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Temoignage de remission - schizophrenie

Témoignage d'internaute trouvé sur doctissimo - 24/12/13 | Mis en ligne le 06/06/14
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Ayant moi même vécu 2 bouffées délirantes, l'une fin 99- 2000 et l'autre en fin 2002 début 2003, je souhaite par mon témoignage aider ceux qui s'interroge sur les bouffées délirantes et la schizophrénie en général. Tout d'abord il faut savoir que je suis soigné toujours suivi par un psychiatre et un psychologue. Bien sur ce n'est qu'un témoignage donc il ne sera pas authentique dans le sens où c'est moi même qui raconte… Cependant tout ce que je raconterai est empli de la plus grande sincérité possible de ma part. Pour moi la bouffée délirante est de la schizophrénie, passagère mais schizophrénie tout de même. Le gros avantage de la bouffée délirante c'est qu'elle ne dure pas. De même avoir un accés de folie lors d'une très grosse colère ou frustration et faire une bouffée délirante n'est pas la même chose, tout est question de durée et de handicap que celà procure pour la vie sociale. Les bouffées délirantes ou la schizophrénie sont causées par plusieurs choses, on ne sait pas vraiment lesquelles ; Fragilité, sensibilité exacerbée, hérédité, facteur génétique, usage de drogues, terrain dépressif, choc émotionnel. Tous s'accordent à dire qu'il s'agit en fait d'une combinaison de facteurs. Pour ma part je dirais et dans l'ordre d'importance que les raisons sont les suivantes ; La dépression sous forme de repli sur soi. Une sensibilité particulière. L'usage de drogue pendant l'adolescence. Comme beaucoup de jeunes, le passage à l'âge adulte est un moment difficile où il faut se réaliser, accéder à ses désirs ses souhaits que la vie adulte peut rendre possible. Ce qui me conduit à la dépression fut un échec amoureux, un amour raté, un acte manqué, des regrets, une jeune femme de mon passé qui a hanté mes nuits et mes rêves. Pour échapper à son souvenir, je fuyais, job d'été loin de chez moi (sud de la France 98) , licence erasmus aux Pays-Bas Utrecht (98-99) ,job d'été en Irlande (été99) , début de maitrise erasmus Bilbao en Espagne (jusque janvier 2000). Les chaudes larmes furent mes seuls vrais compagnons dans ma solitude. Une sensibilité particulière, disons que j'ai toujours été quelqu'un d'entier et de curieux. En philo, j'aimais Baudelaire, nietzsche, je me rappelle que je disais que je voulais qu'on écrive sur ma tombe ; "mort d'avoir trop vécu" . Il m'arrivait d'écrire des poèmes où la mort, l'absolu et l'infini avait bonne place. J'interpellais également mon professeur de philo," a quoi bon philosopher si on ne se pose pas la question de l'existence de dieu. Certainement que le fait d'avoir une mère croyante et d'un père athé renforcait mon conflit intérieur. Au vue de ma personnalité décrite ci dessus vous comprendrez donc pourquoi les drogues m'attiraient. Se sentir encore plus vivant, sortir de l'ennui, explorer de nouvelles sensations, c'était à l'époque de la sortie du film "the Doors" sur la vie de Jim Morisson. J'étais aussi séduit par l'univers mélodieux et psychédélique de Pink Floyd (Dark side of the moon). C'est en fin 99 et début 2000 que je fis une grave et longue bouffée délirante qualifiée de délire mystique paranoiaque de persécution. J'ai été diagnostiqué à un moment donné comme schizophrène. (octobre 2000). On avait prédit que j'aurais des médicaments à vie et je prendrai 20 kg !!! Le pic de la crise a eu lieu en janvier 2000 (c'était mon bug à moi de l'an 2000, lol !! ). J'ai été plusieurs fois en hôpital suite à des tentatives de suicide avec somnifères. 