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J'ai été en psychothérapie pour essayer de sauver mon couple

Témoignage d'internaute trouvé sur psychologies
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Je suis en couple depuis 12 ans.

Ma souffrance s'appelle "violence morale". Le mot est effrayant, je n'arrive pas encore moi-même à l'attribuer à mon histoire. Il me paraît disproportionné par rapport aux faits, presque injuste pour mon ami. C'est pourtant le terme qu'a employé la psychiatre que je consulte maintenant depuis janvier.

C'est une violence épisodique, et aussi étonnant que ça puisse paraître, elle n'apparaît pas lors de désaccords au quotidien, mais dans des moments de discussions quand j'exprime mes sentiments et émotions sur des sujets qui concerne notre couple.

Elle prend la forme de regards chargés de colère, froids à me glacer sur place, d'un ton d'une autorité quasi-absolue dans l'affirmation de la version "exacte" des choses, de mots tranchants et volontairement blessants. Je précise qu'il n'y a pas de mots insultants ou grossiers, pas de gestes violents, pas de paroles rabaissantes. Pourtant après, je ne suis plus rien. Tout s'écroule. Je ne sais même plus si je souffre des paroles prononcées ou du sentiment de ne plus reconnaître l'homme avec qui je partage ma vie (généreux et sensible par définition).

Ces moments sont liés à des situations toujours similaires : j'éprouve un malaise dans mon couple, je l'exprime mais lui ne veut pas l'entendre. Non seulement je ne suis pas entendue (au sens d'écouter mon ressenti) , et en plus je me fais massacrer (excusez le mot, mais c'est la façon dont je vis l'instant) avec des propos tels que : tu veux toujours plus, tu te plains toujours, tu n'es jamais contente, c'est pas moi qui crée les situations de conflits, ce n'est pas moi qui ne vais pas bien, je me contente de ce que j'ai sans attendre plus… Voilà en exemple ce qui me revient de plein fouet, pour avoir tenté d'exprimer un désir de plus de disponibilité, de présence, ou d'affection de sa part dans un moment en particulier.

J'ai passé 12 ans (parce que ça a fonctionné de cette manière dès le début) à vivre des scènes de cette nature chaque fois que je désirai quelquechose de lui qu'il n'avait pas envie (ou ne pouvait pas, c'est une question en soit) me donner. Et j'ai donc passé 12 ans à penser qu'il avait raison dans le fond : que les femmes sont insatisfaites et veulent toujours plus. J'ai pensé que je devais avoir l'art de le pousser à bout, que je devais même être très forte à cet exercice puisque j'arrivais à le faire craquer avec peu de répliques et aucune agressivité, juste une "tronche de malheureuse" (dixit mon conjoint). Le but de ce post n'est pas d'exclure ma responsabilité dans les réactions de mon ami, mais je tiens à préciser que je ne le harcèle jamais. Nous n'avons aucun sujet de dispute sur nos boulots, sur nos amitiés, sur nos familles respectives, ni sur la gestion de notre quotidien en général, et encore moins à propos de notre fille de 3 ans. Des disputes sur des "queues de cerise" avec la fatigue ou le stress, c'est tout. Voilà pourquoi j'encaisse le mauvais, persuadée que oui, je ne dois pas être bien consciente de la chance que j'ai. A l'automne dernier, j'ai craqué, je me suis "rebellé" parce qu'il ne voulais pas écouter que je souffrais de notre non-communication affective, et ça a touné à la catastrophe avec une escalade de la violence verbale telle que j'avais décidé de le quitter. J'ai été incapable d'aller au bout de cette décision, j'ai choisi de comprendre et de m'accrocher pour sauver notre vie de famille. Voilà comment j'ai commencé une psychothérapie.

Au-delà de saisir à quoi fait écho mes souffrances dans ces scènes là en particulier (c'est le "travail" qu'il faut que je mène à bien, tout un programme ! ) , j'ouvre doucement les yeux sur cette violence contenue mais tellement palpable que me fait subir mon conjoint (même si ça reste épisodique, c'est récurrant depuis toujours). La psy m'alerte sur ma faculté à "balayer", comme si je ne pouvais accepter de casser l'image de mon conjoint. A taire mes émotions pour maintenir notre relation, en adoptant son fonctionnement, en m'adaptant à ce qui me donne à vivre. Tout ce que je dis là vient de son analyse, moi je suis incapable de pousser si loin ma réfléxion, c'est insupportable de douleur. Cà aussi elle l'a comprit, puisse qu'elle ajoute que je verouille mon ressenti, en intellectualisant tout le bon de mon couple pour minimiser le mal.

Mon conjoint sait que je consulte une psy, il n'en parle pas, je ne cherche pas à partager avec lui ce que je vis. Nous n'avons pas reparlé de notre crise. Je ne lui fait part d'aucun état d'âme (je n'ai pourtant jamais éprouvé autant de sentiments et émotions variés que depuis le début d'année : ça décoiffe une analyse ! ) , bref, dans sa version de notre histoire actuelle : tout va bien. Pourtant hier, pour une réflexion de ma part (il répète souvent plein de fois les mêmes choses, et j'ai manifesté un agacement) , il a adopté son attitude méprisante et cynique en même pas une minute, ne m'a pas laissé répondre et m'a ignoré aussi sec. Pour la première fois j'ai ressenti un truc physique : comme si une main invisible venait appuyer très fort sur mon plexus, puis remontait pour serrer ma gorge. Cà a duré plusieurs minutes, j'étais comme paralysée, je n'avais pas envie de pleurer (ce que je faisais à chaque épisode) ,

J'ai senti un froid immense dans mon coeur. J'ai pensé que c'était peut-être ça le DES-espoir.
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216998
b
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