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Le climat incestueux a été conçu par notre mère

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| 2014 lectures | ratingStar_217073_1ratingStar_217073_2ratingStar_217073_3ratingStar_217073_4

Pour moi, les abus viennent d'un besoin de ma mère de nous posséder et nous contrôler complètement, dans nos corps et nos esprits. Du coup, elle ne supportait pas qu'on lui cache quoi que ce soit. Elle ne frappait evidemment pas à nos portes et cherchait toujours à nous voir nues, nous regardait sous toutes les coutures quand elle le pouvait. Elle avait un tournevis près de la porte de la salle de bain pour ouvrir dès qu'on prenait une douche, au début elle nous avait ordonné d'ouvrir mais on refusait ou on se couvrait, donc elle est allée chercher son tournevis pour forcer la porte, et l'a laissé là, nous n'aurions jamais osé le prendre, et elle ne se donnait même plus la peine de nous ordonner d'ouvrir, elle arrivait, forcait, dès que l'eau coulait, et restait là à regarder en nous parlant (elle ne pouvait pas nous parler à travers la porte quand même ! ) , ou dans son miroir en faisant semblant de se recoiffer, chose qu'il lui fallait absolument faire à ce moment là. Au point qu'à la fin, je faisais couler l'eau en restant habillée, attendais qu'elle vienne, et me voyant habillée, elle a compris qu'elle était demasquée, elle s'est calmée. Dommage parce que quand je l'ai dit à mon père qui ne m'a pas cru, j'aurais aimé l'emmener dans la salle de bain, faire couler l'eau, et qu'elle débarque… il aurait peut-être compris là. Mais de toutes facons je ne pense pas qu'il aurait marché, de peur que j'ai raison et qu'il lui faille confronter ma mère… Elle surgissait aussi quand elle entendait qu'on entrait ou sortait de la douche, regardant quand on enlevait ou mettait nos serviettes hygiéniques, et en dehors des douches, son grand jeu à une époque était de nous dégraffer le soutien-gorge et nous mettre la main entre les jambes. Quand ma soeur a eu un copain, elle a refusé les conseils de ma mère, qui a écrit 3 pages pour les lui donner quand même, c'était son "devoir de mère". Bref, tout devait être à elle et sous son contrôle. Elle a aussi essayé de me séparer d'amis hommes (adultes) en me disant des choses pas nettes sur eux et leurs intentions. Elle m'a gaché une histoire d'amour débutante en voulant tout savoir et interprêtant "il est pas venu, c'est parce que tu lui fais peur ! " "il est venu, il a fait quoi, t'as dit quoi, t'aurais dû faire autrement, tu sais pas t'y prendre, etc… ". Les histoires de douche, c'était du moment où j'ai souhaité m'isoler pour me laver, jusqu'à ce que je quitte la maison. Envers mes amis, ça a duré jusqu'à ce que je rencontre mon mari. Là je n'ai rien dit du tout, elle a été la dernière au courant, et je lui ai dit -devant témoin- que c'était à cause de comment elle avait gâché mes histoires avant. Ca l'a calmée. Elle a bien essayé d'insulter mon copain une fois, mais là j'ai demandé à mon père de nous amener directement à la gare pour qu'on rentre. Elle n'a pas recommencé. Bref. Ca a duré longtemps, et ça durerait encore si je n'avais pas été plus loin. J'ai proposé une thérapie familiale quand j'avais 29 ans. Habitant à l'étranger, j'y suis allée les 2 premières fois, le reste de la famille 5 fois de plus. Ca a été une vraie catastrophe, une boucherie. Les therapeutes ont été très nuls et c'est parti dans tous les sens, mes parents m'ont mis dans le même sac que mes soeurs et m'ont aussi attribué ce qui avait été dit sans moi, ma mère s'est crue au centre d'un complot, tout le monde en a bavé, mais surtout elle je pense. Elle a réalisé que la super mère qu'elle croyait avoir été, on l'avait vécue complètement differemment. Or elle s'était construite sur cette image, et nous réclamait reconnaissance éternelle à cause de ça, et d'un coup on déballait tout ce qui nous avait blessé, que ça n'allait pas, qu'on voulait changer. Mes parents ont voulu arrêter, mon père ne voulait plus entendre parler de nous. J'ai appelé les therapeutes pour savoir quoi faire maintenant, et j'ai appris que ma mère avait également pris contact avec eux, qu'elle était prête à revenir si les accusations cessaient et qu'on passait aux solutions. J'ai pris conscience, là, de