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J'ai failli oublier que je devais m'en foutre

Témoignage d'internaute trouvé sur psychologies
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Je me sens comme suspendue dans les airs chaque fois que je pose une question à ma mère et qu'elle ne me répond rien. Je voudrais juste qu'elle nourrisse mon interrogation, pas qu'elle choisisse à ma place. Depuis toujours c'est comme ça. Je vais pas vous la raconter pour la cinquante millième fois sur le forum. Aidez-moi à fonctionner autrement. Ne plus attendre d'elle qu'elle soit une mère, j'ai compris. J'ai pas appliqué. Pour appliquer, je crois qu'il me faut accepter que je me débrouille très bien sans elle et ne pas avoir le sentiment de la laisser sur le bas-côté car c'est tout de même ma mère. Cesser d'aller chercher son avis. J'ai plus l'âge. Elle en a pas d'avis ou alors oui et elle ose pas, je lui fais peur depuis toujours. Ou alors elle s'en fout. Je pense pas mais que c'est dur de devoir aller chercher au fond du fond de son espèce de mère ce qu'on est sensé y trouver et revenir toujours bredouille. Je suis perdue. Faut que j'arrête d'y aller. Ces temps derniers, je lui avais caché une chose de ma vie car je savais que j'allais stresser encore plus à son contact si elle était au courant. Par gaffe (j'assume la co responsabilité) , sa soeur a cru qu'elle était au courant. J'ai été confirmée dans mon appréhension. Je me suis retrouvée à parler durant presque deux heures à ma mère ce soir et je transpire, je suis énervée, stressée car, encore une fois, j'ai ATTENDU qu'elle m'éclaire dans mes interrogations et y a pas eu, rien, rien du tout, de sa part. Comme si j'avais couru et que j'arrive pas à épuisement. Parce qu'en bout de course, j'ai pas trouvé ce pour quoi j'ai couru. Je me disais que je pourrais envoyer un sms, histoire de me sentir mieux. Mais me sentirais-je mieux si je lui disais ce qui me chagrine, ce que j'attends d'elle. Je l'ai déjà fait par le passé, maladroitement certes mais ça a donné quoi ? Elle a pris la mouche, elle est comme elle est et patati . Qu'est ce que j'attends d'elle ? Qu'elle me dise "c'est bien ma chérie mais tu es grande et c'est à toi de choisir ta vie" Je le sais déjà. Je le fais déjà. Et en même temps je suis pas sûre que ça m'aiderait car si on avait une vraie relation de mère à fille et de fille à mère, j'irais toujours vers elle. J'attends de voir ma psy à l'hosto le 29. J'ai hâte. Je vois mon kiné mardi, j'ai hâte. Finalement j'attends de voir tous ceux que je prends pour ma vraie mère. Je m'y accroche comme une petite fille que je suis toujours. "Encouragez-moi" je leur dis, "Dites moi que j'y arrive bien à m'en sortir" et eux le feront. Et elle jamais. J'en pleure tellement c'est dur. A 39 ans, j'en suis là. Et je peux dire que c'est la seule chose qui me freine dans ma vie parce que sinon je crains rien. Et je sais même pas pourquoi j'ai écrit ça. Un moment de faiblesse sans doute. Car j'ai vu, s'il était besoin, à quel point on n'avait rien à voir avec une mère et une fille quand elle est pas venue quand j'ai été opérée d'un cancer. Pareil pour mon petit frère à qui j'ai dû demander de venir. Je m'étais promis de savoir, de retenir, de mémoriser le fait qu'ils n'ont pas été à la place que je leur ai donnée. Quelque chose s'est cassé entre mon frère adoré jusque là et moi et je continue de faire comme si je voulais pas m'en souvenir. Pour ma mère, c'est perdu, fini. C'est comme si je voudrais leur laisser une chance et pourtant, bordel, j'ai été seule dans cette chambre d'hôpital. Ils m'ont plantée là. Mon frère profitait de Paris, m'a aidée pour les courses quand je suis rentrée, a fait de l'humour sur ma sonde urinaire me disant un truc comme "ça te titille le clito" et je devais appeler ma mère pour lui dire ce qui m'arrivait quand elle restait bien calée dans son fauteuil et que je souffrais d'apprendre, seule, ce qui m'arrivait, mes peurs, mes terreurs, ma douche à la bétadine, mes points, mes pansements. Elle qui m'appelait pas quand je devais avoir un résultat, voir un docteur. C'est moi qui gentiment, comme une bonne fifille, l'appelait dès que je rentrais, entre 20h30 et 21h, longtemps, longtemps. J'ai fait semblant avec tout le monde. Pour rien casser de ce qui n'existe pas en fait. Je vous ai tous gardés, et vous m'avez laissée dans ma terreur et vous avez rien compris. J'ai cru que j'allais crever et vous m'avez laissée seule dans ma chambre. Heureusement, y a eu ma chirurgien, la psy, les infirmières et aides soignantes, car fallait que je me projette et y avait quoi à l'horizon ? Rien ! Je le savais. Je rebondis. Je m'étais dit que je ferai ma vie, ma vie à moi, moi qui ai donné même mon absence de bébé à ma mère, que moi, moi, moi et encore moi, moi. Ma vie à moi. Ma vie pour moi. Ma vie qui vous plaira pas mais tant pis si c'est le cas. Car c'est la mienne.
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271147
b
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