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Je me demande si mon fils n'est pas autiste!

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Je suis la maman d'un petit Gabriel de 19 mois.

Je pensais jusque-là, moi aussi, qu'un enfant autiste était forcément "en retrait total, sans langage, sans contact visuel, avec des stéréotypies (balancements, bouger les mains…) , et avec une déficience mentale et de l'automutilation"… Je lis que "Malheureusement, les professionnels de la petite enfance en France connaissent eux aussi seulement cette forme la plus profonde d'autisme, et que pourtant, de nombreuses autres formes d'autisme plus atténuées existent… "

C'est ça. Exactement ça. Quand j'ai parlé de mes doutes à mon médecin, il m'a rit au nez : "Mais voyons, s'il était autiste, il ne sourirait pas, il ne vous ferait pas des câlins… " Alors je suis chaque fois repartie en me disant que je m'inquiètais trop… jusqu'à la crise suivante…

Il y a 4 mois, j'ai quand même voulu voir une ORL, car, par certains côtés, on aurait pu croire que Gabriel était sourd. Mais elle n'a décelé aucune anomalie auditive (sauf quelques "bizarreries" de réactions : Gabriel ne sursaute pas aux sons sourds genre coup de grosse caisse).

Et quant aux éducatrices de la halte-garderie où je mets Gabriel quelques heures par semaine, elles me disent ne rien remarquer d'anormal, sinon que Gabriel est, c'est sûr, très indépendant et ne cherche pas à communiquer ou à jouer avec les autres. Mais pour elles, à cet âge, ce n'est pas encore forcément inquiétant. Juste un trait de son caractère : il veut qu'on lui foute la paix et n'accepte que ce que lui a décidé (notamment pour les câlins) …

Mais voilà. Je suis toujours inquiète. Et son père commence lui aussi à s'interroger. Mais nous ne savons plus vers qui nous tourner.

Je voudrais donc maintenant vous parler de Gabriel. Et j'espère que vous pourrez m'aider, m'orienter, me conseiller, quant au comportement à adopter face aux attitudes particulières de mon bonhomme, et aussi sur qui consulter pour dépister et identifier au plus vite ses troubles de comportement (qu'il s'agisse d'autisme ou non) pour lui apporter dès à présent l'aide nécessaire à son épanouissement. Pour info, j'habite Lyon (69).

Gabriel. Ca fait longtemps que je me pose des questions à son sujet (depuis sa naissance pratiquement) mais mon mari et le reste de mon entourage me renvoyaient alors systématiquement à mon tempérament angoissé et à mon "défaut professionnel" (je m'occupe d'enfants en difficultés d'apprentissage et ils pensaient que je "voyais des problèmes partout"). On m'a souvent dit aussi que je "comparais trop" avec mon aîné (aujourd'hui 4 ans) , qui lui, était exceptionnellement éveillé, et que c'était pour cela que l'attitude de Gabriel me paraissait "décalée".

Mais voilà. J'ai allaité mon bonhomme dès sa naissance, et lors de ces tétées, déjà, il ne m'a jamais regardée. Il mangeait bien, mais je devais faire des pieds et des mains pour accrocher son regard. A part cela, rien de spectaculaire. C'était (et c'est toujours) un magnifique bébé, qui dormait bien la nuit, faisait ses petites angoisses du soir comme tous les bébés, mais agréable le reste du temps.

A 1 mois, il a fait ses premiers sourires, mais toujours le regard un peu "fuyant" : dès que son regard "accrochait" le nôtre plus de quelques secondes, il tournait la tête (assez brusquement) sur le côté. Mais il souriait, beaucoup même, puis quelques mois après, il riait aux éclats à nos mimiques, chatouilles… Mais toujours suivi de ce geste de détournement de la tête et donc du regard (il en est encore de même aujourd'hui : un peu comme s'il avait honte -ou peur- de s'être "laissé aller").

