Histoire vécue Psychologie > Psychanalyse      (736 témoignages)

Préc.

Suiv.

Je me laisse aller pour vaincre ma dépersonnalisation

Témoignage d'internaute trouvé sur doctissimo
Mail  
| 7513 lectures | ratingStar_220883_1ratingStar_220883_2ratingStar_220883_3ratingStar_220883_4

J'ai lu des témoignages, notamment concernant la dépersonnalisation/déréalisation, les crises d'angoisse et les traitements qui en découlent. Et j'aimerais donner mon avis. Moi même j'ai fais une crise de dépersonnalisation qui a duré une semaine, de lundi dernier à avant-hier. Le "gros" de la crise a duré de lundi à mercredi ; ensuite, un effet boule de neige (je ne suis pas sure d'aller mieux donc j'angoisse, j'angoisse donc ma depersonnalisation revient en force, etc) a provoqué, jusqu'à aujourd'hui et pour je ne sais pas combien de temps, de simples moments ou l'angoisse lance quelques instants de déréalisation.

 

Mon médecin m'a donné un traitement béton : anxiolytiques Anti dépresseurs, mais j'ai choisi (alors que j'étais en crise continue à ce moment là) de ne rien prendre. Et je voulais vous dire, selon les amis que j'ai qui l'ont vécu et selon mon expérience, que je pense que la déréalisation, au même titre que l'anxiété, est une réaction auquellle n'importe quel corps, n'importe quel psychisme (fragile ou pas) est exposé ; je pense que la limite entre le fait d'être "ancré dans la réalité" et la "déréalisation" est infime et je constate que des tonnes de gens le vivent. Sauf que la plupart ont l'air d'oublier quelque chose, voilà sur quoi je vais vous donner mon avis. Pour ma part, je suis très auto critique, je suis en étude de psycho et j'ai commencé à chercher à comprendre mon psychisme très tôt, voire dans l'enfance, car j'ai toujours été psychologiquement fragile (socialement mal à l'aise, du mal à donner de l'amour, du mal à gérer mes émotions, du mal à m'évaluer par rapport aux autres, angoisse de la mort et du temps qui passe, bref tout le toutim). Mais j'en ai toujours été consciente. Cela ne m'a pas empêché de ne pas parvenir à régler ces problèmes et je n'ai toujours pas trouvé le miracle à mon mal de vivre. J'ai donc refoulé profondément les vraies questions à traiter, et malgré ma lucidité, ai transféré toutes mes peurs, angoisses et mal être sur mon corps, donc j'ai des troubles alimentaires. Cette crise de déréalisation qui m'est arrivée m'a fait me rendre compte, très vite car j'ai fait des efforts monstrueux de lucidité et de rationnalisation, que "tout ce qui ne colle pas chez moi [et c'est la même pour la plupart des gens] m'est remonté à la gueule d'un seul coup. J'ai compris que la déréalisation c'est aussi un rejet de la réalité, un rejet actionné par le cerveau.

 

Et j'ai tiré profit de cette déréalisation, en l'analysant à fond ; je me suis notamment rendue compte que les médicaments ne servaient à rien, et que rien ne vaut un bon travail sur soi même (si possible une bonne thérapie avec un très bon psy, ce qui n'est pas facile à trouver mais ça marche quand c'est le cas). J'ai donc interprété ma déréalisation, non comme une maladie qui n'allait plus me lacher (et pourtant j'ai eu de sacrées crises d'angoisses en me disant que j'étais folle pour toujours), mais comme un signal d'alarme de mon psychisme qui me criait enfin "Jeune fille, prends toi en main, dépasse tes angoisse, tes frustrations et règle tes comptes avec la vie". Depuis, je suis tout à fait consciente que mon retour à la réalité est très fragile, je me sens toujours un peu planante et le choc psychologique a été très fort. Mais j'en ai tiré des ensignements et même aujourd'hui, je fais des progrès ; j'ai accepté de voir une psy, mon agressivité envers mes parents sort plus facilement mais je le prends comme un bon signe, car il fallait bien qu'elle s'exprime un jour ; je me rends compte, aussi, grace à cette crise, que j'ai besoin des autres alors que pendant des années je me suis cloitrée dans ma solitude en me disant que tout le monde m'ennuyait et que, paradoxalement, je n'étais à la hauteur de personne; donc depuis que ma crise est survenue je ne fais que voir des gens, bref, mon cerveau m'a rappelé à l'ordre.

