Histoire vécue Santé - Maladies > Audition > Surdité      (394 témoignages)

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J'ai été frappé par une surdité brusque et d'une baisse d'audition

Témoignage d'internaute trouvé sur doctissimo
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En me rendant chez lui, première surprise : aucun bouchon, mes tympans sont nickels… devant son étonnement, je commence à m’inquiéter : si je n’ ai pas de bouchon, d’où cette sensation de plénitude peut-elle venir ? En faisant des tests chez moi je me rends compte que j’entends moins bien d’une oreille.. Je m’inquiète encore plus et réalise progressivement que ce problème n’est peut être pas aussi anodin… de plus, je commence à constater un acouphène à sonorité grave (ex :le bruit d’un frigo ouvert) prenant place dans mon oreille… Je n’entends plus le souffle de mon ordinateur avec l’oreille droite, il y a un problème. Je suis musicien et les choses ne font plus la même note. Je me rends compte que le tramway ne sonne plus pareil… Je cherche donc tout naturellement à prendre rendez vous chez mon orl… pas de place. Je contacte les cabinets d’autres spécialistes, mais personne ne veut de moi avant au moins 2 semaines… même en insistant, personne ne veut m’examiner dans un délais convenable pour un problème de ce type nécessitant une attention rapide … Déontologie? Sûrement une notion oubliée de certains médecins lorsque leur affaire tourne bien et que leur carnet de consultations sont assez remplis à leur goût… Et malheureusement tout cela s’est vérifié à plusieurs reprises dans mon parcours… Une secrétaire me répond même que de toutes façons « les acouphènes ne se soignent pas et qu’il fallait que je m’y fasse »… on voit qu’elle n’a jamais souffert de ce problème… je ne lui souhaite pas, mais c’est limite… Cette phrase me met hors de moi à présent, bien sur que SI, il y a des choses à faire, mais en attendant 2 semaines, en effet, il n’y a plus grand chose à espérer ensuite… Si certains orl préfèrent constater les dégâts plutôt que de les traiter, alors il y a problème… ça reste mon avis personnel bien entendu… De plus en plus inquiet, je commence a lire les différents témoignages sur Internet… je comprends vite que je ne dois pas tarder et que le temps tourne en ma défaveur… Le lendemain je me rends aux urgences de l’hôpital central de Nancy. Ma sensation de bouchon est déjà présente depuis une semaine. Arrivé a l’hôpital, je comprends vite que la seule façon d’avoir une consultation avec un orl sans attendre un mois est de passer par les urgences Je l’avoue, j’ai du beaucoup insister pour me faire comprendre et qu’on me prenne au sérieux… à qui la faute ? Ce qu'il faut savoir pour avoir un rendez vous rapidement au sein d'un service orl en passant par les urgence est que la priorité est donnée aux gens ayant une baisse d'audition. Donc il faut bien insister en précisant que vous pensez que votre audition a chuté. C'est la clef pour un rendez-vous rapide, une surdité brusque est une urgence médicale... Apres être passé devant 2/3 internes (un d’eux m’a même dit que j’avais une petite otite et que je pouvais rentrer chez moi l esprit tranquille) et une matinée aux urgences plus tard, on m’accorde enfin une entrevue avec un orl… Devant les symptômes suivants : Une hypoacousie unilatérale soudaine : l’audiométrie montre une baisse significative de mon audition sur les fréquences moyennes, ce qui est gênant pour la vie quotidienne car nous les utilisons surtout dans les conversations. La sensation de bouchon dont je me plaignais est caractéristique d’une perte d’audition sur les fréquences graves. l’examen de mes tympans ne dévoile aucune lésion, mon problème est donc invisible lors d’un examen standard. apparition progressive d’un acouphène me rendant a moitié fou, il m’obsède, je pense que c’est la chose la plus désagréable que j’ai ressenti dans ma vie. Le diagnostique tombe: pour la première fois j'entends le nom de symptôme de Menière. C’est une maladie de labyrinthe me dit on. Un problème de pression et de