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Le comportement du personnel médical aide à surmonter un cancer

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Personnellement, je suis passé par toutes ces étapes annonce du diag, prise en charge rapide, chir, chimio, re-chir, etc. Avec du recul (ça fait maintenant 4-5 ans que je ne suis plus sous chimio), j'en garde un souvenir et une émotion très partagé. Tout d'abord, il faut bien avoir en tête que ce sont des moments très durs pour les patients et surtout de moment qu'il n'oubliera jamais. Comme dans toutes les situations où l’on se sens mis en danger, sous l’emprise de qq1 / qqch, les émotion, le ressenti en est que plus développé. Personnellement, en plus de ce caractère « à fleur de peau » que j’avais, je me suis vraiment enfermé sur moi-même pendant cette période, j’étais (et le suis toujours un peu) sous l’emprise d’un sentiment de culpabilité très intense. Pour mon expérience personnel, j’ai trouvé que les infirmières (et plus généralement l’équipe soignante) du service d’oncologie était beaucoup plus attentif à ces aspects psychologiques, émotionnels, etc. Dans le service d’hospitalisation « classique » où j’étais, il y avait une formidable « femme de chambre » (c’est comme ça qu’on dit ‘) et de formidables infirmières, malheureusement, leur charge de travail, n’a pas permis d’avoir une relation très amicale comme avec la femme de chambre, qui était vraiment une super nana que je n’oublierai jamais. En ce qui concerne l’hospitalisation de jour, dans l’hôpital où j’étais, j’étais toujours soigné par deux infirmières (les mêmes pendant mes longs mois de traitement). Ces deux infirmières étaient vraiment très dynamique, à l’écoute de notre santé mais aussi de ce qu’il y avait dans notre tête. Leur dynamisme nous empêchait de nous enfermer sur nous même, nous forçait à parler avec nos « voisins de chimio ». Cette ambiance donnait un côté, un peu « convivial », un peu « familiale » à cet endroit glacial et aseptisé. Je me souviens d’une journée ou je me suis enfermé dans les WC avec ma potence (le truc avec le petit crochet pour accrocher la poche de médicament) de chimio. Je m’y suis enfermé et j’ai pleuré, j’ai pleuré toutes les larmes de mon corps, je voulais en finir, je n’allais pas bien, je n’étais pas bien. Mes deux super infirmières (c’est fou comme l’on peu tout s’attribuer les choses positives, même les personnes !) m’ont tout de suite identifié comme la brebis galeuse du groupe de ce jour (elles ont un ‘il de lynx) et m’ont pris à part pour l’après midi, pour me parler, me rassurer, remonter l’estime de moi-même, etc. (technique du counseling). Le soir tout allait mieux, c’était une de ces journées qui avait mal commencé mais qui a été sauvé par leur dévouement. Je me souviens d’une seconde journée ... une journée ou tout allait bien, le matin je me lève pour aller rejoindre l’ambulance qui m’emmène à l’hôpital en cancérologie de jour. Le temps de papotter avec l’ambulancière (je papotte beaucoup), monter dans le service, mettre mon nom sur la feuille, dire bonjours à tout le monde (oui, oui, c’est l’ambiance que j’aimais, des rituelles qui me tenait à c’ur). Je reçoit en retour quelques compliments sur mon humeur, ma joie de vivre (survivre). Ces compliments font toujours plaisir et je les prenais toujours. Ensuite je sors du service pour aller dans la salle d’attente ... je me rappel que l’ambiance n’étais pas la même dans la salle d’attente, les gens sont plus triste, l’endroit et plus sombre, je n’aime pas y rester longtemps, je pris toujours pour y attendre le moins de temps possible et profite de mon charme pour essayer de passer avant les autres (enfin, c’est ce que je crois, mais les infirmières sont les chefs, c’est elles qui décident, mais ça me fait plaisir d’y croire ...). Elle me regarde, elle m’appelle ! J’ai l’impression qu’elle est à moi, juste pour moi pendant quelques minutes, le temps de re-papotter, de me piquer dans ce fichu boîtier placé sur mon torse et de mette en place tout le tralala de files pour que le poison qui va me sauver entre dans mes veines. Ensuite viennent les longues heures d’attente, à force on en est presque à compter le nombre de goutte qui est tombé dans le petit tube en plastique en dessous de la poche de médicament. On trépigne d’impatience ... une poche est terminé, une seconde arrive, une troisième, une quatrième, certaines sont plus petites que d’autres. Certains de mes colocataires de salle en on des colorés. Personnellement, je ne dois pas avoir de chance, je suis souvent celui qui en a le plus mais toutes sont transparentes. Les noms de ses médicaments sont compliqués, certains pour tuer les cellules du crabe, d’autres sont des antibiotiques, d’autre pour les nausées (on se demande d’ailleurs s’il est réellement efficace et ce qui passerait s’il n’y en avait pas). Puis c’est la fin, un grand sourire peu se lire sur mon visage, le rituel continue, l’ambulance reviens, je suis soulagé : encore une journée de moins ! Je rentre à la maison l’air indépendant, ce n’est pas