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Comment vivre les différentes étapes de la maladie ?

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L'annonce de la maladie.

" Je faisais des mammographies environ tous les 14 mois, je suis donc allée à celle-ci très confiante. Tout de suite, le radiologue m'a dit qu'il y avait quelque chose de suspect, ça se voyait très nettement, c'était sérieux. Dès qu'il est entré dans la cabine j'ai su que j'avais un cancer, en fait je me sentais très fatiguée. A ce moment-là, vous avez le sentiment que le médecin parle à quelqu'un d'autre, mais pas à vous. Je suis restée très calme. Ma première pensée a été de me demander comment j'allais le dire à mon mari et à mes enfants. Je ne faisais pourtant pas partie des femmes à risque, j'avais une vie saine, eu des enfants jeunes, je n'avais jamais pris la pilule et aucun antécédent familial.

On m'a alors immédiatement fait une biopsie. Dans les trois heures, j'ai su qu'il y avait des cellules cancéreuses. Toutefois, pour en être totalement sûre, il fallait attendre neuf jours. Avec mon mari nous avions prévu de partir en vacances avec des amis. Je n'ai pas annulé. J'ai averti mes amis, nous n'en avons pas parlé pendant ces huit jours. J'en ai profité au maximum. Le retour dans l'avion a été plus dur, j'allais devoir affronter la réalité. "

 

Un cancer agressif.

" A mon retour, j'ai appris que la tumeur faisait 1,5 cm et que c'était un cancer assez agressif. Le professeur Khayat m'a dit qu'il fallait opérer pour enlever la tumeur. Comme elle était sur le côté du sein, l'ablation a été évitée. Mais s'il avait fallu le faire j'aurais accepté cette opération. Après, j'ai encore attendu les résultats pour connaître la nature de la tumeur. Le premier ganglion était touché, ce qui voulait dire que je devais subir une chimiothérapie pendant six mois puis de la radiothérapie. J'étais nerveuse. Mais je me savais entre de bonnes mains. J'ai fait la première chimio à Paris, puis les autres en Belgique, où je vis. "

 

La détresse de ses proches.

" La pire des choses est de voir le chagrin dans les yeux de ceux qui vous aime. Ils n'ont plus le même regard. Car là, il ne s'agit pas d'annoncer que vous avez un kyste, c'est sérieux. La première réaction de ma fille a été de me dire qu'elle ne voulait pas qu'on prononce le mot cancer. On l'a donc appelé " Nestor " . Moi je l'ai prononcé tout de suite. Un cancer, c'est un cancer, il ne faut pas avoir peur de dire ce mot. Le taux de guérison s'avère bon quand il est pris à temps, c'est pourquoi la mammographie reste indispensable. Pas tous les deux ans, la preuve ! 14 mois avant, cet examen n'avait révélé aucun signe annonciateur.

J'étais la locomotive, si je déraillais tout le train déraillait derrière. Je devais être forte. 

J'ai dis à mon entourage que nous allions devoir vivre avec pendant quelques temps. Puis il sortirait de ma vie comme il y est entré. Et la vie continuera. Je n'ai jamais pensé à la mort, pas un seul instant. Mais je savais que j'allais passer des moments très éprouvants. "

 

La chimiothérapie, une épreuve.

