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Comment tuer sa mère......

Témoignage d'internaute trouvé sur psychologies
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Ne t'en veux pas. … on ne peut pas se forcer indéfiniment à assurer quand on n'a pas le moral. J'en sais quelque chose… j'ai fonctionné comme ça jusqu'au jour où je n'ai plus pu. On ne peut pas se forcer à voir des gesn et à faire la fête si on a le coeur lourd. Tu as vécu un début de vie très difficile avec ta mère, un père qui visiblement n'a pas assuré son rôle de "dé-fusionneur" et qui est mort avant que tu puisses régler tes comptes avec eux. Ensuite, tu as enchaîné un certain nombre de galères, toujours avec cette envie de mourir sous-jacente que tu refoulais de ton mieux. Aujourd'hui voir ta mère continue à te faire du mal… On serait mal à moins !! Alors ne t'en veux pas de ne pas être heureuse, épanouie, joyeuse, pleine de vie et d'énergie. Un truc que j'ai compris c'est que quand on vit en se coupant de ses émotions, on perd peu à peu son énergie, le contact avec ce qui nous rend fort, heureux… Tu as tenu tant que tu as pu, là tu ne peux plus. Tu peux voir ça comme un drame ou bien comme la meilleure chose qui te soit arrivée depuis bien longtemps… Un rappel de ta vie qui te dit "ne m'oublie pas ! N'oublie pas la petite fille qui était pleine de vie et puis qui en a tellement pris dans la figure qu'elle a eu envie de mourir depuis… " En ce qui me concerne, j'ai réalisé tout ça dans une situation différente de la tienne. Plus ou moins facile, je ne sais pas. J'étais en fins d'études, j'ai commencé une psychotérapie qui m'a fait réaliser des tas de choses. Je n'ai plus pu supporter mes parents, l'impossibilité avec eux d'être moi-même, l'impossibilité de leur parler des souffrances que j'avais vécues avec eux et que chaque contact ravivait… J'étais donc étudiante, mes parents m'ont coupé les vivres, m'ont forcée à rendre mon appartement d'étudiante et à revenir chez eux… et là… je me suis "enfuie" à 23 ans, j'ai fait des pieds et des mains pour obtenir une bourse d'études sur critères sociaux, plus un appartement en cité u. J'ai étudié et bossé un peu à côté. Depuis, je n'ai plus rien reçu d'eux, ni caution solidaire quand j'ai emmenagé à Paris avec mon copain il y a un an, ni soutien affectif, rien. Rien que des injures, des dévalorisations. Ça me blesse toujours alors je mets des distances, que je dois réaffirmer de temps en temps. Je leur ai dit il y a 15 jours à nouveau que tant qu'on ne pourra pas mettre notre relation à plat, parler de ce qui ne va pas entre nous, et tentyer de construire une relation sur de nouvelles bases, je ne souhaites pas de contact avec eux. C'est dur bien sûr, parce que ce qui m'a toujours manqué, c'est leur soutien, leur amour, une partie de moi s'est toujours prostituée pour la moindre marque d'attention de leur part et serait encore prête à me marcher dessus pour tenter enfin de gagner leur amour. Mais une autre partie de moi, a compris toute la souffrance vécue à leurs côtés depuis toujours, le fait aussi qu'ils sont probablement incapables de comprendre ce que j'ai pu vivre, de m'accepter comme un être humain autonome, digne de respect, qui ne soit pas qu'une partie d'eux méprisable et utilisable, jetable, sans aucun égard. Moi aussi j'ai eu honte de me lamenter, de "m'écouter", je me disais moi aussi que se voir comme une victime est la pire des déchéances, des laissez-aller coupables… Mais la force de la dépression qui m'entrainait était si forte que j'ai décidé de l'accepter et de plonger droit dedans pour voir ce qu'elle avait à m'apporter comme message. Je me suis battue pour obtenir mon diplôme, et ensuite, je me suiis offert un moment de… rien ! Un moment où j'avais un chez-moi rien qu'à moi, plus de parents sur le dos, une psy qui me soutenait, et où j'ai passé des mois presque prostrée… n'allant plus en cours, ne voyant plus de gens que rarement (ma psy une fois par semaine, un cours de chi-qong une fois par semaine aussi, parfois une amie, et puis après mon coup de foudre, mon copain de temps en temps). Je me suis offerts ce que mes parents m'avaient toujours refusé : du temps pour m'écouter. Du temps pour écouter mon vague-à-l'âme, pour laisser venir les larmes, des torrents de larmes, de souffrance, d'incompréhension face à tout le mal que m'ont fait mes parents, de colère un peu (encore du mal avec ça) … J'avais peur de jusqu'où ça me mènerait, de rester vraiment de plus en plus au fond, de sombrer. Mais en même temps, ma psy et le chi-qong me convainquaient que les émotions doivent être écoutées, qu'elles ont un sens, qu'on va mieux après les avoir sorties. Et puis ça a marché… j'ai beaucoup évolué pendant ce temps. Au final, ça a duré trois ans… trois ans de mutation intense, dont je pense un an hyper intense où j'étais prostrée, où des tas de cauchemars me revenaient et m'aidaient à comprendre, où je faisais de l'insomnie, mais aussi je dormais le jour… Bref, ça a sacrément déménagé. J'ai dait du tri dans ma vie. J'ai redéfini ce que je ne voulais plus, notamment la voie professionnelle dans laquelle j'allais sans envie, de plus en plus déprimante (les concours administratifs). J'ai fait du tri dans mes relations aussi, à commencer par mes parents, mais pas que, je suis devenue plus exigeante. Tous ces changements me terrorisaient, je me demandais toujours ce qui allait être derrière la porte que j'étais en train de pousser, sachant ce que je lâchais, pas encore ce que j'allais trouver. Mais je ne sais pas, d'une certaine façon, malgré mon angoisse terrible, je me faisais confiance… je savais que pour la première fois depuis très longtemps, j'étais guidée par quelque chose de fort et de fiable : mes émotions. Surtout, fais-toi confiance, et essaie de faire taire les voix dans ta tête qui essaient de te faire douter de toi, de ta démarche. Tu peux notammant, sur ce sujet, lire "chantage affectif" de Susan Forward (ces voix sont du harcèlement qu'on nous a fait et qu'on se fait ensuite à soi-même) , ou bien le livre "affirmez-vous" de Frédéric Fanget, notamment sa super méthode pour rompre ce bouillonnement d'idées noires et se reconnecter à nos vrais besoins (je l'ai expliquée en détail dans le forum "mieux se connaître", je te la retrouverai si tu veux). Plein de courage. Tu es sur la bonne voie, et oui, mille fois oui, on vit beaucoup mieux après qu'avant. Même si je ne suis pas encore totalement libérée (loin de là) , je suis plus adulte et plus sure de moi, plus à l'écoute de mes besoins…
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458928
b
Moi aussi !
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