fluides dans mon oreille interne. C’est irréversible, d’autres symptômes plus gênants comme des vertiges extrêmement handicapants devraient surgir ensuite et ma surdité s’aggraver. Je ne pourrai plus jamais avoir une vie normale. On me dit que les causes de cette maladie ne sont pas encore précises : peut être un excès de sel, peut être parce que je suis nerveux, ou même dépressif, peut être parce que je fume, ou une maladie virale… En bref, ils en savent rien du tout… Le dire serait plus simple… On me prescrit un vasodilatateur: Le VASTAREL 20 mg… « peut être que ça m aidera ».. j’ai surtout l’ impression qu’on me donne ça pour me dire qu’on m’a prescrit quelque chose et que je reparte chez moi sans chercher à en savoir plus… Le médecin en face de moi étant « débordé », on ne me donne pas d’ explications supplémentaires, on me donne un rendez vous pour un «VNG », un « PEA » et d’autres examens fixés deux semaines plus tard… Je ne me satisfais pas de ça et je commence à me renseigner par moi même sur le net… le bruit que j’ai dans le crâne est présent depuis déjà prêt d’une semaine. Je me rends compte que la caractéristique principale de la maladie de Méniere sont les vertiges… je n ai jamais eu de vertige… on me dit que ça peut venir plus tard.. je dois attendre qu’ils viennent c’est ça? Je pense surtout que Méniere est un « fourre tout » dans lequel on inclut tout ce qu’on ne peut pas expliquer en dix minutes… plus tard je me rendrais compte que j’avais surtout en face de moi des internes complètement incompétents… Je décide de me présenter directement chez « mon » orl (monsieur V de Nancy) pour faire forcing pour que les choses aillent plus vite. Grâce aux témoignages trouvés sur Internet, j’apprends que la prescription de corticoïdes est aussi indiquée dans les cas de surdité subite, que ce soit la maladie de Méniere ou autres… Après avoir bataillé avec la secrétaire je parviens à avoir une entrevue gracieuse. Je réclame de la cortisone. Il m'en prescrit donc (SOLUPRED 20 mg) et me dit que je ne dois pas me plaindre car certaines personnes perdent la totalité de leur audition sans que l’on sache expliquer pourquoi… J’ai l impression que pour lui un jeune musicien de 24 ans est comme un type qui va se faire opérer des dents de sagesse, il faut s’habituer… je suis pourtant dans un état de souffrance morale extrême et les idées noires font leur nid petit à petit dans ma tête polluée par les acouphènes … J’obtiens un autre rendez vous a l’hôpital.. on me dit de ne pas m inquiéter, même si c est Méniere, ça pourrait revenir comme c est parti… ça ne me rassure pas.. ; j y crois pas trop en fait.. mais on me prévient que ça pourrait être plus grave : une tumeur au cerveau est possible, et si elle a déjà commencé à toucher mon audition, c’est qu'elle est déjà bien installée… Je me demande si une tumeur ne serait pas moins pire que Méniere, au moins une tumeur , ça s’enlève… il me déconseille de prendre des corticoïdes car selon lui ils pourraient empêcher de voir une éventuelle infection lors des prochains examens… pourtant j’ai l impression que cela me fait du bien.. du coup je ne sais pas trop quoi penser, je les prends et je me sens coupable alors que c’est un autre orl qui me les a prescrit… On me dit que les perfusions ou injections ne changent rien, et qu’il n’existe rien d’autres que les vasodilatateurs… Le temps passe et j attends mes examens fixé dans quelques jours… les symptômes sont apparus il y a bientôt deux semaines et je sais qu’il y a déjà moins de chances pour que je récupère mon audition initiale dans le meilleur des cas, c’est à dire si je souffre d une baisse d audition subite… ce qui serait déjà catastrophique pour moi… Ce qui m inquiète le plus, c’est d’avoir l impression qu’on me soigne mal, alors que je vois sur le net qu’il y a plusieurs façons de traiter les problèmes de perte d’audition subite et d’acouphènes comme les perfusions ou l’inhalation de carbogène … Personne n’arrive à me renseigner… j ai l impression de voir ma chance de guérir partir un peu plus loin tous les jours… Etant