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Bordeline en test du syndrome d'asperger

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J'ai 25 ans d'après les diagnostiques je suis borderline, et sur ma propre demande, je suis en test pour savoir si je peux être atteinte du syndrome d'asperger. Je ne me supporte absolument plus. J'ai l'impression d'arriver au point de non retour. Je présente des symptômes très classiques, le genre de témoignages qu'on peut probablement lire un million de fois. Et pourtant j'ai vraiment besoin d'extérioriser. Vu que je ne sais pas communiquer avec autrui oralement. Mes parents ne m'ont jamais apporté d'affection. Je suis née pour de mauvaises raisons. Mon père dans les années 80 travaillait dans une banque et n'assumez pas encore son homosexualité. Pour donner bonne figure, et montrez qu'aucun doute ne régner, il a voulu fonder une famille. Ma mère n'ayant absolument pas la fibre maternelle, et traumatisée dans son enfance par sa propre mère, (elle souffre de troubles hystérique caractérisé par la violence physique et psychique mais ne veut pas le reconnaitre) a voulu pour faire plaisir à mon père faire des enfants. De plus elle ne désirait que des garçons, malheureusement pour elle le destin en a décidé autrement, elle a fait trois fausses couches et a eu une unique fille : moi. Mon enfance ne fût pas satisfaisante. J'étais le souffre douleur de mes petits camarades. La raison, je l'ignore. Vraisemblablement la même qu'à l'heure actuelle : je paraissais bizarre, différente, et la différence fait peur. Surtout les enfants entre eux sont cruels. J'ai beaucoup souffert de cette période, je ne suis jamais rentrée dans le rang. Niveau scolaire, je roulais plutôt bien sauf pour la géométrie, qui semblait ma bête noire. Enorme paradoxe quand on est une matheuse. Mon adolescence ne fût guère plus florissante. Je me renfermais sur moi-même. Je ne quittais même plus mon manteau pendant les cours, j'étais toujours au fond. Un prof m'avait même cru "débile mentale" les premières fois où il m'a croisé. (Révélation faîte lors de la réunion parent prof, mais voyait bien que ça ne collait pas avec mes résultats). Je ne parlais quasiment pas. J'avais connu mes premiers excès de violence envers un camarade et moi même. Je m'explique, un jour une chose idiote s'est passé en cours, un élève a du faire une réflexion à mon égard. A la fin du cours je me lève, et je vais lui coller une claque magistrale. Comme si toute la colère cumulée était passé dans cette claque. Et puis, j'ai commencé à me lacérer les poignets avec un compas quand je n'avais rien d'autre sous la main de plus coupant. C'est à ce moment là que j'ai commencé à avoir des problèmes de santé, je faisais des crises d'épilepsie, des hémorragies nasales qui duraient à en effrayer plus d'un. Il s'est passé tout plein de choses entre temps, je ne pourrai pas toutes les conter, sinon j'en aurai pour la nuit. Tout ce que je peux dire c'est que j'ai vécu certaines choses psychologiquement dures, et chez moi j'étais quasiment tout le temps toute seule Ce que j'aimerai vous décrire, c'est mon état mental actuel. Je ne sais plus par où commencer. Tant pis je me lance ça sera tout en vrac. J'ai une terrible peur d'être seule, mais paradoxalement je cultive volontairement cette solitude. Disons pour être plus précis, j'ai l'impression de mener un combat sans fin et indéniablement inutile face aux gens. J'aimerai me faire comprendre, mais je n'y arrive pas. Je suis fatiguée de la population. Je trouve les gens trop futiles : par exemple au bureau en dehors de mariage, bébé, fête, réunion de famille, foot et voiture, il n'y a pas de conversations poussées. Ils s'arrêtent là, comme si la culture était un mal fondé. Ça me tue, dès que je veux parler, on me regarde bizarrement, vous savez ce regard qui dit "non mais elle sort d'où avec ces propos". L'extra-terrestre en quelque sorte. Quand je parle les gens ne m'écoutent pas, forcément ça ne concerne pas les sujets classiques, ça ne les intéresse pas, et quand je démontre quelque chose par A+B, je leur dit de faire attention, on me rit au nez, et paf quand ça arrive, on vient pleurer vers moi pour que je répare leur gourde. Et ça c'est dans la vie professionnelle et quotidienne. J'en ai sincèrement ras le bol. Et à côté de ça, je suis totalement transparente. Pour donner un exemple simple : je suis dans le bureau, les collègues parlent de faire un pot en ville ensemble… faut prévenir tout le monde, je suis en face d'elle mais non elles ne me le proposerait pas. Soit en théorie ça ne devrait pas me choquer puisque je n'ai rien à faire et ça m'évite d'aborder des sujets qui ne m'intéresse guère, mais pour le principe ça me fait un pincement au coeur et ça me rappelle que je ne suis pas dans le moule ! Ensuite je rentre dans une phase très pathétique, donc âme sensibles s'abstenir. J'ai plus de compassion pour les animaux que pour les être humains. J'ai toujours eu des chats, ce doit être les seuls êtres vivants à tout savoir sur ma vie. Les pauvres je les plains. J'éprouve un profond dégout pour les enfants. Je hais clairement