 

Pour les gens qui souffrent de dépersonnalisation depuis longtemps, je leur conseille une seule chose : réduire puis arrêter les médicaments ; une angoisse (sans rien d'autre) se calme par la rationnalisation ou une compensation (sport, art, on a TOUS une méthode pour se calmer et si on croit que non c'est qu'on ne fait pas assez d'effort de rationnalisation et de controle, et je sais parfaitement de quoi je parle, j'ai fait une crise d'angoisse de 12h de suite la semaine dernière et quand je n'en pouvais plus, refusant catégoriquement de prendre un médoc, j'ai trouvé de quoi me calmer). La déréalisation, quant à elle, est un état "en cercle", on finit par passer sa vie à se demander "et là, est ce que je perçois le monde normalement ou pas?". Donc déjà, et j'ai vu des gens dire ça sur le forum, il y a un conseil de base : S'EN FOUTRE et se laisser aller. Du reste, manger correctement, avoir des activités (ou se forcer à en avoir), se forcer à voir des gens pour "garder le contact", se confier et oser dire clairement "là, je te parle mais je ne te perçois pas, je suis pas en contact avec le monde", tout cela aide énormément à se sentir en confiance et donc, par conséquent, à se calmer et à ne plus trop se demander si on est normal ou pas. Et au delà de ça, la question majeure à se poser n'est pas "est ce que je vais rester comme ça toute ma vie" (c'est le meilleur moyen pour que ca arrive!) mais travailler sur soi meme. Une déréalisation/dépersonnalisation est TOUJOURS un signe que le psychisme ne supporte plus quelque chose et qu'il faut le régler.

 

Et pour le régler, les médicaments sont inutiles (ou alors à doses extrêmmement contrôlées, car passer d'un état second à un autre, ce qui le cas avec les médocs, est un piège pur et simple). Il faut vous dire "qu'est ce qui me rassurerait et qu'est ce qui amplifierait ma déréalisation", et déjà des réponses vont venir. Si vous notez, par exemple, que votre dépersonnalisation vous fait faire des crises de nerfs dans les transports, privilégiez la marche ; si vous angoissez car vous n'arrivez plus à vous concentrer sur une lecture plus de 5 minutes, ne CULPABILISEZ PAS, entrainez vous à lire tranquillement et à stopper naturellement quand vous sentez que vous bloquez, au lieu de vous dire "merde mais POURQUOI J'Y ARRIVE PAS?!". Et surtout, il faut en parler, se répéter que l'on veut rester en contact, être le plus alerte possible. Tout cela demande un contrôle extrême, occasionne une fatigue psychique énorme (moi même j'ai passé des nuits de 15h de sommeil tellement mes journées à cogiter me fatiguaient, alors que d'habitude je dors 6h par nuit).

 

Bref, au lieu de vous sentir en danger et de croire qu'une force vous a attaqué, que vous n'y êtes pour rien, tachez d'écouter ce que vous dit votre corps et votre cerveau (qui n'est pas fou, sinon vous ne seriez meme pas sur ce forum, ou alors vous vous seriez suicidé, le suicide étant la finalité principale de la dépersonnalisation, et encore faut il que celle ci soit vraiment béton et que l'acte suicidaire vous paraisse tout à fait anodin au point ou vous en etes). La dépersonnalisation est un symptôme de la schizophrénie, mais si vous ne souffrez QUE de dépersonnalisation, vous n'êtes pas schizophrène (ou alors vous le cachez très bien et les médecins vous auraient déjà capturé pour essayer de comprendre!)... Bref, je voulais aussi ajouter quelque chose. C'est que notre société actuelle, marchande, publicitaire, ou notre identité est sans cesse remise en question, ou nos capacitéss sont sans cesse jugées, et ce de la petite école jusqu'à la vie professionnelle, tout ce contexte est naturellement anxiogène à un point que l'on n'imagine pas parfois. Il faut donc composer avec tout ça. N'oubliez pas une chose, c'est que la dernière chose que se dit un fou, c'est qu'il est fou.
  Lire la suite de la discussion sur doctissimo.fr


220883
b
Moi aussi !
1 personne a déjà vécu la même histoire

Signaler un abus
Les titre et syntaxe du témoignage ont pu être modifiés pour faciliter la lecture.


Histoires vécues sur le même thème

Mon inconscient m'a largue une bombe en pleine gueule - psychanalyse

image

Exactement. On ne peut pas faire d'analyse avec un monsieur-je-sais-tout. C'est la raison de ma réticence à encourager st1g dans le cas présent. Cette posture "savante" et autoritaire de l'analyste peut faire illusion pendant un temps, et ensuite...Lire la suite

Grattage compulsif de plaies

image

Bonjour, j'ai 24 ans, suis en master 1 de psychologie et je ne savais pas que mon problème "existait" vraiment et que ça avait un nom. Je l'ai découvert en regardant toute une histoire et ça m'a soulagé de voir que je partage les mêmes...Lire la suite


 
Voir tous les  autres témoignages