musicien, le monde s’écroule autour de moi… je me suis toujours protégé, je suis même le premier a faire la morale aux gens s exposant au son amplifié sans protection, la musique étant plus qu’une passion pour moi, j’ estime ma vie comme foutue, on peut trouver que j’ exagère, je m’en fiche, c’est ce que je ressens… les médecins m’ont bien dit que mes problèmes ne sont pas liés a ma passion. Je viens d’écrire ce témoignage pour aider les gens qui seront dans le doute comme je le suis actuellement… cette souffrance invisible est horrible. Je donnerai tout pour que tout redevienne comme avant. Je suis étudiant et mes examens sont fichus car je n arrive pas à me concentrer. Je veux qu’on fasse en sorte que je puisse me dire que tout a été fait pour que ma vie soit celle que j’avais choisi avant ce problème. L’idée que je rate mes chances de guérison parce qu’on me fait attendre m’est insupportable. Vivre m’intéresse, survivre beaucoup moins. (suite) Les test VNG et PEA que j’attendais arrivent enfin. Le temps a continué de courir depuis ma dernière entrevue avec les personnes du service Orl de l’hôpital Central de Nancy. Ils ne montrent rien d’anormal. Apres avoir beaucoup insisté (et c’est peu dire) pour des analyses supplémentaires, on m’a hospitalisé une après midi pour me faire un "test au glycérol". Ce test consiste à faire boire au patient de la glycérine (à peu près 130 g) mélangée a du sirop de Citron (130g) et de l’eau distillée qsp (250 ml) dans le but de diagnostiquer une maladie de Méniere. Plusieurs test audiomètriques plus tard, rien n'a changé, pas de changement au niveau de l'audition, pareil pour les acouphènes. Ce test est donc négatif. Je n’ aurai donc pas Méniere… ce test le démontrerait donc, mais ce n’est pas l’avis de l’Hôpital Central qui a décidé de ne rien toucher au traitement inefficace que je prend depuis près de deux semaines. Ils décident aussi que les corticoïdes doivent être stoppés. Mais ils ne donnent aucun diagnostique valable sur mon état. Le traitement a la glycérine que j ai subi pourrait avoir effet dans les trois mois qui viennent… Le service Orl de l’Hopital Central de Nancy n’a pas voulu m' hospitaliser pour un traitement plus lourd car ils estiment que mon audition devrait revenir progressivement étant donné que seules les fréquences graves sont touchées… Ils continuent de persister dans un diagnostique classique de Méniere. Pour eux, sauf cas de tumeur, je devrais récupérer dans les 8 prochaines semaines, clairement, ça ne me satisfait pas. Je réclame donc un traitement plus fort à base de vasodilatateurs et de corticoïdes par injections. On me le refuse. Depuis mon premier message beaucoup de personnes m’ont contacté pour me raconter leur histoire et le traitement dont ils ont bénéficié (avec plus ou moins de réussite). J’ai donc conscience des possibilités de traitement existantes et surtout que mon temps est compté. Je réalise que les personnes en face de moi n’utilisent pas toutes les ressources existantes pour me soigner. « Ce n’est pas notre politique ». Ah oui ? Allez donc expliquer a un jeune qu’il ne bénéficie pas de toutes les chances de s’en sortir a cause d’une tite guéguerre de toubibs. La possibilité d'une tumeur (même bénigne) n'est pas écartée mais un IRM doit être fait d'urgence pour voir de quelle façon il faut me traiter. L’hôpital central de Nancy ne veut pas m en faire un avant fin juillet (dans plus d’un mois). L’urgence est donc toute relative… Le point positif est que mes acouphènes sont de sonorité grave, une tumeur provoquerait des acouphènes "aigus" ou des "bruit de cocotte minute"... Devant la mauvaise foi des orl de Nancy mon père a décidé de contacter le spécialiste qui lui a soigné son cancer. Il s'est ému de ma situation et a appelé un collègue médecin en chef du service Orl d’un hôpital militaire proche de Nancy. Lequel a pris connaissance de mon cas et a accepté de me voir rapidement. J'ai tout de même attendu que les spécialistes de Central viennent me faire leur bilan. je voulais savoir ce qu'ils comptaient faire pour moi au