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Seule la psychothérapie a donné une apparence de vie normale à mon existence

Témoignage d'internaute trouvé sur psychologies
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DEUXIEME PARTIE Je reprends ce récit après des années de mutisme. L'engouement de mes premières pages était retombé comme un soufflé, ma s'ur aînée toujours elle, m'ayant dissuadé d'écrire, et pour cause ! "C'est vilain" , avait-elle murmuré avec une moue significative. Mon psychiatre, à qui j'avais montré mes écrits, semblait gêné par la lecture, que je lui avais demandé de faire.Après vingt-trois ans de suivi médical, je me retrouve dans ce petit appartement au 3ème étage, sans ascenseur, que j'occupe depuis quatorze années. Ma vie a été un vrai gâchis. Après un retour d'une de mes cures, mon mari a demandé le divorce et je suis restée seule pour élever mon petit garçon de six ans ! J'ai tout de même continué à travailler à l'Intendance, à Rouen où les jours n'ont pas été toujours faciles. Mes collègues connaissaient bien entendu ma maladie et cela n'a pas empêché la majorité d'entre-deux, en passant près de moi de faire exprès de me toucher en souriant ironiquement. Pourtant, je faisais mon travail toujours avec la même conscience professionnelle et j'étais bien noté de mes supérieurs. Mais vous ne pouvez imaginer combien les gens sont méchants, peu compatissants et que de fois, j'ai pleuré en rejoignant mon appartement, de devoir faire face à tant d ? Hypocrisie, de souffrir en silence de cette maladie qui a empoisonné et empoisonne encore toute mon existence. Seul fait positif : mon fils, maintenant quadragénaire, dont j'ai trois petits-enfants que j'adore.J'écris pour tous ceux qui ne connaissent pas cette maladie qui ne réalisent pas ma torture quotidienne et aussi et surtout pour ceux qui ont ce mal semblable au mien. Peut-être parviendrai-je à les aider un tout petit peu et ils sauront en me lisant qu'ils ne sont pas seuls à vivre un tel calvaire ? Je commençai par désinfecter à l'alcool à brûler, les quelques souvenirs de mon beau-père que mon mari rapporta de Saudron, après les obsèques. Je lavais sans arrêt mes mains jusqu'à les meurtrir. La vie me devenait impossible. Je consultai à mon tour un médecin qui me dirigea vers une clinique d'Alger où je subis de nombreux électrochocs. Rien ne me fut épargné, pas même le cachot préconisé par la doctoresse P. Je fus envoyée ensuite à Divonne-les-Bains, par avion, accompagnée de mon petit garçon de trois ans et demi et de mon mari. Quand je revins à Oran, mon mal ne fit qu'empirer. Le médecin décida alors de m'envoyer en clinique à Meudon, près de Paris, pour une cure de sommeil qui dura vingt-et-un jours, le maximum. A mon réveil, je ne savais plus rien ; j'avais tout oublié, TOUT, sauf les microbes ! J'étais dans une extrême faiblesse, à ne pas faire trois pas. Et finalement, je revins à Oran retrouver ma famille, mon petit garçon, et mon mari bien sûr. Légère amélioration ? Je dois dire qu'à l'époque, il n'était plus question de travailler. Je fis une première tentative de suicide à l'aide des barbituriques que j'avais sous la main. Dans le coma deux ou trois jours ? Mon médecin traitant me tira de ce mauvais pas, et il fut décidé de me réexpédier à Paris, escortée cette fois, pas de mon mari, mais de ma s'ur aînée à qui on délégua tout pouvoir, même celui de me gifler dans la salle d'attente de la clinique (fort onéreuse) où j'avais déjà subi une cure de sommeil. "Tu veux ruiner nos parents" , s'insurgea-t-elle tout en m'administrant deux fortes gifles. Consciente de la triste réalité, je refusai d'être hospitalisée dans cette grande clinique, et je me rabattis sur la clinique de Charonne, moins coûteuse, où je devais séjourner trois mois, avec autorisation permanente de sortie chaque après-midi, pour rester en contact avec le monde extérieur qui me faisait si peur, car je voyais des microbes partout. A l'issue de ces trois mois, je revins à Oran par Air France, entièrement requinquée, apparemment normale. J'étais en pleine forme, robe nouvelle achetée Chaussée d'Antin, chaussures abricot des Galeries Lafayette, collier fantaisie du Printemps, cheveux bien coiffés, la valise bourrée de menus cadeaux pour chacun, un voilier pour mon petit garçon. Hélas, j'arrivai trop tard au rendez-vous : c'est à ce moment-là que mon mari, lassé par ma maladie prévint ma s'ur Léa et mon beau-frère, sans avoir le courage de s'adresser directement à moi, de son intention de divorcer. "Je lui laisse l'appartement (qui était d'ailleurs en location) , dit-il, et je m'en vais avec l'auto. Je quitte Oran, je rentre en Métropole" . Je dois préciser au passage, qu'il emporta le livret de Caisse d'Epargne, ne me laissant sur la cheminée que l'argent d'un loyer. Non content de s'approprier le livret commun du ménage, il prit aussi celui de notre fils. Je restai donc seule, avec un enfant de six ans, comme je l'ai dit plus haut, à élever, et une pathologie certaine. Quand j'appris la décision de mon mari, je crus que tout s'écroulait à mes pieds. Devant moi, ma s'ur Francine, la benjamine, me secoua en me prenant à bras le corps et me dit : "Tu veux donc retourner d'où tu viens" ? A ce moment, j'entrevis comme un flash, le coin des "incurables" de la clinique Charonne, où ces malheureux tournaient en rond tout le jour dans l'espace qui leur était réservé. "Non, tout mais plus cela" dis-je dans un sursaut de lucidité où se mêlait la révolte, et je me mis en mesure de réagir, et de déclarer à la Sécurité Sociale que j'étais guérie, que je voulais reprendre mon poste à l'Intendance militaire, que j'avais quittée, étant en disponibilité. Je passerai sous silence le calvaire qui fut le mien pendant plus de vingt ans à essayer de vivre une vie ayant une faible apparence de normalité, tout en sacrifiant aux exigences de ma maladie. Désinfection à l'alcool à brûler après maints lavages avant de quitter mon bureau ; effets strictement réservés à mon lieu de travail ; toilette complète quotidienne et shampooing chaque soir avant de pouvoir évoluer dans mon appartement. Ce fut un véritable enfer entrecoupé de moments de vie ayant un pâle reflet de liberté retrouvée. Pour donner la mesure de ce que j'ai enduré, j'avouerai que j'allais à mes rendez-vous de flirt avec un flacon d'alcool à brûler pour me désinfecter la bouche après un baiser, et tout à l'avenant bien entendu. Seule, la psychothérapie entreprise en 1973 avec le docteur M. Donna des résultats et une apparence de vie normale à mon existence ? 21 décembre1997 : Nouvelle coupure dans mon écriture. Il y a quatre jours, que mon fils n'a pas téléphoné. Il est fâché contre moi ? 1er mai 2002 : Mon petit-fils m'a très gentiment embrassé ce soir. Il a été très affectueux. Je n'oublierai jamais son baiser. C'est si rare !! Je l'aime. Six ans et demi. Noël 2002 : "Mon cher fils, je sens venir la fin. Ma santé se détériore chaque jour davantage. Je te laisse ce manuscrit que j'ai commencé il y a plusieurs années, et dont tu avais critiqué le style "trop classique" . Si tu en as le temps un jour, donne-lui une seconde partie, cela pourrait ne pas être mal peut-être.
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202050
b
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