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J'ai le mal de vivre, je souffre trop...

Témoignage d'internaute trouvé sur forum-depression
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Bonsoir tout le monde, je voulais m''excuser de metttre un peu éparpillé un peu partout, j'étais un peu paumée, paumée comme je le suis aujourd'hui…

Merci à une personne particulière qui me reconnaîtra qui m'a permis de retrouver ce chemin… ce post.

Je vais écrire un deuxième message, je voulais vous avertir que c'est une lettre que j'ai écrit le 24 décembre au soir, car je ne faisais pas de réveillon mon frère étant avec mes parents…

Je lui ai envoyé… je lui ai tout dit… je sais pas si je retournerais le voir… je voulais juste lui dire… Attention c'est très long…

Merci tous d'être là.

-- Dimanche 03 Janvier 2010 20:34 --

Voici ma lettre à mon psychiatre…

Docteur,

Je me permets à nouveau de vous souhaiter mes meilleurs v ? Ux à vous et votre entourage.

Pourquoi choisir ce jour pour écrire, "révéler" certaines choses ? Peut être est-ce là un des plus beaux cadeaux que je puisse me faire.

Pour utiliser vos propres termes, "vous m'avez fait cogiter" depuis la dernière séance. Comment un patient peut se demander chaque jour s'il ne va pas basculer de l'autre côté et en même temps s'entendre dire par son psychiatre qu'il avance positivement ? Ça me parait si incompatible.

J'ai évolué (si, si, je suis pas toujours braquée ? ) j'ai décidé de vous faire pleinement confiance et cela m'est pourtant très très très difficile voir très douloureux à faire.

Vous allez me dire qu'agir ainsi c'est faire un nouveau pas vers la guérison. Et pourtant, au moment où je vous écris, je souhaiterais juste après vous avoir écrit mettre fin à mes jours, mettre fin à cette mascarade que l'on appelle "vivre" .

Je suis incapable, aujourd ? Hui, de réécrire mon histoire qui m'a amené jusqu'à votre cabinet, et il n'y a donc peu de choses sur ce que m'a fait réellement vivre celui qui a "tué" la partie vivante et innocente que je pouvais avoir en Moi.

Malgré tout, même si le texte reste très puéril car datant d'une dizaine d'année, même s'il y a peu de chose sur les agissements que je qualifierais de "cruels" , vous comprendrez peut être mon ressenti, mon état d'esprit, pendant mon enfance et adolescence qui m'a ensuite fait faire une chute libre en enfer, le déni une fois rompu.

Pourquoi vous le transmettre maintenant, et pas avant, et pas après ? Parce que je souffre trop, parce que chaque matin quand je me lève, je ne sais pas si ce ne sera pas le dernier jour.

J'ai choisi aussi de vous l'envoyer dans le cas où je basculerais de l'autre côté pour que quelqu'un sache que ce ne serait pas un simple suicide mais bien un meurtre (crime comme vous avez pu dire à mes parents) dont la torture aura duré que trop d'années.

Salutations.

X" Il s'appelle ? Tendresse"

INTRODUCTION.

Mais qui peut bien être ce mystérieux "Il" dont elle nous parle tant depuis quelques temps se questionnent ses amis ? Il par ci, Il par là ? Mais qui est ? Il ?

Est ce un amant ? Un époux ? Un animal ? Cette jeune femme a juste besoin de lui pour apprendre à mieux vivre mais jamais elle ne pouvait dire qui se cachait derrière. Où l'a t elle rencontré, comment est il apparu dans sa vie, elle même n'a pas de réponse. Il est apparu un jour et ne l'a jamais quitté.

Elle vit par lui et pour lui ? Parfois c'est comme un jeu dangereux, elle s'y attache sans savoir où cela peut l'emmener. Que se passerait ? Il si "Il" venait à disparaître ? Est- ce la fin d'un monde, d'un repère ? Comment vivre sans lui ?

Elle a 21 ans. Quel bel âge me direz- vous. Et pourtant ? Que de blessures ouvertes à jamais refermées la pousseront vers ce "Il" . Elle a 21 ans ? Et parfois le raisonnement d'une femme de 30. C'est ce que les autres lui disent souvent. Elle a grandi trop vite, elle a vieilli trop vite, elle a souffert trop vite. Vit-elle trop vite aussi ? Non, certainement pas. Elle n'aime pas la précipitation ; la réflexion est son arme majeure, il lui faut tout analyser.

Pour comprendre sa vie, tout doit être appréhendé dans les moindres détails. Pourquoi a t elle besoin de quelqu'un ou quelque chose pour apprendre à marcher ? À tenir debout quand le monde s'écroule ? Pourquoi se pose t elle tant de questions au sujet de sa vie, de ces hommes qui lui font peur ? De ses sentiments qu'elle ne sait pas gérer ?

"Il" l'aide. "Il" est là pour elle ?

Cette jeune femme, c'est moi. Celle qui vous écrit, qui vous interpelle derrière ces mots. Je suis ce "elle" mais qui est alors ce "il" ?

"Il" est apparu il y a longtemps, très longtemps ? Allons ensemble, pas à pas chercher ce mystérieux personnage ?

1- Une vie déchirée.

J'ai quatre ans et le monde des adultes m'apparaît déjà cruel. Je suis malade et passe donc de médecins en médecins. Je fais de trop long séjour à l ? Hôpital pour un petit bout de chou qui tout au long de sa vie se demandera pourquoi ? Pourquoi lui ? L'expérience de l ? Hôpital je la referais presque tous les trois ans, maladie oblige. Vous avez des maladies d'adulte me diront certains docteurs. Je m'en serai bien passée moi de leurs maladies d'adultes. A chaque fois, j'ai cru que c'était fini ; on opère puis ensuite je serais tranquille… Mais non ? A cet âge là, je ne comprenais pas forcément ce qui se passait, je subissaisavais grandi un peu à l'écart des autres enfants qui jouissaient d'une insouciance si délicieuse à cette étape de la vie. J'avais quand à moi déjà affronté la peur, la souffrance que je faisais vivre à mes parents qui se demandaient pourquoi nous ? Je grandissais avec des étapes de la vie franchies un peu trop rapidement pendant que mon frère de 3 ans mon aîné, nageait dans un bonheur, une joie de vivre la plus totale.

