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Antidépresseur : remède ou poison

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L'émission Etats Généraux, présentée par Paul Amar.

Le lundi 20 mars à 20h50 sur France 5 (France 5, pas Arte ! ).

A été consacrée à la polémique sur les antidépresseurs.

Le débat posait deux questions :

1. Psychotropes, danger ou pas ? Et.

2. Peut-on soigner sans médicaments ni psychanalyse ?

Les intervenants étaient :

> Georges Alexandre Imbert, Président de l'Association d'aide aux victimes des accidents des médicaments, auteur de "Tranquillisants, somnifères, neuroleptiques, ces faux amis" (Editions du Dauphin).

> Maurice Ferreri, Chef du service de Psychiatrie et de psychologie médicale de l ? Hôpital Saint-Antoine, Faculté Pierre et Marie, Université Paris VI.

> David Servan-Schreiber, Professeur clinique de psychiatrie à l'Université de Pittsburgh, auteur de "Guérir le stress, l'anxiété et la dépression sans médicaments ni psychanalyse" (Robert Laffont).

> Bruno Millet, Chef du service psychiatrie de l ? Hôpital de Rennes, professeur de psychiatrie à l'Université de Rennes.

> Marie-laure Alby, Médecin généraliste, Vice-présidente de la Fédération française des Médecins généralistes (MG France).

> Madeleine X. (Témoignage) , Vice-présidente de l'association France Dépression.

> Chantal Rance (Témoignage) , victime d'un neuroleptique.

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Présentation de l'émission :

Emission "Etats Généraux" , présentée par Paul Amar sur France 5 :

"Antidépresseurs : remède ou poison ? "

Pour commencer, il est peut-être encore possible de revoir la VIDEO de l'émission sur http://www.france5.fr/etats-generaux/

Pour ceux qui n'ont pas le Haut-débit (et comme j'avais déjà rédigé le compte-rendu, ne l'ayant pas vu ce matin) , je poursuis avec "en bonus" (?) mes commentaires :

"Thème de l'émission :

Antidépresseurs : remède ou poison ? La dépression ? Le mal du siècle. En France surtout.

Les français plus stressés et déprimés que leurs voisins européens ?

Et oui ! En tous cas, notre pays est champion d'Europe, peut être du monde, de la consommation d'antidépresseurs.

(Premiers consommateurs au monde de psychotropes - dont font partie les antidépresseurs et les tranquillisants -, les Français seraient entre 25 % et 30 % à y avoir recours occasionnellement, et 10 % régulièrement --25% des françaises et 14% des français--, soit deux fois plus que ces voisins européens.

12% de la population française (6 millions d'habitants) ont traversé un épisode dépressif dans leur vie.

Ces 20 dernières années, la vente des AD aurait été multipliée par sept. Les médecins français prescrivent 5 fois plus de psychotropes que les médecins anglais et 8 fois plus que les médecins américains.).

En plus, parfois, une prescripion de tranquillisants ou de neuroleptiques peut produire l'effet contraire.

Les témoignages que nous entendrons sont édifiants. D'où la question : peut-on s'en passer ?

Pourquoi les Français consomment-ils plus d'antidépresseurs que les autres ? Selon vous, médecins et patients sont-ils assez informés sur les effets secondaires associés à ce type de médicaments ? " .

Les informations sur l'émission (Les invités, Thèmes du débat, Sélection de livres et adresses utiles, Sélection de sites web et liens médias) peuvent être retrouvées en http://www.france5.fr/etats-generaux/ avec surtout la possibilité de revoir par internet la VIDEO de l'émission !

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Compte-rendu :

L'émission n'a duré qu'une petite heure, le sujet était vaste et les invités nombreux. Donc beaucoup de questions sont restées sans réponse ou traitées partiellement, par exemple la question "Pourquoi les Français consomment-ils plus d'antidépresseurs que les autres ? " , dont les réponses m'ont semblé très partielles (?).

1ère question transmise par Paul Amar :

Les psychotropes effacent-ils à coup sûr les symptômes d'anxiété ou de la dépression ?

La réponse est Non.

Par exemple le Prozac : quand cet antidépresseur de type ISRS (SSRI) a été lancé en 1989, il a été présenté comme "la pilule du bonheur" (facile à prescrire, facile à prendre, peu d'effets secondaires, moins d'effets d'accoutumance que ses prédécesseurs).

Mais une quinzaine d'années après, la pilule miracle est parfois appelée la pilule cauchemar.