10 mois plus tard je fonçais en voiture à + de 90km/h sur le mur d'une église avant finalement de me jeter du haut d'un arbre sur une pierre tombale de cimetière. Je m'en sortis avec une luxation de la jambe, de l'épaule et une fracture du crâne. C'est là que le diagnostique fut établi. J'étais dit schizo par le psychiatre qui s'occupa ensuite de moi. J''avais un traitement médicamenteux à base de risperdal. Les doses n'étaient pas excessives. (8 mg/jour) On avait renoncé aux nouveaux type de médicaments. (Zyprexa) C'est un médicament neuroleptique qui joue sur la sérotonine et la dopamine . .La sérotonine en excés peut provoquer des étas schizophréniques ou des états mystiques, des états de bien être que connaissent les grands méditatifs comme les moines mais aussi les personnes droguées … ça me calmait toutes mes émotions, les bonnes comme les mauvaises et ça baissait aussi ma libido, ce qui faisait finalemenent du bien, la pratique du sexe en solo m'indisposait à la longue… Mon état se stabilisa, mes envies suicidaires s'estompèrent, vers pâques 2001 je réussis l'entrée à l'IUFM (évaluation en math, français, culture général) à ma grande surprise pour la préparation au concours de professeur des écoles. . Je m'interdisais bien sur l'alcool et surtout les joints. Mes idées loufoques étaient toujours présentes mais j'arrivais à faire en sorte qu'elle ne m'empêchaient plus de vivre normalement, le soutien de ma psychothérapeute a été prépondérant. Le religieux et l'ésotérique font toujours partie de ma vie mais je reste lucide et je sais me concentrer sur la réalité matérielle de la vie ; être pragmatique… Juin 2002, après avoir suivi une année universitaire je rate largement les examens, j'ai toujours beaucoup de mal à me concentrer et mon esprit divague énormément. Durant cette année d'étude qui me remis dans le bain socialement j'aurais quand même à affronter des vertiges et des migraines, qui heureusement ne s'étalèrent pas plus que sur une dizaine de jours. Les anxiolytiques furent bien utiles dans ces moments là. La lecture de roman fut aussi une bonne thérapie, avec en première position ceux de l'écrivain Paulo Coehlo. Eté 2002 je passe et réussi le 1er niveau du Bafa, (brevet d'animateur) , le tout en internat, quel épreuve pour moi que la promiscuité des autres dérangeait !! Automne 2002, je travaille à mi temps, assistant éducatif dans un centre social et moniteur de voile les mercredi et samedi. Depuis l'été j'ai redécouvert un corps d'athlète, je cours régulièrement, j'ai perdu du poids. J'ai baissé mes médicaments avec l'accord de mon psychiatre mais un peu trop peut-être car je diminue encore plus la dose de moi même. Fin 2002 je suis en train de refaire une bouffée délirante. Je me suis isolé des autres, j'avais beaucoup de foi en l'avenir, j'avais beaucoup d'idées mystiques, j'en fait part à ma marraine, mais dans l'ensemble je garde tout pour moi. Mon entourage n'est pas prêt à entendre mes croyances. Petit à petit je m'isole et je me sens mal à l'aise au contact des autres personnes, j'ai pour ainsi des réactions épidermiques, gorge qui gratte ou pique, mal dans ma peau, je me gratte, éternuement, j'ai des tics en présence des autres..etc.. J'étais très agité, j'avais passé une nuit sans dormir il y avait des bruits dans la chambre toute la nuit. En fait je fis quasi 2 nuits blanches d'affilée et ne dormit donc que la 3ème nuit. Les murs qui craquaient (bruits) , j'avais eu des démangeaisons toute la nuit. Ça me grattait, j'avais des crampes dans les membres. Une crampe dans plus ou moins chaque membre à tour de rôle toutes les 30 secondes, ça alternait. J'ai fini un moment paralysé sur mon lit, j'avais dû toucher plusieurs endroits de mon corps. (les démangeaisons se déplaçaient d'un endroit à un autre. (gorge, joue, nez, crâne, comme des petites piqures que l' on a tous fréquemment (d'ordinaire on y prend pas attention) sauf que là ça ne s'arrête jamais et de plus elles semblent s'associer avec tous les bruits environnants. (comme quelque chose de logique, comme si quelqu'un d'autre lisait dans nos pensées et déclenchait alors les bruits au moment opportun). J'étais alors très tendu, je me sentais manipulé par des forces extérieures. Je ne pouvais plus bouger d'un poil, j'étais impuissant, seul (la déclamation de trois mots jamais prononcés et inattendus chez moi "Jésus Marie Joseph" et les larmes qui se mirent à couler permirent de rompre cet état de paralysie. Heureusement ma marraine, un jeune ami psychiatre et une jeune femme vont me permettre de traverser cette crise sans dommage. Cette jeune femme sera celle que j'épouserai 3 ans plus tard et avec qui j'aurais 2 enfants. Je la quitterait en 2012 et referait ma vie ensuite mais ça c'est une autre histoire.. A suivre…
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530523
b
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