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J'ai trouvé mon bonheur avec la psychanalyse

Témoignage d'internaute trouvé sur psychologies
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Je créée ce sujet, parce que je trouve très intéressant de partager avec vous, forumeurs et forumeuses, des pensées sur la psychanalyse. Je suis "en plein dedans" depuis quelques semaines, après avoir passé six mois à tergiverser. Il n'était pas question de lire quelque livre que ce soit sur le sujet tant que je ne serais pas en analyse véritablement. Je ne cherche pas de réponses à mes questions, je ne cherche plus à me classer comme étant névrosée (aucun doute sur la question d'ailleurs) ou autre. J'ai franchi un jour le seuil du cabinet d'une psy, que j'avais choisie parce qu'elle portait le même prénom que moi, mais sans savoir où j'allais. Je ne parlais pas avant de la consulter, et j'avais vécu dix ans dans le refoulement conscient de certaines choses. Il a fallu six mois pour que je "prenne la parole", six longs mois pour que j'éprouve enfin l'envie de dire. De ce que je lis aujourd'hui, je retiens une chose : je ne sais pas tant que je n'ai pas éprouvé. En ce moment, j'éprouve beaucoup, et je pense beaucoup. Je suis entrée en analyse il y a quelques semaines : entrer en analyse, pour moi (c'est donc une vérité très personnelle), c'est en accepter les principes, apprendre un langage nouveau, cesser de m'interroger sur certaines choses mais seulement avancer au rythme des séances. Le prix : Il est très important pour moi de payer cher mon analyse. Ca n'est une vérité que pour moi, due au fait que la parole ne va pas de soi pour moi. Dix ans passés dans le silence concernant mon passé, certains traumatismes. Je suis tombée dans le piège du mutisme, et personne ne peut me forcer à parler. J'ai toujours su, inconsciemment peut-être, qu'il faudrait qu'un jour j'ose dire. Mais les dix années vécues dans le silence m'ont permis de réaliser bien des choses, et mes pensées tues m'ont tout de même amenée à réaliser certaines actions. Il eut été facile de continuer de me taire puisque la parole est source de souffrance. Parler vraiment, c'est parler avec émotion. Je sais à quel point je me suis blindée pendant dix ans contre toute émotion. Qu'aujourd'hui je sois désireuse de parler ne signifie pas que je suis prête pour cela. Je le constate encore maintenant, bien que je sois sur le "chemin de la parole". Ce n'est que parce que je paye ma psy pour entendre ce que j'ai à dire, même et surtout le pire, que je suis sur ce chemin. Le prix à payer varie peut-être d'un patient à l'autre. J'ai de lourds "secrets" en moi, des choses dont je n'ai jamais parlé, sans compter tout ce que mon inconscient recèle et que j'ignore. Alors qu'il faille payer pour cela m'apparaît comme une évidence. Je paye cher, 100 euros par semaine. Je vous assure que c'est peu par rapport à ce que j'ai à dire. Le silence de ma psy : une souffrance énorme en séance parfois, mais le meilleur moyen de me confronter à moi-même. Elle ne m'aide pas, toujours pas, lorsque je "bloque". Les débuts de séance sont un calvaire, parce que rien ne sort. J'ignore pourquoi, et s'il y a là un noeud énorme, je finirai par découvrir où il est. Je tourne autour, je dis ce que je ressens.... et puis ma psy commence à "exister" par ses silences. J'arrive en séance en ayant pensé pendant plusieurs jours. Le travail se prolonge hors des séances, nous le savons. Il n'est arrivé qu'une fois qu'elle me demande séance tenante si des articulations s'étaient faites depuis la séance précédente. Elle savait..... elle a voulu me mener sur ce chemin, j'ai refusé. Ma psy n'a pas à me mener sur un chemin. Je suis sur un chemin, conscient ou inconscient, et elle est là pour m'aider à défricher celui-ci, par ses questions, parfois par ses affirmations. Ses silences m'agacent, me sont parfois insupportables. Mais ses silences sont avant tout les miens. Ce sont mes silences qui m'insupportent...... Elle ne me demande rien. A moi de dire. L'analyste a au moins la décence de tout écouter, même le plus futil, et même le plus difficile. Ses silences vont de pair avec cette capacité à supporter mes états. Quand je tremble, quand je refuse de parler, quand je tergiverse, quand je fais des blagues idiotes.... elle est là, impassible. Elle est capable de supporter l'être insupportable que je suis à mes propres yeux, et je ne culpabilise pas, parce que je la paye. Sa parole : bienvenue, toujours, bien à propos, toujours ou presque. Elle s'adapte à ce que je suis. Elle me sait musicienne, et elle emploie parfois des métaphores pour que je comprenne. Je me souviens d'une des premières séances, où je prétendais que le silence était insoutenable (depuis, j'ai évolué, et certains sont salvateurs); elle a fait un lien avec la musique, qui ne peut se passer de silences. Lien évident. Il m'a fallu du temps pour l'éprouver vraiment, mais j'avais au moins entendu cette phrase....... Transmission de savoir : elle ne transmet aucun savoir. Elle écoute, et réagit. Elle m'interroge parfois, et des liens se font ou non, en dehors des séances. Je me souviens de quelques rêves, là où ça n'était pas le cas avant. Je conclus certaines séances par une phrase, et je réalise que ça ouvre une porte, et ça engendre une action (en ce moment, les exemples se multiplient, pour de petites choses). La parole, c'est ça le savoir qu'elle me transmet. J'apprends à parler. Je ne suis pas censée trier, et cela je l'ai enfin compris. Pour le comprendre, il a fallu que j'ose lui dire que depuis que j'étais venue la voir, je n'avais qu'un sujet en tête. Tant que je ne lui avais pas dit, je ne pensais à rien, et je refusais d'entrer dans le jeu de dire tout ce qui me vient..... La parole est le moyen d'accéder à de nouvelles données. Tant que je pensais, seule dans mon coin, je tournais en rond. J'ai dénoué le plus simple seule, mais il reste l'inacessible. Ce n'est pas seulement une question de connaissance des techniques psychanalytiques, mais surtout le pouvoir de la chose dite. Une fois que j'ai pu dire, je passe forcément à autre chose. Lorsque je pense, seule, ou que j'écris, je continue de rester dans le non-dit. Si aujourd'hui, en plein dans l'analyse, je fais moins confiance à l'auto-analyse (qui me semble illusoire pour certains problèmes trop profondément ancrés en soi), c'est que j'estime que la parole a un poids conséquent sur ma vie. J'en termine là. J'avais très envie de parler plus généralement de mon ressenti sur l'analyse, et je remercie particulièrement Labyrinthe et Smarloune d'avancer certaines théories sur le sujet depuis quelques jours.
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b
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