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La maladie est ancrée en moi, il n'y a plus rien à faire

Témoignage d'internaute trouvé sur doctissimo
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Au plus profond de mon cerveau, coincées entre le bulbe rachidien et le cortex orbito-frontal, dans les limbes de mon cerveau limbique, errent des pathologies stagnantes. Des incomplétudes, des névroses d’angoisse et toutes leurs attributions. Forgées à coups de microtraumatisme, d'infantilisation, de surprotection et de 4 années de fumette intensive, mes psychopathologies ont fait leur petit chemin. Elles se sont incrustées dans mes synapses, poisseuses comme de la graisse trop cuite. J’ai lutté chaque jour par différentes stratégies d’anti-inhibition de l’action et cela n’a mené à rien, sauf à renforcer le sentiment d’incapacité, d’inefficacité. Elles ont pris possession de ma structure mentale, elles sont si profondément encrées là dedans qu'il devient impossible de les enlever. Comme des métastases d'un cancéreux général, le petit crabe de mon état limite fait désormais partie intégrante du paysage, puisque tout s'est construit autour. "Intello"  Le pseudo-romantisme de mes envolées n'est que la voie sinueuse que trouve mon esprit pour crier au travers de cet étouffoir. Il se forge un chemin dans les ruelles troubles et cherche à s'exprimer par les seules voies qui restent disponibles. Etouffé, mal formé, inadapté, incapable de réagir. Peur des autres, haine de soi, peur de soi, idéalisation et haine des autres. Non pas en terme de fatalisme mais de lucidité, l'isolement est-elle ma seule solution  Tout peut se résumer en quelques termes psychiatriques. Le tableau clinique classique des troubles de la personnalité conviendrait parfaitement à mes petites errances et à celles plus grandioses des romantiques et autres poètes et écrivains qui n'ont fait que cracher avec plus d'enthousiasme que moi leur impuissance à se laisser vivre. Tout comme la grille psychanalytique, l'explication biologique peut également démystifier en quelques lignes et à grands coups d'actes gratifiants ou d'inhibition de l'action, toutes les turpitudes et angoisses qui m'enflent la cervelle. Incapacité. Inadaptation. Non appartenance. Mes mécanismes d’inhibition de l’action sont très au point, je les développe depuis ma plus tendre enfance. Je crois que c'est grâce au cannabis que ma santé mentale restait présentable, par la fuite et donc par l'évitement systématique des situations angoissantes, de celles qui me mettent face à mes incapacités, face aux autres. Pourtant je sens qu'un jour risque de venir où je ne pourrais plus fuir. Je sais que ce jour là, acculé à mes peurs, ma tension artérielle va faire péter les scores, je sens que si mon organisme survit, c'est ma santé mentale qui trinquera, et vice versa. J'ai une bombe à retardement dans la tronche. J'ai pensé que la maturité la désamorcerait, calmement. Je sais à présent qu'une bombe ne se désamorce pas d'elle-même, je vais la trimbaler jusqu'à ma mort. Peut-être que l'explosion sera très lente. Elle ne sera alors pas spectaculaire, mais elle fera son œuvre en détruisant ce qui cherchait à s'échapper de la gangue suffocante de mes obsessions idéatives. Dans ce cas elle me rendra creux comme une vieille moule. Autiste au monde. Comme une vieille momie déshydratée dont on a vidé la cervelle par les narines et qui sourit à force de n'avoir plus de lèvres? Putain d’apathie. Ou alors la déflagration sera spectaculaire comme une supernova. Elle déchirera ma structure mentale si recroquevillée sur elle-même. Elle me rendra psychotique, schizophrène, asocial. Elle laissera mes frustrations s'exprimer par le biais de la haine et de la folie. Les émotions, feront enfin fi de l'embrigadement socioculturel policé qui me caractérise. Je serais le psychopathe à enfermer. Je pourrais enfin hurler à m'en décrocher la glotte dans des salles capitonnées. Sous le couvert de la folie je vomirais l'inutilité, l'absurdité et l'agitation futile. J'affirmerais à tous leur erreur et leur inanité. De toute façon on ne m'écoutera pas : ce sont les symptômes normaux de la schizoïdie paranoïaque borderline, la véritable lucidité Mais sûrement rien de tout cela. Non, pas tant de fatalisme, beaucoup trop flamboyant. Non, plus probablement, le vieil obus n'explosera pas. Il restera enfoui sous les couches de terre brune de mon cerveau et rouillera tranquillement. Il me laissera me débattre dans le monde, dans les angoisses de mes peurs cachées, sans me venir en aide. Le salaud. Bof. CHAMFORT. La vie contemplative est souvent misérable. Il faut agir davantage, penser moins, et ne pas se regarder vivre." Agir Comment peut on agir quand nos expériences passées force inconsciemment à anticiper le résultat futur, résultat obligatoirement pessimiste  J’en ai voulu à l’autorité excessive de mon père, j’en veux irrévocablement à la socio-culture qui caractérise notre civilisation, et qu’on ne peut fuir. Quoique Ce même quoique qui me hante depuis quelques temps?
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