A cette époque mon mystérieux "Il" est avec moi. Mais est très peu présent. "Il" me sourit, "il" s'installe au milieu de ma vie, au milieu de tas de jouets que les adultes savent si bien donner. C'est peut être ça qu'ils savent le mieux donner je trouve.

Il se cache, il apparaît au milieu de très beaux rêves d'enfant, il se faufile vers moi en cas de cauchemars à répétition. Seul lui peut être appelé dans ces moments là.

J'avais perdu un peu de mon insouciance, lui m'en apportait.

J'arrivais maintenant à l'époque de la pré ? Adolescence, j'ai 8 ans à peine. Mademoiselle deviendrait elle une jeune fille ? Quel bonheur ? Seul lui m'avait vu grandir, évoluer. Mes parents, n'ont pas vu, n'ont pas su voir, n'ont pas voulu voir. Je me rappellerais toujours de la première fois où j'ai eu mes règles. J'aurais voulu que ma mère me dise que ce n'était pas grave, que je n'allais pas mourir ? Mais où était-elle à ce moment là ? Pourquoi ne m'a t elle jamais parlé ? Pourquoi a t il fallu que j'apprenne seule, ce que la vie m'apportait ? Quelle joie pour une petite demoiselle de devenir une petite femme ? Mais pas dans ces conditions ! Cela a été pour moi une grande souffrance de m'apercevoir dès cet âge que j'étais seule ? Aucun adulte pour réellement se poser, questionner ?

Mon frère a grandi lui aussi. Il est devenu adolescent ?

Il veut s'affirmer, il devient violent. La violence sera un maître mot dans ma vie à partir de ce moment là et ne me quittera plus jamais.

Il s'affirme comme jeune homme et commence à vouloir jouer au docteur avec moi. Que fallait-il faire ? Est-ce normal, est-ce anormal ? Mais où étaient donc mes repères puisque je n'avais personne à qui en parler ? J je subissais ?

Il avait autorité sur moi, il était le plus grand. Je n'avais pas le choix que de l'écouter. Comme l'on rentrait de l'école, la clef autour du cou, comme on disait dans notre campagne, il avait tout le temps pour agir. Je me réfugiais souvent dans ma chambre mais c'était un tort. Il avait fini par trouver un double des clefs des serrures des chambres. Alors il entrait, me forçait à m'asseoir sur un des rebords du lit, me demandait (ou le faisait lui-même) d'enlever le bas. Et là, je mourrai à chaque fois, je crois que je faisais comme si c'était un cauchemar ? Son visage près de mes jambes, puis entre ? Parfois, il m'obligeait à faire le contraire, c'était mon visage entre ses jambes, ma tête tenue fermement vers le bas pour que je ne puisse me débattre.

Ensuite, souvent, il rigolait et me disait, tu ne diras rien, personne ne te croira et puis tiens je t'offre ce bonbon (pour enlever cette envie de vomir que j'avais ? ) ou cette pièce tu t'achèteras un truc avec. Puis n'oublies pas, plus tu auras des pièces, plus tu pourras te faire plaisir. Et si tu parles, je dirai que tu as volé cet argent.

Vers 10 ans, j'ai préparé un sac à dos, j'ai ouvert la fenêtre et je suis partie, j'ai marché, marchéau village voisin. Non pas pour demander de l'aide. Qui m'aurait cru ? Je voulais juste partir, disparaître ? Et puis la nuit arrivant, je suis rentrée pour des choses stupides comme "comment j'allais diner ? " , "où allais-je dormir et comment ? J'avais oublié de mettre mon nounours dans mon sac" De toute façon personne n'avait rien remarqué, sauf lui, qui attendait mon retour pour m'avertir que le lendemain… ce serait pire ? Que pouvait-il d'avoir pire que d'avoir perdu son intégrité ?

Puis je m'affirmais moi aussi petit à petit. Je devenais plus grande, plus forte. Voulant me protéger des autres, de mon frère, de ces adultes si loin de moi, j'ai mangé, mangé sans m.

Mon frère devenait de plus en plus puissant, je ne pouvais pas me défendre ; même mes couches de graisses que j'appelais joliment mes couches de protection ne m'aidaient pas. Après une saison je joue au docteur avec toi, il "s'amusait" à me taper, me montrer que lui seul pouvait être plus fort que les autres. Il prenait un malin plaisir à me frapper devant témoins. Des amis à moi assisteront impuissants à une scène où il s'acharnait sur moi avec un manche à balai ? Je ne comprenais plus ce qu'était la vie ? S'il fallait subir, se défendre ? Si j'avais tort ou raison ?

Un jour, alors que j'essayais d'en parler avec mon père il me dira "Tu es responsable. C'est toi qui cherche c'est toi qui trouves" . Ma mère avait depuis longtemps laissé tomber, ne voulant pas s'en mêler pour ne pas avoir à en souffrir également. Alors elle rentrait du travail et buvait ses bières ?

Ma seule issue a été de manger, de vouloir me protéger comme çàétais obèse, je devenais la risée de tout le monde ? Je vivais une joyeuse adolescence. J'avais besoin de quelqu'un sur qui m'appuyer, poser une épaule si lourde ? J'avais mal et je ne pouvais le crier.

"Il" qui m'avait trop longtemps laissé de côté est réapparu. "Il" me promettait que la vie un jour serait plus belle, que je ne méritais pas de vivre ça mais que pour l'instant il fallait l parce que si je ne l'acceptais pas je courais à la catastrophe.

"Il" m'a fait rencontré des gens aussi bien les uns que les autres, des gens éphémères qui m'apportaient un peu de considération, d'affection, de tendresse, d'amour. Je vivais mieux à partir du moment où "il" était avec moi.

Je m'enfermais ainsi dès mon adolescence dans une sphère qui n'appartenait qu'à moi, et que personne n'avait jamais pu pénétrer jusqu'à aujourd ? Hui.