Car l' "ère du miracle" a récemment fait place à une "ère du soupçon" (années 2000) :

L'état de grâce des AD est à présent terminé.

En effet, des études ont permis de réunir et de publier un ensemble de faits concernant les effets de ces AD sur les enfants et sur les ados notamment : augmentation des violences et des risques suicidaires.

Georges Alexandre Imbert (auteur de "Tranquillisants, somnifères, neuroleptiques, ces faux amis") témoigne :

Son fils avait 24 ans. Une erreur de prescripion l'a tué. Il allait bien, avait un bon job, mais suite à une rupture et à des problèmes sentimentaux, il était tombé dans un état dépressif avec des idées suicidaires… auxquelles il avait résisté (il avait bien renoncé à mourir).

Mais un jour, il doit quand même faire appel à SOS Médecins. Le généraliste administre une piqûre d'un tranquillisant très connu.

Le résultat (presque immédiat) , c'est que son fils est passé à l'acte dans une violence inouïe exercée d'abord contre sa compagne, puis retournée contre lui-même : le psychotrope, par effet désinhibiteur, avait déclanché le passage à l'acte.

Le médecin prescripeur a obtenu un non-lieu… mais était-il vraiment responsable ? À l'époque, les médecins ne savaient pas qu'il y avait risque de passage à l'acte (leur source : le Vidal).

On reconnait maintenant par sa violence ce type de passage à l'acte dû aux tranquillisants.

Ces passages à l'acte se multiplient (et G. A. Imbert a fondé en 1992 l'Association d'aide aux victimes des accidents des médicaments, dont il est toujours Président).

Maurice Ferreri (chef du service de Psychiatrie et de psychologie médicale de l ? Hôpital Saint-Antoine, Faculté Pierre et Marie, Université Paris VI) ne partage pas les convictions de G. A. Imbert. Il considère qu'il ne peut se prononcer qu'en se basant sur des statistiques. Et pour lui, ces passages à l'acte violents sont des effets paradoxaux rares (moue de Mr Imbert ! ).

Il y a --poursuit-il-- des susceptibilités et sensibilités particulières, et une vulnérabilité variable.

(et pourtant, ces suicides violents de jeunes sous psychotropes sont de plus en plus courants : voir par ex. Notre revue de presse en http://iis13.domicile.fr/essentiaco/Ados, les pilules du malheur-l Express 070205.htm -> "L'Express ? 7 février 2005 "Ados : les pilules du malheur").

Paul Amar pose la question du lien en France, entre l'augmentation des prescripions de psychotropes et d'en même temps l'augmentation des suicides et tentatives de suicides.

Mr G. A. Imbert considère que les MG (médecins généralistes) ne sont ni préparés ni psychologues (et les psychiatres trop rares). Et il suggère même que les psychotropes soient réservés à l'univers hospitalier.

Or il faut savoir que dans 90% des cas, les psychotropes sont prescrits par les MG (médecins généralistes).

D'où l'intervention de Marie-laure Alby, Médecin généraliste, Vice-présidente de la Fédération française des Médecins généralistes (MG France) :

Elle explique d'abord, que les MG sont les 1ers recours : ils supportent donc une très grande responsabilité. Grande difficulté en situations de crise (réagir très rapidement et donc prendre certains risques).

Marie-laure Alby (MG France) reconnaît d'abord qu'il faudrait améliorer l'information sur les psychotropes. Elle est d'accord pour remettre en question des prescripions, mais elle rétorque qu ? "il est faux de dire que les MG sont incompétents" : il existe en France des référents : recours d'expertise et "recours de proximité" .

De plus, plaide-elle, les MG s'informent continuellement.

(personnellement, il m'a semblé que la principale source d'informations des MG, c'était les brochures des labos pharmaceutiques ! ).

Témoignages sur une dépression grave induite par un médicament contre les BdC (Bouffées de chaleur) :

Mme Chantal Rance (adjointe à la Mairie de Paris) témoigne qu'elle a été victime d'un médicament (son nom n'a pas été cité dans l'émission, mais il a été largement cité sur le net, dans différents forums.

(ex : http://www.e-sante.fr/fr/forums_sante/bouffees_chaleur-3642-12-1-2.htm et surtout sur.

http://forum.doctissimo.fr/medicaments/allergie-medicaments/Agreal-cause-depression-psychique-sujet-143816-1.htm et en.

http://forum.doctissimo.fr/sante/menopause-osteoporose/Areal-danger-tristesse-puis-depression-psychique-sujet-147454-1.htm).