l'amour qu'elle nous portait, par le courage qu'elle a montré en souhaitant encore s'exposer à souffrir pour ne pas perdre ses filles. Ce qui avait été dit durant les 7 séances avait été très maladroit, et je pense que je n'aurais pas dû y impliquer mes soeurs, peut-être même pas mon père. Enfin bon, ça s'est passé comme ça, terrible donc. Là dessus je me suis mariée quelques mois après, le mariage et les préparatifs ont été un pretexte pour faire comme si de rien n'était, et mes parents voulaient qu'on oublie tout et que tout redevienne comme avant, que je reconnaisse que c'était des mensonges pour faire du mal à ma mère, et basta. A côté de ça ma mère disait avoir compris ce que j'attendais d'une relation avec elle en tant qu'adulte, et essayait de faire des efforts. La fête des mères suivante et tous ses efforts sont passés à la trappe : elle était LA Mère et exigeait que je lui jure allégeance à nouveau. J'ai cédé… Pour plonger dans une fatigue, une apatie terrible, et me faire un ulcère. Quand je me suis rendu compte que c'était l'histoire de la fête des mères qui en était la cause, j'ai pris conscince de ma colère et de toute l'energie que j'utilisais à l'étouffer. J'ai pris rendez-vous chez une therapeute familiale. En 5 séances c'était fini. Je ne me sentais plus SA fille, mais son égale, et j'ai commencé à agir comme telle. C'était le gros problème. Je lui reprochais de me traiter en gamine lui appartenant, mais j'agissais aussi comme ça. Là ça a changé. Au début elle n'a pas compris, elle continuait à me distiller ses sous-entendus auxquels je répondais si bien avant. Là plus rien, alors les sous-entendus ont été dits plus nettements, puis criés de rage, je répondais de moins en moins et je n'appelais plus. Elle ne me faisait plus peur, j'avais compris que c'était elle qui avait besoin de moi, et que moi j'étais mieux sans elle, je ne culpabilisais plus et n'avais plus pitié non plus. Puis elle a compris qu'il fallait être agréable si elle voulait que j'ai envie de lui parler, le ton a changé. Mais le fond est vite revenu, avec des sous-entendus et des tentatives pour me remettre sous sa coupe. J'ai coupé les ponts. Après 2 semaines, mon père a appelé pour qu'on parle. On y est restés 2 heures, mais ma mère a enfin reconnu qu'elle avait fait des erreurs, qu'elle regrettait, qu'elle avait fait ce qu'elle avait pensé le mieux pour moi mais qu'elle m'avait fait du mal et me demandait pardon. J'ai là aussi pu percevoir l'amour qu'elle avait pour moi, et son envie qu'on s'entende bien. Je n'en demandais pas plus, j'ai reconnu moi aussi lui avoir fait du mal, et les relations ont commencé à se reconstruire sur un mode plus agréable. 7 mois plus tard, je pouvais lui dire que je l'aimais. Un an et demi plus tard, on se parlait pour de vrai, du fond du coeur, sans accusation, sans rancune. J'avais 33 ans alors, 4 ans depuis la thérapie-cata. On se voit avec plaisir aujourd'hui, même si on ne s'appelle pas très souvent pour autant. Je crois que le fait que j'ai cherché à avancer, l'a obligée à avancer aussi. Elle a dû changer sa vision sur moi, mais aussi sur elle. Je la trouve beaucoup plus sereine aujourd'hui, alors qu'avant elle boudait, déprimait, critiquait sans arrêt. Aujourd'hui, le conflit envers ma dernière soeur s'est tassé. Jamais expliqué mais ma soeur n'avait pas envie, je ne crois pas qu'elle ait jamais bien su ce qu'elle avait à reprocher à nos parents et elle s'était jointe à la thérapie sans vraiment chercher à avancer. Ils ont mis ça derrière eux et s'entendent plutôt bien aujourd'hui. Avec l'aînée par contre, le conflit n'a pas été discuté mais ce n'est pas tassé non plus. Leurs blessures sont autour du mariage, d'une fausse couche et d'une grossess, des moments très importants dans la vie d'une femme mais aussi d'une mère, et les rancunes sont toujours là. Il reste un risque que ça reflambe pour le moindre truc de travers, et leur relation n'est pas détendue, même s'ils se voient et arrivent à être agréables, le fond reste, et ma mère n'est pas satisfaite de la situation, d'autant qu'elle ne voit pas les enfants assez souvent à son goût, et jamais sans les parents (qui n'ont pas confiance…).
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217073
b
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