Quelle belle vie de se sentir aimée, épanouie mais de savoir au fond que ce n'était qu'illusion puisque virtuel. J'ai appris à cette époque à me méfier de tout le monde, en particulier des hommes qui m'avaient fait tant souffrir. Tout d'abord mon frère mais aussi un père absent qui pensait que pour nous le fait qu'il ramenait de l'argent à la maison signifiait qu'il nous aimait. Je ne connais pas mon père, je n'ai pas ou plus envie de le connaître. Il veut diriger la vie des autres comme il dirige des affaires, mais ce n'est pas comme ça que je vois une vie de famille… Pas ma famille. Un jour un psy me dira "votre père est dans une tour d'ivoire" . Et oui, il est en haut, tout là haut sans jamais s'apercevoir que tout en bas il y a des gens, qui n'en veulent pas qu'à son argent mais qui lui ont demandé pendant longtemps, trop longtemps d'être un peu là, de les aimer… non pas de leur parler comme à ses collègues. Il a refusé de voir ses enfants grandir, d'essayer de les comprendre. Il a voulu managé sa famille comme il manage ses employés. Je crois qu'il s'est trompé. J'ai appris à avoir peur du regard des autres, de souffrir de complexe, d'avoir peur de mon propre corps. Ce corps qui avait attiré un frère et ce corps que tout le monde regardait comme une chose immonde… Je n'étais alors qu'une loque. Je me demandais bien comment apprendre à vivre. J'avais envie de mourir.

Mon "Il" m'en empêchera plusieurs fois, il m'aidera me soutiendra. Si je ne l'avais pas eu, je ne serais peut être plus là pour vous écrire.

C'est l'année du bac, la peur de l'échec me tient au corps, on m'a tellement répété que j'étais nulle, que je n'arriverais à rien dans la vie que j'avais fini par le croire. Tous mes profs me disant que ça ne servait à rien d'y croire, mon niveau était médiocre. Sauf ma prof de biologie, qui a cru en moi, m'a donné des cours le soir et puis je faisais en plus les cours Term S CNED. J'essayer d'être quelquMais pour une fois cette peur ne me fera pas échouer, je voulais leur prouver à tous qu'ils pouvaient faire tout ce qu'ils voulaient mais qu'ils ne m'atteindront plus. J'étais alors protégée par mon énigmatique compagnon. Fin d'une peur totale des autres ? Non, il ne faut pas rêver. Mais cela me permettra de rencontrer un homme lors de mon 1er emploi. J'ai laissé un homme m'approcher, il m'a fallu du temps, du courage… Moi qui avais eu tant à souffrir d'eux. Cet homme m'a pris sous son aile, m'a permis de comprendre que je n'étais pas une chose. Que j'étais une femme, c'est la première fois que quelqu'un employait ce terme. J'étais une femme, j'étais belle à ses yeux ? C'était des instants délicieux. J'avais perdu alors des kilos, pensant que je n'avais plus besoin de me protéger des autres. Je commençais à goûter ce qu'étaient l'insouciance, l'amour, les sentiments autre que la haine. Je vivais que pour lui, que pour cet homme. Mon étrange compagnon de voyage n'avait plus trop sa place ici, mon "il" , était alors parti se reposer. Et il le méritait bien d'ailleurs. Mais pourtant il ne partait pas bien loin, si j'avais besoin de lui je savais où le chercher.

Je commençais donc une nouvelle vie, à la fleur de l'âge que sont les 18 ans. Cet homme me plaisait, je me suis "donnée" à Lui quelques mois après notre rencontre. Je lui faisais confiance. Chose que je n'avais jamais fait auparavant.

Une fois de plus, je me casserais le nez. Cet homme, si doux, si câlins à ces débuts montrera assez rapidement son vrai visage : l l'alcoolisme violent.

La vie m'apportait à nouveau un lot de problèmes que je devais bien me contenter d'essayer de résoudre. J'ai voulu le résoudre seule, ou avec de l'aide. Mais personne n'a voulu m'écouter (était-ce une habitude qu'on soit sourd à mes cris d'alerte ? ). J'ai hurlé de douleur pour cet homme qui se détruisait complètement, qui foutait aussi ma vie en l'air. Partir et le laisser ? J'y ai pensé. Mais moi, moi qui ais eu si mal de ne pas avoir été écouté, aidé, de ne pas avoir été comprise ? Je ne pouvais pas l'abandonner, je n'en avais pas le droit ! Alors j'ai décidé de lutter, de me battre contre tous. Il fallait que je l'en sorte. De toute façon la violence je connaissais, la violence morale, physique alors vivre l'alcoolisme, finalement ce n'était qu'une violence de plus. Il m'a fallu admettre que l'on puisse à nouveau lever la main sur moi, il a fallu que je fasse le deuil de cet espoir d'une vie sereine où tout mon passé aurait disparu… Parce qu'en fait il rejaillissait. Il m'a fallu tenir le coup, prendre des anxiolytiques, me battre contre moi même, contre l'appel de la mort comme ultime solution. Mais de toute façon personne ne voyait rien. Ils avaient tous un bandeau sur les yeux… Personne m'a vu souffrir… Pourquoi ? Je ne sais pas ? C'est si simple de faire semblant de ne pas voir et de rester dans son rêve que le malheur c'est pour les autres, et du moment que ça ne les atteignaient pas ? J'avais la chance dans mon malheur d'être assisté par mon curieux compagnon, qui ce coup ci ne me lâchait plus, il ne partirait plus de mon c'ur, il s'y était ancré. J'avais besoin de sa présence tous les matins pour me lever, j'avais besoin de rêver et d'espérer. Je ne devais pas perdre espoir, je n'avais pas le droit. Alors il m'a suivi, jours et nuits. Nous avons traversé des tempêtes, des fleuves tranquilles. Ma vie était remplie d'angoisse, je ne savais pas pourquoi je devais vivre ? Ah si. Je devais vivre pour lui, cet homme que j'aimais, pour l'aider à s'en sortir. Que je m'en sorte Moi, finalement ça n'avait pas d'importance. Sinon, on m'aurait écouté, écouté. Mais là, c'est "Marches ou crèves" .