un ami, ni quelqu’un de ma famille qui m’a accompagné, les autres peuvent vaquer à leurs occupations. Etonament, je suis resté dans un fauteuil quasiment toute la journée mais je suis fatigué, je me force à manger quelque chose (surtout du sucré) car la perte de poids devient de plus en plus flagrante et la perte des cheveux ne fait qu’empirer les choses. Je vais m’allonger dans le noir en regardant la télé, lisant un livre, je ne veux voir personne, je ne me sens pas désirable, j’ai peur de la pitié des autres. La soirée passe et je sombre dans un sommeil bizarre, pas comme d’habitude, ma mère inquiète de ne plus entendre la télé ou la musique entrouvre la porte de ma chambre : « il a l’air de dormir, je vais le laisser un peu tranquille ». Les minutes passe, les heures, c’est bientôt le soir, une nouvelle apparition de ma maman chérie qui refait une tentative dans ma chambre ... pas un signe, il dors toujours mais elle décide de s’approcher pour me voir ... je su, je transpire à n’en plus finir, j’ai chaud, très chaud, de la fièvre, beaucoup de fièvre, beaucoup trop de fièvre ! Elle me réveille ... enfin elle essaie, mais je ne me réveil pas, elle me parle mais je ne lui répond pas. Je suis une sorte de loque humaine. Elle appel l’hôpital affolé, c’est ma copine infirmière qui lui répond : « Allo ... Ha oui, pas de problème, cela arrive souvent avec le xxxxxxxx » (remplacer le xxxxxxxx par un nom de médicament compliqué). « Amener le nous vite, on va lui donner ce qu’il faut. » Très bien mais comment faire pour emmener une loque de 60 kilos dans un hôpital quand on est une femme ... Ma mère appel donc mon père. Je sens qu’on me bouge, qu’on me traîne, qu’on me porte, qu’il y a beaucoup d’activité autour de moi. Je reprend un peu mes esprit en voyant les blouses blanches de mon oncologue et de l’infirmière, il me repique (décidemment, ça doit être un jeu). Une heure après, on me raconte, j’ai des courbatures, je suis encore dans le pâté mais j’ai moins chaud, on rentre à la maison après cette grosse frayeur. La perte des cheveux, personnellement, je trouve que c’est arrivé très vite, mais étend jeune, je pense que le personnel hospitalier n’a pas semblé bon m’informé qu’il ne s’agissait pas seulement des cheveux mais de tous les poils ! Plus un poil de la tête au pied. Ca a commencé comme dans un film, sous la douche en me lavant ... sur les mains ... le drame ... les larmes ... c’est donc réellement du poison qui entre dans mes veines et qui est censé tuer le crabe. Entre copain de chimio, on en parle mais on ne l’envisage pas avant que cela arrive. Dés les première apparition, j’ai appelé mon frère pour qu’il apporte sa tondeuse et qu’il coupe tout. Un grand moment de fraternité, je le revois derrière mois avec sa tondeuse, j’imagine encore les larmes dans ses yeux (mon frère fait parti de ceux qui veulent passer pour un gros dur mais qui ne savent pas cacher leur sentiment). Rien qu’en y repensant, j’ai encore des larmes dans les miens. C’est une sorte de rituelle, quelque chose qui nous dit que le combat n’est pas terminé mais qu’on avance, que le crabe aussi avance et qu’il faut être plus dur que lui. C’est sûr que cette expérience change le rapport que l’on a avec nos proches, avec la vie. Je suis beaucoup plus proches de ma mère et de me s’ur que je ne l’étais avant (ce sont les deux personnes qui se sont le plus occupé de moi pendant cette période). Mon frère, c’est différent, comme je l’ai dit, il fait parti des gens qui veulent paraître dur mais qui ne le sont pas. Je l’ai vu pleurer, bien évidemment, je l’avais déjà vu pleureur étant plus petit mais là, c’était différent, il n’avait pas mal, enfin pas physiquement. J’étais sorti d’une opération ... lourde (si je laissait transparaître mon dégoût que j’ai fasse à cette période de mon processus vers la rémission, je dirais « boucherie ») mais néanmoins nécessaire, après 8 heures au bloc plus la préparation avant plus les quelques jours en S.I. après. Je revient parmi le monde du réel tout doucement mais toujours avec ces dizaines de files qui sortent de partout (du nez, du vendre, du pénis, divers dans les bras, sur les mains, etc.). Mon frère rentre, il vient d’être papa (un détail qui a son importance fasse au sentiment de culpabilité que j’ai, j’ai l’impression de lui avoir « volé la vedette »). Il rentre donc dans ma chambre, il fait quelques pas, approche du bout de mon lit, lève la tête pour m’envoyer un regard en signe de bonjour. Je le regarde (difficilement vu mon état), je vois ces yeux mouillés, il sort dans le couloir et je l’entends pleurer. Mon frère pleure à cause de moi. Alors oui, les relations avec la famille sont très délicate dans ce genre de situation. Elles sont beaucoup de non dits, de sentiment parfois incompris et personne ne nous aide à délier toute cette sauce épaisse et indigeste. Mesdames et Messieurs du personnel médical et paramédical, continuer à sauver notre corps mais sans oublier notre tête.
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b
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