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la pilule facteur de cancer du sein?

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Article en lien sur le site de RFI//rfi.fr/actufr/articles/068/article_37908.as-p).

Pour la première fois, le risque est officiellement reconnu. Le CIRC (Centre international de recherche sur le cancer) , dépendant de lOMS, vient de classer la pilule contraceptive parmi les produits cancérogènes du groupe 1, ceux dont laction est certaine. Une donnée à prendre désormais en compte, sans oublier pour autant les autres causes des cancers, connues, et méconnues.

Certains médecins et cancérologues le disaient depuis longtemps, lOMS vient de rendre publiques les conclusions dun groupe de 21 chercheurs venus de 8 pays après un examen complet de la littérature scientifique publiée : la pilule diminue le risque de cancer de lendomètre et de lovaire, mais elle augmente celui du cancer du sein, du col utérin et du foie. Globalement, et surtout en Occident, tous ces cancers sont en augmentation. En Europe, celui du sein est de loin le plus fréquent, avec 27,4% de tous les cas, et cest le tueur numéro un avec presque 130 000 décès par an. Il frappe des femmes de plus en plus jeunes. Les chiffres sont comparables aux Etats-Unis : en trente ans, ce cancer a augmenté de 130% - contre 27% pour les cancers non hormono-dépendants.

Dans le monde, plus de 100 millions de femmes prennent la pilule, soit près de 10% de celles en âge de procréer (en moyenne : 16% dans les pays développés, 6% dans les pays en développement). Et lusage de ces oestro-progestatifs de synthèse (le plus souvent sous forme de pilule, mais aussi de patch, anneau vaginal ou injection) est en hausse. Laugmentation du risque est qualifiée par le Circ de légère pour le cancer du sein ; des études ont montré que lutilisation de cette forme de contraception accroît la prolifération des cellules epithéliales du sein. Celle du cancer du col augmente avec la durée dutilisation : cela est dautant plus problématique dans le Tiers monde, où ce cancer lié le plus souvent du Papillomavirus est fréquent, et où le dépistage nest pas systématique. Quant au risque accru de cancer du foie, il avait été rendu public par le Circ dès 1999.

Des tissus surexposés aux hormones.

Pourquoi la prise dhormones de synthèse augmente-t-elle les risques ? Dabord, parce que les tissus-cibles, cest-à-dire les cellules qui possèdent des récepteurs à ces hormones, dans le sein par exemple, y sont exposées pendant trois semaines sur quatre chaque mois, au lieu de dix à quatorze jours pour la progestérone sécrétée naturellement par lovaire. Mais aussi parce que leur concentration est beaucoup plus forte que celle des hormones naturelles. Le risque est dautant plus grand que la prise est précoce, dès ladolescence, et quelle sétale sur des décennies. Ce nest pas tout. Ce qui rend probablement la situation dautant plus grave, cest que les tissus hormono-sensibles (sein, ovaire, prostate, etc.) des êtres vivants sont, dans le monde moderne, soumis à des stimulations dangereuses et cumulées : des scientifiques nous alertent depuis un bon quart de siècle sur les pesticides, par exemple, ainsi que sur de nombreux autres dérivés chimiques qui, une fois dans le corps humain, se comportent comme des hormones. Ils ont appelé ces substances les xéno-oestrogènes .

Le Pr Samuel Epstein, aux Etats-Unis, met de plus laccent sur un troisième facteur important de risque : les hormones de croissance administrées aux animaux délevage industriel, ingérées ensuite par les humains sous forme de viande ou de produits laitiers dont la consommation a explosé au cours des dernières décennies. Les cancers du sein, de la prostate mais aussi du colon (en forte augmentation également) pourraient être ainsi induits et aggravés.

Tous les risques se cumulent.

Dautres facteurs de risque viennent encore sajouter aux précédents : ces cancers sont plus fréquents, on la constaté, chez les personnes en surpoids et moins fréquents chez les anorexiques. Selon lEuropean Cancer Prevention, lobésité nest pas une simple accumulation de tissu adipeux. Elle implique des aspects endocriniens et induit une augmentation du risque de cancer de lendomètre, du sein et du colon. Les cancers du sein sont aussi plus fréquents chez les fumeuses, près des centrales nucléaires et chez des femmes ayant subi de nombreuses mammographies.

Pour en revenir à la pilule, le… Elen Grant, qui avait contribué en Grande-Bretagne au développement des contraceptifs chimiques au début des années 60, a par la suite écrit un livre intitulé Amère pilule pour en dénoncer les dangers (accident vasculaire, surcharge hépatique entre autres). Dans la préface de lédition française, le Pr Lucien Israël, célèbre cancérologue français, notait : Les deux mérites essentiels de ce livre sont à mes yeux de souligner les dangers réels de la pilule, et dautre part de montrer, indirectement, que le bouleversement des équilibres naturels comporte toujours obligatoirement un prix à payer Dautres cancérologues comme les Pr Joyeux ou Belpomme lui font écho aujourdhui. Ce danger, on la vu à propos du traitement hormonal de la ménopause dont le Circ souligne également le danger - est minimisé par les gynécologues. Chaque femme qui utilise ces produits, conseille le Circ, devrait en discuter les risques et les bénéfices globaux avec son médecin. Oui, mais lequel ?
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b
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