J'ai combattu contre moi même, j'ai lutté contre sa violence, contre ses crises, contre ses mensonges. J'allais m'enfermer dans ma sphère. Ainsi il ne touchait qu'à mon corps, pas à mon esprit. Ce n'était qu'illusion bien sûr puisque cela m'affectait terriblement mais je préférais me dire que seul le corps souffrirait, puisque je n'aimais pas mon corps, il pouvait en faire ce qu'il voulait.

J'étais passé par là précédemment, je savais donc ce que c.

Mais là encore, personne n'a rien vu ou voulu voir. Personne n'a compris la souffrance qui me cisaillait. Je la porte encore aujourd ? Hui comme une épée de Damoclès. Je sais que cette souffrance peut un jour être trop forte, me transpercer et me faire mourir.

Alors j'ai subi. Je me sentais à nouveau responsable. Je devais bien être la cause de son alcoolisme, il ne pouvait pas en être autrement. J'avais toujours été responsable, j'avais toujours été coupable… Pourquoi cela changerait il ?

Je me haïssais, je haïssais cette vie, ces parents, ces hommes.

Comment vivre bien en étant coupable de provoquer chez les autres de la violence ? Mérite ? T on de vivre ? Pourquoi faisons-nous tant de mal ? Je me posais bourreau à la place de victime puisque j'étais cette personne qui poussaient ces gens à n'éprouver aucune tendresse, aucune affection mais juste de la violence.

Je ne pouvais pas comprendre, je ne trouvais rien à quoi me retenir, je n'ai jamais eu de repères. Alors, où est le mal ? Où est le bien ? Que signifient donc ces deux valeurs ?

Je ne sais pas et encore aujourd ? Hui ? Je ne les trouve pas.

Mon curieux compagnon de voyage me suivait partout dans mes raisonnements tout en me laissant deviner qu'au bout du compte le coupable n'était pas moi mais eux. Eux, qui m'ont fait tant de mal, eux qui ont cru qu'ils m'avaient donné de l'amour. Non, ils m'ont donné de l'argent. C'est super ça quand on est jeune de l'argent ! Mais sans amour, sans tendresse, sans affection, où va la vie ? Quels chemins choisir ? Doit-on donc se préoccuper que du côté matériel de la vie ? Il n'y a donc que ça de vrai ? L'argent. Cela me fait penser un peu à l'Etat qui nous dit vous voyez on baisse les impôts alors soyez heureux mais de l'autre côté ils augmentent les taxes. La famille, c'est donc pareil ? On donne de l'argent à sa femme à ses enfants et pis de l'autre côté on baisse le côté relationnel, on s'enferme dans son bureau pour travailler… Pour ramener encore et toujours plus d'argent ? Quelle belle vie ?

J'ai peur. Je n'ai pas de repères. Mes parents ont été absents. Ce sont des étrangers. Mon frère, ancien (?) bourreau, est devenu absent lui aussi et pire encore, il ne vient pas pour voir sa famille mais juste pour le côté matériel des choses : je fais laver mon linge. Aura t il comprit mieux que moi que cette famille est une prison dont les barreaux sont trop solides pour être scier ? Aura t il comprit que la vie ce n'était pas ça, ce n'était pas ce que eux nous avaient fait vivre ? Qu'aimer l'autre ce n'était pas de rester avec lui pour ne pas avoir peur de ne pas avoir d'argent ? Que se respecter soi même ce n'était pas ça ? Lui qui était pourtant ma propre prison, qui m'avait complètement détruite ?

Alors pourquoi lui arrive t il toujours mieux que moi à s'en sortir. Lui sort tous les soirs, lui réussit dans la vie, lui s'entend bien avec son père ? Pas moi ?

Je n'ai donc personne pour apprendre la vie… Juste mon personnage fantastique, mon "il" qui n'appartient qu'aux choses sur lesquels je peux me reposer.

Je l'aime ce personnage ? Je ne peux pas m'en défaire. Mais qui est il donc ? Je vous ai tracé sa personnalité, son charisme. A quoi peut-il ressembler ? Mystère. Il est là et c'est le principal. C'est mon ange gardien, mon sauveur, mon confident. Eh oui, il est tout ça à la fois. C'est rare non ? Alors j'ai de la chance de l'avoir trouvé. Peut être que vous aussi vous le connaissez. Si si cherchez le bien, il est peut être avec vous là tout près. Vous ne le sentez pas encore ? Attendez ça va venir ?

2 ? Un c'ur désespéré.

Un c'ur mal soigné est un c'ur malade. Il est brisé le mien. Il a été fissurés par différents bouts de verres mais il n'a jamais pu cicatriser, ces blessures sont profondes et n'arrivent pas à s'apaiser. Parfois, on croirait qu'elles s'infectent. Puis non, elles se soignent seules. Elles apprennent à être là, ancrées et à se réduire parfois, par moments.

Tout au long de ma vie, j'ai douté. Je n'ai jamais cru en rien puisqu'on m'avait tout le temps menti. Mon c'ur de petite jeune fille avait été trahi, il n'avait pu progresser dans la vie avec sérénité à cause du manque de dialogue. Il se demandait parfois s'il avait droit de battre. Ce qui m'emmènera à 16 ans à 17 de tension et d'aller chez le cardiologue. Avait-il voulu à ce moment là dire à tous ces gens qui m'entouraient que quelque chose n'allait pas ? Peut être ? Il a essayé mais en vain. Alors il a grandi, il a battu la chamade pour des gens qui n'en valaient pas la peine, qui m'ont humilié. J'ai eu mal ? Je n'étais pas belle gosse puisqu ? Obèse. Comment séduire, comment faire comprendre que ce petit organe au fond de moi qu'est le c'ur battait pour quelqu'un ? Non je n'ai pas pu, je n'ai pas eu le droit ? L'obésité m'a trahi, persécuté, entraîné dans des méandres inimaginables. Mais j'ai lutté. Mon compagnon de voyage m'aidant, je m'accrochais à un espoir, qu'un jour moi aussi je serais heureuse. Bel espoir, toujours présent d'ailleurs.

