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J'ai peur de demain

Témoignage d'internaute trouvé sur aufeminin
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Il y a +/- 2 ans de cela, ma vie a basculé. Du jour au lendemain, j'ai eu un cancer du sein, tumeur de +- 5 cm. Mon petit dernier avait a peine 1 an, l'ainée 12 ans, la cadette 4 ans. Comment est-ce que cela puisse m'arriver alors que l'on m'a toujours dit qu'allaiter ses enfants étaient le moyen le plus "sûr" de ne pas avoir de cancer au sein. Comme quoi rien n'est acquis, rien n'est maitriser même les médecins ne sont sûr de rien. Enfin, quoiqu'il en soit il fallait faire face et j'ai fait face. Je me suis baguarrée comme une dingue en m'attanchant uniquement à ce qu'on me disait de positif, en ne me permettant pas de lacher prise je n'avais pas le droit de me laisser aller à m'apitoyer sur mon sort. Mes enfants avaient trop besoin de moi, mon mari aussi et puis moi, je ne voulais pas que ma vie s'arrête… +/- 6 mois de chimio avec son lot d'effets secondaire… Mais celui qui m'a le plus marquée était celui de la perte de cheveu. J'ai toujours été très franche avec mes enfants, ils savaient que j'étais malade gravement mais entre le savoir et le voir, c'est une autre pair de manche. La perte de cheveux, des cils, des sourcils sont la signature de la maladie. Votre image reflète vos souffrances que vous vous éfforcer chaque jour de cacher aux êtres qui vous sont chers. Alors, j'ai trouvé une parade, j'ai fait participé mes enfants (surtout l'ainée) au relooking de maman. Essais de bandana, de manières de mettre un foulards façon "jeune", de maquillage, d'éclat de fou rire pour banaliser ces moments qui sont empreint d'une gravité incroyable, Je me rappelle d'une séance d'essai de bandana où ma fille ainée étaient avec moi devant la glace et où elle décida de mettre aussi un bandana et de déclarer "voilà maman, on est les filles les plus In du quartier !! " Et cette manière d'approcher cette maladie a réussi plus ou moins à banaliser ce qui était le plus dure pour moi.Je ne dis pas qu'il n'y avait pas des d'émotions super difficiles comme celui où ma petite stomphette de 4 ans me dit "Dit, maman tes cheveux vont repousser quand même car j'aimais bien quand tu venais me chercher à l'école avec tes cheveux lachéé !! " dure, dure,… Et puis vient la chirurgie, où là on m 'annonce que ma tumeur n'a pas retrécie comme souhaité d'où ablation totale du sein, coup difficile à gérer mais bon je l'ai accepter car enfin j'allait être débarassée de cette boule que je touchais tout les soirs. Et puis radiothérapie, qui a été, pour moi plus difficile que la chimio, je parle psychologiquement. Allez tous les jours, se dévêtir et montrer son corps meurtri, cela a été éprouvant et puis plus rien. On vous dit que vous êtes en rémision que tout va pour le mieux que ts les 3 mois il faudra revenir pour vérifier s'il n'il y a pas de récidive. On est lachée seule avec notre fragilité, nos peurs, nos craintes dès que quelques part on a mal,… C'était en décembre 2006, j'ai eu une solide dépression, je devais retrouver ma place dans la société, de mère, de femme, de personne non assistée, je devais revivre sans penser à la maladie et fonctionner comme tous le monde… Certaines personnes dans mon entourage n'ont pas compris ma dépression post maladie puisque j'étais "guérie",… Mais bon, j'ai refait surface, j'ai regagné mes pompes comme je dis souvent.

Grâce à une rencontre avec une personne extra-ordinnaire qui m'a déculpabilisé (j'avais l'impression d'être une mauvaise mère, de ne pas être capable de m'occuper de mon foyer alors qu'eux mon soutenue tout le long de ce périple, de ne pas être une femme pour son mari enfin (bref tout ce qui dévalorise une personne était présent) , qui m'a fait ressortir ma volonté qui ne m'avait jamais quitté lors de mes traitements et qui s'est essoufflé à force de tirer dessus, d'accepter cela et de dire, "je suis pompée, je n'y arrive plus, j'ai le droit de lever le pied et de dire stop, je prend soin de moi, j'ai besoin de temps pour me reconstruire et si vous ne le comprenez pas et bien tant pis pour vous ! Quel travail sur soi, pour pouvoir dire cela et de s'en convaincre ! , il m'a fallu des mois pour y arriver et j'y suis arriver, et tout le monde y arrive en tout cas les personnes qui ont vécu la même trajectoire. Je dois dire que la présence de mes enfants qui ont toujours été mon moteur, à la compréhension de mon mari qui tout le long de ce périple était là. Et au dévouement de certain membre de ma famille, j'y suis arrivée, tout le monde peut y arriver, je vous le guarantie, on arrive à sortir de ce gouffre qui nous bouffe tellement qu'on l'impression de s'y noyer !!! On s'en sort grandie, forte et jamais plus la même. J'ai repris mon travail et demandée de changer de poste, nouvelle personne, nouveau travail, nouveau défis qui nous aide à évoluer, je me sens forte et sur de moi tout en ayant toujours au fond de moi cette écho de récidive possible,… Pendant, +- 2 ans, j'ai profiter au maximum de mon temps de mes enfants de la vie quoi. Mais tous les 3 mois, j'engoissais en attendant les résultats de mon bilan. Ouf, il faut que je tienne le coup 5 ans, pour parler de guérison totale ! Et un jour du mois juillet 2008, à la veille du départ de nos vacances (valises bouclées, passesport en ordre, enfants heureux de partir en vacances, mari super content d'enfin lever le pied,…) patatra, le cauchemar resurgi, métas pulmonaires (tumeurs dans les 2 poumons dont la plus grande mesure 5 cm et se situe près de la plèvre, alors que 3 mois auparavant, la radio du thorax ne décelait rien d'anormale !! ). La culpabilité resurgie, comment annoncer cela à mon mari et surtout à mes enfants ?! Vacances ont été annulées, les enfants déçus mais comprenant que cela est nécessaire pour la guérison de maman (mais bon dieux quelle leçon de vie pour des petits bouts qui n'ont qu'une envie c'est de vivre heureux avc leurs parents et de profiter de l'existence de leur jeunesse ! , parfois on ne sais pas pourquoi le sort s'acharne ! ). Enfin, voilà j'ai resauté sur mon cheval de bataille, je me suis d'ailleurs rebatiser.
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94781
b
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