Chantal Rance raconte que c'est sa gynécologue qui lui avait prescrit ce médicament "Agréal" contre les BdC (Bouffées de chaleur). D'abord des nausées, puis au bout de trois mois, petit-à-petit, un ralentissement, des sensations de mal-être, de plus en plus triste et fatiguée. Elle ne fait pas le rapprochement. Enfin, après un an, c'est la grosse déprime (idées de suicide). Son médecin lui prescrit alors (en plus ! ) , un AD et un anxiolytique => résultat catastrophique ! Son état empire : dépression sévère, c'était l ? Horreur, se souvient-elle.

Elle commence par arrêter les anxiolytiques => son état s'améliore légèrement, mais ce n'est que lorsqu'elle décide enfin de stopper le médicament "Agréal", que son état s'améliore considérablement jusqu'à la guérison (elle avait d'abord eu la puce à l'oreille en s'apercevant que sa douleur psychique était très cyclique, mais c'est finalement grâce à un forum -- voir plus haut-- si elle a été informée que ce "Agréal" pour BdC, était en réalité… un neuroleptique qui d'ailleurs avait été interdit en Espagne ! Et cet effet neuroleptique n'était pas spécifiée par le fournisseur ! ).

D'après le Pr Ferreri, toute prescripion de psychotrope devrait être suivie… mais dans ce cas des BdC, il parle d ? "aléas thérapeutique" et insiste pour que les médecins soient très vigilants…

La situation se complique encore avec les enfants !

Témoignage à propos d'un "enfant terrible" (hyperactif) :

Agité et turbulent, ayant changé 14 fois d'école (!) , l'école et les éducateurs suggérent un calmant et une thérapie pour canaliser son énergie. Sa mère refuse le calmant, mais l'enfant étant en internat, les éducateurs administrèrent le calmant à son fils sans autorisation. Celle-ci s'en aperçoit et maintient son refus. La conséquence, c'est que son fils a été exclu de l'internat.

Elle finit par placer son fils dans une école spécialisée… où l'état de son enfant se serait vite amélioré… sans calmant.

Selon une enquète Inserm menée sur des lycéens, les adolescents français seraient les 2èmes consommateurs de psychotropes d'Europe :

19% des garçons et 26% des filles de 16-17 ans reconnaissent en avoir pris, avec ou sans ordonnance.

Une étude des années 90 montrait que 12% des enfants de la maternelle avaient reçu des calmants (agitation ou troubles du sommeil).

D'après une étude, seuls 6 à 7 % des enfants à qui on prescrit des psychotropes, en auraient vraiment besoin !

Petite précision de Marie-laure Alby de MG France :

Pas de prescripions en MG sur les enfants, à l'exception près des sirops anti tussifs qui avaient un effet psychotrope (ce ne serait plus le cas aujourd'hui).

Comportement des français :

Les français auraient un goût immodéré pour les pilules !

Qqun suggère que l'on mène en France une campagne contre les abus de psychotropes équivalente aux campagnes contre les abus d'antibiotiques (recours un peu trop automatique).

Le Pr Ferreri reconnait le danger de prescrire sans connaître la psychologie de la personne mais d'après lui, les malades choisissent un médecin selon leur qualité d'écoute, d'où une espèce d'équilibre. D'autre part, il souligne la difficulté pour les généralistes, de résister aux pressions de la part des malades eux-mêmes…

Témoignage de Madeleine X., Vice-présidente de l'association France Dépression :

Elle a vécu un enfer de deux ans, et elle s'en est sortie grâce aux médicaments. Au bout de deux ans, elle a --dit-elle-- retrouvé le bonheur.

(elle est bipolaire ; or j'ai lu que si les fluctuations thymiques disparaissent petit à petit grâce aux thymorégulateurs, ce ne serait qu'après deux années que l'état du patient se stabiliserait complètement).

G. A. Imbert souligne d'une part la nécessité de bien savoir distinguer les médicament en général, de bien les connaître (*) , mais d'autre part qu'il ne faut pas faire d'amalgame entre les différents psychotropes (il les répertorie dans son livre).

Il reconnaît qu'il ne faut pas voir que les mauvais côtés des médicaments, notamment dans le cas des grands dépressifs.

(*) par exemple, les anti-tabac seraient des psychotropes, de même que certains médicaments anti-douleurs.

