Histoire vécue Psychologie > Dépression - Déprime > Depression      (2184 témoignages)

Préc.

Suiv.

J'ai rencontré un garçon maniaco-dépressif, il ne s'entend pas avec ma mère

Témoignage d'internaute trouvé sur jetaide
Mail  
| 2354 lectures | ratingStar_82651_1ratingStar_82651_2ratingStar_82651_3ratingStar_82651_4

J'ai 21 ans. L'année dernière, j'ai rencontré un garçon maniaco-dépressif sur un forum de discussion. Son être m'a plu : son attention envers moi que je lui rendais sans crainte d'en faire trop ou de le faire fuir, sa sincérité quant à sa maladie et ce qu'elle comporte, ses passions, son talent en informatique…

Au début tout allait bien : c'était un amour plutôt neutre.

Mais au bout de 3 mois après le premier baiser, il m'a demandé si on pouvait vire ensemble. Et moi, sur le coup j'ai bêtement répondu "oui", sans faire cas de mes études, de mes amis, de ma région (on habite à environ 600 km de distance) que j'allais laisser pour quelqu'un que je connaissais à peine (même si je le "sentais bien"). Mais le lendemain, j'ai réfléchi et vu que je ne voulais pas, que c'était de la folie et que même si je lui faisais confiance, c'était trop précipité, je ne le connaissais pas assez et n'étais pas prête. J'en ai parlé à ma mère et à ma grand-mère qui ont paniqué et m'ont engueulée, bien sûr, vues la précipitation et l'inconscience de mon comportement !

Ma mère a commencé à m'avertir qu'il fallait que je fasse attention, qu'il était peut-être manipulateur, tout cela par téléphone… ou par emails interposés. Un beau jour de mars, j'étais chez lui et il est tombé sur le fameux email de ma mère, ce qui, vous l'imaginez, l'a beaucoup vexé. Les yeux dans le vide, le regard buté et le célèbre pli de perplexité au centre du front, il regardait droit devant lui : j'ai du insister pour savoir ce qu'il y avait, et encore il ne me l'a dit que 2 jours plus tard.

Depuis il en veut à ma mère. J'ai aussi eu la sensation qu'il essayait de m'éloigner de certaines connaissances que j'avais tendance à critiquer, mais il ne le faisait pas comme le commun des mortels, c'était beaucoup plus fort et haineux : un jour il m'a carrément dit que "mes amis sont vraiment des gamins (à partir d'un copain que j'ai qui est un peu gamin) et que lui, le peu de personnes qu'il connait, sont dix fois plus intéressantes".

Ce genre de remarques + tout un tas de remarques blessantes ont souvent fait déborder le vase. C'est-à-dire : il prend tout (et d'après les témoignages que j'ai lus sur ce forum c'est le cas pour la large majorité des maniaco dépressifs) à la lettre, à coeur : il s'emporte, on s'engueule. Pour les derniers temps qu'on a passés ensemble (entre lesquels il me reprochait à chaque fois de ne pas venir assez souvent, très égoïste) on s'est disputés pendant toute une semaine (alors que je n'étais là que deux semaines) et à chaque fois je me sentais à deux doigts de le quitter, complètement épuisée psychologiquement, au bord des larmes (que j'essayais tant bien que mal de ravaler parce que je suis orgueilleuse) , incomprise (il ne cessait de m'interrompre pour me dire que je pensais ça ou ça de lui, alors que ça ne m'avait pas effleuré l'esprit) , donc comme traquée, obligée de faire attention à chacune de mes paroles, et à chaque fois je passais pour la méchante.

Mais malgré tout ça, il y avait des bons moments (même si rares) où je me sentais vraiment bien avec lui, où l'on profitait de la vie. Donc il me semblait l'aimer…

Et puis ma mère m'a parlé (une fois de plus) en me disant de prendre de la distance par rapport à lui car elle sentait que je m'éloignais de ma famille, que je me mettais carrément contre ma famille pour lui et que je voulais porter sa maladie. Elle m'a aussi demandé pourquoi il ne lui passe jamais le bonjour par mon intermédiaire, pourquoi il ne veut pas la rencontrer et lui en veut encore alors qu'elle avait accepté de le rencontrer à un moment (et aussi comment ça se faisait qu'il ne pouvait pas un peu comprendre les craintes qu'ont les gens envers sa maladie).

