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Comment se battre contre son cancer

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Arrêt complet du médicament, j'ai jugé moi-même que c'était nécessaire, après un détour plus que douteux sur la balance, qui m'annonçait - 1 kg en 3 jours. Je ne perds pas un de mes combats pour lutter contre un autre… Je pense que c'est surtout beaucoup d'eau que j'ai perdu, mais il n'empêche que mes kgs acquis, je m'y accroche. Ils ont été trop durs à prendre, dans tous les sens du terme, pour les voir s'envoler à cause d'un médicament. A voir avec la psy, le 13, pour voir s'il y a des doses peut-être plus petites. Je sais qu'il faut un délai pour que le corps s'habitue, mais je n'ai pas le temps… Je ne peux pas me permettre d'arrêter de manger pendant plusieurs jours, parce que je sais que l'anorexie peut en profiter pour réintégrer mon corps et ma tête. Elle s'insinue dans chaque parcelle de l'âme, dès que quelque chose ne va pas, physiquement ou moralement et je le sais trop bien et ne compte pas la laisser reprendre place intégrale. Hier, j'ai beaucoup réfléchi sur bien des choses.

Je me disais "put*** comment fait Lydie pour se battre contre son cancer… comment font toutes les personnes qui ont des traitements lourds à prendre, qui les rendent malades au centuple de moi, l'autre jour, avant-hier et hier et je me plains de si peu… je n'ai pas le droit… " J'y pense tellement souvent… La fameuse culpabilité de celle qui a une maladie mentale contre celle qui en a une physique… J'ai toujours espoir, pourtant, qu'à travers mon blog, on peut arriver à ne plus faire de différences entre les deux… Parce que la maladie mentale est tout autant une épreuve comparée à une maladie physique… Pour la 1ère, il faut juste toujours se justifier celle qu'on est, pourquoi c'est ainsi et blablabla… Elle n'est pas palpable, elle n'est pas identifiable grâce à des clichés, à des analyses (bizarrement, même à 37 kgs, elles étaient bonnes et je sais que je ne suis pas la seule dans ce cas. Le corps doit prendre ses habitudes, je ne sais pas…) … J'ose à peine imaginer la souffrance qu'entraîne un cancer, mais je connais celle de l'anorexie et de tout ce qui va avec, parce qu'elle ne vient rarement jamais seule, entre automutilation, dépression, troubles de la personnalité et autres addictions…

C'est facile de dire "oui mais la personne qui a un cancer ne l'a pas choisi, toi il suffit d'avoir de la volonté pour que tu t'en sortes… " Je l'ai tant entendu que ça me siffle dans les oreilles. Mais je n'ai jamais rien demandé non plus. Et les traitements qu'on prend sont tout aussi lourds que les autres. Ils emmènent le plus souvent une partie de nous-mêmes, combien de fois est-ce que j'ai réussi à oublier qui j'étais, complètement droguée aux neuroleptiques et anxiolytiques… Combien de fois, pour éviter que je ne me casse la tête, en vrac contre le mur, il a fallu me piquer dans les fesses pour que tout s'arrête et se bloque dans ma tête, jusqu'à oublier que j'étais une personne avant d'être une malade… Combien de fois j'ai arrêté mes traitements pour tenter de retrouver des parcelles de Delphine éparpillées dans l'espace, parce que pour me soigner il fallait passer par la phase "shootage" pour espérer voir s'envoler mes hallucinations et autres compagnies malveillantes… Ces traitements ne m'ont pas tous rendus malades, mais ils m'ont tous enlevé une partie de moi. Le plus dur, c'est la perte de mémoire… Des morceaux de ma vie complètement effacés que je retrouve par bribes, grâce entre autres à mon blog… J'y pense parce que ce matin, après avoir parlé avec Sylvain, d'un site, dont le lien était sur mon ancien blog, j'ai voulu le rechercher, sauf que je me suis retapé toute mon histoire, et j'ai relu une bonne partie du coup. Que je ne me souviens absolument pas avoir écrit… Comme si je lisais les mots d'une inconnue, comme si j'étais autre part que "chez moi"… Je suis incapable de retenir tout ce qui se dit dans une conversation, surtout directement et j'avoue que parfois je vous lis 2 fois, parce que je ne me souviens pas de ce que j'ai vu… Cà me trouble et m'attriste, parce que c'est juste 2 exemples… J'ai ça depuis la prise du neuroleptique… Bon je dérive, je n'étais pas du tout partie pour raconter ça… Hop, on tourne la page… Tout ça pour dire que les médicaments en psychiatrie sont aussi lourds que ceux qu'en médecine "générale"… Les effets sont justes différents…

