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Temoignage tercian (petit coup de gueule) - neuroleptiques

Témoignage d'internaute trouvé sur doctissimo - 04/05/13 | Mis en ligne le 01/06/14
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Bonjour à tous ! Je suis une jeune fille de 25 ans qui souhaite juste s'exprimer sur la prise de neuroleptique (entre autres…) , après un recul de 10 ans de traitement/abrutissement. J'ai commencé à être traitée à l'âge de 15 ans, suite à différentes agressions sexuelles, qui m'avaient complètement détraquée. J'ai eu un traitement plutôt soft pendant 3 ans, à base d'anxiolitiques, d'antidépresseur et de somnifères. A 18 ans, mon généraliste introduit Tercian, sans me parler des effets secondaires, pour m'aider à dormir, sur la base de 4 comprimés de 25mg au coucher, plus tout le reste. Je vis seule, n'ai pas de suivi psychologique, et m'abrutie de jour en jour alors que les mois de traitement au tercian s'écoulent. Je grossi, car j'ai de plus en plus faim, mes émotions disparaissent, mes peurs aussi, plus rien n'a d'importance, je me sens bien. Mon studio se transforme en squat, je sombre dans l'alcool que j'aime mélanger régulièrement à toute la quantité de médicaments que j'ai chez moi (hallucinations garanties, j'aime parler à ma nourriture et chercher les gens dans mes tiroirs…). Je continue de grossir. Je me sens toujours bien. En fait non, je ne sais plus ce que je ressens, je ne sais plus grand chose, je ne cherche pas non plus à comprendre, je crois que dans le fond je ne comprend plus rien. Je végète. Puis un soir je dois me sentir mal finalement, je fini aux urgences, puis en réanimation. Trois jours plus tard je sors du coma, quatre jours après je suis à nouveau dans mon studio, avec toujours autant de boîtes de comprimés du bonheur fictif, et je rigole beaucoup en trinquant avec mes "amis" taulards. Les années passent, et à 24 ans, je viens d'obtenir mon bac scientifique avec mention, et me dis que finalement je suis peut-être capable de faire quelque chose de bien enfin dans ma vie. Me dis qu'il serait sans doute bon que j'arrête tercian, car je prend peur en lisant sa notice pour la première fois depuis 6 ans de traitement. M'y prend mal, très mal, je jette tout. J'ai galéré comme jamais je crois dans ma vie pendant les 6 mois qui ont suivis cet arrêt brutal. Toutes mes angoisses ressurgissent d'un coup, de très vilains souvenirs refond surface, je ne dors plus, plus du tout, sauf une heure ou deux par-ci par-là quand trop épuisée, je me rend compte de ce qu'a été ma vie jusque là, me rend compte que je suis devenue obèse, que je suis alcoolique… J'ai peur, tout le temps. Je pleure comme jamais car je réalise seulement que ma maman est gravement malade, depuis 3 ans déjà, et qu'elle ne guérira pas. Pourtant, tout ceci était bien la réalité, dans laquelle je n'étais pas. Ma réalité à moi était bien plus belle, certes, mais elle n'était qu'utopie. Le réveil a été dur, très dur, mais j'ai tenu le coup, et ça en vaut la peine. Je suis toujours angoissée, c'est dans ma personnalité, et normal étant donné les circonstances, mais je suis enfin moi-même. Je suis à nouveau celle que j'avais quittée il y a 10 ans. Et je suis à nouveau là pour aider ma mère, elle est très fière de moi. Je suis fière de moi aussi maintenant. J'ai arrêté mes traitements depuis huit mois exactement maintenant. J'ai également arrêté l'alcool, et suis sobre depuis bientôt trois mois. Je me suis mise au sport, car j'ai enfin de l'énergie, je dors environ six heures par nuit contre quasiment tout le temps sous traitement. J'ai perdu près de 25 kg, et apprécie voir mon vrai visage refaire surface peu à peu. Je me sens BIEN, et sais que cette fois, ce n'est pas illusoire. Attention cependant à ne pas voir en mon témoignage une condamnation drastique de tout ce genre de médicaments. Je pense d'ailleurs que leur but est avant tout d'apporter un réel bénéfice au patient, et espère que c'est le cas le plus souvent possible. Je trouve simplement regrettable de ne pas accompagner plus dans une démarche psychologique, quelle qu'elle soit, avant d'utiliser un traitement médical, qui est loin d'être bénin, surtout à très fortes doses et pas du tout adaptées comme ce fût dans mon cas. Le choix du médecin est primordial. J'estime que le mien, qui n'était que généraliste, m'a utilisée comme cobaye, en me faisant tester tous ces traitements (qui d'ailleurs n'auraient jamais dû se retrouver chez moi par paquets…). C'était pourtant mon médecin de famille, qui a également "soigné" le cancer du poumon de ma mère pendant six mois à coup d'anxiolitiques car ses "sois-disant douleurs n'était que le reflet de sa profonde dépression". Je vais m'arrêter sur une note plus positive, en vous disant que l'on peut très bien vivre seul face à nous-même, les angoissés ! Ecrire ce texte m'a fait un bien fou, et me permet de tournez définitivement la page pour en lire une autre, plus belle je l'espère. Merci à ceux et celles qui m'ont lue jusqu'au bout, et bon courage à vous tous pour marcher le plus paisiblement possible sur le chemin de la vie.
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529768
b
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