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Première tentative de suicide à 16 ans... Je pense à la deuxième

Témoignage d'internaute trouvé sur jetaide
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Bonjour,

D'abord, merci de lire ce que j'écris, ça fait toujours plaisir de savoir que quelqu'un lit ce qu'on met du temps à écrire, que ce soit de la curiosité mal placée ou une réelle envie d'aider, d'écouter, etc. Bref, merci.

J'ai un peu de mal à commencer mon sujet là, j'ai trop peu l'habitude de parler de ça. Non, en fait je ne me suis jamais ouverte à personne, et il faut dire que devant la petite case où écrire mon message, j'ai légèrement peur. Phobie sociale quand tu nous tiens…

J'ai honte en pensant que j'ai envie de mettre fin à mes jours. Après tout… Il n'y a pas eu de morts récentes parmi mes proches, j'ai de bonnes notes, j'ai… Enfin c'est ce qu'on me dit, le pourquoi je suis rien qu'une idiote qui voit pas sa chance, d'après mes proches, quand j'ose leur dire que je ne vais pas bien aujourd'hui, merci de ne pas déranger.

Mon seul problème, c'est cette solitude angoissante, ces crises dont je me remet que très lentement. Je n'ai pour ainsi dire aucun ami. J'ai des "connaissances", mais je les évite comme la peste. Elles ne m'ont rien fait, et pourtant je ne supporte pas leur présence. Elles m'exaspèrent, me rendent malade. Je déteste ce qu'elles aiment, leur façon de parler, d'écrire. Leurs centres d'intérêt ne m'ont jamais intéressés… Je n'ais jamais trouvé quelqu'un avec qui "partager". Qui ait les mêmes goûts, les mêmes délires, les mêmes idées. Bien sur, pas un jumeau. Mais quelqu'un qui me ressemble, un minimum. Je n'ai pas eu la chance d'avoir un ou une ami (e) comme ça. C'est pourquoi aujourd'hui je m'enferme dans une solitude froide qui me ronge, chaque jour, et que je me plais à appeler ma meilleure amie. Après tout, elle est la seule qui ne m'ait jamais laissé tomber…

Deuxième problème, cité plus haut : Mes crises. Je souffre de Phobie sociale. Par exemple, lorsqu'il y a un trop grand nombre de personnes autour de moi ou pour être plus précise, à partir du moment où peu importe la direction où je regarde, il y a soit des gens, soit des murs, je perds pied. Ca se solde généralement par une crise d'angoisse, et le plus souvent je vais me réfugier ailleurs, pour la faire en paix. Parce qu'une multitude de regard posé sur soit, ça ne l'a fait pas passé plus vite. D'autre fois, j'ai des accès de violence durant ces moments, avec l'envie d'arracher la tête de tous les gens autour, de les frapper encore et encore. J'arrive à me contrôler souvent, et quand je n'y arrive pas je ne vais jamais très loin.

Il faut dire que je ne supporte pas qu'on me touche, alors la violence n'est pas recommandé dans ces cas là, puisque les autres auront tendance à me retenir…

Quitte à écrire beaucoup, autant continuer.

Du haut de mes 16 ans (pas encore tout à fait mais bon) , j'ai vu en tout 5 psys depuis ma première "TS" (c'est fou ce que je déteste cette appellation) que j'ai faite il y a un peu plus d'un an. Le 17 janvier 2008 pour être précise. Mon seul regret d'ailleurs, c'est de m'être ratée. Alors qu'on aimerait passé à autre chose, les gens autour ne font que vous le rappelez, à coup de "ça va ? " et de regards en coin. Ca s'est vraiment mal passé pour moi, car la rumeur s'est répandu au collège (j'étais en 3ème) par je ne sais quel moyen. Alors j'ai eu le droit au moqueries, aux "Dis c'est vrai ? " et aux "De toute façon moi je vais faire comme ***** et j'vais me tailler les veines ! ". Ouais mais nan, j'ai jamais été un animal de foire. Surtout que j'me suis pas tailler les veines, j'me suis shootée au médicament.

Donc j'ai vu les psy à ce moment. Ca ne m'a jamais aidé. Avec leurs histoires idiotes, j'avais juste envie de les claquer contre le mur. Ils peuvent parler, mais est-ce qu'ils comprennent ? Ils lancent des théories alors que je ne leur ait pas adresser un seul mot. Je ne raconte pas, il se contente de poser des questions, je me contente de répondre oui, tout le temps. Après ils sont heureux, ils pensent avoir compris, et ils me laissent tranquille. Ils partent, content de leur boulot, avec une promesse que j'ai faite, celle de ne jamais recommencé. S'il leur faut seulement ça pour me laisser tranquille, ce n'est pas cher payé.

Bon, ça c'était avant, et j'avais quelque peu réussi à me sortir l'idée de la tête -jamais totalement c'est vrai- pour qu'on me laisse tranquille.

Seulement il y a eu la rentrée au lycée. Le lycée… Je suis passée de 300 personnes dans l'établissement à 1500 profs non compris. Autant dire que ça n'a pas arrangé mes angoisses. S'en est suivi un amour secret qui une fois révélé était encore plus difficile à assumer et à vivre. Oui je l'aimais, non ce n'était pas réciproque. Tant pis pour moi, j'avais qu'à passer outre ces sentiments idiots que l'espèce humaine se sent obligée de connaître.

Et depuis quelques mois, ce n'est même plus supportable. Le lycée, chaque jour, est devenu un véritable calvaire. J'étais plus seule que jamais, et je m'isolais la plupart du temps, noyant mes déprimes dans l'alcool, la drogue douce et les "pseudo-étouffements" destinés à me mettre dans un état second qui me faisait, l'espace d'une ou deux heures, oublié que j'étais mal.

Inexorablement, je me suis mise à repenser au suicide tout en le niant, en espérant que les vacances arrangeraient tout. Mais nous sommes en vacances, et ça ne va pas mieux. Je passe mes journées à manger et à dormir, puisque je n'ai plus d'intérêt pour rien. Ni la musique qui pourtant m'a aidée à tenir, ni la lecture même si je m'oblige à lire encore, ni l'écriture alors qu'elle me berce depuis que je suis toute petite.

Oh, et puisqu'on parle de ça, je me scarifie. Faut bien que quelqu'un le sache, ça aussi.

Je ne sais plus quoi faire, plus quoi essayer. Je ne vous demande pas de faire des miracles, mais le fait d'avoir pu parler de tout ça au moins une fois m'est bénéfique.

Désolée d'avoir écrit autant (il y aurait pourtant encore tant de chose à dire) , merci encore à ceux qui ont lu…

Bonne journée.
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215007
b
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Commentaires pour cette histoire  Ajouter un commentaire

Par Orel | le 05/07/11 à 12:15

Cher anonyme,
Ton témoignage m'a beaucoup touchée. Je pense moi-même beaucoup au suicide, à chaque instant, et je peux donc te comprendre un minimum. Dans ces instants, où la douleur frappe fort, je m'efforce de penser à mes proches,aux petites joies de l'existence. Ca ne marche pas toujours, mais il faut bien tenter quelque chose... J'espère que les choses s'amélioreront pour nous deux, pour tous les malades d'envies suicidaires. Une telle souffrance est inhumaine, elle devrait ne pas exister, pour personne. Tiens bon!

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