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Inceste comment avoir une vrai relation après?

Témoignage d'internaute trouvé sur france5
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Il est possible d'avoir une vraie relation après l'inceste, mais je pense qu'il faut s'être reconstruit avant. Une relation ne peut, même pleine d'amour, réparer ou faire oublier ce qui s'est passé avant. Sinon, c'est trop de mauvaises choses enfouies qui remontent par à-coups, petit à petit, sournoisement. Cela empoisonne le quotidien, mais finalement on est habitué à vivre avec et on n'y accorde pas l'importance que cela mérite. On continue de subir finalement. Et là où c'est vraiment pervers, on finit par penser que c'est ce qui nous définit, ce qu'on mérite… IL FAUT S'ACCORDER LE DROIT D'ALLER MIEUX et ce n'est pas si facile, surtout qu'il faut passer par l'extériorisation de ce qu'on a vécu, ce qui fait plus mal SUR LE MOMENT que cette peine quotidienne. Mais les résultats arrivent. On est parfois découragé mais il faut penser que oui, on mérite d'aller bien, d'avoir une vie "normale", dans laquelle on est respecté. Aucun enfant ne mérite de vivre l'inceste. Dans mon histoire, le père de mon père a essayé de me faire enlever ma culotte pour me faire des bisous, et s'est énervé que je ne veuille pas… j'avais 8-9 ans. Ce n'est pas allé plus loin. Plus tard, vers 12-13 ans, mes parents étaient divorcés et je dormais avec mon père chez lui. Il me touchait la nuit, jusqu'au viol car il y a eu pénétration, avec les doigts. Ça n'a pas duré si longtemps car on le voyait peu, un été et la fois d'après, je crois. Peut-être encore, j'ai enfoui ça plusieurs années. C'est remonté quand j'ai eu un petit copain. Ça me brûlait de parler, mais ça restait coincé. Comme d'autres, je n'ai jamais eu aucune consigne de ne rien dire. J'ai réussi à parler de mon grand-père, mais c'est tout. Là dessus ma mère a vu un avocat pour que nous ne le voyions plus. Elle a averti mon père, qui n'a pas commenté. Mais on continuait à aller chez mon père. Un jour il a voulu qu'on aille chez son père, j'ai tapé une crise, j'ai hurlé et pleuré… et il a cédé… de mauvaise grâce. Un peu plus âgée, je n'allais plus le voir. Je me suis quand même assurée qu'il ne faisait rien à ma soeur, et j'ai tout mis de côté. Ensuite, quelques rares relations minables : un homosexuel refoulé qui ne me touchait pas, un dépressif sous médicament qui ne me touchait pas non plus… des amourettes à distance pendant des années… je croyais juste que j'étais nulle, que je ne pouvais pas plaire à un garçon, que je ne méritais pas mieux… aujourd'hui je sais que ces premières relations ont été inconsciemment marquées par l'inceste. C'est pour ça qu'il faut tout déballer, pour que nos choix de vie ne soient plus dirigés malgré nous par ce qu'on a subi. Encore une fois, c'est l'enfant la victime. L'enfant est innocent et ignorant, L'ADULTE SAIT et doit protéger l'enfant. J'ai culpabilisé de ne pas avoir su dire non, j'ai culpabilisé d'avoir été flattée de cette reconnaissance qu'il m'accordait en me touchant, j'ai culpabilisé de ne pas avoir su le dire, j'ai culpabilisé d'avoir fait du mal à ma mère qui s'en veut de ne pas l'avoir vu… mais JE NE CULPABILISE PLUS, je suis la victime. J'ai vu un psychiatre que j'ai trouvé très bien, qui m'a aidée à aller mieux. Ensuite j'ai rencontré le père de mes enfants. Je suis sûre que je n'aurais pas été prête pour une "vraie relation" si je n'avais pas fait ce travail psychologique. C'est vrai c'est dur, j'ai vomi pendant une semaine avent mon premier rendez-vous, et il faut passer par là pour aller mieux. Et il faut aussi DIRE LES CHOSES. Ça fait moins mal quand c'est mis en mots, avant on n'a qu'un souvenir de sensations et de sentiments, comme l'enfant qu'on était alors. Réussir à dire les choses en mots, ça les rend moins violents et l'adulte qu'on est devenu peut dire "j'ai vécu ça, ce n'était pas normal, ce n'était pas de ma faute. Ça fait partie de moi mais aujourd'hui je n'en souffre plus". Voir un spécialiste permet aussi de ne pas trop faire souffrir ses proches, car leur impuissance est aussi une violence pour eux (famille, conjoint). Bon courage à toutes, et merci de m'avoir lue, ça fait du bien de pouvoir s'exprimer.
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272151
b
Moi aussi !
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