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Connaissance par l'expérience

Témoignage d'internaute trouvé sur psychologies - 09/03/10 | Mis en ligne le 03/05/12
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Chocolateriver. >> Je crois que tout le problème tient à ce que vous mettez sous le terme de "compréhension". Ce que vous dites ici, que je partage entièrement mais qui relève à mon avis d'un magnifique truisme, c'est qu'une personne qui n'a pas fait l'expérience de quelque chose… n'a pas fait cette expérience. En effet, un Inuit qui n'a jamais goûté de pêche, ne sait pas quel goût ça a. Pour autant, il peut avoir une très bonne compréhension de ce qu'est une pêche. Et inversement, faire l'expérience de quelque chose ne garantit pas d'en avoir une bonne compréhension. J'ai pris l'exemple fort de l'héroïne à dessein, mais c'est valable de manière générale : la psychologie (cognitive et sociale) a bien montré les limites de notre appréhension d'une situation dans laquelle nous sommes plongés. Vous pouvez vivre quelque chose et passer totalement à côté de ce qui se passe réellement. Et ça me semble d'autant plus vrai dans une démarche thérapeutique, qui mobilise les affects et altère le jugement aux fins du changement. Laonite. >> A ma connaissance, les psychanalystes argentins ont été persécutés au titre non pas de psychanalystes, mais de dissidents politiques, parce qu'ils s'étaient engagés socialement contre le régime dictatorial d'alors. C'est tout à leur honneur, mais c'est une sacrée nuance par rapport à ce que vous semblez suggérer, soit l'idée toute foucaldienne que la psychanalyse serait anti-totalitaire par essence et réprimée comme telle par tous les régimes autoritaires de la planète. >> Parce qu'en Italie comme en Allemagne, il y eut des lois raciales, chassant notamment la principale figure psychanalytique en Italie, Edoardo Weiss, sans évoquer les tentatives de relations avec l'étranger des psychanalystes italiens (je songe en particulier à la demande d'affiliation d'Emilio Servadio à la Société Psychanalytique de Vienne et la Société Psychanalytique Internationale : c'est cela qui a déclenché l'enquête que vous évoquez) , pas exactement vues d'un bon oeil par l'Etat fasciste… >> Freud a dû fuir le nazisme parce qu'il était juif. Quant à ce discours célèbre tenu en Angleterre : Freud était un habile politique et a bien vu le profit qu'il pouvait tirer de sa situation pour son mouvement : la psychanalyse n'était dès lors plus seulement une théorie du psychisme et une pratique thérapeutique, mais aussi une forme de résistance au totalitarisme. Cette manoeuvre est toujours d'actualité, par exemple avec Elisabeth Roudinesco, par chez nous, qui n'a de cesse de faire de la psychanalyse le héraut de la liberté politique… et de traiter de fascistes tous ceux qui osent la critiquer. >> Vous avez mis le doigt dessus : ce qui gênait, dans la psychanalyse, c'est son origine juive. A l'Institut Göring, il restait des dizaines de psychanalystes non juifs et Göring lui-même a travaillé avec certains freudiens. Bolivar. >> C'est ce que j'ai expliqué dans mes précédents messages, soit la division entre les initiés à une pratique ou à une doctrine d'un côté et les profanes de l'autre, seuls les initiés ayant finalement la légitimité pour parler de la pratique ou de la doctrine en question. Certains psychanalystes et autres partisans de la cause tombent parfois dans cette logique et c'est sur cet écueil que j'attirais l'attention. >> Absolument pas. J'ai même participé, il y a quelques années, à un large débat au sein d'une revue politique précisément sur cette question. Je suis pour un dialogue de la psychanalyse avec les autres disciplines, dans un esprit d'émulation et de progrès. Hélas, le refus de la critique fait partie de l'arsenal de nombre de psychanalystes pour maintenir leur hégémonie. C'est dommage.
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250008
b
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