Ce matin, Sylvain m'a tirée du lit à 9h, je me demandais ce qui arrivait, j'ai cru que je n'avais pas entendu mon réveil et qu'il était déjà au - midi. J'ai eu peur… Me suis grouillée de me préparer -entre 2 nausées- pour aller au parc Borély. Il a fait du roller, pendant que j'étais installée sur la pelouse -avec l'estomac en vrac chut… - et après, il est venu me rejoindre pour papoter. Lui et cet espoir qui ne le quitte jamais, je ne sais pas comment il fait pour croire toujours que je vais me tirer de tout ça. Il est mieux documenté que moi sur la fibromyalgie, moi je suis encore en mode "digestion" de la nouvelle. J'avoue que c'est un autre coup de massue sur la tête et que je cache tant bien mal mes craintes face à cette maladie là… Je lui ai dit les larmes aux yeux que j'avais peur… "Je sais ma pte Delph, tu vas y arriver"…

Je suis dans la partie "digestion". Je récupérais à peine mon corps, je commençais juste à l'accepter et là, j'en arrive à le détester de me faire autant souffrir. Je sais, une fois de plus, qu'il faudra me justifier sur mon état quand je ne serai pas en mesure de faire quelque chose… Même si je sais au fond de moi, que cette saloperie ne gagnera pas de terrain sur moi, tout simplement parce que je ne la laisserai pas faire… C'est ça qui me fait avancer dans mon combat contre l'anorexie, mais je ne sais pas s'il est susceptible de marcher dans le cadre de la fibromyalgie, même si je sais aussi qu'il y a une part psychologique.

Je commence à penser à ce qu'il va falloir faire pour tenter de "rééduquer" mon corps et l'apprivoiser avec ses douleurs, mais tout vient doucement dans ma tête. Je n'accepte pas encore que quelque chose puisse me voler ma mobilité. Partielle ou entière, puisque je ne sais pas comment ça peut évoluer. Apprendre à le faire à défaut de comprendre pourquoi il faut le faire… Maladie bien mystérieuse j'ai l'impression, même si je ne m'attarde pas sur les sites qui en parlent et que je suis loin d'aller sur les forums pour en discuter.

Comme me répondrait Sylvain quand je lui dis que j'ai peur de me lever demain et de ne plus pouvoir bouger du tout, "mais demain, tu peux aussi réussir à marcher correctement ou remonter sur tes rollers, parce qu'on ne sait pas comment ça évolue ni dans le négatif, ni dans le positif"… Quand je dis qu'il est optimiste pour deux… Je lui ai souvent demandé s'il n'avait jamais voulu abandonner, il m'a répondu que non, qu'il croyait en moi.

Autour de moi, il y a des petites lumières qui brillent et rien que pour toutes ces personnes qui m'accompagnent au quotidien d'une façon ou d'une autre, je ne me donne pas le droit d'arrêter de lutter, là où elles ne le font pas… Je vais revenir à la surface, je sais que je peux être plus forte. Je veux y croire moi aussi.

Je ne pensais pas dire ça un jour, mais que c'est bon de pouvoir manger…
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79705
b
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