Méthodes alternatives :

Arrivée sur le plateau, de DSS et du Pr Bruno Millet (chef du service psychiatrie de l ? Hôpital de Rennes, professeur de psychiatrie à l'Université de Rennes) en face-à-face :

Présentation de la luminothérapie par le Pr Lainay (?) : il explique, démo filmée à l'appui, les effets de la photothérapie sur notre horloge interne : cette technique utilise les effets de la lumière sur notre horloge interne (il existe des rythmes ? Rythmes circadiens ? De 24 heures… et même des rythmes annuels).

Les effets de la luminothérapie/ photothérapie sur les dépressions saisonnières (principale application) , sont rapides.

(quelque séances étalées en cure sur quelque jours, ou dans le cabinet d'un thérapeute en quelque semaines). A noter que le respect et la régularité des horaires de séances sont très importants.

DSS, questionné par Paul Amar, recommande la luminothérapie "pour sortir de certaines dépression, les dépressions saisonnières" (surtout utile dans les pays nordiques) :

Dans nos latitudes, 30% des gens auraient, entre novembre et mars, une baisse de l'énergie et de l'humeur ; tandis que 5 à 10% des gens ont présenté un syndrome dépressif presque tous les gens en hiver.

Mais DSS ajoute qu'il préconise, en plus, comme mesure préventive ou curative, de remplacer son réveille-matin par un simulateur d'aube, où l'arrivée progressive de la lumière est détectée par le cerveau derrière les paupières clauses. L'avantage de ce dispositif, c'est qu'on le met en pratique à la maison, et qu'il n'est donc pas nécessaire de pratiquer dans le cabinet d'un thérapeute.

(le simulateur d'aube permet au cerveau d'organiser la transition hors du sommeil, en particulier la diminution de la production de mélatonine… du coup, le réveil se fait naturellement et en délicatesse, sans interrompre un rêve qui aura "compris" qu'il doit se conclure de lui-même).

A propos de la luminothérapie, le Pr Millet tient à bien préciser qu'il existe différents types de dépression, donc différents traitements.

Notamment, il y a.

- les dépressions légères (ou dysthymies, ou plutôt exogènes, réactionnelles ? ) ,

- les épisodes dépressifs caractérisés (dépressions profondes, intenses, avec perte d'élan vital, etc, plutôt endogènes ? ).

Ce sont ces dernières qui préoccupent le plus les psychiatres.

Et la démarche des MG doit être de faire la distinction entre les différents types.

Les dépressions saisonnières (période hivernale) sont considérées comme des états dépressifs caractérisés.

Enchaînement rapide sur l'EMDR (intégration neuro-émotionnelle par les mouvements oculaires) ,

Sur une vidéo, un petit film déjà présenté dans différentes conférences de David, mais raccourci, vu la durée limitée de l'émission) :

[ Vidéo d'une séance EMDR :

Cette vidéo de quelque minutes présentait une séance avec une jeune femme qui haïssait (à tort) son corps et qui refusait tout rapport sexuel. Il ne s'agissait bien sûr que d'extraits (une séance EMDR dure en général 1 heure et ½…).

J'avais déjà vu cette vidéo, mais je l'ai encore trouvée assez impressionnante :

Nous avons pu assister au traitement EMDR de cette patiente infirmière (exemple du livre au chap. 5, paragraphe "un mécanisme d'autoguérison dans le cerveau") et de sa guérison en direct : à la fois proche de l'hypnose (**) et d'un traitement psychanalytique ultra rapide… et terriblement efficace !

Commentaires après la vidéo :

- Avant de commencer la stimulation bilatérale, importance du lien de confiance entre client et thérapeute.

- rôle de la respiration/relaxation avant et après séance ;

- faire une bonne anamnèse (évocation du passé) , pourtant non seulement le thérapeute n'interprète pas et ne suggère pas, mais encore :

1) dans cet exemple, avant la séance, la patiente n'avait pas souvenir de l'origine de ses blocages : les souvenirs (et émotions associées) lui sont remontées en conscience au début de la séance. =>

En l'absence de souvenir traumatique, partir de ce que le patient trouvait de plus difficile pour lui aujourd ? Hui ;

