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Mélanome, un peu d'espoir

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Bonjour @ tous, voici dix maintenant, je tenais à transmettre mon expérience, une parmi des milliers d'autres. Dix ans déjà que j'ai entamé ma lutte contre le cancer de la peau, je tenais à faire partager une expérience de vie, mes émotions, et ma victoire contre le crabe. Tout commence durant l'été 1998, durant nos vacances familiales, profitant du soleil, mon attention est attirée par un petit bouton incolore sur un doigt de pied. Une sorte de turgescence disgracieuse de quelques millimètres. Novembre 1998, notre fils naît prématurément, durant ce long mois de novembre, nos visites à la section prénatale de l ? Hôpital sont quotidiens, moi qui suit plutôt du genre à fuir la médecine, sauf en cas de nécessité impérieuse, je décide de mettre à profit ces longs moments pour prendre rendez-vous chez un dermatologue. Le but de cette visite était très anodine, je souhaitais faire disparaître un petit bouton de graisse très vilain sur mon front, ce qui fut fait en quelques minutes. Avant de quitter le cabinet, la dermatologue me demanda si je n'avais rien d'autre à lui monter, après réflexions, tant que j'y étais je lui dis que j'avais aussi un de ces boutons disgracieux sur un doigt de pied, ceci d'un air très détaché. La dermatologue jette un ? Il et me dit qu'il vaut mieux le retirer, ajoutant que je suis trop jeune pour avoir des problèmes. Cette petite phrase me parut très anodine au moment même, je reparti donc confiant visiter notre fils un étage au-dessus et oublia très vite ce quart d ? Heure qui fut déterminant pour mon existence future. Les jours passent, durant la semaine entre noël et nouvel an, notre fils enfin à la maison, un appel téléphonique survient, la dermatologue doit me parler ? Elle me dit qu'après analyse, ce fameux petit bouton anodin était en réalité un mélanome, elle avait du reste pris l'initiative d'un rendez vous début janvier dans un hôpital spécialisé du cancer à Bruxelles. Un peu abasourdit, je ne prends pas pleine mesure de cette communication impromptue, je ne savais même pas que ce petit bouton allait être envoyé en laboratoire pour examen. Début janvier, me voilà donc confronté à deux médecins en blouse blanche qui m'annoncent que je dois effectuer une série d'examens complémentaires à titre purement préventif me précisent-t-ils. Me voilà reparti avec en poche des ordonnances pour scanner, prise de sang, radios, échographie. Inouï me dis-je ! Tout ça pour ce petit truc millimétrique sur un doigt de pied ! Une petite dizaine de jour après, les bilans tombent, aucune mauvaise nouvelle et les médecins m'avisent que par précaution il y a lieu de pratiquer une exérèse plus large autour du bouton retiré et de procéder à l'analyse du ganglion sentinelle. Moi, tout étonné, je confie que je suis d'accord pour cette intervention mais je précise que quoi qu'il arrive, il est hors de question de me parler d'amputation du doigt de pied concerné. Mi-janvier, me voilà hospitalisé, opéré, et alité une semaine, une sensation étrange, moi en parfaite santé traité pour une maladie que je ne ressens guère, à la limite je me sentais invincible et fort peu concerné par ce fameux cancer de la peau, alias le mélanome, il m'était d'ailleurs impensable d'imaginer que cela pouvait hypothéquer mon espérance de vie. Je me souviens d'un soir, une femme stagiaire en médecine pris le temps de discuter avec moi quelques minutes, et dans la conversation elle me glissa que l'enjeu vital pour moi était que l'analyse de ce ganglion sentinelle soit négatif. Fin janvier, accompagné de mon épouse, j'ai rendez vous avec le chirurgien pour un contrôle, notre tour arrivé, ce dernier nous demanda de patienter encore un peu, il souhaitait nous entretenir plus longuement après avoir fait le tour des patients de la salle d'attente. Durant cette petite heure d'attente, le ciel s'écroulait sur moi, mon épouse et moi ne parlions quasi plus, l'incroyable était entrain d'arriver. De fait, le médecin arrive, et m'annonce que l'analyse est positive des métastases sont présentes dans le ganglion prélevé au niveau de l'aine, il n'y va pas par 4 chemins pour m'annoncer qu'il faut procéder à un curage complet des ganglions iliaques et inguinaux de ma jambe gauche et de tous les analyser. Mi février, après avoir quelque peu digéré le fait d'être confronté avec un mélanome agressif, je me fais donc opérer à nouveau, quinze jour plus tard les résultats sont clairs : quatre de la vingtaine de ganglions retirés sont envahis par des cellules métastasiques. Je demande à mon médecin les conclusions de ces résultats, sans