cas ou je resterai en traitement avec eux.. Ils sont venus m annoncer qu'ils ne changeraient rien au traitement, trois petits cachets rouges à la cochenille par jour ( Vastarel 20 mg) et que je dois rentrer chez moi pour me reposer et surtout ne pas stresser.. Apres un vif accrochage du à mon état de détresse, on m’a très clairement fait comprendre que si je n’étais pas satisfait de leur diagnostique, je pouvais allé me faire voir. C’est donc ce que j’ai décidé de faire. Le médecin en chef de l’Hôpital militaire proche de Nancy sur lequel j’avais fondé mon espoir naissant m’annonce qu’il ne fera rien de plus que l’hôpital de Nancy. Il veut surtout éviter de se mettre Nancy à dos et aussi de m’avouer qu’au bout de 3 semaines il est largement trop tard pour le traitement d’urgence prescrit habituellement (après 10 jours, cela ne sert plus à rien). La personne qui me fait mon audiométrie se trahit par une moue évocatrice lorsque je lui demande si des perfusions pourraient encore faire de l’effet au bout de trois semaines. Pour ce médecin, le traitement au Vastarel que l’on m’ a prescrit est la seule chose a faire. Il ne donne aucun supplément et refuse de me prescrire des corticoïdes. Peut être que mon audition reviendra, ou peut être pas… dans une phrase il me dit qu’il y a peu de chance pour cela, puis dans celle qui suit qu’il reste confiant à cause de mon âge. Je repars dans un état étrange. Content d’apprendre que l’Hôpital Central de Nancy aurait fait son boulot malgré les apparences (même si les récits des gens m’ayant contacté me reste en tête), mais dépité par l’absence de traitement efficace pour mon problème. Je ne sais pas pourquoi mais je n’avais pas le sentiment que tout était clair. Différentes personnes ayant pris contact avec moi par l intermédiaire du net et mes recherches me donne l’impression qu’un traitement par corticoïdes puissants (pour qu’il soit efficace il faut compter 1mg par kilo, le traitement que l’Orl de Nancy m’avait prescrit, à savoir SOLUPRED 40 mg par jours, correspondait donc à celui d’une femme de 50 kilos, et j’en pèse 88 !!!) et vasodilatateurs par injections était tout indiqué. Un médecin ami de la famille me dirige donc vers un autre Orl. Devant mon dossier (j’avais demandé un double au service Orl de l’hôpital Central de Nancy, n’hésitez pas à le faire, vous en avez le droit, vos examens sont votre propriété), il a tapé du poing sur la table. Devant mon récit il a été outré par la mauvaise volonté des Orl que j’ai rencontré depuis l’apparition de mon problème et m’a expliqué que des gens dans mon cas il en voit très souvent (et malheureusement parfois trop tard). Enfin un Orl me tient un discours proche de ce que j ai pu entendre par des gens de toute la France (et ailleurs) dont j’ai vu les témoignages sur le net. Je ne pense pas le croire parce qu’il se rapproche de ce que je pensais. Je le crois parce que son discours est logique et cohérent. Pour lui il est évident que mes symptômes n’ont rien de ceux d’une maladie de Meniere. Je n’ai pas le symptôme essentiel de cette maladie, à savoir des vertiges et nausées extrêmement handicapantes. Pour simplifier, me dire que j’ai cette maladie est comme dire à un malade qu’il a une angine alors qu’il n’a pas mal à la gorge. Il ne me cache pas que pendant que les précédents médecins se focalisaient sur une maladie que je n’ai probablement pas (3 semaines), j’ai perdu beaucoup de chance de guérir. Pour lui c’est une banale baisse subite de l’audition due à une agression de mon nerf auditif par le stress ou une maladie virale. Traité dans un délai très court, ce genre de problème peut être soignable. Mais à condition de donner des médicaments à dose suffisante ! Il me prescrit donc des injections quotidiennes en intra-veineuse de SOLU-MEDROL (80 mg /jour) en injection le matin (c’est un corticoïde classique) indépendamment d’une injection d’ ISKEDYL (une le matin et une le soir) et une prise d’ ISKEDYL fort (1 comprimé matin et soir). Il ne me promet pas que ce traitement marchera. Des gens soignés dès les premiers jours