Ses premiers "aheu" sont venus assez tôt également, mais n'ont pas été suivis des traditionnels "maman" et "papa". A force de "motivation", à 19 mois, il dit "maman" mais seulement s'il s'est fait mal, et "papa" mais à n'importe quelle sauce (jamais accompagné d'un quelconque signe de reconnaissance de son père. C'est, je crois, juste un mot comme un autre, qu'il a juste un peu plus entendu ! ). Malgré nos stimulations, il ne dit absolument rien d'autre. En revanche, il baragouine souvent seul, et crie beaucoup. Ses refus, en particulier, sont toujours accompagnés d'un cri strident "PAAAAS" (que l'on peut interprèter comme un "non"… ?). A la moindre contrariété, il a également souvent des gestes violents (nous repousse ou tape) et il détourne souvent la tête, voire le corps tout entier.

Depuis l'âge d'1 an, le matin, quand il se réveille, il babille pour nous appeler, mais dès que l'on rentre dans sa chambre, le grand sourire qu'il nous adresse est immédiatement suivi par le geste de s'enfouir la tête dans l'oreiller, et il peut se passer 10 min avant qu'il ne nous tende les bras pour sortir du lit (et sans nous regarder, je précise encore). Si nous le levons "de force" (c'est-à-dire que nous le prenons dans les bras sans qu'il n'aie été demandeur) il se met à hurler.

Il supporte également mal toute forme de frustration ou d'attente (du repas en préparation par exemple) : il lui arrive encore (bien que de moins en moins souvent) de hurler au point de ne même pas pouvoir effectivement manger quand c'est enfin près (difficulté à "sortir" de sa crise) voire de se taper la tête avec les poings ou de se tirer les cheveux (également en baisse de fréquence et d'intensité depuis quelques semaines, mais à force de gros interdits).

Au début des interdits d'ailleurs, je lui donnais parfois une tape sur la main pour les "grosses" bêtises récidivantes (quand il touchait les prises…). J'ai du très vite arrêter, car ça semblait le paniquer complètement, et il me rendait les coups ! Je me suis aperçue que le fait de lui parler fermement suffisait, mais là encore, bien qu'il cesse la bêtise, il manifeste très souvent sa frustration par de mini-crises de nerf. Celle-ci peuvent durer 3 secondes, comme être d'une incroyable (et effroyable) violence qui a eu duré 2 heures (pour un simple "NON") et devant laquelle on n'est complètement impuissant : Si on tente de le prendre dans les bras, il se débat comme un forcené, si on le laisse, il hurle à la mort. La seule chose que j'ai trouvé, c'est de m'assoir à côté de lui, et d'attendre. Lorsqu'il se calme un peu, et que je parviens à le toucher, je lui caresse longuement la tête, puis il finit par se blottir dans mes bras. Alors, pendant un temps infini, on ne peut l'en déloger, même avec la plus grande des douceurs. J'en suis complètement retournée à chaque fois.

Pour les "contraintes" physiques, c'est pire. Chez le médecin, les oscultations sont un calvaire, pour lui comme pour moi ou le médecin et comme pour toute la salle d'attente je crois ! Et ce depuis tout petit. Il est également souvent contrarié quand je l'"arrache" d'une activité pour le "contraindre" (je mets entre " " parce que c'est comme ça qu'il semble le vivre LUI) à une autre activité, même si au final, il est très content de ma nouvelle proposition (ex : le bain).

En somme, Gabriel ne supporte pas qu'on le tienne, ou qu'on veuille lui faire faire quelque chose : ouvrir la bouche par exemple ! (la seule manière de savoir combien il a de dents est de le faire rire aux éclats. Et malgré ses douleurs, je n'ai jamais pu (ni personne) lui passer du baume sur les gencives. En plus, c'est un sacré gaillard, doté d'une force physique impressionnante. Alors pour le forcer… Vous pouvez toujours courir !

Gabriel ne refuse pas systématiquement le contact physique avec les personnes qu'il connaît. Mais il a "ses têtes" : une de ses grand-mère ne peut pas le toucher, et il rejette tout venant d'elle (même une simple parole d'elle qui lui est adressée peut entraîner une crise chez Gabriel). Il ne la regarde quasiment jamais, et ne lui sourit pas. En revanche, son grand-père est un "privilégié" : Gabriel n'en a que pour lui en sa présence. Il le mange des yeux, lui est sans cesse après, et même nous (son père et moi) n'existons plus. Un autre homme (le père d'un camarade de mon aîné) remporte un succès similaire (bien que moindre). Leur seul point commun à mes yeux : n'absolument rien attendre de Gabriel ! (comme la caractéristique de la grand-mère "rejetée" est de beaucoup TROP en attendre : "allez, viens voir mamie" "regarde-moi" "fais-moi un sourire" "mais qu'est-ce qu'il a"…).

