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Mes parents sont décédés en 16 jours d'intervalle

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Salut, moi j'ai perdu mes parents en 2008, mon papa le 7 mars et ma maman le 23 mars. Ca reste les épreuves les plus traumatisantes et difficiles de ma vie… ce d'autant plus que c'est moi enceinte de 6 mois de mes jumeaux qui les avaient trouvés l'un après l'autre. Mon papa souffrait de dépression depuis pas mal de temps mais à l'annonce de ma grossesse, il avait repris du poil de la bête. Il voulait arrêter de boire (alcool) , il avait fait des démarches auprès de son médecin pour se faire aider à ce niveau là et il me semblait qu'il allait mieux puis il est parti comme ça sans que j'ai pu faire quoique ce soit. Mon papa c'était mon confident, mon pilier.

Quand il est décédé je me suis sentie si seule, terriblement abandonnée. Ca avait toujours été vers lui que j'allais pour parler, quand j'avais besoin de conseils, d'être soutenue ou rassurée. J'avais en plus mes deux bébés dans le ventre et je devais soutenir ma maman. Ma maman a souffert terriblement souffert de la perte de mon papa, ils se connaissaient depuis plus de 30 ans. Etant sous le choc de la mort de mon papa je ne m'étais pas posée la question de me dire comment ma maman allait supporter le choc et si elle allait y arriver… malheureusement je n'ai pas vraiment eu le temps de m'en soucier elle est partie 16 jours après mon papa… J'ai vécu un tsunami intérieur, dur à accepter lorsqu'on est obligée de se remettre en question.

J'étais enceinte et je préparais mon mariage civile, le comble… Cette période a été horrible, pour moi, pour mes frères. Nous avions 24 ans à la mort de nos parents, c'est difficile, si cruelle de perdre ses parents ainsi. En ce moment avec ses fêtes qui approchent, je suis très angoissée, la nuit passée j'ai révé de ma maman et me suis réveillée en pleurant parce que je ne devrais pas avoir à rêver d'elle pour pouvoir lui parler, la toucher, la voir… Ils me manquent, je ne comprends pas leurs départs si brutaux… tout s'est passé si vite. Après leurs décès je me suis mariée et j'ai accouché 1 mois après mon mariage. Sauf que je n'ai pas ressenti la joie d'être maman comme je me l'étais imaginée. A l'hôpital quand mes bp avaient franchi la porte de ma chambre j'avais eu envie de les mettre dehors, comme pour leur dire que puisque mes parents n'allaient pas pouvoir connaître mes enfants, eux non plus ne le pourrait pas. Il avait fallu que je mettes les poings dans les poches et un sacré moment et un sacré travail sur moi même pour accepter leur rôle de grands-parents… Quand à moi, j'ai réalisé quand mes enfants ont eu 6 mois qu'ils étaient mes enfants. Mais je n'ai quasi pas de souvenirs des 6 iers mois, j'ai des souvenirs écrits parce que j'ai beaucoup écrit mais dans les faits, pas de souvenirs. Bon de toute façon avec des jumeaux, les 6iers mois sont épuisants, les repas, les changes, le dodo, pas beaucoup de moments de détente. Une énorme remise en question, moi même et dans ma vie.

Depuis que je n'ai plus mes parents tous les rôles dans ma famille ont changé, ne plus avoir ses parents ça crée un sacré trou dans une famille. J'ai changé aussi, je pense différement. Beaucoup de personnes m'ont lâchées également et entre mes enfants et mes deuils successifs, pas trop le temps de leur courir après, ça a fait un méga tri dans mes amies et amis et à présent je me dis que c'est pas plus mal… Quand mes enfants sont nés, j'ai eu des accrochages avec plusieurs personnes qui n'ayant pas perdu leurs parents ne comprenaient pas que je puisse être en dépression alors que j'avais deux magnifiques bébés à m'occuper. J'avais pris le temps de leur parler, de leur expliquer mon ressenti et tout s'est arrangé. Mais il reste des choses comme par exemple les fins d'année sont difficiles pour moi, de nouveau une remise en question, de l'année écoulée, cette année aura été la 1ière sans mes parents, 365 jours sans eux. Ils me manquent et c'est atroce parce qu'il m'arrive de pas être bien et les gens n'ayant pas perdu un parent ne peuvent pas le comprendre. L'incompréhension est difficile à gérer.