Mon c'ur avait donc traversé une histoire difficile mais pourtant ce n'était pas le pire. Il avait appris par le passé qu'il fallait éviter toutes ces lances qu'on lui jetait pour le heurter, le blesser, le faire saigner. Il avait eu mal mais avait continué à battre normalement voir même plus fort pour foncer dans la vie et retrouver cet autre c'ur qui lui ferait comprendre que la vie est mieux à plusieurs ? Pas seule renfermée dans sa cage.

Lorsqu'il s'est enfin décidé à se laisser approcher, à écouter le battement d'un autre c'ur, il y a cru. Enfin se disait-il je vais pouvoir être un peu tranquille, moins oppressé. Si nous sommes deux, il y aura beaucoup moins de lances à éviter, je serais protégée. Que nenni, il en fut dix fois pire. Lui qui avait cru pouvoir apprendre à vivre sans angoisse s'est en fait retrouvé dans une spirale. Il avait voulu se reposer sur le c'ur qui en face battait aussi fort que lui. Mais, cet autre c'ur était faible, plus faible encore. Il fallait être fort pour résister, il a fallu résister deux fois plus fort, souffrir deux fois plus forts, éviter deux fois plus de piques.

Cela n'a pu marcher qu'un temps. Pendant deux ans, ces deux c'urs se sont soutenus, entraidés même si l'un essayait de faire plus d'efforts que l'autre. L'année d'après, les piques semblaient tombés comme la pluie. Mon c'ur ne pouvait pas tous les éviter. Il a fallu continuer à aimer quelqu'un qui vous ignorait mais ça aussi vous l'aviez fait dans votre enfance alors c'était plus simple à faire. Il a fallu aller se cacher pour pleurer pour montrer aux autres que le c'ur allait bien, que tout allait bien.

Toutes ces larmes, tous ses sanglots, inscrits en moi s'écoulent encore et pour longtemps. Il a fallu faire battre ce c'ur après des crises de violence qu'elles soient physiques ou morales. Il a fallu choisir de le faire battre plutôt que de l'étouffer et choisir une solution plus radicale qui aurait consisté à dire non à la vie. Mais non mon fidèle ami, mon "il" était là alors j'ai choisi un instant de vivre pour lui, de faire abstraction des autres. Cela n'a pas été si simple, même plutôt difficile et rempli d'incompréhension. Je vivais alors dans ma sphère avec un compagnon de voyage comme unique lien avec la vie. Je n'avais plus envie de vivre pour moi mais pour celui qui me dictait mes actions. Alors jour et nuits, je l'écoutais, j'analysais, je pleurais à ce lendemain meilleur pour lequel je ne voulais pas renoncer. A chaque fois que je remontais la pente, je me recassais la figure au travers de nouvelles crises. Ces crises je m'en sentais à nouveau responsable. Il buvait, mais pourquoi, pour qui ? Lui avais je fais tant de mal pour qu'il ait si mal lui aussi à son c'ur ? Lui avais je transpercé un endroit particulier de son c'ur qui faisait que pour le boucher il devait boire ? Boire… Boire ? Toujours boire ? Que faut-il donc faire dans ces cas là ? Regarder et laisser faire ? Se mettre à boire aussi ? Partir ? L'interner ?

Personne n'a jamais voulu me croire quand je disais qu'il était alcoolique. Personne n'a voulu agir quand ils se sont dit "Ah oui, peut être." Alors il a fallu se battre, toujours et encore. Mais porter cela tout seul n'est pas possible. Mon énigmatique complice m'a alors entrouvert ses bras, ses portes. J'ai pu l'espace d'un moment, d'une journée, d'une nuit, d'une crise me protéger grâce à lui. Je dois bien avouer que je ne ressors pas indemne de ces moments là. Que de moments de doutes, de pertes de repères que je n'avais de toute façon jamais réellement acquis. J'ai eu mal très mal. Mais le pire n'était pas encore arrivé. Car cela je l'avais vécu dans le passé, je savais déjà ce que c'était d'avoir mal.

Le pire a été d'être trahi par quelqu'un qui a utilisé la souffrance dont je lui avais fais part. C'est le premier a avoir pu pénétrer ma sphère, à avoir pu pénétrer mon monde… Mon "il" devenait cette tierce personne qui entrait dans ma vie sans invitation. Il me faisait beaucoup parlé. Je cherchais partout des gens qui s'intéresseraient un peu à moi ; j'avais l'impression d'être dans un coin du placard et que personne ne me voyait. Un homme s'est intéressé à moi. J'ai vu en lui un confident, un homme intentionné qui pouvait m'aider à aller mieux, à aider mon copain, à apaiser mon cy ai cru vraiment. Mon fabuleux compagnon se changeait donc en cet homme qui incarnait pour moi un repos de mon âme, une légèreté dans cet air pesant.

Mais cet homme, je le compris bien plus tard, était un chasseur de proies. Bel homme, il m'avait séduite alors que j'étais fragile. Il était marié, deux enfants, je me sentais donc protégé par sa vie de famille. Naïve je me disais qu'il ne pourrait pas me faire de mal, qu'il aurait trop à perdre si un jour je parlais.