2) David précisait dans une émission radio récente : "avec l'EMDR, on peut aider et traiter les gens sans savoir exactement ce qui leur est arrivé. Les gens n'ont pas besoin de raconter en détail des souvenirs douloureux, des situations difficiles et humiliantes : ce qui est important, c'est que la personne ait ces événements à l'esprit au moment de la séance, et qu'elle se focalise sur le souvenir de ce qui s'est passé en elle (émotionnellement). "

- donc ne pas trop faire parler le patient de sa colère ; le thérapeute soutient mais n'interprète pas (pdt le travail de désensibilisation, il est inutile et même parfois gênant d'intervenir) => enchaîner rapidement par les mouvements oculaires ]

Explications de David (très rapides, faute de temps) :

On sait depuis longtemps en neurosciences, que le cerveau essaie durant le sommeil de ranger les souvenirs de ce qui s'est passé durant la journée, des souvenirs qui peuvent être très douloureux ; il remet les choses en place, il trie :

C'est le Pr Michel Jouvet de l'université de Lyon, qui a découvert à la fin des années 50, que le cerveau utilisait le sommeil pour trier les informations pdt la phase des rêves REM (mouvements oculaires rapides) (tri des informations et événements : représentations et affects, émotions).

Par la suite, à la fin des années 80, une psychologue américaine (Francine Shapiro) a découvert qu'on peut induire ce phénomène de triage (David ajoute qu'une séance est découpée en phases, selon un protocole rigoureux) :

On soumet des gens qui ont vécu des traumas émotionnels (pas encore digérés => d'où symptômes d'anxiété, dépression, etc) ,

À une stimulation double alternée : le patient focalise ses pensées sur l'événement traumatique, et en même temps focalise ses yeux sur les mouvements d'une baguette =>

Le cerveau crée alors des liens => digestion.

(le thérapeute soutient mais n'interprète pas ! ) :

Stimuler ainsi le corps permet de déclancher la digestion du souvenir traumatique bloqué dans le corps.

Paul Amar, impressionné par la vidéo, évoque la métaphore de l'essuie-glace qui efface la pluie… et la tristesse !

Il a en outre deux questions… qualifiées de particulièrement intéressantes par David… mais il a été interrompu avant d'avoir pu y répondre (!) :

1) la patiente est arrivée assez dépressive… et en 20 mn (une séance dure normalement 1heure et 1/2) elle est repartie euphorique ! Un état qui semblait presque artificiel… est-elle vraiment sortie de la dépression, ou bien est-ce lié à ce curieux mouvement de métronome ?

2) cette séance EMDR ressemblait beaucoup à une séance d ? Hypnose => en quoi l'EMDR se différencie-t-elle de l ? Hypnose ?

[ EMDR vous hypnose : Dans la vidéo présentée (la patiente infirmière) , on avait l'impression qu'il s'agissait d ? Hypnose, mais il n'en était rien.

David écrivait dans sa newsletter N°5 :

"Il y a certaines similarités d'apparence entre EMDR et hypnose comme le fait de faire un retour sur le passé et le fait de demander au patient de concentrer son attention.

Mais il y a aussi de nombreuses différences. Les principales sont que pendant une séance d'EMDR le patient n'est pas dans un état de transe hypnotique, qu'il est en contrôle de toutes ses pensées et réactions, et qu'il se souviendra de tout ce qui s'est passé pendant la séance."

Et Jacques Roques qui a beaucoup pratiqué l ? Hypnose avant l'EMDR, il ajoute que les résultats sont plus sûrs avec l'EMDR car d'abord l ? Hypnose dépendrait beaucoup plus des du thérapeute, ensuite l'hypnose ne marche pas avec certains patients (difficultés au lâcher-prise, et problème de suggestibilité : tout le monde n'est pas hypnotisable…). Dans l ? Hypnose, précise-t-il, il y a perte de conscience et donc totale dépendance du patient (suggestibilité) , avec ensuite une amnésie de ce qui s'est passé en séance, ce qui n'est pas le cas en EMDR où le patient est conscient tout le temps, ce qui permet une réelle intégration de ce qui remonte pendant la séance. ]

Malheureusement, David n'a pu répondre (ou bien, les explications ? Trop techniques ? Auraient été coupées ? ).

Pour d'autres infos sur l'EMDR, voir plus haut le compte-rendu de la conférence "Cerveau et guérison" .

Paul Amar ("cherchant la bagarre" ?) , demande au Pr Bruno Millet ce qu'il pense de l'EMDR, s'il ne trouve pas cela loufoque !