Je n'ai pas perdu des chaussettes, j'ai perdu mon papa et ma maman ! Et à côté de ma dépression il a bien fallu que je m'approprie mon rôle de maman. Ca n'a pas été facile tant physiquement que moralement. Physiquement j'avais accouché par césarienne et n'ayant pas été très renseignée des suites de cette opération, j'ai mal vécue tant la césarienne puis après sont venus s'ajouter à tout cela des problèmes d'ordre physique, mes organes ont eu pas mal de peine à retrouver leur place après la grossesse, énormément de fatigue. Suite aux chocs de la perte si subites de mes parents, je ne suis pas arrivée à allaiter, j'ai fais un blocage. Il m'avait fallu bien 6 mois pour que tout rentre dans l'ordre et que j'arrive enfin à m'occuper de mes loulous. Heureusement mon mari a toujours été présent, malgré un travail à 100% il n'a jamais hésité à se lever la nuit pour les bib, il est clair que petit à petit c'est moi qui le déchargeait, j'étais consciente que d'une part je devais me reposer un max pour être sur pied le plus rapidement possible mais que je devais aussi soulager mon mari qui ne pouvait pas rester debout toutes les nuits et partir bosser la journée. Nous nous en sommes bien sortis puisque nos loulous ont à présent 18 mois et se portent comme des charmes. De janvier 09 à juillet 09 j'ai fais une grosse dépression et étant suivie psychologiquement depuis la naissance de mes enfants j'ai pu mieux guérir en sachant que c'était prévisible mais que j'avais besoin de me laisser couler pour pouvoir mieux remonter. La perte de ses parents n'est pas sans conséquences et je savais très bien que bien après la naissance de mes enfants, que toute la pression serait retombée j'y tomberais les deux pieds joints et ça n'a pas manqué. Mais j'étais armée et avec le soutien de ma psy j'ai pu me soigner assez rapidement.

Aujourd'hui mes enfants ont grandi, je désirais rester à la maison durant leur 1ière année puis gentiment chercher un travail à temps partiel mais les choses ont fait que je n'ai pas pu reprendre tout de suite mes recherches. A ce jour j'ai un jour d'essai de prévu et j'attends une réponse. Ses épreuves m'ont encore plus fait mûrir et endurcie, c'est obligé sinon je coulais. J'ai la chance d'avoir hérité du sale caractère de ma maman, durant les nombreuses années où j'ai pu en profitez on s'étaient souvent prise la tête mais ce sale caractère m'a énormément aidée dans des situations très dures, à savoir faire face à un drame, savoir garder son sang froid, savoir où je voulais aller, savoir ce qui était important pour moi, me laisser couler ou me battre pour mes enfants qui eux étaient là et avait plus que jamais besoin de moi. Mes parents n'auront pas eu la chance de les connaître et plus j'avance et plus ça m'est presque impossible d'accepter ce fait, que mon papa et ma maman n'auront jamais pu les prendre dans leur bras, qu'ils se réjouissaient tant de l'arrivée de ses deux bébés dans notre famille et qu'ils n'ont fait que se croiser sur cette terre. Le fait qu'ils ne soient plus là j'arrive plus ou moins à l'accepter, cela dépend si j'aurais eu besoin d'eux ou pas parce qu'on ait 20 ou 40ans on a toujours besoin de ses parents. J'essaie de me convaincre qu'ils ne sont pas loin mais ça reste tout de même difficile sachant qu'évidemment je n'aurais pas voulu me persuader, j'aurais juste voulu les avoir auprès de moi encore un moment. Depuis la fin de ma dépression j'ai arrêté de me dire qu'il faut que je fasse leurs deuils, j'ai réalisé que même si les mois passent j'ignore si un jour j'arriverais à accepter leurs pertes et du coup je préfère ne plus me mettre la pression. J'avance avec eux comme ça j'ai toujours l'impression qu'ils ne sont pas loin.
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218857
b
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