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La dépression est une maladie difficile à comprendre

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Bonjour,

Après 5 ans de "dépression", quelques tentatives de suicides, 4 ou 5 psy avec chacun un ou des traitements différents, j'ai été diagnostiquée il y a un peu plus d'un an comme étant bipolaire.

Là, j'ai oscillé entre le soulagement de comprendre enfin un peu pourquoi tous les traitements avaient été des échecs, pourquoi je changeais d'humeur aussi facilement et la révolte face à cette maladie qui ne m'offre comme perspective que des montagnes russes toute ma vie, avec à chaque phase dépressive le désespoir de savoir que ça arrivera encore et encore.

J'ai eu un premier vrai traitement pour la bipolarité avec en particulier le Zyprexa… malheureusement, comme ce médicament enlève toute notion de satiété et comme je n'avais pas été avertie qu'il fallait absolument faire attention à garder une alimentation très stricte, j'ai pris 15 kilos. Ma psy, voyant que cela jouait énormément sur mon moral me l'a arreté… j'ai eu un peu de chance car je suis à ce moment là passée en "phase haute" et un seul cachet de zoloft finalement me maintenait à flot… jusqu'à ce que je replonge avec à nouveau après quelques jours très difficiles une nouvelle tentative… on a rajouté du tercian… pas suffisant car après une petite accalmie les crises ont recommencé, me laissant peu de répit.

Aujourd'hui j'en suis à 3 zoloft + 10 gouttes de Tercian le matin, 5 gouttes de tercian le midi, 30 gouttes de tercian et 2 cachets de dépamide le soir.

Pour éviter avec le dépamide le même écueil qu'avec le Zyprexa je me suis mise au régime stricte et je m'astreins à une heure de sport minimum tous les jours (ben j'ai encore une dizaine de kilos à perdre pour retrouver mon poids d'avant le zyprexa et re-mener une vie que je considère comme normale).

Voilà un peu mon histoire et où j'en suis aujourd'hui.

Maintenant j'aimerai un peu partager avec vous quelques questions, voir comment vous vivez cette maladie, quels "trucs" vous avez trouvés pour gérer les crises.

Pour ma part, j'essaie de m'atreindre à une hygiène de vie assez stricte : pas de courte nuit, dodo vers 23h et réveil vers 7h, nourriture pas trop riche avec un seul excès par semaine, pas d'alcool (sauf un verre de vin quand je suis avec des amis) , 1 heure de sport mini par jour… j'espère que ce rythme de vie me permettra de m'accrocher lors des sales périodes… Avez vous d'autres astuces, comment faites vous pour aborder chaque crise ? Moi, j'ai beau savoir que c'est récurrent, c'est à chaque fois la fin du monde.

Une autre problèmatique c'est une éventuelle grossesse. J'ai 34 ans et je n'ai pas encore d'enfant mais je souhaiterai vraiment en faire un. Maintenant ça semble relever de l'impossible : si on garde les médicaments ça semble être trop risqué pour le bébé… si on enlève les médicaments, comment vais-je vivre cette grossesse que j'aimerai être un des plus beaux moments de ma vie ? De plus, il se pourrait que je doive faire ce beau bébé toute seule… Comment envisagez-vous une grossesse ? L'avez-vous vécu et si oui comment, dans quelles conditions, quels ont été les points positifs, les points négatifs ? Il y a là-dedans aussi cette peur de ne pas être à la hauteur… je suis persuadée que j'ai un sens des responsabilités, une dévotion et un amour suffisamment grand pour "m'effacer" pour rendre heureux mon bébé, me démener pour ne plus laisser de place à cette maladie pour m'occuper ce petit… mais y a-t-il un risque que ça ne soit pas le cas ?

Voilà… j'ai encore pleins d'autres questions mais commençons déjà par là… j'ai surtout besoin de vos retours d'expérience, de me sentir un peu moins seul face à cette maladie qui est difficilement compréhensible par ceux qui n'en sont pas atteints.

Merci de votre aide.

Amicalement.
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b
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Commentaires pour cette histoire  Ajouter un commentaire

Par merisma | le 09/03/11 à 21:57

Bonjour,

Je comprends votre détresse. Je ne sais pas si ce qui va suivre va pouvoir vous aider, mais bon, je tente malgré tout.
Je retiens de votre témoignage que vous cherchez à "cadrer" au maximum votre vie, à vous imposer des règles pour essayer de tenir le coup, pour afficher une robustesse invincible à tout ce qui peut vous submerger. Je vous avoue que j'ignore si c'est une bonne chose ou non. Personnellement, comme j'ai tendance à me laisser aller, à faire n'importe quoi par moment, je prends régulièrement des engagements avec moi-même, afin d'organiser "sainement" ma vie et d'éviter toute rechute. Mais est-ce une bonne solution? J'en doute. En y réfléchissant bien, je pense que c'est finalement illusoire de vouloir tout contrôler de son existence. Certes, quand on y parvient, on a l'impression d'être forte, courageuse, méritante : et je pense que ce sont toutes ces valeurs dignes que vous revendiquez. Moi aussi, j'en rêve. J'aimerais être un roc, quelqu'un de fort, de battant. Mais je crois que toujours, ce qu'on cherche à réprimer en nous se manifestera, nous poussera à l'échec, nous exténuera, malgré tous nos efforts. Cela nous paraîtra triste et injuste : "pourquoi, j'ai tout fait pour éviter ça, je me suis battue, sacrifiée ! C'est injuste!". C'est révoltant, c'est vrai. Affligeant. Désespérant. On n'y comprend plus rien, on ne voit plus de sens à la vie, on pense qu'aucune justice n'habite cette Terre. Mais n'est-ce pas notre manière de nous "soigner" qui est mauvaise? Je crois qu'à long terme, les restrictions sont plutôt négatives. Le conseil qui suit va peut-être vous paraître bête et inefficace. Pourtant, il me semble qu'une fois intégré, acquis, il peut s'averé bénéfique. Le voici : apprendre à se tolérer. C'est-à-dire accepter ses erreurs, ses difficultés, ses échecs. Ne pas les enfermer en soi, cesser de culpabiliser. C'est dur. On peut penser qu'on n'y arrivera jamais, que ça ne marchera pas. Ca sonne comme une recette magique, comme de bonnes paroles philosophiques. C'est vrai. Mais je crois que cela peut soulager, de lâcher-prise, de prendre du recul par rapport à soi-même.
Voilà. J'espère vous avoir été utile. Bon courage à vous.
J'attends de vos nouvelles.

Merisma.

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