J'en ai parlé à l'intéréssé qui s'est tout de suite énervé en me disant toute la (mauvaise) opinion qu'il a de ma mère ("elle n'essaie pas de comprendre ma maladie, elle me juge sans me connaitre, tous mes proches sont d'accord avec moi… alors je vois pas pourquoi moi je ferai des efforts envers elle, j'ai déjà donné… " etc). Quelques jours plus tard il me dit avoir écrit une lettre à ma maman pour lui expliquer qu'il ne peut pas la rencontrer. Il me la lit et je me dis que ça semble impulsif et un peu sec mais que ça reflète ce qu'il ressent alors j'approuve l'envoi à ma mère.

Mais ma mère a très mal pris la lettre, et m'a formellement dit qu'il fallait que je fasse TRES attention à lui maintenant, que j'ouvre les yeux, qu'il pouvait être dangereux pour moi d'après sa lettre, qu'il semblait névrotique et dangereux… Moi, complètement perdue, j'ai beaucoup pleuré. Je ne savais plus qui avait tort ou raison, car je l'aimais.

Suite à ça, big gaffe : je lui ai dit vouloir prendre du recul par rapport à nous. Suite à quoi il m'a raccroché au nez et après impossible de le joindre. Bien sûr, culpabilité, sensation de n'avoir pas pu m'expliquer, encore sensation d'injustice.

Il m'en a voulu pendant longtemps et vendredi dernier m'a dit qu'il fallait qu'on arrête. Le lendemain il me dit qu'il a fait connaissance d'une fille qui a son âge et les mêmes passions que lui. Et moi je me suis sentie vide, abandonnée, triste sans lui, comme s'il était une drogue.

Ca fera une semaine vendredi.

Aujourd'hui, je ne sais plus trop où j'en suis car quand je lis vos témoignages, je serais plutôt tentée de le quitter car je ne pourrai pas assumer tout ce que beaucoup d'entre vous assument, et de l'autre côté je suis très attachée à lui, une identité charnelle nous lie d'ailleurs très fort… et je me suis demandée si ce n'était pas juste ça (côté charnel + affection immense) plutôt que l'amour qui me lie à lui. Je lui en ai parlé, mais apparemment, sa rancune envers ma décision de recul lui a passé, et il m'aime à nouveau comme avant.

Aujourd'hui je n'ai pas de réponse. Lui me dit qu'il faut laisser aller ses sentiments, mais je me demande bien si ça ne va pas redevenir comme avant. De plus il n'est pas allé une seule fois en HP depuis qu'il me connait alors qu'avant il y allait au moins une fois par an, mais j'ai peur qu'il ait un jour une rechute et je doute qu'alors je saurai le gérer. J'aspire trop à une vie normale pour ça. Oh lala s'il lisait ça il me dirait : "bah alors quitte moi, qu'est ce t'attend ? " d'un ton provocateur, mais aussi manipulateur car il sait (inconsciemment ? ) très bien que ça va me faire culpabiliser et que je ne voudrait pas le quitter dans ces termes.

Je vais le voir en aout ou septembre (ma mère n'est pas au courant mais elle va mal le prendre car j'avais dit que je prenais de la distance vis à vis de lui, elle doit donc s'attendre à ce que l'on se sépare) et on est censés parler mais je doute que nos dialogues soient fructueux.
  Lire la suite de la discussion sur jetaide.com


82651
b
Moi aussi !
1 personne a déjà vécu la même histoire

Signaler un abus
Les titre et syntaxe du témoignage ont pu être modifiés pour faciliter la lecture.


Histoires vécues sur le même thème

Qu'est-ce que vous voudriez dire a une personne a cet instant?

image

Je n'ai jamais essayé de la contacter, mais j'ai essayé de savoir plus ou moins ce qu'elle était devenue depuis ; mais comme j'ai coupé tout contact avec les personnes que je fréquentais à l'époque et que je ne suis pas sur Facebook, c'est...Lire la suite

Deprime total=retour a la realite - je gache ma vie

image

Bonsoir à toutes et à tous ! J'ai 24 ans et je sors d'une licence (niveau bac+3) sans avoir valider mon dilpôme. J'ai une petite amie qui m'aime et que j'aime, on est installé ensemble depuis 1 an et on prévoit de faire un enfant. Bref, je pense...Lire la suite


 

Témoignages vidéos
Déprime
Sur le même thème
Qu'est-ce-que la déprime ?
Voir tous les  autres témoignages