ne retrouvent pas leur audition alors que des gens pris au bout de trois semaines ont déjà été guéris. Mais pourquoi ne pas essayer de mettre le paquet tant qu’il en est encore (à peu près) temps ? Le traitement terminé, mon acouphène a baissé mais mon audition ne s’est pas améliorée… Le spécialiste qui m’a prescrit ce traitement lourd est tellement «overbooké » qu’il n’a pas le temps de mesurer l’efficacité potentielle des 4 injections quotidiennes dont je viens de « bénéficier ». De toutes façons je sens que rien n’a changé. Vu que je me suis déplacé directement à son cabinet pour le « coincer » dans le couloir de sa salle d’attente, il me fait une ordonnance (ou le mot gratuit est marqué en gros, quelle bonté…) pour une prise d’un mois supplémentaire d’Iskedyl fort en comprimés. Pour lui tout est fichu car on ne m’a pas pris en charge dans les 10 premiers jours et les injections étaient mon ultime chance de récupérer mon audition. Il me promet de me rappeler très vite. En fouinant sur le net (dieu merci il existe) j’entends parler du caisson hyperbare. Les orl que j’ai vu précédemment se sont presque moqué de moi lorsque j’avais évoqué cette possibilité. Bien entendu je tombe sur le site de Freiburg. La brochure disponible est alléchante, des résultats presque miraculeux si on les écoute. Je me méfie, c’est une brochure commerciale, ça saute aux yeux. Ils savent que les gens souffrant de problèmes d’acouphènes ou de surdité brusque sont dans une réelle détresse, et mon intuition me dit qu’ils en profitent. Maintenant que j'ai fait du caisson et que j'ai parlé avec assez de spécialistes hyperbaren je peux affirmer que leurs chiffres sont bien trop optimistes pour être honnêtes. Beaucoup de personnes m’ont contacté et me conseillent d insister car ce traitement a eu un effet réellement bénéfique sur leur état et les chances d amélioration par oxygénation hyperbare existent dans les 4 premiers mois, les cellules de l’oreille interne étant récupérables durant ce laps de temps. Je recherche les adresses de caisson hyperbare en France. Je tombe sur un site les recensant. Je décide d’envoyer un mail à tous les responsables d’unité de caisson hyperbare de France expliquant ma situation. A ma grande surprise, je reçois beaucoup de réponses. La plupart des responsables me répondent par un mail que l’on peut résumer par « bah oui on aurait pu te soigner mais au bout d’un mois ça ne sert plus à rien de te faire des séances, désolé ». Certains noms connus dans ce milieu me répondent qu’il faut tout de même essayer. Armé de ses réponses, je tente donc le coup et je me rend directement au caisson hyperbare le plus proche. Devant mon insistance, la responsable accepte malgré sa réticence initiale. Ce fut la première personne qui m’a réellement écouté, je pense qu’elle s’est émue de ma situation. Les mails de personnes importantes au sein de la médecine hyperbare l’ont aussi influencé. Elle décide de « me donner ma chance » en me donnant 5 séances. Cela m'arrange car la proximité du caisson me permet de passer mes examens de fac entre deux séances de caisson. Mais elle est très claire, au cas où cela ne fonctionnerait pas, qu’aucune amélioration ne se ferait sentir, alors ce traitement s’arrêterait la. J’accepte le deal, la personne que j’ai en face de moi est intègre, ce sont des choses qui se sentent. Au bout de 5 séances, aucune amélioration… mon audition a même baissé… le caisson est très bruyant… je l’évalue a 80 db lors de la remontée… La responsable me dit que c’est à peu près ça. Je respecte alors le contrat initial et je n’insiste pas pour en obtenir plus… Je recontacte une des personnes m’ayant répondu qu’il était encore temps pour un traitement hyperbare. Il est responsable d’un service situé sur Paris. Après un contact par téléphone, il me dit de venir sur Paris pour 10 séances supplémentaires. Pour lui on ne peut pas évaluer l’efficacité de ce traitement en dessous de 10 séances. Je pars donc sur Paris. Je préviens la secrétaire de l’orl censé me rappeler très très très vite 8 jours auparavant que je pars