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Journal de bord d'une opération Hallux Valgus (oignons aux pieds)

Témoignage d'internaute trouvé sur aufeminin
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Bonjour,

Ça fait un moment que je ne suis pas venue sur le forum santé. J'y étais venue à une époque notamment pour chercher de l'information sur l'opération des oignons aux pieds (= hallux Valgus). Et il faut bien avouer que j'ai trouvé davantage de personnes à la recherche d'information, comme moi, que de personnes qui avaient vécu l'opération et qui étaient capables de me renseigner.

J'ai finalement rencontré sur ce site une jeune femme dans la même situation que moi et qui s'est faite opérer début octobre 2002. L'opération s'étant très bien passée pour elle et étant très satisfaite de ses nouveaux pieds, j'ai décidé de me faire opérer par le même chirurgien sur Paris.

C'est chose faite. J'ai été opérée des deux pieds le jeudi 19 décembre.

J'ai décidé de lancer un post sous la forme de journal de bord de cette "aventure" qui pourra servir aux personnes à la recherche d'information sur le sujet. Je l'alimenterai au fur et à mesure des news que j'aurais à vous apporter.

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Mercredi 18 décembre 2002 : Jour J-1.

Je suis admise à l'hôpital à 14h. L'après-midi me donne l'occasion de voir une dernière fois l'anesthésiste qui revoit avec moi les conditions de l'anesthésie. Je suis toujours d'accord pour une anesthésie locorégionale dite rachidienne (sorte de péridurale) qui m'endormira à partir du bassin mais qui me laissera éveillée. En revanche, je lui rappelle bien que je souhaite être sédatée au moment de l'opération (c'est-à-dire dans les choux) car je suis anxieuse à l'idée d'assister à une pareille opération (il faut dire que quand je vois la moindre scène horrible dans "Urgences" , je change de chaîne ! ).

Je suis anxieuse mais, en même temps, terriblement excitée à l'idée de me débarrasser enfin à 28 ans de ces vieux pieds tordus et douloureux ! Je m'étais promis d'atteindre mes 30 ans avec des pieds neufs, j'ai eu le courage de le faire avant mes 29 ans. Je suis plutôt fière de moi sur ce coup là car je suis plutôt une grande froussarde habituellement.

Une infirmière vient me porter un flacon de Bétadine et me demande de me doucher le soir et le lendemain (jour J) en me servant de la Bétadine comme Gel douche. Je peux vous dire que ça pue et que c'est desséchant.

Un repas correct puis dodo.

Jeudi 19 décembre 2002 : Jour J.

L'opération doit avoir lieu en début d'après-midi. Je suis assez anxieuse mais moins que je ne l'aurais cru. J'ai été réveillée tôt. Je n'ai pas le droit de prendre un petit déjeuner et, après ma douche à la Bétadine, il ne me reste plus qu'à poiroter !

A midi, on vient me donner un comprimé Anxiolytique pour me détendre un pue avant l'opération.

A 14h, on vient me chercher pour me descendre au bloc. J'ai l'impression que leur anxiolytique n'a pas du tout fait effet. Je suis tendue comme un arc. Je m'inquiète un pue ; Je n'ai pas du tout envie d'entendre le chirurgien me scier les os !!!

Arrivée au bloc, on m'installe, on me prépare, on me "monitore" et on me pose une perfusion dans le bras. Voyant mon anxiété au monitoring dés que j'entends la voix du chirurgien (mon coeur bat la chamade) , on me dit qu'on va me passer quelque chose pour me détendre par la perf. Sitôt fait, je sombre dans le sommeil, complètement détendue pour ne me réveiller que vers la fin de l'opération. J'entends l'équipe travailler mais j'ai l'impression que cette situation est lointaine et que cela ne me concerne pas.

L'opération est terminée.

Mes pieds sont entourés dans un pansement compressif pour limiter le gonflement.

Le chirurgien vient me dire au revoir en me rassurant et en me disant qu'on allait se revoir dans 2-3 semaines pour ôter les points et pour une visite de contrôle.

On me remonte en salle de réveil.

En salle de réveil, on branche ma perfusion à une pompe à morphine. On m'explique comment ça marche. Il suffit d'appuyer sur un bouton dés que je commence à avoir mal. Ça envoie 1mg de morphine dans la perf. Cette pompe, électronique, est programmée pour ne répondre à ma demande que toutes les 10 min.

La sensation commence à revenir dans mes jambes. Grâce à la morphine, je n'ai pas du tout mal. Toujours dans la salle de réveil, on me fait une radio post opératoire des pieds, ceci toujours allongée, bien sûre.

On me remonte dans ma chambre. Je n'ai pas mal.

