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La médiation Vipassana est un excellent outil pour mieux se connaître

Témoignage d'internaute trouvé sur psychologies
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Voici mon témoignage sur la retraite cours de méditation Vipassana : Il est difficile de décrire en quelques mots ce voyage à l'intérieur de soi-même que constituent ces 10 jours de méditation intensive, mais je vais quand même essayer... Ces 10 jours, c?est à la fois une retraite et un cours de méditation : - une retraite car ces 10 jours sont l?occasion de faire un travail d?introspection, de méditer sur la vie et surtout sur sa vie - un cours, car on nous y enseigne une solide (mais très simple) technique de méditation, que l?on peut utiliser chez soi par la suite Ce que ces 10 jours de méditation Vipassana m?ont apporté : L?enseignement principal de ce séjour, pour moi, c?est une prise de conscience : lorsqu?on sème des mauvaises graines, notre esprit devient forcément, automatiquement, agité. Il ne peut pas être calme, paisible, serein, dans de telles conditions. Des mauvaises graines, cela peut être : fréquenter des personnes « toxiques », c?est-à-dire qui nous font au final plus de mal que de bien ; avoir des comportements « toxiques » (idem) ; faire de mauvaises actions, des actes dont on n?est pas fier ; faire du mal à autrui, manipuler autrui ; agir par pure cupidité, par un appât du gain démesuré. Mais les mauvaises graines, ce sont aussi les peurs, les angoisses, les colères, et les divers troubles psychologiques que nous ont transmis nos parents (le plus souvent sans qu?ils s?en rendent compte), que cette transmission se soit faite dans le ventre de notre mère, dans l?enfance ou dans l?adolescence. Comme le dit la sagesse populaire, « les chiens ne font pas des chats »... Après ce stage, j?ai l?impression d?avoir l'esprit un peu moins pollué et parasité qu'avant, et d?être un peu plus lucide et clairvoyant qu'avant. Car pas mal de choses (de ma vie privée et de ma vie professionnelle) qui auparavant étaient floues et peu claires dans ma tête, se sont éclaircies pendant ces 10 jours, un peu comme un ciel gris dont les nuages s?écartent peu à peu pour laisser place au soleil et au ciel bleu (quel poète je suis !...). Je me sens à présent mieux armé pour faire les bons choix, aussi bien dans ma vie privée que dans ma vie professionnelle. A présent, je comprends ce que signifie « le combat intérieur qu?il faut livrer avant d?atteindre la sérénité » (non pas que j?aie atteint la sérénité, ce qui serait à la fois très prétentieux et miraculeux après seulement 10 jours de méditation, mais j?ai ressenti ce combat intérieur lorsqu?on essaie de se concentrer pendant 1 heure en position assise sans bouger). Une souffrance nécessaire : C?est mon expérience la plus dure, moralement et physiquement, depuis le stage « commando » de 3 semaines que j?avais effectué pendant mon service militaire. Comme disent les textes indiens : « il est plus aisé de dompter un éléphant enragé, de marcher sur l?eau, de voler dans les airs, que de maîtriser son mental ». Après ce stage de méditation, je confirme que ceci est exact... Plus que jamais, je suis persuadé qu?il est nécessaire de souffrir pour progresser dans la connaissance de soi, dans son développement personnel. Témoignage sur le déroulement des journées : Nous avions la possibilité d?effectuer, entre les séances de méditation, de nombreuses promenades dans la propriété (dans les champs à la lisière d?une forêt). Ce fut une occasion privilégiée d?observer et de communier avec la nature, notamment à cause du silence que nous nous étions engagés à respecter. Progressivement, mon assiduité aux deux premières heures de méditation (de 4 h 30 à 6 h 30) a diminué, car la tentation de prolonger la nuit au-delà de 4 h du mat? était souvent trop forte. En voyant le groupe à moitié endormi se rendant à 4 h 30 à la première séance de méditation, on aurait dit une armée de zombies... Observations et considérations personnelles sur la méthode Vipassana : La finalité de la méthode est de nous libérer de tous nos attachements (désirs et envies de toutes sortes) car ces attachements, lorsqu?ils provoquent des déceptions, des désillusions, des frustrations (ce qui est inévitable à un moment ou un autre de notre vie), provoquent de la souffrance, beaucoup de souffrance. Cette méthode, poursuivie jusqu?à son objectif final, vise à faire de nous des quasi moines (bien que Vipassana soit laïque), des êtres détachés qui ne réagissent plus aux joies et aux souffrances de la vie (car Vipassana a pour but de déraciner nos attachements, mais apparemment sans pouvoir faire le tri entre les joies et les souffrances). Ceci semble confirmé par l?extrait d?un article du Nouvel Obs sur le Bouddhisme (19 juillet 2007) : « Ce qu?il faut anéantir, selon [le Bouddha] c?est le désir (qu?il appelle « la soif »), car ce désir, ignorant de sa propre nature, est le moteur même du cycle des renaissances. La méthode bouddhiste sera donc une méthode psychologique ? c?est son originalité ? qui permet d?entrer dans sa propre tête afin d?y détruire les racines du désir. » Cette méthode, lorsqu?elle est utilisée à fond, dans toutes ses potentialités (c?est à dire : 1 stage de 10 jours chaque année toute l?année 2 heures de méditation par jour (1 le matin et 1 le soir), en pratiquant avec application et sérieux), convient probablement tout à fait à des personnes à la fois hypersensibles mais surtout profondément malheureuses, des personnes dont la vie n?est que souffrances (échecs amoureux, misère sexuelle, absence de travail ou travail inintéressant et/ou stressant, problèmes financiers importants, maladie grave, décès de personnes proches...). Pour les cas désespérés, cela peut constituer une bonne alternative au suicide. Mais pour des gens comme moi, dont la vie est faite davantage de joies et de plaisirs que de souffrances, il y a peu d?intérêt à utiliser cette méthode à 100 %. Par contre, lorsqu?elle est utilisée avec lucidité et discernement, elle peut probablement aider à améliorer sa concentration, à apprendre à moins se laisser submerger par ses émotions, à « lâcher prise » comme disent les psys, à mieux gérer les situations stressantes, à améliorer son discernement (notamment : apprendre à repérer et à éviter les personnes ou comportements « toxiques », c?est-à-dire qui au final nous font plus de mal que de bien), à diminuer un peu (= modérer) ses attachements lorsqu?ils sont excessifs et font trop souffrir (ex : alcoolisme, drogues...). Autrement dit, cette méthode ne sait pas faire le tri, elle vise à éradiquer tous nos attachements. Il est quand même possible de l?utiliser à un degré limité (= raisonnable), mais il semble que si on va jusqu?au bout de la méthode Vipassana, on se débarrasse aussi bien de ce qui ne va pas (les attachements qui font souffrir), que de ce qui va bien (les attachements qui font du bien)... En conclusion, malgré mes quelques réserves, je pense que la méditation Vipassana est un formidable outil d?introspection et de développement personnel, elle permet à chacun d?effectuer son propre « voyage intérieur ». Cette expérience a été pour moi riche et intense (comme pour la plupart des participants, d?après les témoignages que j?ai recueillis). Je renouvellerai donc très probablement une autre année ce stage de 10 jours. Pour terminer, une jolie phrase qui résume bien l?état d?esprit qui régnait dans le centre de méditation pendant ces 10 jours : « Un jour, à force de concentration, la sagesse lui est révélée : comment Siddharta est devenu Bouddha, l?Eveillé ». Tout un programme...
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220263
b
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