à Paris me faire soigner par caisson. Le soir même je reçois un coup de fil de sa part dans le train me menant à la capitale. Il m’affirme sur un ton ironique que je pourrais prendre des vasodilatateurs et faire du caisson jusqu’à l’âge de 80 ans, rien ne changerait puisque mon nerf est foutu. A partir de quoi il affirme cela, je n’en sais rien car il m’avait dit qu’on ne pouvait pas savoir quel organe était touché… chose fausse… mais ça je ne le saurais que plus tard. A ma grande surprise, je n’étais pas entré dans la clinique depuis plus de 10 minutes que le responsable me fait enfiler une tenue et me dit de rejoindre les autres pour une séance de caisson. Le contraste avec les démarches que j’ai du effectuer à Nancy pour bénéficier de séances est saisissant. Je me dis que de toutes façons je suis venu pour ça et j’accepte. Je préfère penser que ce médecin estimait que le plus important était de me faire continuer le traitement le plus vite possible… Pour l’anecdote je rencontre dans le caisson une femme ayant lu mon témoignage que je mettais à jour régulièrement sur le net. Et disons le, j’ai pollué le net de ce témoignage car j’estimais que le mépris dont les orl font preuve à l’égard des surdités brusque inacceptable. « Ah vous êtes le musicien de Nancy! je vous ai lu hier». Je me dis alors que ce témoignage ne sert donc pas à rien et je souhaite ne pas l’avoir entraîné dans mon erreur si j’en avais fait une. Ma boîte mail se remplissant chaque jour de demandes de renseignements de la part de personnes en détresse me conforte dans le fait qu’il y a un malaise dans la prise en charge de cette pathologie. A mon grand soulagement le caisson de Paris est beaucoup plus silencieux. Les masques sont plus modernes. Je fais mes 10 séances en espérant beaucoup. Dans le caisson il y a des gens qui souffrent de maladies diverses. Certaines personnes prises en charges pour des problèmes d’oreilles semblent avoir vu un mieux au bout d’un certain nombre de séances. Malheureusement la femme arrivée en même temps que moi et hospitalisée d’urgence (au bout de 2 jours après le début des symptômes) pour bénéficier du traitement que je n’ai pas réussi à avoir dans les temps ne voit aucune amélioration à l’issue de ce traitement. Les 85% de chances de récupérations que l’on peut lire ici ou la sont donc à prendre avec précautions. Par contre aucun orl dans cette clinique « à but non lucratif ». Pour avoir un suivi il faut donc prendre rdv avec un spécialiste de la capitale. Je prends un premier rdv à l’Hôpital américain de Neuilly. Au téléphone il m’affirme que l’on peut voir quel organe est touché à partir d’une microscopie. Contrairement à Nancy, le délai pour un rendez vous est beaucoup plus court, dans les 3 jours en moyenne d’après mon expérience. Par contre les spécialistes de la capitale n’hésitent pas sur les dépassements d’honoraires. Un étudiant remboursé de moitié sur des consultations à 75 euros ? Si on leur demande la logique la dedans, ils auront sûrement leur explication j’imagine… Ce chirurgien orl me dit de ne pas m’inquiéter. Pour lui le nerf est touché et il faut attendre qu’il se reconstitue. Il ne voit rien lors de la microscopie. Mais il est sur de lui, je suis jeune, je devrais récupérer. D’ailleurs la preuve, il me fait une audiométrie et la perte est moins importante… mais la réalité est que son instrument de mesure de l’audition n’est pas calibré de la même manière que ceux qui avaient mesuré ma perte à Nancy. Pour lui ma perte est donc de 15 db et non de 30 comme l’hôpital de ma région l’avait estimé. Quelques jours après, j’ai la sensation que l’acouphène augmente et que mon audition empire. La coupe du monde passant à la tv… je me rends compte que je ne comprends pas les commentaires des journalistes pendant les matchs si je me bouche l oreille saine. Une perte de 15 db n’engendre pas une gêne aussi importante. Je rappelle l’orl de Neuilly. Il me répond d ‘une manière plutôt agressive que je fais une fixation, que des musiciens sourds il en voit toutes les semaines, et que si ça continue, c’est