais été mon fort. C'est vrai aussi au niveau plus mental, un certain état de résignation. Cet état est tel que mon introspection m'a amené à naviguer aussi bien dans le passé tumultueux familial, collectif que dans les zones intérieures de ma sensibilité, à travers la musique notamment. Cet état de résignation que je décris n'a pourtant rien à voir avec mon père, ma mère, mes frères ou soeurs ou bien de policiers ou de fonctionnaires un peu trop zélés. Rien de tout cela. J'apprécie beaucoup ce que mes parents ont pu m'apporter, et j'espère être un papa tout aussi brave que mon père ne l'a été avec moi. Mes parents m'ont transmis l'essentiel. Là où j'en suis maintenant, c'est : pourquoi j'ai si peur d'avancer ? Pourquoi je me sens paralysé autant ? Et comment avancer, le plus efficacement possible ? Tu sais bien que si je pouvais faire fi du passé, le contrôler comme les rétroviseurs d'une voiture permet de contrôler sa route, alors j'en serai satisfait. Juste te raconter une p'tite anecdote. Par exemple, avec les filles, mon comportement de timide reste pour moi un mystère. Je sais que je ne suis pas repoussant, mais c'est comme si je voulais absolument être certain de ne pas risquer un rejet pour que j'ose aborder. Autant dire quasiment jamais. Cela me bloque beaucoup d'opportunités. Seulement, quand j'essaye de regarder juste cette peur en face de moi, je suis paralysé. Et ma gestuelle me trahit, parce que la tension habite alors mon corps. A ce moment là, à quoi bon tenter, si je n'arrive même pas à me détendre un peu avant. Alors comme cet état de tension, je n'arrive pas à le gérer, je préfère fuir. Et tout le paradoxe est là, j'ai absolument des bras d'une femme, de sa tendresse, pour aller mieux. Mais je ne peux pas prétendre à ces bras-là, à cette tendresse-là, si je ne me décide pas avant d'aller un p'tit peu mieux dans ma tête. Il y a deux semaines, j'ai passé un entretien d'embauche. J'ai flashé sur cette jolie fille qui m'a reçu et qui a conduit l'entretien. C'était une maghrébine, comme moi. Le lendemain, je lui envoie un mail de remerciement. Mais contrairement à un mail formel, je décide de lui dire merci pour son accueil en poésie. Tout en restant concentré sur l'aspect professionnel. Aucun retour, je m'y attendais. Hier, je décide d'envoyer un autre mail, en poésie, où je décris cette fois l'attente d'un candidat. Donc je reste pro malgré tout, même si la démarche est imprévisible et surprenante. Toujours pas de retour. Alors ce matin, je lui renvoie un autre mail, toujours en poésie, où je fais état du temps où j'enchaînais les entretiens d'embauche. Content de moi ! Et bien, dans la minute qui a suivi mon mail, c'est son patron qui m'appelle, pour me demander où je voulais en venir par ces poèmes. Je lui ai d'abord dit que j'étais surpris que ce soit lui qui m'appelle, nous ne nous connaissions pas encore. Je lui demande alors pourquoi est-ce que cette femme, cette chargée de ressources humaines, lui a envoyés mes échanges avec elle ? Il me répond qu'il a accès à la boîte de sa collaboratrice. Je reste sceptique malgré tout. Mais je lui dis que ce qui me motivait, c'était d'attirer son attention car j'essaye aussi de prendre acte après chaque entretien du fait que je n'ai pas de retour positif. Je lui ai dit que je croyais au pouvoir de la poésie. Il m'a dit qu'il essaye de me placer chez un de ses clients et qu'il reviendra vers moi dès qu'il aura du nouveau. Mon intuition me dit qu'il préférait ne pas perdre son temps avec un tel huluberlu et passer direct à autre chose. Mais j'étais fier d'avoir osé faire quelque chose que je n'osais pas faire. D'un côté, c'est ridicule d'envoyer des poèmes à une chargée de ressources humaines rencontrée dans le cadre d'un entretien d'embauche. D'un autre côté, j'étais énervé, parce que cette chargée de ressources humaines semblerait m'avoir traité comme un dangereux sauvageon qu'il faut calmer, et qu'elle calme en suscitant le côté sauveteur du maître blanc, à savoir son boss. Je psychote, je le sais. Je dis seulement mon ressenti de colère qui émerge de toute ma frustration d'avoir été freiné par un blanc quand je draguais une maghrébine comme moi, alors que moi, j'aimerai m'en foutre et ne pas y repenser pendant ma journée. J'aimerais me dire : "au moins, t'as eu droit à un sauvageon qui s'adressait à toi en poésie ! " Mais ma colère, elle est avant tout contre moi, on est d'accord. Contre moi, parce que me sentant incapable d'aborder une fille qui me plait lors des interactions sociales courantes, alors je m'invente un subterfuge poétique via une chargée de ressources humaines, en me mettant l'idée dans le crâne que peut-être a-t-elle envie d'échapper un peu à l'inertie de son quotidien elle aussi. Tu sais quoi ? Je sais que je ne peux rien changer à la réalité. J'aimerais changer ma réalité, mon état d'esprit, et je me sens handicapé, tétanisé. Mais je ne peux pas attendre que cette état-là passe pour agir, sinon, je risque d'attendre longtemps. Je parle peut-être un peu dans le vide, mais concrètement, par exemple, si j'arrivais à assumer mon désir au point de regarder une femme droit dans les yeux plutôt que d'éviter son regard, j'aurais accompli un petit pas précieux dans ma guérison. Tu as dit une chose très intéressante à la fin de ton post. Le tout est de savoir ce qui nous motive. Et moi, ce qui me motive, c'est ma soif de respect, de reconnaissance, de tendresse et aussi de revanche. D'une revanche intérieure, car je crois comme toi qu'il est toujours possible de faire d'un traumatisme ou d'un handicap une force.
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230019
b
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