" Mes séances de chimiothérapie, relativement fortes, avaient lieu toutes les trois semaines. Je ressortais cassée à chaque fois. J'ai même pensé que c'était ce traitement qui allait me faire mourir. Cela provoque une forte chute de globules blancs qui vous fragilise et vous attrapez toutes les infections qui traînent. J'étais bourrée d'antibiotiques et de cortisone qui me faisait gonfler, je ne me reconnaissais plus dans une glace. J'ai perdu tous mes cheveux, mes cils, mes sourcils. Je mettais surtout des petits bonnets en coton. Je n'aimais pas beaucoup porter une perruque, elle me dérangeait, ce n'était pas naturel. J'ai eu peur que mon mari ne m'aime plus sans cheveux. Il m'a adoré comme cela. J'ai la chance de vivre une relation exceptionnelle, il a été remarquable. A ses yeux je n'étais pas malade. On ne parlait pas trop de la maladie, je savais qu'il avait d'énormes angoisses, mais il faisait tout pour ne pas me les communiquer. Pourtant il m'a récupérée plusieurs fois par terre dans la salle de bains. Dans ces moments-là, je m'inquiétais de savoir si j'allais retrouver mon dynamisme, je me sentais tellement faible, fatiguée. Je ne mangeais plus, buvais à peine et comme je ne suis pas une adepte des médicaments, je refusais les antivomitifs ou autres antidépresseurs. Si je devais passer par là, c'est que je devais peut-être comprendre quelque chose. Ce n'était pas en prenant des médicaments que j'allais y arriver. On récupère vite après la chimiothérapie. Le fait de savoir que vous n'en n'aurez plus vous redonne de l'énergie. Et cette énergie n'est pas pour affronter une autre chimio, mais pour affronter la vie. J'ose à peine le dire mais en comparaison la radiothérapie est passée comme une lettre à la poste. J'y allais tellement plus sereine."

 

Un soutien psychologique indispensable.

" Voir régulièrement un psychologue était pour moi indispensable et ce même si j'étais bien entourée par ma famille et mes amis. Je ne pouvais pas leur confier toutes mes inquiétudes et mes peurs qui allaient multiplier leurs angoisses. Mais en revanche j'ai toujours répondu franchement aux questions de mes enfants. Avec mon psychologue je pouvais parler de tout, pleurer, sortir ma rage et ma colère. On se pose tellement de questions à l'annonce de la maladie : pourquoi j'ai fabriqué ce cancer, pourquoi mon organisme n'a pas su se défendre…  "  

 

Réapprendre à vivre après.

" Ce n'est pas toujours facile de retrouver le cours de la vie après une telle épreuve. Il faut reprendre le train en marche. Pendant mon traitement j'étais spectatrice de ma vie. Là, je redevenais une femme normale, mes cheveux repoussaient. Puis deux mois après l'arrêt du traitement il a fallu pratiquer des examens de contrôle. J'étais paniquée. Le traitement avait-il marché ? Il faut réussir à vaincre sa peur, et vaincre celle-ci c'est grandir. Au début j'étais sous haute surveillance, tous les trois mois, puis tous les six mois et maintenant tous les ans. Aujourd'hui, c'est toujours l'angoisse quelques jours avant de me rendre à l'hôpital. Cette surveillance va durer au moins cinq ans. Il est évident que je ne vis plus comme avant. Je passe au-dessus de beaucoup de choses. J'apprécie plus certains moments simples de la vie comme un bon dîner avec des amis ou m'occuper de mes petits-enfants. Je prends ce que la vie me donne. Car je sais qu'il y a toujours un point d'interrogation. C'est une maladie redoutable. Je suis consciente qu'une cellule peut se cacher quelque part et ressortir des années après, sans qu'on ne s'en rende compte. "

 

Une fondation pour aider les femmes.

" Pour s'en sortir il n'y a pas que les traitements qui comptent. Etre bien entourée, avoir un soutien psychologique c'est très important. J'ai eu le privilège de pouvoir m'offrir une belle perruque et des soins esthétiques si j'en ressentais le besoin. Toutes les femmes ne possèdent pas les moyens de se payer tout cela. C'est pourquoi j'ai crée une Fondation au sein même du service d'oncologie de l'hôpital où j'ai été soignée en Belgique. Sur place, les femmes peuvent consulter un psychologue, voir une esthéticienne, les chambres sont joliment décorées. La Fondation leur apporte également un soutien financier pour l'achat d'une perruque de qualité. "  

 
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52770
b
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