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"lorsque ça ira mieux"?

Témoignage d'internaute trouvé sur psychologies
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Je fais remonter mon fil en me répondant à moi même. Quoiqu'il n'y ait guère matière à sourire… En fait, là le choc est toujours difficile à passer. Le choc d'un diagnostic reçu il y a quelques jours. Finalement, je parlais pour moi dans ce message. En effet, depuis mon premier post sur le thème "ça ira mieux demain ? " -hem- j'ai repris la route des entretiens psy : cette fois-ci, dans un centre de très bonne tenue où nous avons fait un tour tous azimuts pendant 6 séances d'évaluation : je voulais en effet comprendre pourquoi je bloquais tellement dans mon changement. Et mardi, ce fût le choc : en plus de la dépression et de la phobie sociale qui étaient déjà venues s'inviter à la table la semaine précédente, j'ai eu droit à deux nouveaux paquets assez encombrants : deux troubles de la personnalité. Et oui, ma bonne dame, deux pour le prix d'un : trouble de personnalité évitante et dépressif (je traduis en français, mais donc c'est différent d'un épisode de dépression car c'est un trouble permanent dépressif ; je me demande si en français, on ne parle pas de dysthimie, mais bon, ça ça n'intéresse qu'un spécialiste). Mais là, toute ma question redevient d'une actualité brulante : en tout cas pour moi ! (et c'est ce qui compte). Comment espérer n'avoir que un début de relation un peu satisfaisante avec tout ça sur les bras ? Notez que le diagnostic m'étonne quand même un peu car je ne m'y retrouve pas dans ma vie professionnelle, associative ou sportive : ce n'est guère valable que dans le domaine des émotions et des relations proches. Comment même encore oser vouloir une relation ? En fait, là, je me dis que je n'ai vraiment même pas le droit de l'imaginer : qu'est-ce que je pourrais apporter comme bonheur à un homme avec ma tristesse, mes peurs, mes chagrins passés ? C'est trop lourd, déjà pour moi… Alors, de quel droit demanderais-je à quelqu'un d'être présent dans ma vie et de voir la sienne influencée par ça ? Déjà que j'ai des problèmes de santé… Mais ça en plus. Ça me semble top. Et puis, bon, il faut bien dire que ça la fout très mal dans le paysage ambiant "meeticien" où la phrase qui revient le plus c'est "je cherche une fille pas prise de tête". Alors là, moi je trompe sur la marchandise si je ne dis rien : non, je ne suis pas "prise de tête" mais carrément niveau jivaro… Et ça fait mal, ça appuie là où c'est déjà douloureux (parce qu'une caractéristique du trouble en question, c'est bien l'hyper-sensibilité au rejet et la sensation de ne pas pouvoir être aimable plus une série d'autres) ; ça appuie tellement bien que les larmes en sortent sans trop de problème. Et l'envie donc de rester dans mon coin, de ne surtout plus avoir de contacts pour éviter une nouvelle déception de ma part : comment pourrais-je oser croire que telle que je suis, je puisse jamais attirer quelqu'un ? (et malheureusement moi, je peux être attirée…). Finalement, je me dis que l'homme qui m'a rejetée il y a deux mois a bien fait : au moins, comme ça, je ne vais pas lui créer de soucis et moi, tout ce que je veux, c'est qu'il soit heureux (euh, non, j'aurais eu une forte préférence que ce soit avec moi si possible, soyons honnête) mais au moins, là il est à l'abri. Et ça fait mal malgré tout car avec tout ça, ce n'est pas comme si j'étais avec un trouble ou une maladie mentale vraiment pénible à vivre genre borderline non, moi, je ne suis pas une pénible ou le moins du monte encline à l'abus verbal ou physique, je suis juste triste. Mais c'est rédhibitoire comme vice, ça. Et puis le pire, le coup de grâce si on peut dire : après m'avoir assommée avec son diagnostic (en vitesse car un autre patient attendait) : oui, on peut traiter ce genre de choses mais… la liste d'attente dans ce centre est de un an. Un an ! Un an à quoi faire : vivre entre parenthèses en attendant ? Mais bon soit ma souffrance était suffisamment intense que pour faire toute cette évaluation et requérir une thérapie soit je peux m'en passer un an et ça veut dire… que je n'en ai pas tant besoin que ça. Et pourtant, oui, je m'en sens le besoin. Car la souffrance est lourde. La souffrance de sentir le bloc de glace qui m'isole du reste des humains encore plus épais que d'habitude, encore plus paralysant que d'habitude, encore plus froid que d'habitude. Et la seule personne vers qui j'aurais envie de me tourner pour un peu de chaleur humaine ou de réconfort… Et bien, il vaut mieux que je m'abstienne. La sensation d'être sur une autre planète, coupée du reste de l'humanité qui revient encore plus fort ; que si j'essaye d'en sortir, de venir sur cette planète des humains qui sentent, ressentent, éprouvent pour les autres, que je vais me faire de nouveau éjecter : "on peut sentir, éprouver, ressentir, être amoureux de quelqu'un oui… mais pas de toi, ça jamais". Il y a un moment où la souffrance prend des proportions… peu appréciées. Bref, tout ça pour dire que je vais avoir encore un peu de temps à poster sur "célibat" et que je ne vais probablement pas avoir grand chose à dire de pertinent sur "rencontre" (je ne parle même pas de l'aspect "séduction"; ce serait risible). Néréide.
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272100
b
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