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Dépression : comment s'en sortir ?

Témoignage d'internaute trouvé sur forum-depression
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Se confronter à la vie ?

Disons que, au fil des années, j'avais fini par m'enfermer dans un bunker mis en mode sécurité par immobilisme. Restant dans un travail sans intérêt, évitant de rencontrer de nouvelles personnes, demeurant dans un quotidien ultra balisé, tentant de chercher à m'en sortir, ce qui était impossible parce que j'avais la tête dans le guidon > lorsque l'on regarde une peinture de trop près, l'on ne voit que les détails. Pour la voir dans sa globalité, il faut prendre du recul. C'est notamment là que le psy est important, puisqu'il permet d'aller vers ce recul nécessaire. Je ne vivais pas, je survivais, me demandant chaque jour quel intérêt à trouver dans une vie à faire du sur place, à ne pas trouver de goût à la vivre.

L'immobilisme est réconfortant mais nihiliste quelque part. Se confronter à la vie, c'est accepter de la vivre avec ses hauts et ses bas (ce qui est difficile, forcement, après avoir déjà eu une bonne dose de bas) , de faire des expériences, de creuser pour chercher ce que l'on souhaite au fond de soi, d'accepter le fait qu'il y aura des moments encore douloureux mais aussi des moments merveilleux. C'est inévitable. Que tout change sans arrêt, que rien n'est stable. Et cette instabilité de l'existence, je crois que l'on n'y peut rien. La vie est par essence changeante. Dans mon cas, je refusais cela en mettant ma vie en pause dans la batcave. Le tout est de trouver le moyen de mettre à profit les moments de la vie, les utiliser pour apprendre, intégrer de nouvelles données, qui soient utiles pour avancer, pour s'apprécier, alors qu'auparavant, je gobais toutes les données directement, les enrobait d'aura négative et me les rajoutait à ma liste de griefs envers moi.

Dans le film Amélie Poulain, il y avait cet écrivain, qui racontait l ? Histoire de quelqu'un qui, par peur de se cogner contre la vie, restait dans l'immobilisme, parce qu'après avoir pesé les avantages d'une situation et les risques, il préférait ne rien faire, demeurant donc dans l'inaction-sécurité.

Ce que je veux dire, d'un manière plus rock ? N roll, c'est qu'après avoir laissé la vie me dicter ses règles, j'en ai eu marre, et j'ai décidé de faire moi-même les règles du jeu. De prendre le contrôle. C'est très récent. Et loin d'être évident. C'est un apprentissage où l'on apprend doucement à se respecter, à savoir ce que l'on aimerait comme existence.

S'y confronter au lieu de me la coltiner, c'est exactement cela. Mais chacun à son mode d'emploi. Donc, dans le genre règle universelle, c'est loin d'être une notice précise.

Tiens d'ailleurs, la vie est comme un médicament, il va aider, mais il y aura aussi des effets secondaires.

Tu sais, je balance tout cela comme une évidence, mais il y a quelques mois, j'en aurai été incapable. En fait, en débloquant un premier mécanisme, beaucoup de barreaux ont sauté par la suite. Et les aléas de la vie se sont chargé de me confronter à des situations où je n'ai pas eu le choix, où il a fallu que je morfle et que je me dépêche de suivre le rythme et m'adapter en utilisant à 200% le peu d'outil que je venais d'obtenir, sinon, une nouvelle chute était proche.

Et tu sais quoi, en faisant tout cela, mon image de soi s'est encore améliorée, la fameuse théorie de la spirale négative ou positive.

Dans la dépression, j'ai l'impression que, quelquesoit la nature ou la gravité du vécu qui l'a engendré, il y a quand même certains points qui se retrouvent régulièrement. Le cerveau, après tout est une machine qui à la base est techniquement standard, et qui acquiert des données au fil de la vie, le rendant par la suite unique. Il y a donc sûrement des mêmes schémas de mécanisme. Avec ma best friend, on a passé des soirées entières à réfléchir là-dessus. Et même avec un passé totalement différent, on se trouvait pas mal de points communs dans nos conséquences.

Je crois aussi ("je crois" parce que les certitudes, le noir ou blanc, ce n'est pas ma tasse de thé, donc même si je me la joue mr-je-sais-tout par moment, je garde toujours un espace de doute) qu'il faut trouver un équilibre entre devoir et pouvoir. Entre le lâcher-prise et la guerre contre la dépression. Il est inévitable et nécessaire d'avoir des jours où l'on dépose les armes, et d'autres où l'on se bat avec acharnement. De la même manière que le sommeil permet d'être actif la en éveil. Ce n'est pas parce que tu déposes les armes un jour que la guerre est perdue. D'autant plus que dans ce que tu dis, on sent la volonté de se battre.

Il n'y aura probablement jamais de victoire totale, mais l'on peut s'en approcher. Comme le moralomètre, un 10/10, c'est loin d'être courant, mais un 8/10 par exemple, c'est tout de même sacrément costaud, non ?

Je n'aurai pas la victoire totale ? Qu'importe. Le stock d'armes augmente chaque jour, et je me sent, sur la longueur, d ? Humeur à tabasser du démon à grand coup de rangers. Dans une traversée, l'enrichissement passe plus par le chemin que par l'arrivée.

Oui, je vois pourquoi tu as réagi comme cela. Nous ne sommes pas responsable de toutes les choses négatives qui se passent autour de nous. Les autres personnes sont aussi libres de leurs choix, leurs actions, leurs décisions.

Au bout d'un moment, j'avais capté que j'avais un double égo, négatif et positif. J'étais le centre du monde, mais tout ce qui se passait de négatif autour de moi, je m'en attribuait une part de responsabilité. (donc, si l'égo devient uniquement positif, je risque de devenir une sacrée tête à claques ! ).

Si une coulée de boue menace un village, on aura beau tenter de la repousser avec des coups de pieds, ça ne marchera pas. En est-on coupable pour autant ?

Accepter de ne pas être responsable est souvent bien plus difficile que de rester dans la culpabilité. La responsabilité relève de la nuance de gris, pas du noir ou blanc.

Parler permet d'ailleurs souvent de matérialiser ses pensées, que ce soit sous forme orale ou écrite, et de prendre du recul, donc d'y voir plus clair.
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137978
b
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