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Témoignage d'internaute trouvé sur psychologies - 11/06/11 | Mis en ligne le 15/04/12
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Aujourd'hui, pour la première fois, je me suis produit devant des gens, avec mon petit sax soprano. J'y pensais, depuis plusieurs jours, ça me filait la trouille. Je me disais, je n'ai pas vraiment le niveau, je vais me planter, etc. Pourtant, ça n'était jamais que la fête de la fin d'année dans un petit patelin, Trifouilly les Oies, enfin. Mais c'était pour moi important : ma première scène en soufflant dans un sax. Et puis, dans mon patelin. Ici, depuis des années, je me traine certaines casseroles, on m'a identifié à des clichés qui me déplaisent fortement. Alors là, je me suis dit, ces gens vont voir tout à coup autre chose. Un autre grain à moudre. Dans le répertoire des petits et des grands, il n'y avait pas, à proprement parler, de jazz. Nous devions interpréter, moi et quelques autres, un standard de Herbie Hancock, "Cantaloupe Island". J'aime bien ce thème, je le trouve sympa et il laisse pas mal de possibilités sur le plan harmonique. On peut explorer toutes sortes de modes, se balader… Bien, j'étais à, mettons, 30 pour 100 de mes capacités. J'avais travaillé plein de trucs que je n'ai pas pu faire, trop de déperdition à cause du stress. Et puis, j'avais mis comme d'habitude un peu de papier à cigarettes sur ma clé d'octave, qui a tendance à se bloquer à cause de l'humidité. Et comme un con, au dernier moment, j'ai oublié d'enlever ce papier. Donc il m'a gêné, à certains passages, et je ne pigeais pas ce qui m'arrivait. Mais j'étais vraiment à fond, dans l'idée de donner le max, d'envoyer la patate. Je ne voulais pas y aller à reculons, en traînant les pieds. Quoi qu'il arrive, à moins d'un plantage monstre, j'étais animé d'une furieuse envie de JOUER, ENFIN, après des années d'attente. Après avoir combiné des "plans" avec des gens qui jamais n'aboutissaient, plans dans lesquels j'étais avant tout compositeur, et officiellement percussionniste, mais qui n'allaient nulle part car je proposais une musique difficile, et pas commerciale pour un brin, là j'ai lâché la pression. Je me suis contenté de m'intégrer dans un petit groupe, pour jouer du jazz, et jouer vraiment, ne proposer que cela, mon son. Je n'étais pas aux commandes (bien que mon prof, qui jouait aussi, m'ait laissé le lead pour la structure et le déroulement du morceau). Sur Cantaloupe Island, je devais surtout taper le chorus, en première ligne. C'est ça qui me paniquait. Et bon, à part mon histoire de clé d'octave, je m'en suis bien tiré, pas mal de gens m'ont dit que j'avais fait des progrès, que c'était bonnard, etc. Ce soir, je me sens soulagé et heureux. Comme une sorte de coming out. J'ai OSE me montrer avec un sax, monter sur scène, en jouer devant des gens. C'était un grand moment. Pour moi, en tous cas. J'espère avoir, peu à peu, l'occasion de remonter sur scène. Pourtant, ce ne fut pas facile. A un moment donné, stress intense, j'ai ressenti une douleur fulgurante dans la nuque, comme si on plantait une dague dans mes cervicales. Et un mal au ventre diabolique. Quand je suis descendu de scène, j'ai cru que j'allais vomir, mes jambes ne me portaient presque plus. Cela a mis longtemps à passer. Une sorte de choc. Je pense que le prochain coup, ça le fera moins. Une habitude à prendre. La montée d'adrénaline, de cortisol et tout le toutim. Enfin, c'est un tournant, ce soir. J'ai conclu un pacte avec mon soprano : je ne bouge plus. J'ai changé d'instrument, pour diverses raisons, souvent complexes. Mais là, je crois que j'ai vraiment trouvé mon truc. Et pourtant, c'est tordu, il faut sans arrêt chauffer du cigare, les notes se font par combinaison de clés, le moindre mouvement, même infime, sur le bec, change le son, tout ça est très peu stable. Mais j'adore ce timbre. Le soprano, c'est magique. Je n'aurais pas fait l'effort de repartir complètement à zéro pour un alto ou un ténor. C'est pour ça que j'ai attaqué direct sur le soprano, même si tout le monde me traitait de fou, me disant que c'est le plus dur à jouer. Tant pis. C'était ça ou rien. Je resterai avec le sax soprano. Il m'a apprivoisé maintenant. J'adore cet instrument, même si je le trouve super compliqué. Les efforts valent le coup, à la fin, on a ce super son, et ces lignes mélodiques particulières, qui ne rendraient rien avec un ténor ou un alto. Le sax soprano, ça n'est pas seulement un son, c'est un état d'esprit, je crois. Evidemment, je pense à Coltrane, à Branford Marsalis, à Dave Liebman. Mais pas trop. Sinon, je n'aurais plus qu'à tout revendre. Je m'en tiens à ce que je fais, jour par jour. Travailler le sax, c'est un exercice mental. Une sorte de méditation, en action. Un boulot sur soi, sur la concentration, la confiance en soi, la mémoire, le souffle. J'aimerais le lier à un travail sur le souffle. Genre yoga du souffle. Faudrait voir de ce côté-là, que je trouve quelqu'un pour m'y initier. Pour moi, aucun doute que lorsque on écoute Coltrane, il nous emmène dans "another world". Le sax soprano, c'est l'émotion à fleur de peau. Quand j'en écoute, j'ai parfois les larmes qui me viennent. Curieusement, quand je joue, je suis pour l'instant trop concentré pour ressentir une émotion. Je ne pense qu'à sortir le meilleur de moi et de ce curieux tube compliqué, comme une usine à gaz. Merci à Adolf Sax, ce mec-là en avait dans le citron, gloire à lui d'avoir inventé cet instrument, merci mille fois. Bon, je cesse là. Je voulais juste vous dire : la vache, ça fait quelque chose, de monter sur scène pour la première fois ! Enfin, je l'avais déjà fait avec des percus, mais c'était autre chose. Là, avec le sax, j'avais un peu la trouille. Je me sens heureux, et soulagé. Et puis, lié maintenant à mon sax. Celui-là, je ne le lâche plus ! Paix à vous, Ubik.
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241792
b
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