la camisole qu’il va falloir me mettre. Je le laisse donc vaguer à sa vie de seigneur et je reprends ma vie de gueux. C’est vrai ça, de quoi je me plains? J’ai juste une perte sur ma perception auditive alors que je suis musicien et un bruit permanent dans la tête à 24 ans ! Une personne du caisson souffrant d’un Méniere à une oreille depuis 15 ans et d’une surdité subite depuis quelques temps me donne l’adresse d’un orl de banlieue. Il m’assure qu’il a mis du temps pour trouver quelqu’un d’aussi compétent sur Paris. Lors de l’audiométrie, il me trouve une perte plus conséquente. Mais lui aussi est confiant. Je suis jeune. Il m’annonce donc ces chiffres : 1/3 de récupération totale, 1/3 de récupération partielle et 1/3 de récupération nulle. Mon audition pourrait revenir lors des 4 premiers mois. Comme il le dit lui même en plaisantant, sinon il y a Lourdes… Pour lui aussi l’hôpital central de Nancy a manqué à ses obligations en ne me prescrivant pas le traitement d’urgence. Il faut attendre. On ne change rien au traitement. Je reste sur Vastarel 30 et Iskedyl fort. De retour au caisson le lendemain matin, la femme que j’ai rencontré et avec qui j’échange les informations que je récolte sur le net me donne l’adresse d’un orl qui lui semble vraiment bon. Elle m’explique qu’il est lui même acouphènique et qu’il connaît donc bien tout ça et surtout le manque d’humanité et de tact de ses confrères. Le même jour je tombe malade…ayant les symptômes d’une angine naissante et ayant peur qu’un médecin généraliste ne me prescrive des médicaments ototoxiques, je décide qu’il serait le dernier spécialiste chez qui j’irai frapper. Je lui raconte donc mon histoire… visiblement elle le touche…il m’explique qu’un surdité est considérée comme brusque lorsque 3 fréquences subissent une baisse d’au moins 30db. Vu que je suis un peu en dessous de cette perte, les orl de Nancy auraient donc estimé que ma baisse ne nécessitait pas le protocole d’urgence… Il m’explique que beaucoup de gens ne serait pas handicapés par une perte de ce type, mais que je ressens le décalage d’une façon plus intense du fait que je sois « un sportif de l’oreille ». Il me montre a partir du VNG et PEA que ce n’est pas le nerf qui est atteint mais la cochlée… ces tests je les ai donné a tous les orl que j’ai vu auparavant ! Ils ont du faire semblant de les lire… ou alors ils ne savaient pas le faire... Il décide de changer mon traitement. Il me prescrit donc du Nootropyl (3 fois par jour), du Vastarel 35 (2 fois par jour), ainsi qu’un traitement vitaminique (B5 et B12) et du Rivotril pour m’aider à supporter l’acouphène. Tout cela pour une durée de 6 mois. Mes séances de caisson étant achevées et n’ayant obtenu aucun résultat positif je rentre donc dans ma province. Je prends donc le traitement prescrit pas le dernier orl en continuant de prendre l’Iskedyl fort que l’on m’avait donné auparavant ainsi que du Tanakan. J’arrête très vite le Rivotril car il me donnait des effets secondaires… je préférais me concentrer sur les médicaments ayant pour fonction de me soigner et non celle de me soulager. Je passe l’IRM qui me soulage du doute d’une tumeur ou d’un neurinome (2 mois et demi après l’apparition des premiers symptômes!). On me dit que mes troubles ne viennent pas d’une cause vasculaire. Probablement une infection virale. Je cogite à propos de cette histoire d’une éventuelle infection de mon oreille interne par une virose proche de celle de l’herpes ou du zona que l’on ma évoqué plus d’une fois lorsque je demandais d’où mes problèmes pouvaient venir. Je me rends donc chez mon généraliste et je lui soumet donc l’idée de me prescrire un traitement contre l’herpes. Il me répond "ah oui pourquoi ne pas essayer votre raisonnement est logique" (on aura tout vu). Surtout quand on sait que la cortisone fait flamber les viroses, et qu'on m en a prescrit pendant 1 mois. Et pendant 1 semaines par injections quotidiennes de 80 mg! Pourquoi ne pas m’avoir fait de prise de sang avant de m’en prescrire dans ce cas ?! Encore une autre erreur … J’ajoute donc du Zelitrex a la liste de médicaments que je prends tous les jours. Je me remet a faire de la musique, n’acceptant pas l’idée de devoir m’arrêter. Je me surprends même à refumer du cannabis malgré le fait qu’il accentue mon acouphène. Attention je n’encourage personne à le faire, c’est une saloperie qui m’a empoisonné l’organisme pendant des années. Mais j’ai décidé de mettre dans ce témoignage tous les éléments de mon histoire. 