Cet homme, je l'avais connu par le net. J'avais vu son pseudonyme sur les contacts de mon copain et je me suis mise à parler avec lui. Je suis à nouveau la responsable de cette histoire. J'avais besoin de parler, de trouver un contact. Mon copain sombrait dans l'alcoolisme, je n'arrivais plus à vivre. Mon mystérieux compagnon m'accompagnait toujours et me disait que si je le souhaitais, je pouvais aller vers cet homme qui avait de l'affection à revendre. Il semblait sincère cet autre homme. Il me disait que j'étais mignonne, que je ne devais pas complexé. Je pesais alors plus de 85 kg et me sentais mal dans ma peau. Mais il y a avait cet homme qui me séduisait, j'attirais l'attention… J'ai voulu y croire ? Pendant de long mois nous discuterons sur Internet, sans que personne ne le sache ; Puis un jour, nous nous sommes rencontrés. Nous avons bu un café à la gare, puis chez lui. Il a voulu plus et pas moi. Je l'ai vexé en lui refusant ce pour quoi à la base il m'avait fait venir chez lui… me "baiser" . Ce jour là, coupable de mon attitude je me renfermais dans un désarroi total, qu'avais-je donc fait pour ne mériter que ça ? Bien sûr mon refus a eu des conséquences malsaines. Il a mis mon copain au courant par des lettres bidons, il m'a insulté de "Sa… " et j'en passe et des meilleures, il m'a provoqué ? Et moi, je me suis dit alors que je n'étais faite que pour ça ? Attirer la haine des autres, leur violence. A plusieurs reprises je le reverrais et à chaque fois il a voulu plus. Je prenais un malin et malsain plaisir à trouver des situations où il ne pourrait pas me coincer. Mais je l'excitais je le savais alors je jouais à ce jeu dangereux. J'avais alors à ce moment l'impression d'exister. Juste besoin de ça ? Sentir son regard rempli de désir se poser sur moi ? C'était pour moi des moments intenses non pas de bonheur mais d'avoir l'impression que au moins dans le regard d'une personne j'étais une femme.

Mais ce jeu c'est mal fini. J'ai été trop loin et je m'en suis rendue compte ? Je faisais tout pour le voir, j'en rêvais ? Lui cet homme qui m Comment une femme peut elle apprécier cela ? N'est ce pas de la pure folie ? A un moment j'ai dit stop, stop à tout cela ? Alors je ne sais pas ce qu'il est devenu, il a continué à m'envoyer des menaces mais je les ai ignorées ? L'ignorance est le meilleur des mépris.

A cette époque de ma vie, je me suis demandé si j'avais bien le droit de vivre. J'avais un homme à la maison, un pseudo amant dans la tête ? Mais où allais-je ? Personne à qui en parler et une vie qui s je me questionnais encore et encore… que faire, que dire ? Pourquoi est ce que j'agis ainsi ? Ai je le droit ? Tout cela est resté sans réponse, je ne pouvais en parler à personne…

Mon compagnon de route, mon "il" me semblait si loin, si triste. Il était à mon image, déboussolé. Je ne rêvais plus, je ne vivais plus. J'avais mal et personne ne voulait s'en apercevoir ? Tant pis pour eux ? Alors j'ai vécu à partir de là dans ma sphère sans contact relationnel avec les autres, juste pour dire bonjour et au revoir… c'est tellement plus simple.

Dans ma sphère il y avait aussi l'Internet. Ce moyen de communication m'allait à ravir, je n'avais de compte à rendre à personne et je pouvais dire ce que je voulais.

J'ai rencontré ainsi des tas de gens aussi sympathiques les uns que les autres, puis une de ces personnes est sorti du lot. Mon mystérieux compagnon de voyage m'indiqua que cet homme pouvait être bon pour moi, il était gentil intentionné et je l'avais rencontré totalement par hasard et pour des raisons professionnelles. Alors j'ai écouté cette petite voix qui me disait, ma fille de toute façon tu n'as plus rien à perdre, tu sais ce que c'est de souffrir, alors un de plus ou un de moins ?

Mais cet homme là était différent. Tout d'abord nous avons parlé d'un thème sur lequel il travaillait, il est journaliste, puis la discussion a dévié progressivement pour finir sur ma vie. J'avais envie de lui dire que la vie d'une gamine de mon âge n'avait franchement rien de mirobolant et qu'il perdait son temps. Mais non, il s'intéressait à moi, à mon vécu. Il essayait de comprendre pourquoi j'agissais de telle manière et non pas de telle autre. Puis il me disait que pour lui, il ne fallait pas tout mélanger. Il y avait dans ma vie des choses qui devaient me bloquer et m'empêcher d'avancer. J'étais gênée. Un homme que je connaissais à peine réussissais à me faire dire des choses que je me suis surprise à dire. Qui était-il pour m'écouter ainsi ? Un autre chasseur ? Un psy qui fait une enquête ? Un journaliste qui veut connaître la vie profonde des gens et les détruire ensuite ? Je me méfiais de lui, je sortais d'une trahison alors j'avais peur. Je lui ai dit et il l'a accepté. Peur de quoi me direz-vous ? De tout ? Peut être tout simplement de la peur d'avoir le droit de vivre, de connaître d'autres gens. Je n'étais jamais sorti de chez moi, je n'avais jamais réussi à scier les barreaux de cette prison.

A nouveau le cycle recommençait. Un homme s'attardait sur moi, j'étais fragile ? Je m'attachais.

Puis les vacances arrivèrent et je n'arrivais toujours pas à vivre ;

Un père qui ne vivait que pour ces dossiers, une mère qui ne parlait pas, un copain qui buvait. Voilà ce qu'était les vacances. Alors j'en ai eu marre, j'ai crié, pleuré. Je ne vivais que dans un monde, le monde virtuel.

Pourtant la mer était à 500m, quelle personne de normalement constituée ne passerait pas les trois quart de son temps sur la plage ? À nager ou se balader en bateau ? Moi. Moi je préférais rester enfermer dans ce monde virtuel. Pourquoi aller au dehors et risquer que l'on porte un regard sur vous ? Un physique que je n'appréciais pas et j'avais l'impression que tout le monde me regardait, regardait cette grosse que je n'étais plus. Mais entre la métamorphose physique de passer de 94 k à 70, je ne me voyais pas différente. Mon homme, mes parents, personne ne me disait que j'étais devenu quelqu'un de très jolie.

Alors je m'enfermais sur moi, et sur lui, cet énigmatique personnage.

3 ? Une vie virtuelle.

Mon curieux camarade de parcours est aussi parti en vacances, il est là avec moi pas loin. Je l'appelle très régulièrement quand ça ne vas pas trop. Et ça ne va pas trop.

