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Je suis tombée amoureuse de mon psychothérapeute

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Et bien moi, je suis tombée amoureuse dingue de mon psy. Lui a toujours été très clair. Il y a eu plusieurs choses dans son attitude et sa pratique qui m'ont encouragées dans ce sens mais pour être honnête, il s'agit plus de choses que j'ai interprété dans un sens plutôt que de vrais signes d'encouragement. Je m'explique. Il faut d'abord dire qu'il s'agit d'une TCC où le psy parle énormément. Pour le contexte, je voyais mon psy trois fois par semaine et il m'avait autorisé à lui écrire par mail. Je sortais de cinq années de thérapie avec une lacanienne qui me laissait beaucoup parler et là, ce type parlait plus que moi, me coupait la parole et ne me laissait pas approfondir mes idées. Je le faisais donc par mail en lui envoyant après chaque séance, deux ou trois pages de ressenti et de complément de séance. Souvent il me répondait quelques phrases et j'en étais ravis. Au total, j'étais en relation avec lui presque tous les jours. Et pour couronner le tout, il m'appelait sur mon portable lorsqu'il savait que j'avais un passage difficile à vivre (reprise de travail, crise d'angoisse, séance de pleurs, etc..). Je suis devenue totalement dépendante de lui et de ses marques d'attention pour moi, qui, je le précise, restaient strictement professionnelles, mais la confusion s'est néanmoins installée dans ma tête. Et puis un jour, je lui ai écris ceci: Je crois que je ne vais pas pouvoir continuer à venir vous voir. Quelque chose s'est "tordu" dans ma tête et je n'arrive pas à redresser la barre. Dans mon besoin acharné d'exister à travers quelqu'un, dans les yeux de quelqu'un, je me suis crée l'illusion que je pouvais vous plaire, réellement, chastement. Depuis, chaque parole et chaque acte que j'interprète faussement comme une "négligence" à mon égard ou une désapprobation, me plonge dans un réel chagrin, comme un chagrin d'amour ou d'amitié, avec son lot de tristesse, d'insomnies et de baisse d'estime de moi-même. Chaque parole et chaque acte que j'interprète faussement comme une attention particulière ou une approbation, m'encourage dans ma vision erronée de ce que j'espère de vos sentiments pour moi. Bien sûr, ma conscience sait parfaitement que tout ceci est un leurre et une méprise, que ce n'est qu'une folle recherche de reconnaissance que j'attends vraiment des autres alors que je devrais me la procurer à moi-même. Mais ma conscience n'est pas la plus forte. Le coin de mon esprit où a germé cette idée stupide et source de souffrance évitable, n'est pas accessible à ma volonté. Vraiment, j'ai essayé de ne plus vous écrire et j'ai cru que mon éloignement de près de deux mois serait salvateur. (hospitalisation) Mais vous m'avez appelé et tout est reparti dans ma tête. Maintenant, presque chaque fois que je vais vous voir, je m'en rends malade à l'avance. Pendant la séance je ne suis plus disponible au travail tant je suis gênée d'être en votre présence, confrontée à la réalité. Après, je me sens déçue de tous les signes que j'espérais, mais aussi, laide et coupable de ne pas avoir su attirer votre attention, coupable d'avoir espéré, d'avoir rêvé, d'avoir inventé. Car toutes ces pensées cohabitent avec la conscience qu'elles sont pathologiques, dangereuses, et qu'elles ne peuvent mener à rien. C'est un combat trop lourd, trop anxiogène, trop gourmand en énergie et trop pourvoyeur de souffrance. Je ne suis pas capable de passer au niveau "méta" comme vous me l'avez proposé. Je pense que la seule solution est d'arrêter cette thérapie, d'arrêter de vous voir. Je sais qu'en faisant cela, je perdrai tout le bénéfice de votre soutien extraordinaire, de votre approche si humaine et si professionnelle, et de votre connaissance, fine maintenant, de mon fonctionnement. Mais je me rends à l'évidence que je n'ai pas su m'en tenir à toutes ces qualités, que j'ai attendu beaucoup plus, l'impossible, et que, comme le disait ma mère: "A trop vouloir, on n'a plus rien". Tout cela me dépasse? Après la lecture de ce texte, il a remis les choses au clair et a changé son attitude. Il a pris de la distance, c'est ce qu'il devait faire. Mais cela m'a plongé dans une grande souffrance qui m'a conduite à la tentative de suicide. J'ai alors arrêté de le voir, c'était devenu insupportable. J'ai repris contact avec lui il y a deux semaines et je reprends ma thérapie à raison d'une fois par semaine et sans aucun mail entre les séances.
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225563
b
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