B. Millet déclare alors que pour lui, l'EMDR est une technique très intéressante… pour les états de stress post-traumatiques (des personnes qui ont subi des abus, viols, accidents traumatisants, etc).

Le Pr Millet se base sur les bons résultats de l'EMDR rapportés par l'Inserm, mais il insiste sur le fait que les états post-traumatiques ce ne sont pas des "épisodes dépressifs caractérisés" comme le sont les dépressions chroniques par exemple.

Pour le reste, dit-il, toujours d'après ce rapport Inserm, les TCC (Thérapies Cognitives et Comportementales) ont clairement prouvé leur efficacité (relaxation, exposition, confrontation aux situations anxiogènes, etc).

Rappel : on ne soigne pas ? Dit-il-- de la même façon les dépressions dites légères (ou dysthymies, ou plutôt exogènes, réactionnelles ? ) , et les "épisodes dépressifs caractérisés" (plus sévères, plutôt endogènes ? ).

A propos du retour aux psychotropes, Paul Amar s'adresse à DSS qui répond, amusé :

"vous n'arriverez pas à nous mettre en opposition car nous nous rejoignons sur de nombreux points ! " .

En effet, David répète que la préoccupation du médecin, c'est avant tout que le malade ne souffre plus. Heureusement, dit-il, que les psychotropes existent, il ne faut pas diaboliser les AD !

Pour lui, les psychotropes (en particulier les AD) sont indispensables dans certaines circonstances, notamment en cas de dépression sévère.

Autres méthodes du livre "Guérir" :

DSS précise bien qu ? Il a choisi des méthodes que l'on trouve dans la littérature scientifique et qui ont prouvé leur efficacité.

Exercice physique :

Paul Amar : mais c'est une évidence, les bienfaits de l'exercice physique !

David : oui, mais ce que l'on connaît moins, c'est que des études sérieuses ont montré que 30 mn 3 fois par semaine de jogging sont aussi efficaces qu'un AD.

(… sans trop forcer bien sûr (pas de sport de haut niveau) , car attention aux effets paradoxaux : on risque au contraire d'aggraver la dépression ! ).

Et un an après avoir cessé ces exercices réguliers, il y a 4 fois moins de rechutes qu'avec un AD !

(infos du Ministère de la Santé du Royaume Unis, qui recommande l'activité physique comme 1ère intervention en cas de dépression).

Autre question de P. Amar :

A-t-on "mal à l'âme" ou bien y a-t-il des aspects biologiques dans les causes de la dépression ?

Pr B. Millet :

Oui, il y a bien sûr des causes biologiques, dit-il,

On sait que le stress chronique entraîne la dépression,

Que les structures cérébrales touchées par la dépression touchent la trophicité cérébrale (capacité des cellules nerveuses qui joueraient un rôle dans l'émergence de nos émotions) ,

Et que cette flexibilité cérébrale est atteinte lors de la dépression, par ex. "l'atrophie de l'hippocampe peut concourir à un risque accru de rechutes et de récidives dépressives").

"c'est pourquoi l'activité physique est si importante, car elle permet d'agir sur l'anxiété"

("l'anxiété est un phénomène psychique qui s'associe à des manifestations physiques").

B. Millet en profite pour dire qu'il partage avec David la conviction qu'il existe des liens Corps-Esprit beaucoup plus étroits qu'on pouvait l'imaginer il y a encore peu de temps.

Importance de la nutrition :

Question à DSS :

Préconisez-vous une prise en charge des méthodes douces par la sécurité sociale ? N'y a-t-il pas des risques d'abus ?

DSS : oui évidemment, nous souhaitons cette prise en charge. Mais que souhaiterions-nous qui soit pris en charge ?

Et bien les méthodes reconnues efficaces le plus rapidement possible, avec le moins d'effets secondaires possibles. Ce qui choque DSS, c'est qu'il y ait un trop haut niveau de prescripions d'antidépresseurs, alors qu'il existe des méthodes naturelles de traitement, démontrées efficaces et sans effets secondaires.

Par exemple la nutrition.

David rappelle que le taux de dépression est plus importants dans les pays peu consommateurs de poisson (rôle des oméga-3, et en particulier, pour la dépression et l'anxiété, celui des huiles de poisson fortement concentrées en EPA).

Acupuncture (= contrôle du Qi (chi = énergie) ) :

David rappelle que la France serait le pays au monde où il y aurait le plus grand nombre de médecins formés à l'occidentale qui pratiquent aussi l'acupuncture .