appel mes chances de survie à cinq ans sont évaluées à 50%, soit une chance sur deux, il n'y pas de traitement complémentaire indiqué si ce n'est un contrôle complet trimestriel durant les 5 années qui suivent. Sans écarter tout risque, il me dit qu'après 5 ans et encore mieux dix ans, on peut considérer que je suis tiré d'affaire, en principe. Me voilà moralement détruit, avec une épée de Damoclès suspendue au-dessus de ma tête, un long travail d'acceptation commence pour moi et mes proches, dans la foulée j'accepte de participer comme cobaye à une étude randomisée sur l'interféron, un produit à l'origine testé pour le SIDA mais qui sous une autre forme serait susceptible de favoriser la rémission de certains mélanomes. Durant deux mois, chaque jour, je m'injecte le produit, qui du reste coute une petite fortune, remboursée partiellement, les effets secondaire sont tellement dévastateurs (impression permanente d'état grippal fort, changement de personnalité, amaigrissement, trouble comportementaux) , j'abandonne par forfait avant que ce médicament ne me tue. Durant les premiers mois et années, chaque visite de contrôle est un véritable supplice moral, la peur m'étreint au plus profond de mes tripes, je passe mon temps à analyser chaque éléments suspects de mon corps, j'ausculte chaque centimètres carré de ma peau, le pire peut-être était de me projeter dans l'avenir, de nourrir des projets, bref de vivre. Chaque fois j'en ressort avec l'impression d'avoir emporté un nouveau sursis de 3 mois. Cette expérience m'a beaucoup appris, sur moi, sur les autres et sur une réalité souvent cachée de cette terrible maladie qu'est le cancer, en effet, lors de mes séjours hospitalier, j'ai noué des connaissances, d'autres malades, tous atteint d'un cancer, j'en ai vu certains dont l'évolution était terrifiante, en quelques semaines ces personnes pouvaient devenir des ombres vouées à une mort certaine. J'ai côtoyé la maladie et ses funestes conséquences, rien ne pouvait me détourner. Il y avait une profonde humanité dans cette détresse, les patients, les infirmières, les médecins, tous avaient le même ennemi commun et l'enjeu : la survie. Il n'y a ni âge, ni sexe, ni conditions sociales pour être atteint, cet hôpital était une véritable auberge espagnole, multiculturelle et multi-sociale, à la fois effrayante et à la fois débordante d ? Humanité, un paradoxe, celui peut-être qui me permis de vaincre le premier round contre cette saloperie qui peut nous prendre la vie à tout moment. Ce combat m'aura totalement et profondément marqué à vie, depuis, j'ai une perception totalement différente de l'existence, non pas que je sois devenu philosophe ou grand sage, mais que tout combat est d'abord individuellement vécu, que l'espoir nait de sa rage de vaincre, et qu'une bonne étoile devait veiller sur moi pour me donner ces dix ans la. Je dois la vie à des circonstances, à des évènements successifs, ce que j'appelle le destin, souvent je m'interroge, si mon fils n'était pas né prématurément, si je n'avais pas passé plusieurs semaines à me rendre à l ? Hôpital le visiter, si le chirurgien ne travaillait pas sur l'efficacité du prélèvement du ganglion sentinelle (il faut savoir que quelques mois avant, cette technique ne m'aurait pas été appliquée et qu'on m'aurait simplement renvoyé chez moi sans autre intervention, salvatrice dans mon cas.) , que ce serait-il passé ? Le destin se résume t'il à la chance ? Je n'en sais rien, ce qui m'a profondément marqué c'est que des années plus tard, la dermatologue m'avoua que sur les cinq autres cas similaires qu'elle aiguilla comme moi à la même époque, vers cet hôpital sont tous morts aujourd ? Hui. En quelque sorte, je suis son miraculé, jamais je ne remercierai assez ce médecin, ni ceux qui sont intervenus par la suite, ni ces infirmières dévouées qui chaque jour affrontent autant de combat avec leurs patients. Le seul conseil que je puisse donner, c'est celui de ne jamais penser qu'un petit bouton ou grain de beauté bizarre est anodin, oui dans certains cas, aussi petit soit-il, il peut vous envoyer droit au cimetière en quelques mois ou années, votre meilleure chance d'éviter des conséquences pouvant être catastrophique c'est d'adopter une attitude proactive et préventive, n ? Hésitez jamais à montrer le suspect à votre dermatologue, il en va de votre vie. Aujourd'hui notre fils à dix ans, je lui ai donné la vie, il m'a sauvé la mienne, un jour il comprendra peut-être que sa présence sur terre était peut-être providentielle pour son père. C'était il y a dix ans. Olivier, Belgique.
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b
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