On me fait une piqûre d'anti-coagulant dans le ventre en vue d'éviter une éventuelle phlébite. Je vais avoir droit à une piqûre par jour pendant 15 jours. Heureusement, ce sont de toutes petites piqûres qui ne font pas mal !

On me mets un arceau métallique sous le drap au niveau des pieds pour ne pas que le drap pèse sur mes pieds. Ainsi, les pieds sont sous une sorte de petite tente !

J'ai faim, je vais enfin pouvoir manger.

Ma nuit se passe sans problème.

Vendredi 20 décembre 2002 : J+1.

J'ai un peu mal…. Enfin, c'est désagréable mais ce n'est pas une douleur atroce. Disons que j'ai l'impression d'avoir les pieds comprimés dans des chaussures de ski trop serrées.

On me donne des espèces de chaussures orthopédiques atroces qui tiennent avec des velcros. Elles ont, en quelque sorte, des talons inversés. La pointe du pied est plus haute que le talon. Ces chaussures permettent de marcher sur le talon sans appuyer sur la pointe du pied. Elles donnent une démarche d'ours !

On me demande d'essayer de me "transférer" du lit au fauteuil en prenant appui sur mes nouvelles chaussures. De toute façon, je ne peux pas aller bien loin, je suis toujours attachée à ma perf. J'ai dû mal m'y prendre. Une douleur vive me traverse un pied. Je vais passer 2 jours sans oser reposer un pied par terre !

Samedi 21 décembre 2002 : J+2.

Rien de bien neuf.

Toujours à l'hôpital, je reste au lit et, n'ose mettre un pied à terre.

Je n'ai pas mal.

Dimanche 22 décembre 2002 : J+3.

Aujourd'hui, on m'enlève la perf, les redons (drains qui évacuent le "mauvais sang" par un tuyaux à travers le bandage et la cicatrice) et on refait mes pansements.

Une infirmière me défait mes pansements. Mes pieds sont gonflés mais sans hématomes. J'ai une longue cicatrice (env. 10cm) sur le côté intérieur de chaque pied. La cicatrice est belle (autant qu'une cicatrice peut être belle) , bien droite et les points sont très rapprochés.

Le retrait des redons est assez douloureux mais rapide et la douleur ne dure pas longtemps. Ouf, ce n'est q'un mauvais moment à passer.

L'infirmière désinfecte la cicatrice et me refait les pansements. Mes deux pieds sont enroulés de bandes comme de vraies petites momies. Je vais devoir garder ces pansements sans les toucher ni les mouiller pendant 15 jours, jusqu'à ma prochaine visite au chirurgien (Je dois en effet le revoir à J+19 pour une visite de contrôle et ôter les points).

Enfin, je n'ai plus aucun tuyau ou redon qui me maintient "attachée" à mon lit.

Je remets mes chaussures mais je ne vais m'en servir que pour me transvaser dans un fauteuil roulant avec l'aide de mon ami. J'ai encore trop la trouille de marcher.

Le fauteuil me permet d'aller enfin me laver les cheveux et surtout aller aux toilettes (parce que le bassin, y en a marre). En plus, on m'a donné un laxatif pour que je puisse enfin aller à la selle ! Tout ça était bloqué depuis quelques jours…

En me transvasant des toilettes au fauteuil, je fais un léger malaise. Me tête tourne, mes oreilles bourdonnent, J'ai une bouffée de chaleur, un voile noir passe devant mes yeux, je tombe dans les pommes. Les infirmières puis l'anesthésiste concluent à un malaise dû à la morphine. J'étais "débranchée" depuis très peu de temps (1 ou 2h) et je n'avais pas encore évacué la morphine. La morphine a pour propriété de faire baisser la tension. J'avais une tension basse et je m'étais levée trop vite d'où chute de tension… et hop, dans les pommes pendant 30 secondes !

On me remet au lit après m'avoir ranimée.

La journée se termine de façon sympathique. La jeune femme que j'ai rencontré sur le forum et qui m'a conseillé le chirurgien vient me rendre visite à l'hosto. Sympa, non ?

Lundi 23 décembre 2002 : J+4.

Je dois sortir aujourd'hui mais j'ai la trouille. Je ne sais toujours pas remarcher.

Je me remets au fauteuil roulant pour aller faire ma toilette et m'habiller (enfin).

Le kiné passe me prendre pour me faire remarcher. Il ne comprend pas trop ma trouille et se moque de moi gentiment en disant que les vieilles font moins de simagrées. "échange 2 vieilles contre une jeune" a t'il rajouté !!!

Il me fait mettre mes chaussures orthopédiques et m'emmène avec mon fauteuil dans une salle de rééducation. Il me fait marcher entre deux barres parallèles. En utilisant les barres comme appui puis de moins en moins. Je marche hyper mal : les jambes raides, les fesses en arrière et le buste en avant…. Une débutante au ski qui a peur de la pente. Petit à petit ça va mieux… mais c'est pas encore ça… enfin, c'est assez pour rentrer chez moi.