Par conséquent, l'acupuncture devrait pouvoir être prise en charge par la sécu.

Rôle du lien affectif (communication émotionnelle) :

Pour Paul Amar, encore une fois (dans son rôle d ? "avocat du diable" ?) :

Les bienfaits du lien social et des bons rapports avec autrui, n'est-ce pas, comme le sport, une évidence ?

Pas si évident que ça, répond David :

Encore une fois, ce sont des études récentes et sérieuses qui ont mis en évidence que "l'amour (l'affectif) était un besoin biologique pour le corps au même titre que l'oxygène ou la nourriture." .

Ce qui est nouveau c'est cela : que le lien affectif soit nécessaire à la production des protéines à l'intérieur des cellules qui sont responsables de la croissance et du maintien de l'organisme.

Lorsqu'on "déconnecte" l'organisme humain d'une source d'affection, il se met dans un mode d' "hibernation"… et peut même finir par mourir.

L'amour, les liens affectifs sont donc un besoin biologique au même titre que la nourriture (les nourritures affectives ! ).

On ne pouvait pas affirmer cela il y a encore une quinzaine d'années.

Dernière méthode : fondée sur la respiration- concentration (ex : yoga) =>

Cohérence cardiaque :

La respiration centrée permet d'améliorer notre réponse au stress (cohérence cardiaque) , et de transformer durablement notre propre physiologie… et cela avec des outils très simples.

[ Rappel : cohérence cardiaque = équilibre sympatique (accélérateur) / para-sympathique (frein).

Après un mois de pratique de la cohérence cardiaque (quelque mn /jour) =>

- taux de DHEA augmente,

- taux de cortisol diminue.]

Ensuite, Paul Amar demande aux personnes qui avaient témoigné sur la dépression, si elles seraient prêtes (au cas où) à s'engager dans des méthodes préconisées par DSS :

Chantal Rance (qui avait été victime d'un médicament contre les BdF… qui était un neuroleptique ! ) :

Elle préfèrerait, de beaucoup, essayer les méthodes DSS plutôt que de reprendre des médicaments.

Madeleine (une bipolaire stabilisée par les psychotropes) :

Elle fait remarquer que dans les épisodes aigus d'une dépression sévère, il est absolument impossible de se mette à l'exercice : il faut avoir déjà entamé la guérison de sa dépression, récupéré des forces physiques, même pour le yoga (qu'elle pratique aujourd ? Hui).

Conclusion de David (très très rapide, car l ? Heure de la fin avait sonné) :

Dans la plupart des cas, il faudrait pouvoir commencer par des méthodes naturelles (déjà à titre préventif mais aussi à titre curatif) , et uniquement en cas d'échec se tourner vers des méthodes plus agressives.

Petit Film de Nicole Baron- Seguin :

Sept malades mentaux ont joué une fiction "Bouit" long métrage (réal Nicole Baron-Seguin) comédie fiction interprétée par des patients en psychiatrie : un film musical présenté à Perpignan (va sortir à Paris) , comme le disait Paul Amar, "un moment magique"…

Le Pr B. Millet précise que pour ces cas lourds (schizophrènes) qui nécessitent des hospitalisations longues, les soins ne se réduisent pas aux médicaments (qui, dans leur cas, sont absolument indispensables) :

Les soins associent à ces traitement lourds des méthodes telles que l ? "art-thérapie" ou "musicothérapie" . Ces méthodes leur permettent d'envisager de développer leurs capacités d'interactions sociales, sortir de l'HP, travailler.

Paul Amar : "ici, on n'est pas loin des méthodes de communication émotionnelle"

(voir plus bas le commentaire de David, noté par Petite-plume).

---------------

Rappel : Les informations sur l'émission (Les invités, Thèmes du débat, Sélection de livres et adresses utiles, Sélection de sites web et liens médias) peuvent être retrouvées en http://www.france5.fr/etats-generaux/

Avec surtout la possibilité de revoir par internet la VIDEO de l'émission ! (en cliquant sur le lien où il y a une caméra.).

--- Bernard.
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Deprime total=retour a la realite - je gache ma vie

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Bonsoir à toutes et à tous ! J'ai 24 ans et je sors d'une licence (niveau bac+3) sans avoir valider mon dilpôme. J'ai une petite amie qui m'aime et que j'aime, on est installé ensemble depuis 1 an et on prévoit de faire un enfant. Bref, je pense...Lire la suite


 

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