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Comment surmonter le traumatisme

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Ca m'est arrivé il y a plusieurs années, j'avais 16 ans (j'en ai 23 maintenant).

A cette époque, je venais de commencer la pilule, et donc, les hormones aidant, ma poitrine s'est d'un coup développée. J'étais mince à l'époque, alors imagine une petite jeune fille de 16 ans, mince aux gros seins, cheveux longs et plutôt souriante (quand c'est arrivé, j'allais voir mon petit copain).

Ca s'est produit durant le printemps, il faisait beau et chaud. Je portais un pantalon légèrement moulant aux fesses et un t-shirt décolleté (juste un peu).

Je passais devant une bande de jeunes (12/14 ans environ) que j'avais déjà vus, et j'arrivais dans la rue où habitait mon copain.

Je ne les ai pas regardés, je n'étais pas inquiète en passant devant eux, donc mon attitude ne les a pas provoqués. Par contre, mes vêtements certainement.

Ils ont crié dans la rue en ma direction, mais je n'ai pas entendu ce qu'ils disaient. Je continuais à marcher quand ils se sont mis à me courrir après. Moi, ne voulant pas entrer dans leur jeu, je n'ai pas courru, pensant qu'ils allaient juste m'insulter ou me prendre la tête.

En fait, j'ai commencé à marcher plus vite, ils étaient tous autour de moi, et ils ont commencé à me peloter, à me toucher les seins et les fesses. Je me défendais comme je pouvais, en courant, en me protégeant avec mon sac, mais imagine, ils étaient au moins 6!

Leurs mains venaient sur moi, et j'hurlais.

Ils ont réussi à me bloquer contre un mur. J'avais le mur derrière moi, une voiture devant, et les mecs de chaque côté.

Je me demandais ce qu'il se passait.

Je me suis accroupie pour que les parties de mon corps qui les intéressaient ne soient plus aussi facilement atteignables. Mais ils arrivaient encore à glisser leurs mains. Ils rigolaient pendant que j'hurlais.

Je voulais attendre qu'ils arrêtent, mais j'ai bien compris qu'ils n'arrêteraient pas.

J'étais à 1 mètre de l'entrée du bâtiment de mon copain. J'ai réussi à y entrer, mais ils continuaient à me toucher.

J'ai sonné à l'interphone et ils ont commencé à partir, voyant que je ne serai plus seule dans la minute.

L'un d'eux m'a dit de façon agressive "qu'est-ce que tu fais ?! " du genre "on a envie de continuer alors tu ferais mieux de t'abstenir de faire ce que tu fais". Et j'ai réussi à lui mettre un énorme coup de pied dans les jambes. En retour, il m'en a donné un dans le ventre.

Ils ont disparu juste avant que mon copain n'arrive et je tremblais comme une feuille.

Je n'ai pas eu le réflexes d'appeler la police, mais en même temps, pour ce type de cas, je suis persuadée qu'ils ne se seraient pas déplacés ou qu'ils auraient laissé couler, surtout dans le 93!

Après cet évenement, j'avais énormément de mal à me sentir en confiance dans la rue, surtout quand je portais quelque chose d'un peu moulant.

Même encore aujourd'hui, je croise toujours les bras devant mes seins quand je croise un ou des hommes. Pourtant, je suis loin d'être aussi jolie que je ne l'ai été. Mais le traumatisme reste.

J'ai eu la chance de ne pas être violée, mais ça ne change pas l'agression psychologique, et le fait qu'on se sent humiliée.

Je me vois en tant que victime, mais ça n'empèche pas de me sentir coupable d'avoir ce jour là, porté quelque chose de moulant et d'être fière de ma nouvelle poitrine.

Beaucoup de femmes vivent ce qu'on a vécu, que ce soit une agression verbale, physique ou psychologique, une type qui nous suit ou qui nous regarde comme s'il allait nous violer. Je crois que nous avons toutes plus ou moins vécu la même chose.

Après, il faut arriver à vivre avec, et surtout arriver à se méfier de n'importe qui.

Quelques années plus tard, j'étais à la Gare St Lazare de Paris avec un copain (juste un copain) qui disait toujours qu'il n'arriverait jamais à supporter que ça copine se fasse violer, qu'il tuerait le mec, qu'il serait fou si ça devait arriver etc…

Ce garçon avait des sentiments pour moi mais nous ne sortions pas ensemble.

Nous étions dans des escalators descendants. Il y avait très peu de monde et il était sur la marche juste au dessous de la mienne. J'étais donc "accessible" par l'arrière.

Un mec d'environ 40/45 ans est arrivé et il a fait semblant de trébucher. Il en profité pour me mettre la main aux fesses et il a dit "oh, excusez-moi, j'ai glissé".

J'ai commencé à hurler, ne voulant pas me laisser faire et lui dire ce que je pensais de sa façon de faire.

Primo, il en avait rien à foutre et il gardait son petit sourire du style "je m'en fous de ce que tu dis parce que j'ai réussi ce que je voulais faire".

Secundo, le fameux copain courageux, pendant que j'hurlais sur l'autre homme, n'a pas arrêté de dire "arrête, tu es en train de nous afficher, tais-toi"… alors qu'il savait que le mec avait fait exprès de me toucher…

Des humiliations de la sorte, on en vit et on en vivra toujours, nous les femmes, et il faut arriver à vivre avec, malheureusement.

Ce qui doit changer, ce sont les hommes comme ceux dont je viens de te parler. Les femmes qui se laisseront toujours marcher sur les pieds nourrissent cette vision du sexe faible et accessible qu'ont les hommes.

Heureusement que les hommes ne sont pas tous pareils, mais comment le savoir quand tu en rencontres un ?
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38270
b
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