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Croyez vous à la neutralité ??

Témoignage d'internaute trouvé sur psychologies - 08/04/10 | Mis en ligne le 09/05/12
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Bonjour Tuatha Dé Danann, >> C'en est un, oui, qui repose nécessairement sur du normatif et qui conditionne d'autant la position du psy dans la relation thérapeutique. Et cela vaut même en psychanalyse : c'est ainsi que Lacan revisite la technique analytique en proposant des séances courtes, en réaction (entre autres) à ce qu'il a observé chez les obsessionnels. >> Octave Mannoni faisait plaisamment remarquer que la théorie servait à protéger l'analyste. Et dans la mesure où l'influence de l'analyste sur son patient est inévitable, il ne me semble pas tout à fait idiot de s'interroger sur ce que construit telle ou telle théorie. Quant à la guérison magique, j'entendais par là la promesse implicite de toute cure : à la seule condition d'une analyse bien menée, la guérison vient au titre de "bénéfice annexe" (Freud, in Résultats, idées, problèmes, II, 1923). >> D'accord, mais si vous admettez que le désir de l'analyste joue, alors vous ne pouvez plus guère défendre l'idée de neutralité. Pire, vous utilisez l'expression "se dégager", comme si ce désir de l'analyste constituait précisément une aliénation, ce qui laisse tout de même songeur quant à l'efficacité du protocole, pour ne pas parler de sa nocivité éventuelle… >> Il le dira (peut-être) , mais il s'interdira (sûrement) d'y recourir, à ces méthodes, au nom de l'orthodoxie : ne trouvez-vous pas cela choquant ? Heureusement, nombre de psychanalystes, en particulier dans la jeune génération, s'autorisent du "jeu" (Winnicott) dans leur pratique. >> Eh bien je ne suis pas du tout d'accord avec vous. D'abord, sur l'association libre : que ne voyez-vous pas que cela place l'analysant dans un paradoxe du type "soyez spontané" ? L'analysant n'est pas libre de parler, il doit parler librement, c'est une sacrée nuance… Par ailleurs, très vite il va saisir ce qu'il convient d'associer ou pas, en fonction de l'attention que prête l'analyste à son discours, attention que l'analysant évalue sans relâche à partir d'indices minimaux : soupirs, raclements de gorge, encouragements ou, cerise sur le gâteau, interprétations en provenance du fauteuil. Au-delà, il y a le préjugé exprimé plus ou moins clairement par l'analyste : le discours de l'analysant n'est pas à prendre au pied de la lettre, au contraire, ce qui est intéressant, c'est le non dit, le latent, le refoulé. Cela aussi, l'analysant va très vite l'apprendre sur le divan, quand il n'a pas déjà pris le pli avant même de franchir la porte du cabinet de son analyste, tant la pensée psychanalytique et sa manie de l'interprétation ont imprégné les esprits. Enfin, sur le contenu, je pense que vous ne comprenez pas – ou que vous caricaturez – la critique constructiviste (Borch-Jacobsen notamment) de la psychanalyse : il ne s'agit pas de dire que le sujet va "inventer des histoires oedipiennes pour satisfaire le psy", mais de réaliser qu'à l'intérieur du cadre de la cure, émergera une fiction thérapeutique différente selon la théorie de l'analyste. Ce peut être l'Oedipe (Freud) , oui, mais aussi pourquoi pas l'infériorité d'organe (Adler) ou la spiritualité (Jung) : tout est bon, si cela permet au sujet d'aller mieux. Le péché des psychanalystes, c'est de croire et surtout de faire croire que ce qui permet d'aller mieux est vrai. Dede. >> Nous sommes d'accord. >> Je n'ai pas parlé d'accusation. J'interrogeais simplement la logique essentialiste qui guide nombre de psys (pas que les psychanalystes, d'ailleurs ! ) lorsqu'ils collent une étiquette sur un patient, ce qui n'est pas, pour moi, sans conséquences. >> Ce que vous énoncez là ressemble plutôt à une thérapie comportementale, pas à une psychanalyse. >> Hum, ça me semble un peu court. Tous les jours, chacun d'entre nous doit tolérer une plus ou moins grande frustration, non pas en vertu du caractère inadapté de nos comportements, mais en vertu de la réalité, qui n'a pas vocation à satisfaire le moindre de nos désirs. >> Vous pensez donc que c'est la compréhension qui "guérit" ? Dans mon expérience, c'est plutôt le contraire : le changement survient lorsque la quête de compréhension cesse, non pas parce que la compréhension est enfin là, mais parce qu'elle n'a plus lieu d'être recherchée, le sujet ne se situant plus dans ce fantasme d'un "hors cadre" qui lui permettrait de se voir en toute objectivité, parce qu'ayant repris sa place dans la ronde humaine. >> J'entends par méthodes efficaces de changement des méthodes qui ont fait leur preuve dans la résolution de telle ou telle difficulté. Par exemple, les thérapies comportementales pour les troubles anxieux. Cela dit, je ne mets pas en doute votre propre expérience heureuse du changement par une autre voie. >> Cela ne contredit-il pas ce que vous écriviez juste avant sur le refus du psychanalyste de reformater son patient dans une logique d'adaptation sociale ? Si la seule norme qui vaille est l'adéquation des comportements du patient aux situations dans lesquelles il se trouve plongé, alors la cure consiste bel et bien à aider le patient à s'adapter. >> Vous donnez dans le raisonnement dichotomique : à mon avis, ce n'est pas "ou/ou". Un psy responsable peut faire en sorte d'aider son client à aller mieux dans "ce monde pourri"… sans pour autant lui retirer un certain sens de la révolte contre ce monde. En clair : le psy ne doit pas devenir un outil de contrôle social. >> L'image du psychanalyste comme chaman moderne me plaît bien, personnellement. Et c'était, après tout, le propos de Lévi-Strauss dans L'Efficacité Symbolique (1949). Fredéric. >> Eh bien, chacun voit midi à sa porte, je suppose. Pour moi, BHL fait partie de ces "intellectuels" qui, prétendant faire oeuvre philosophique, font surtout oeuvre de propagande au service de l'idéologie dominante. >> Bonne lecture.
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252849
b
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