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Inceste mère-fille

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31 ans avant de savoir, enfin sans trop non plus tant les souvenirs me font défauts.

31 ans avant de mettre des mots sur ces années de souffrance inexpliquées.

Inceste par ma mère.

De l'âge de 2ans 1/2 à l'age de 5 ans pour les actes les plus graves, mais jusqu'à mon départ de la maison, mes 18 ans, pour le climat incestueux en général.

D'aussi moin que je me souvienne j'ai toujours rêvé que ma mère meure ; je la voulais morte, me disant toute petite déjà que ma vie serait heureuse si elle n'était plus là. Je l'ai dit 1 ou 2 fois, à des amis proches.

Ils n'ont pas trouvé ça normal.

J'ai fait une séance de kinésiologie dernièrement, pour corriger mon utérus rétroversé qui me faisait souffrir lors de rapports sexuels.

La practicienne me demande si j'ai vécu un inceste jeune enfant.

Je réponds que non.

Non, pas que je sache.

Elle n'a pas l'air de me croire. Sans plus.

Alors j'ai réfléchi, intensément.

Oui, ma mère mettait ses tampax dès que je passais par là, elle était nue sans cesse, se touchait les seins au moindre mouvement, me prenait en photo sous la douche, m'empêchait de mettre des culottes, baisait ouvertement avec les premiers cons qui passaient…

Mais ça, je le savais déjà ; pour moi ça ne représente pas un inceste tel que je l'entends, une ambiance glauque, ok, mais pas un inceste.

Sinon oui j'ai fait 3 tentatives de suicides, j'ai fugué mille et unes fois, j'ai pris des drogues dures, j'ai été en échec scolaire, je me cognais la tête contre des portes, je me mutilais les avant bras, j'ai été violée lors de mon premier rapport sexuel à 16 ans, puis je m'envoyais en l'air avec qui voulait bien…

Désolée c'est pas très glorieux, mais bon, ça a le mérite d'être vrai.

Donc je n'allais pas bien, là dessus je suis d'accord.

J'ai consulté psychologues, puis psychiatres à l'adolescence.

Mais ma mère a toujours prétexté que ça ne servait à rien et me retirait de leurs mains très vite.

Pour elle c'était simple, j'étais folle, ingrate de la faire autant souffrir avec tout ce qu'elle a fait pour moi, la remercier en me comportant si mal…

Mon père s'est barré j'avais deux ans, et j'ai toujours vécu seule avec elle.

Petite je pensais que mon père m'avait oubliée, je disais qu'il était mort pour ne pas avoir à dire qu'il se moquait bien de moi.

Aujourd'hui je sais qu'il a tenté de me voir pendant longtemps, tentatives barrées par ma mère, et qu'il a abandonné par la suite.

Nous étions donc ce petit couple qu'elle désirait, aux yeux des autres elle était la femme abandonné par son mari, un bébé sur les bras, donc j'avais ad vitam à la congratuler pour ce "sacrifice" qu'elle faisait en m'assumant. (elle adorait ce mot).

Tout comme "horripiler", elle me le disait tout le temps (je lui faisais dresser les poils d'horreur, dixit le larousse).

Je suis quelqu'un qui a un caractère combattif, agressif certes mais je pense avoir un caractère qui m'a sauvé la vie, vraiment.

Je sais que je hurle quand on me fait des chatouilles, même si c'est un enfant qui m'en fait je suis capable de me débattre sans contrôler ma force, je deviens alors dangereuse.

Je sais que la tisane me fait vomir, je ne peux plus l'avaler, elle m'en faisait une tous les soirs petite, que je devais boire dans son lit.

Je me rappelle, ce qui est étrange à mon sens, de beaucoup de cauchemars récurents à mon enfance.

Cet ours qui m'agresse toutes griffes dehors sur des collines verdoyantes, ce cheval qui rue et me piétine à coups de sabots, celui d'aller à l'école en imperméable transparent sans rien dessous, et j'en passe.

J'ai du mal à dire à ma fille que je suis fière d'elle, ce mot résonne mal dans mon cerveau.

Elle me le disait très souvent, mais je ne sais plus en quelle occasion.

OUi parce que à 18 ans, je suis partie de chez ma mère avec un homme que j'aimais passionnément, nous avons fait deux beaux enfants très jeunes.

A 23 ans j'étais séparée et maman célibataire.

A cette époque j'ai enfin oser envoyer bouler ma mère, lui dire qu'elle me pourissait la vie et ne plus la voir.

Je voulais élever mes enfants sereinement, comme moi je l'entendais.

Sauf que je me sentais très coupable, car c'est une femme seule, malade psychologiquement et dépressive.

Je pensais que, ok elle avait fait des conneries en matière d'éducation, mais la pauvre, de là à ce que je la renie de la sorte…

Je voyais bien que personne ne me comprenait, c'est vrai, on ne renie pas sa mère, ça ne se fait pas !

Je n'ai jamais supporté qu'elle me prenne dans ses bras, je ne peux pas la regarder en face, lui dire je t'aime, ou même l'entendre me le dire, bonne fête maman c'est insupportable.

Pendant 31 ans j'ai cherché ce qui n'allait pas en moi, mais jamais en elle.

Je pense être une bonne maman, enfin, je suis à l'écoute de mes enfants (une fille et un garçon) et je me pose des questions, je les aime avec beaucoup de tendresse.

Mais je me demandais si ils seraient comme moi adultes, si eux aussi n'aimeraient pas leur mère.

Maintenant je sais que si je haïe ma mère c'est car elle a abusait sexuellement et psychologiquement de moi.

Je n'ai donc plus peur de perdre l'amour de mes enfants.

Par contre je suis souvent une maman vide, ailleurs, j'ai du mal à poser mon attention.

Je voudrais aller mieux, maintenant que je sais, je me comprends, je tente de me pardonner, je voudrais profiter de l'enfance de mes petits sans revivre la mienne en permanence.

Depuis que je reprends acte de mon passé, je n'en ai pas parlé avec ma mère.

Je voudrais juste lui dire qu'elle arrête de se plaindre que je ne l'aime pas, qu'elle sait très bien pourquoi je ne l'aime pas. Et que moi, surtout, je sais pourquoi.

Elle tente de manipuler ma fille contre moi, ce qui a été un flash et m'a fait voir en face à quel point elle est dangereuse.

Ma fille adore sa grand-mère, mais il est hors de question qu'elle aille chez elle désormais.

Mais comment lui expliquer… ?

Je suis en colère d'avoir mis volontairement de côté des faits qui, mit bout à bout, donnent une histoire logique et vraisemblable, qui s'explique parfaitement.

Comment ai je pu fermer les yeux, ne pas voir ce qui est si évident aujourd'hui, me voiler la face, ne pas comprendre pourquoi je souffrais…

Toute ma vie me repasse sous les yeux, je revois tout différemment.

L'inceste mère fille, qui en parle, qui soupsonne que ça existe… ?

J'ai besoin de ne pas me sentir seule, plus que je ne me le sens déjà, j'ai besoin d'être comprise.

Merci poour ceux qui seront là.
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84415
b
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Commentaires pour cette histoire  Ajouter un commentaire

Par emma1219 | le 31/03/11 à 23:30

Merci!
oui merci d'avoir partagé.

Je sais exactement ce que tu ressent et à ressenti.

Amicallement.
Moi

Par balsteros | le 19/03/12 à 23:01

tu as l'air en partie d'avoir fait les bon choix et d'etre suffisemment intelligente pour assurer et assumer ta vie de mere ce qui me semble de loin le plus important pou toi et tes enfants
amicalement

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