Alors je me renferme encore et toujours, je n'arrive plus à dialoguer avec personne. Je ne vis que dans le virtuel. C'est si bon de se laisser bercer dans ce havre de paix. Là derrière mon clavier je me sentais heureuse, j'existais ; beaucoup de gens me parlaient de la pluie, du beau temps, de leur vie de la mienne. Puis il y a avait cet homme qui m'avait donné un peu de réconfort, qui acceptait que j'avais peur des autres, qui s'occupait de moi. Il n'était pas loin. Il me demandait très souvent comment la jeune femme que j'étais pouvait passer ses vacances derrière un clavier à pianoter. Alors je répondais, avec une certaine amertume, qu'ici au moins personne ne m'embêtait, personne ne m'empêchait de vivre, de vivre à ma façon. Il ne pouvait me juger mais je sentais bien son incompréhension. Je justifiais donc en disant que mon bureau était dans une pièce à part et que je n'avais ainsi aucun regard hagard de ces gens qui formaient ma famille. Puis je sortais, la mer à 500m, je ne pouvais refuser d'y aller. Là encore j'étais confronté à mon plus grand problème. Accepter ce corps, le dévoiler au regard de tous. Des instants assez insurmontables. Je devais affronter, les autres ne pouvaient pas m'empêcher de vivre, ni leurs regards, ni leurs préjugés. Non, je me montrais et puis c'est tout. Bref, la baignade finie, je remontais à la maison me connecter. Les autres regardaient la télé, dormaient, ou buvaient l'apéro. Moi ce qui m'importait c'était de savoir qui était là à cette heure là. Qui allait bien pouvoir taper la bavette avec moi. Il y avait toujours quelqu'un, 5 minutes pour avaler le repas du midi ou du soir et puis je revenais, ils étaient là. Comme si, enfin pour quelqu'un j'allais exister. Ils allaient venir me dire bonjour, me demander comment ça allait. Ils allaient, eux, se questionner pourquoi alors que j'étais en vacances je restais parmi eux. Eux qui n'y étaient pas, eux qui s'ennuyaient. Mais moi je m'ennuyais aussi. Je m'ennuyais de cette vie, de cette famille.

Alors je me baladais virtuellement, je surfais. Je rencontrais au travers de salon des gens, plus ou moins sympathiques et avec qui certains liens se sont créés. J'allais aussi sur des forums de telle ou telle radio. Je rencontrais des gens parfois extraordinaires. Très sensibles, très compréhensifs, ils m'aidaient à vivre. Je me levais le matin en pensant à eux. A peine le déjeuner aspiré je venais voir s'ils m'avaient écrit, s'ils me donnaient tort ou raison sur les questions que je posais. J Quelle joie de se lever et de savoir que dans la nuit, ou à l'aube, des gens ont pensé à vous. Alors je m'empressais de les lire, m'empressais de répondre, pour attendre à nouveau de leurs nouvelles.

4- Le regard des autres.

1 m 75, moins de 70 kg , 95 C, une petite gueule sympa ? Que demander de mieux ?

Voilà ce que je suis pour ces hommes là dehors qui me regarde le matin au volant, le soir à la fenêtre.

Je dois être mignonne puisqu'on me le dit. Je ne sais pas moi, je n'étais pas comme ça avant et maintenant les regards ont changé. On me regarde ou plus vulgairement on me matte. On me fait parfois des signes abjects. Mais cela signifie qu'ils me voient tous ces gens aux dehors. C'est bizarre comme un physique peut tout changer. Pourtant je suis la même, tout au fond de moi, j'ai ce petit c'ur qui bat très fort, j'ai ce compagnon de route qui me suit ? Je n'ai pas tant changé que ça. Si je m'affirme, c'est la différence. J'ai laissé tomber toutes ces couches de graisse qui m'empêchaient de vivre, qui m'étouffaient. Je les ai remplacé par ma personnalité, ma hargne de vivre, mon besoin des autres ; J'ai besoin des autres je le crie haut et fort maintenant. Pourquoi ai je évolué ainsi ? D'abord, il y a eu ces hommes qui m'ont fait comprendre que j'avais le droit et la capacité de devenir une femme, une vraie femme. Cette femme qui provoquait du désir, de la tendresse, de l'amour, de l'excitation. Je ne devais donc plus me servir de mon corps comme bouclier. Je plaisais avec mes 85 kg ou avec mes 68… Alors se cacher derrière l'aspect physique n'avait plus de raison dai besoin de ce regard, je le cherche. C'est une course poursuite. Comment accrocher le regard de cet homme là bas au loin ? Cet homme ci va t il se retourner ? J'en suis arrivée là ?

Non pas que je suis une allumeuse, non loin s'en faut. Juste que je veux que l'on me voit, je veux arrêter d'être transparente. Je veux juste une chose : exister.

Alors je cherche, je farfouille dans cet horizon en me disant que quelqu'un va bien finir par tourner son regard. Et quand ce regard tombe sur moi, je le fuis. Comme s'il me fallait juste ce déclic. Me dire ça y est on m'a regardé. Je me ressource comme ça. Certains pourront trouver cela bizarre mais c'est mon énergie. Rien de plus beau qu'un regard d'enfant dans la rue, qui vous regarde avec ses yeux grands écarquillés. Vous savez que lui au moins, il ne vous juge pas. Rien de beau que ce regard croisé alors que vous ne vous y attendiez pas avec un homme qui plus est attirant. L'instant d'une seconde ce sourire vous laisse songeuse, que la vie est belle ? Il m'est arrivé ainsi de rester bloqué yeux dans les yeux avec un homme alors que nous étions tous deux au volant de notre voiture. Le temps s'était arrêté juste pour nous. Pour ce regard. Il avait fait le pitre dans sa voiture, j'avais tourné la tête. Nos visages ont fait le reste. Je rentrais ainsi ce soir là avec du baume au c'ur, cet homme que je ne connaissais ni d'Eve ni d'Adam m'avait fait comprendre que j'existais, que j'étais une belle femme et que l'on pouvait prendre plaisir à me regarder… cela m'a fait du bien.