En début d'après-midi, une ambulance passe me chercher pour me ramener chez moi.

On me donne mon dossier (radios pré-op et post-op, pre… ion d'antalgiques et d'anti-inflammatoire pour les 3 jours suivants la sortie et d'anti-coagulant pour 10 jours). On me donne aussi un arrêt de travail de 45 jours.

On passe au bureau des mouvements pour régler ma sortie. Comme j'avais amené ma carte vitale et un justificatif de prise en charge de ma mutuelle au moment de mon admission, je n'ai rien à payer à part mon téléphone et la télé. Même la chambre individuelle et l'ambulance ont été intégralement pris en charge.

Enfin, je rentre chez moi, les ambulanciers devront me porter jusqu'au bout, les pauvres, car j'habite au 3ème étage sans ascenseur.

Ils finissent par me poser sur mon canapé.

Je ne suis pas prêt de ressortir de chez moi.

Les premiers déplacements dans l'appart avec mes chaussures orthopédiques sont fastidieux.

Heureusement, je me sers de la canne que mon ami vient de m'acheter et je me tiens aux murs.

A 18h, mon ami me fait la piqûre d'anti-coagulant dans le ventre. Je préfère que ce soit lui plutôt que de faire venir une infirmière. De toute façon le produit est vendu sous forme de seringues prêtes à l'emploi. L'aiguille est très courte. Il y a peu de produit et il faut piquer dans le gras. Pas très compliqué en somme. Mon ami mettra cependant ¼ d'heure de tergiversation et de grimaces avant de me faire la première. Depuis, ça roule tout seul ; il y a pris goût le sadique !

Avant de coucher, mon ami glisse une boite en carton entre le sommier et le matelas afin de surélever ce dernier au niveau des pieds ; cela facilite le retour veineux.

Mardi 24 décembre 2002 : J+5 et Mercredi 25 décembre 2002 : J+6.

Je me décide enfin à envoyer mon arrêt de travail à mon employeur et à la sécu.

Noël se passe tranquillement à la maison en amoureux car je ne peux toujours pas sortir.

Mon ami me gâte et s'occupe bien de moi.

On s'accorde une bouteille de champ même si je ne sais pas si c'est bien compatible avec mes médicaments.

Bien entendu, j'ai toujours droit à ma piqûre en fin d'après-midi.

Jeudi 26 décembre 2002 : J+7.

J'arrive de mieux en mieux à marcher et je n'ai plus du tout mal aux pieds. Je décide de faire des crêpes et d'inviter une copine.

On passe une bonne soirée mais au final, j'ai les pieds ankylosés ; j'essaie de les mettre le plus possible surélevés.

Vendredi 27 décembre 2002 : J+8.

Aujourd'hui, j'ai mal aux pieds. Ça tire de partout. J'ai même mal aux cicatrices. Je regrette d'avoir présumé de mes forces la veille et d'être restée un moment debout à faire des crêpes.

Mon ami "m'engueule" car il dit que je veux toujours en faire trop !

Je reprends 2 comprimés d'antalgiques que j'avais arrêtés depuis 2 jours. J'essaie de garder mes pieds en l'air au maximum.

J'ai intérêt à me tenir à carreaux désormais.

Samedi 28 décembre 2002 : J+8.

C'est aujourd'hui et je suis en train d'écrire ces lignes. J'ai encore un peu mal au pied mais ça va mieux qu'hier.

Je vais continuer à écrire ce "journal d'une opération" au fil des événements.

Alors à bientôt.

Iris.
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Commentaires pour cette histoire  Ajouter un commentaire

Par emmie | le 01/04/11 à 11:25

Et la suite Iris ?, j'ai été opérée des deux pieds le 16 mars 2011 et l'infirmière vient de me retirer les fils ce matin.

Par Sosonia | le 01/04/11 à 22:09

@emmie: J'ai été opérer le 31 mars 2011 des deux pieds je voulais savoir si tu a eu du mal a marcher au début et si les infirmières te fessait marcher car moi on est entrain de me forcer a marcher et j'ai trop mal aux pieds même les médoc ne marche même plus c atroces c douleur j'ai du mal a dormir aussi!!! C pas facile!

Par chou | le 22/04/11 à 21:41

bonjour les filles,
vous etes toutes tres courageuses,d'avoir pris la decision de vous faire operer
ton journal est superbe iris et la suite? :)
moi je vais sauter le pas apres 5 longues années de reflexion: ce qui m'a fait changer d'avis deux bosses sur un même pieds donc 4 pour les deux pieds :(
connaisser vous un bon chirurgien a paris?
a bientot et bon courage pour vous deux qui venez de vs faire operer

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