Avec nous (son père, son frère et moi) , dans ses "bons jours", Gabriel est même très câlin, fait des bisous… Mais toujours SI on ne lui demande rien !

Et, je le répète, notre bonhomme peut aussi se montrer très agréable, souriant, joueur (il adore faire la "bagarre" sur le lit avec son grand frère -4 ans-, et rit de bon coeur quand ils s'éclaboussent dans le bain, ou, comme il y a peu, lorsque nous lui faisons faire de la luge…). Il sait aussi se montrer très malicieux : il fait des grimaces, joue à cache-cache… Mais sans jamais, toutefois, se départir de son visage un peu grave, et de son regard un peu "dur" et fuyant.

Il vit également très bien la séparation (ou est-ce aussi un symptôme ? J'ai parfois l'impression qu'il s'en fout complètement, quand je le laisse, par exemple, en halte-garderie) , et ne semble pas "angoissé" outre mesure.

Ce qui nous frappe en revanche beaucoup, c'est combien Gabriel se montre insensible à la douleur. Il peut par exemple lui arriver de se cogner violemment la tête (involontairement je veux dire) ou de tomber, sans qu'il ne manifeste le moindre signe de désagrément, alors même qu'une bosse ou un bleu apparaît quelques minutes après !

Autre "bizarrerie" : Gabriel ne joue pas. Entre 6 et 15 mois, sa seule activité ludique a été de "taper" et "jeter". Nombre de jouets n'y ont d'ailleurs pas résisté. Si l'on essaie de jouer avec lui, de lui montrer le fonctionnement d'un jouet par exemple, il peut observer, imiter, mais rapidement il balaie tout de la main, et si on insiste, il nous repousse et… se met à hurler (quand je dis "hurler" c'est au vrai sens du terme : il ne pleure pas, il pousse des cris stridents qui ressemblent plus à de la colère, à de la rage, pas à du chagrin. Quand il "pleure" malheureux, parce qu'il s'est fait mal, a faim, sommeil ou s'est fait gronder, ça n'a rien à voir).

Depuis ses 15-16 mois, il tape toujours autant (il a adopté un marteau en plastique comme jouet fétiche et tout y passe… même sa propre tête parfois, ce qui m'effraie beaucoup) mais il jette moins (à force "d'éducation") et s'est trouvé une autre occupation : il encastre. Mais il ne fait que ça. Comme une obsession. Dès qu'il voit un objet, il faut qu'il trouve un orifice dans lequel l'enficher, jusqu'à s'énerver très rapidement si la physique s'oppose à sa volonté ! Et pour cette activité, il montre une adresse assez spectaculaire : il encastre des formes complexes (étoile, hexagone, animaux) dans les bons orifices et est capable d'associer deux petits éléments de manière très précise (remettre le bouchon d'un stylo par exemple).

Le plus "perturbant" au quotidien reste la relation particulière de Gabriel à la nourriture : Tout d'abord, il n'accepte que ce que JE lui donne, et SI c'est dans une cuillère. Donné à la main, il ne prend rien dans la bouche (même un gâteau : il faut qu'il le tienne dans sa main d'abord, après de longues "approches" du bout des doigts ou des poignets (il faut le voir pour bien comprendre : il attrape souvent la nourriture comme s'il était manchot, en retournant complètement ses mains vers l'intérieur, comme des moignons). De son père, ou de quelqu'un d'autre, il n'accepte rien : il crie "PAAAS" et tourne la tête. Si on le gronde, ou insistons… Il hurle !

Et puis, depuis environ une semaine, lorsqu'il mange seul un aliment solide (gâteau, pain…) , il lui arrive également très souvent de se "manger" les doigts avec, comme s'il ne faisait pas de distinction entre le morceau de pain et sa main. Mais vraiment : Il se mord parfois les doigts très fort, et nous sommes obligés de les lui retirer de force de la bouche.