J'ai compris aujourd ? Hui que je cherche dans leur yeux un peu de tendresse ou encore l'impression que j'ai le droit de vivre. Je ne suis plus celle qui était au fond du placard, je suis celle qui fait que l'on se retourne sur elle. Je suis moi.

Un homme me dira un jour que je suis un sacré petit bout de femme. Alors je lui ai répondu que oui. Moi je suis Moi. Moi et tout ce qui va avec. Si j'ai quelque chose à dire à quelqu'un je lui dis. Si cette personne ne m'intéresse pas elle le sait. Et alors ? On m'avait dicté ma vie depuis que j'étais petite alors je pense bien avoir le droit de vivre comme je l'entends.

Alors en vain, je cherchais à chaque moment de la journée, dans n'importe circonstance, le droit que l'on me regarde du coin de l'il. Je tombais parfois regard dans regard avec des hommes qui étaient accompagnés de leur enfant voir de leur femme, et pourtant je ne pouvais dévier mon regard, j'acquiesçais leur attention et partais à la recherche d'un autre. J'ai bien peur qu'un jour je tombe sur une femme jalouse et ? Crise de jalousie pour la prunelle de ses yeux ? Non sans blague, je cherche à combler toujours ce vide affectif. Mais parfois, cela ne peut s'arrêter au regard.

Lorsque je m'entend bien avec une personne, il faut qu'il y a ait échange d'attention, d'amitiés, de complicité voir parfois de tendresse. Tout cela réunit fait que je Vis, j'Existe.

5 ? Le droit d'exister.

Le respect. Mais qu'est ce que c'est ? J'ai lu un jour une définition plus ou moins complexe. Celle ci a été faite par un internaute.

Le respect est un sentiment qui pousse à ne pas porter atteinte à une personne, ou a des choses plus abstraites.

Je ne pense pas que le respect puisse exister en soi, combien même il puisse exister une sorte d'idéal de respect. Respect intrinsèque à la reconnaissance de l'autre, de son existence et de ses us propres.

Mais les humains sont ainsi faits que ce respect n'est que très rarement accordé automatiquement. Si la civilité, la politesse ou le sens de la hiérarchie peuvent chez certaines personnes ou groupes sociaux le laisser croire, il n'en est en fait rien.

Tout les systèmes basés sur un respect "du" ont trouvé leurs limites. Le respect du, n'a pas de sens, car il devient vite respect imposé et donc arbitraire. C'est pour cela que l'on ne m'a jamais respecté ? Parce que pour moi, le respect était une chose que l'on se devait les uns, les autres.

Le respect se gagne à partir de fait, d'actions, de paroles tenues, mais aussi d'écoute et de retour de ce respect.

6- Une vie épanouie.

Un jour, sur un forum, un "pseudo" a posé une question "qu'est ce qu'une vie épanouie" . Je lui ai donné ma propre réponse ?

Il a su lire en moi, il m'a deviné. Je suis une femme enfant ou une enfant femme. Je suis fragile et je l'affirme maintenant. Je veux vivre, m.

Qu'est ce qu'une vie épanouie ?

D'abord, il y a la Vie !

La vie, c'est vivre… ça paraît simple comme ça, mais vivre c'est : respirer, boire, manger, dormir, sentir, aimer… Au choix… ou tout ensemble, c'est comme on veut, c'est surtout comme on peut…

Et puis il y a une vie équilibrée… Une vie équilibrée, c'est quand tes besoins sont tous couverts… Pour respirer tu as de l'air, pour boire tu as de l'eau, un coin pour dormir, quelqu'un à aimer…

Une vie épanouie, c'est une vie équilibrée dont je tire tous les bénéfices.

C'est boire quelque chose qui me désaltère, c'est manger quelque chose qui me rassasie, c'est aimer quelqu'un qui m'aime…

Enfin, une vie épanouie, pour moi ça veut dire que j'ai Osé, que je me suis dépassée, et que j'ai réussi ce que je ne croyais jamais atteindre ! Une vie épanouie c'est réussir à aller au-delà de mes besoins vitaux… et que je m'y sente bien !

Pour moi, une vie épanouie, c'est une vie qu'on n'échangerait contre aucune autre.

Mais je pense que ça prend du temps de l'avoir car il faut avant tout se sentir bien dans ses baskets, pour avoir l'envie et la force de se bouger pour faire bouger sa vie.

Chacun à ses propres besoins, donc je ne peux pas dire au nom de tout le monde : "une vie épanouie, c'est avoir l'amour, un travail qu'on aime, des enfants, des amis, des activités".

C'est se lever le matin en étant content de vivre et en sachant que quoi qu'il arrive, la vie est belle. C'est être heureux d'être soi, tout simplement.

Je veux dire par là qu'on ne peut être épanoui que si on est en accord avec soi-même. C'est pourquoi je pense qu'il faut être égoïste dans la vie, penser à soi, savoir ce qu'on veut pour soi-même.

Etre égoïste ne signifie pas écraser tout le monde sur son passage mais être à l'écoute de ses propres besoins. On ne peut rendre les autres heureux que si l'on est soi-même satisfait.

Je pense que je suis sur le bon chemin pour apprendre à m'épanouir mais j'ai encore des progrès à faire. Mais j'ai aussi conscience que le combat n'est pas fini ? Je peux demain basculer de l'autre côté, mourir de souffrances, ne plus vouloir me battre ? Alors je ne sais pas si un jour ? J'aurais cette vie épanouie ; Si tout simplement un jour, j'apprendrais à Vivre.

Conclusion.

"On parle d'échec.

La chute n'est pas l'échec.

L'échec n'est pas de chuter,

L'échec est de ne pas se relever… "

Alors pour une fois je n'ai pas échoué. Je me suis relevée. J'ai lutté parfois à contre courant, parfois dans le même sens. Mais jamais seul. J'errais dans un monde qui n'était qu'à moi, où la solitude n'existe pas. Il était là lui, ce compagnon énigmatique. Lui qui m'avait vu grandir, qui m'avait tendu les bras pour que je me relève quand je me cassais la figure, quand la vie n'avait plus de sens ? Il était là pour moi.

Ce " Il" si pour.
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136102
b
Moi aussi !
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