cette espèce, je ne les supporte pas. A tel point que je piquais des crises terribles à mon conjoint par rapport à l'attention qu'il porte à ses nièces. Des filles mal éduquées et très peu évoluées à la base. Je ne veux pas avoir d'enfants, c'est un fait établi depuis mes 14 ans et c'est sans ambiguïtés. Pas un seul jour je n'ai douté, et personne n'est arrivé à me faire hésiter une seconde. Alors mon comportement pourrait être comparé à de la jalousie, en effet s'en est, car je ne comprends pas pourquoi on peut accorder de l'importance à ce genre de personne. Je sais très bien que ces crises peuvent donner naissance à une rupture mais qu'importe j'ai un besoin de m'exprimer et de faire connaître ma valeur des choses. J'ai des principes et je les respecte jusqu'au bout. Bien entendu là aussi, j'entends que j'ai un comportement anormal, peu m'importe et si pour une fois on pourrait considérer que c'est les autres qui sont anormaux. C'est un concept après tout, on peut le tourner dans le sens qu'on veut. De plus avoir un enfant serait non seulement injuste, créer un être humain pour le mépriser merci bien, je crois que j'ai un minimum de vécu pour ne pas être cruelle à ce point, mais d'autre part ça serait dangereux pour moi. Je m'explique j'ai peur de l'abandon et qu'on ne m'aime plus. J'ai un manque d'amour assez important, j'en suis consciente aucun humain normalement constitué pourrait me donner dont ce j'ai besoin. Mais avoir un enfant serait partagé ça, et ça je refuse quoi que ce soit qui peut nuire à un amour quelque qu'il soit, vu la fragilité de ce dernier. Je n'ai jamais arrêté de me faire du mal physiquement malgré traitement et thérapie. Je trouve éprouver de la douleur physique fait oublier la douleur morale. Je le sais, ce n'est pas bien, et faudrait que j'arrête ça, étant donné qu'une fois je me suis déjà retrouvé à l'hosto à cause de mes bêtises. Je me trouve terriblement moche. Je ne suis pas jolie. Le pire c'est quand j'ai mes crises de boulimie ou anorexie. Je ne contrôle pas mon régime alimentaire. Je marche par pulsion. Je suis invivable pour mes proches. D'ailleurs je me demande tous les jours combien de temps encore ma relation actuelle durera. A tel point que je me pose dix milles questions si il m'abandonne demain. Il faut que je calcule tout en permanence. Ca m'épuise. Faut toujours qu'il y'ait un plan A, un plan B, si C intervient alors on fait ça and so on Je ne supporte plus non plus ma mémoire. Je mémorise trop de données. Je suis un vrai disque dur. C'est usant, j'aimerai faire reset et me débrancher le cerveau mais je ne peux pas. C'est comme la pensée, je suis lessivée. C'est une introspection permanente. Je ne m'arrête jamais. Je veux absolument savoir qui je suis, anticiper tout ce qui se passer autour de moi. Dès que j'observe n'importe quoi que ce soit autour de moi, il faut toujours que je me pose des questions inutiles : d'où cette chose vient, qu'est-elle, comment a-t-elle été faite, pourquoi cette technique et pas une autre… Je suis plus asociale que jamais, je préfère toute activité intérieure qui ne demande de voir personne. Comme la lecture HF, les jeux vidéos, programmer des choses en solitaires, les films, et dernièrement nouvelle lubie les poissons. Ce qui m'oblige à m'occuper d'un aquarium et connaître les espèces donc encore moins de temps pour sortir, etc… Je pleure à longueur de temps pour un oui ou non. Encore une fois je remets en cause mon émotivité. Quand je me sens trop troublée, je me mets à bégayer jusqu'à ne plus qu'émettre des sons, disons plutôt des sortes de cris, c'est handicapant, souvent le bégaiement dure plusieurs jours. Je me sous estime en permanence, même si on l'impression que je méprise la population. En effet je me trouve en dessous de tout. J'ai des troubles de la sexualité. Parfois c'est un rejet très long, et d'autre si limite si je n'agresse pas mon partenaire. Mais j'ai en permanence besoin d'être câlinée, si un jour on me le refuse même partiellement, alors j'ai l'impression d'être abandonnée, sans rien, j'ai le c&oelig ; ur qui bat à mille à l'heure. Faut que je complète souvent ce besoin par les bras d'une fille. Bien que j'assume totalement ça, je ne suis pas sur si je raconte ça à quelqu'un d'être comprise. Pour ce soir je suis vidée, les yeux trempés. Je vais arrêter d'épiloguer sur moi. Je me trouve horriblement narcissique, égocentrique. Je ne suis pas sur de mériter de vivre enfin de compte. Si seulement je pouvais être une imbécile heureuse, la vie serait tellement plus simple !
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120154
b
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Commentaires pour cette histoire  Ajouter un commentaire

Par tarik | le 08/07/11 à 22:29

Bonjour

Moi je vous trouve merveilleuse dans votre style d écriture et au contraire je trouve que vous etes le contraire des mauvaises chose que vous avez mentionnée vous concernant et laissez moi vous dire que je me suis regarder a travers votre histoire a presque 80% courage et soyez rassurer vous n etes pas seule
salutations

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