Voilà. Je crois que j'ai tout dit.

Sinon, au niveau purement "moteur", mon titou a tenu assis à 8 mois 1/2, a commencé à marcher à 4 pattes à 13 mois, et fait ses premiers pas debout depuis 2 semaines seulement. En revanche, il sait très bien grimper et descendre d'un lit, ou d'un canapé.

Je précise que pour un certain nombre de ses comportements, nous avons bien sûr pensé au caprice, et que l'entourage nous donne (malheureusement) presque toujours cette réponse, lorsqu'on essaie de leur parler du comportement de Gabriel. Mais mon mari et moi sommes bien loin d'être des parents laxistes, nous nous efforçons de ne jamais nous contredire devant les gamins, et nous ne revenons jamais sur un interdit posé. Nous sommes pour une éducation douce (pas de fessées, pas de hurlements) mais ferme (pas de "non" qui devienne "oui" devant l'insistance ou les yeux doux de nos garçons (et pourtant l'aîné sait y faire ! ) ). J'apporte ses précisions pour que vous compreniez bien que ce qui m'amène à me confier aujourd'hui, c'est que nous sommes désemparés. De quelque manière que nous agissions, rien ne change. Enfin si, mais que très lentement, et, à ce qu'il nous semble, assez "superficiellement" (les crises durent de moins en moins longtemps c'est vrai, mais leur fondement est toujours là : on sent Gabriel près à exploser à n'importe quel moment (et pas toujours celui auquel on pourrait s'attendre).

Je sais aussi que chaque enfant est différent, et je ne me serais jamais fait une montagne si mon Gabriel n'avait seulement pas su parler à 18 mois. Comme le dit le "bon sens commun" : "Ils ne peuvent pas tout faire en même temps". Le souci, avec Gabriel, c'est qu'il ne fait pas grand chose d'autre non plus ! Non seulement il ne parle pas, mais il ne marchait pas non plus jusqu'à maintenant, il ne fait pas les marionettes (et il à l'air de s'en foutre royalement quand on les lui fait : un petit sourire des fois et encore) , il ne mange pas tout seul (n'essaie même pas) , il ne joue pas, il commence seulement à comprendre ce que j'attends de lui quand je lui dis "Donne" ou "Tiens", il ne montre rien du doigt, se fiche royalement des chiens, chats ou autre "curiosité" citadine (quant à faire "ouah-ouah" ou "miaou"… on n'en parle même pas ! ) et il y a ces crises et ces comportements étranges… D'où mes inquiétudes.
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Commentaires pour cette histoire  Ajouter un commentaire

Par aidouche | le 12/11/10 à 15:33

Je suis touchée par votre histoire, je reside également dans le rhone et suis la maman de 3 enfants. la première 6ans a toujours été précoce aujourd hui elle a un an d'avance et s en sort très bien à l'école. Comme vous je me pose des questions sur le developpement de mes 2 autres enfants, M qui a 24 mois,jusqu'à ses 18 mois ne pointait pas du doigt, ne parlait pas et portait peu d'interêt à ce qui l'entourait.Aujourd hui ca va mieux il commence a parler mais très mal, adore le contact avec les autres, je l ai inscrit en maternelle la maîtresse me dit que ca se passe bien mais je ne peux m empêcher de m'inquieter parce qu il semble encore souvent dans la lune ou ne pas toujours comprendre de plus il fredonne les mêmes airs de chansons à longueur de journée. Mon second fils A à 10 mois et comme votre fils il a beaucup de ma à me regarder dans les yeux et à tendance à detourner le regard ou à me tourner le dos cependant il dort bien la nuit est plutot souriant et lui aussi à ses tetes, il est plutot curieux et commence à imiter ponctuellement les marionettes, il ne répond pas toujours à son prénom même lorsque je me trouve à côté de lui. Aujourd 'hui je suis psychologiquement fatiguée d'être dans le doute, fatiguée des commentaires de mes proches ou des medecins qui pensent que c'est moi qui est un problème et en même temps j'essaie de prendre un peu de recul vis à vis de tous ça.Je serai heureuse d'échanger et de voir l'évolution de nos enfants.

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