2 semaines après le début du traitement du dernier orl vu a Paris et 3 jours après le début de ma prise de comprimés anti-herpes je me réveille avec un acouphène aigu mais moins perceptible. Celui que j’entendais pendant 2 mois et demi était de sonorité grave. Je me rends compte que j’entends mieux les choses. Je prends le combiné du téléphone pour comparer la note perçue dans les deux oreilles. Et la, grande joie ! mon audition est revenue. Je prends donc rendez-vous au sein de mon hôpital central de Nancy et du service orl cher a mon cœur pour une audiométrie. L’audiométrie achevée je regarde la feuille et la je vois que tout est redevenu normal. Je m’en doutais grandement mais j’avais besoin de le voir pour le croire. La personne en face de moi me demande, étonnée, mais vous n’êtes pas content ? Le soulagement passé, c’est la colère qui prenait place. J’ai demandé a voir les internes qui m’avaient (ou plutôt ne m’avaient pas) soigné pendant les premières semaines d’apparition de mes symptômes. On m’a fait voir une de ses internes entourée par 3 personnes dont un chef de service. Je voulais pourtant m’expliquer calmement et obtenir des réponses aux questions que je me suis posé pendant toute l’évolution de ma perte d’audition. Au lieu de cela, ils ont préféré s’énerver et se murer dans leur mauvaise foi pour éviter de répondre à mes interrogations. Mes questions étaient pourtant claires et précises : Pourquoi ne pas m’avoir fait bénéficier du protocole d’urgence dans le carde d’une surdité brusque ? Pourquoi m’avoir diagnostiqué une maladie de Méniere alors que je n’avais aucun des symptômes déterminants dans ce type de maladie ? Pourquoi ne pas m’avoir fait faire une prise de sang des le départ pour écarter une virose ou une infection de ce type alors que je prenais de la cortisone susceptible de faire flamber cette infection ? Pourquoi tous les spécialistes que j ai rencontré se sont accordés sur leurs erreurs ? La façon dont ils m’ont pris de haut sans vouloir répondre à mes questions en dit long sur leur sentiment d’avoir fait ce qu’il fallait faire. La seule réponse que l’interne m’a donné est « de toutes façons je suis soutenue par mes responsables ». Leur sentiment de toute puissance me donne à présent envie de vomir. Je ne comprends pas leur vocation si il en existe une. Avant de se croire demi-dieu il faut d’abord passer par le stade de demi-homme. Ne pas m’avoir soigné est une chose, me laisser avec ces questions en est une autre. La vie rattrapera ces gens, j’en suis persuadé. A présent j’ai récupéré mon audition et c’est tout ce qui m’importe. Même si ce sifflement aigu vient me harceler dès que je suis dans le silence… Mais j’ai le culot de croire qu’il s’en ira avec tous ces mauvais souvenirs. J’ai entendu des gens parler de « seconde surdité brusque », je touche du bois pour ne pas que ce m’arrive… je ne sais pas ce qui m’est arrivé, si c’est une virose pourrait elle revenir pointer ses guêtres dans ma vie ? J’aurai toujours cette crainte en tout cas. Lorsque le mois d’avril pointera son nez je vais craindre de me réveiller un matin et que tout recommence. LA VIE EST BELLE,
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b
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Bruit sourd poste edf

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Bonjour, Le problème du bruit ne me concerne pas personnellement. Je suis l'actualité de ce forum de par une amie concernée par le bruit. Effectivement, un lit mal placé suffit pour mal dormir. Étant praticien en Géobiologie je suis bien au...Lire la suite


 
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