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Mon père est atteint d'un cancer primitif du foie

Témoignage d'internaute trouvé sur doctissimo - 25/02/11 | Mis en ligne le 02/01/12
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Mon père âgé de 82 ans est atteint d'un cancer primitif du foie. Il a également une thrombose de la veine porte. Je précise que mon père n'a jamais bu une seule goutte d'alcool depuis 32 ans, suite à un premier cancer (cordes vocales) il avait tout arrêté tabac et alcool. Les symptômes se sont déroulés de la manière suivante : - un avc en octobre 2010 lui laissant des séquelles physiques et neurologiques - jaunisse en novembre 2010 (qui avait été mise sur le compte d'une hépatite médicamenteuse suite à un médicament pour lutter contre le cholestérol, cholestérol qu'il n'a pas !). - Suite à son état de fatigue de plus en plus importante et des douleurs au foie, une échographie scanner ont été pratiquée. Diagnostic : cancer primaire du foie avec thrombose de la veine porte cyrrhose. Inopérable, pas de traitement possible. 1er janvier 2011 : hémorragies digestives (mélaena) encéphalite. Voilà pour le tableau clinique. Maintenant, je voudrais dire que je suis très en colère, très triste de la manière dont il a été traité par le corps médical. Lorsque l'ambulance est venue chercher mon père ce 1er janvier, il était dans le coma. Il avait signé un papier pour informer de sa volonté de ne pas être réanimé, de ne pas pratiquer d'acharnement thérapeutique de quelque nature. Son médecin traitant avait également donné des consignes dans ce sens et de le laisser partir en douceur. Il a été pris aux urgences à 9 h du matin, nous avons eu des nouvelles du corps médical à 20 h ! Contre sa volonté et sans nous en avertir, ils lui ont fait une fibroscopie afin de pallier à cette hémorragie digestive et lui mettre ainsi 10 élastiques au niveau des varices oesophagiennes. Mon père, ce jour là est parti dans le coma, il ne nous reconnaissait plus, soi-disant qu'il aurait donné son accord et était parfaitement conscient (dixit la doctoresse), mais lorsque le soir nous avons enfin pu le voir, il était toujours totalement incohérent, ne sachant pas où il était, qui nous étions, ce qu'il avait, ne répondant presque pas. La doctoresse qui l'avait suivi ce jour là a été parfaitement inhumaine. A notre question "êtes-vous le médecin ?", elle nous a répondu "pourquoi, cela ne se voit pas ?" 'pourquoi lui avez-vous fait une fibroscopie alors qu'il souhaitait partir et avait signé une attestation en ce sens". S'adressant alors à ma mère complètement effondrée "mais madame, qu'est ce que c'est que l'acharnement thérapeutique, pouvez-vous me donner la définition de l'acharnement thérapeutique?" "Ce que nous lui avons fait, ce sont des soins de confort qui vont lui permettre de durer quelques semaines de plus !" "Moi : pourquoi, mourir dans quelques semaines de plus d'un cancer du foie avec tout ce que cela engendre va être plus confortable ?" Et elle de nous planter là, en pleurs, effondrés, incapables de comprendre les raisonnements des médecins. Durant les trois jours suivants, mon papounet a eu des transfusions sanguines pour faire remonter son taux d'hémoglobine. J'avais été désignée personne de confiance auprès de l'hôpital au cas où ... J'allais donc tous les jours, midi et soir auprès de mon papa. 4 jours après son hospitalisation, je trouvais mon père dans un état catastrophique hurlant de douleur, en pleurs le midi. Il me disait "tu m'as abandonné, tu m'as abandonné". Le choc pour moi a été terrible, de voir mon père dans cet état et de penser que je l'avais abandonné mais ne sachant toujours pas pourquoi. Son voisin de chambre m'a donc expliqué que mon père ne parvenait plus à uriner depuis la veille. Il avait hurlé de douleur toute la nuit, suppliant que l'on mette fin à ses souffrances et demandant à ce que l'on m'appelle. Vers 7 h du matin seulement, une infirmière a essayé de le sonder, mais ce fut un sabotage, elle a déchiré l'urètre, finalement ils se sont résolus à appeler les médecins. Ceux ci ont posé un cathéter suspubien de manière à évacuer l'urine. Pour tout calmant, un simple doliprane ! et pas d'appel pour m'avertir. A midi, lors de mon arrivée, mon père était toujours aussi mal. Je suis d'une nature calme mais là j'ai hurlé, hurlé après les médecins, les infirmières pour leur attitude indigne, inhumaine d'avoir laissé mon père souffrir physiquement et moralement. J'ai exigé qu'on lui fasse une piqûre de morphine, qui lui a été administré à 13 h après 18 heures de souffrance.Ils ont reconnu qu'ils avait fait une erreur et ont présenté leurs excuses... que je n'accepte pas. Durant les trois jours suivants, j'ai informé les médecins que mon père avait de plus en plus de mal à respirer, son ventre était énorme. Ne vous inquiétez pas m'a t-on répondu c'est la maladie. Votre père va pouvoir regagner son domicile ! Et ils l'ont sorti avec de la fièvre, en détresse respiratoire. Comme ils avaient oublié de prévenir l'ambulance, nous l'avons transporté couché dans notre voiture. Lors de son arrivée à la maison, nous avons appelé son médecin traitant de toute urgence. Mon père étouffait littéralement, et pour cause, il était en crise d'asthme sévère. Son médecin était horrifié. Voilà, voilà un bel exemple d'hôpital public. Nous avons donc pris la décision de nous occuper nous mêmes de notre papa, avec l'aide de son médecin traitant (à qui je dis un grand merci), il est de plus en plus faible, vomissant de plus en plus, l'encéphalite progressant chaque jour davantage, mais nous sommes à ces côtés, il est dans son lit, à sa maison. Nous l'entourons de tout notre amour, lui parlons, le caressons, le veillons à tour de rôle chaque nuit. Je voudrais pouvoir garder mon papa jusqu'à la fin de ma vie, ce papa merveilleux qui m'a accompagné dans mes joies comme dans mes peines, qui est un si bon grand père pour sa petite fille, mais maintenant je n'espère plus qu'une chose, qu'il s'en aille en douceur et trouve enfin la paix. Pour le moment, nous profitons, ma mère, mes frères, ses petits enfants et moi-même de chaque instant passé auprès de lui, de ses très rares moments de lucidité pour lui dire que nous l'aimons très fort. Je vous remercie de m'avoir lu, et souhaite beaucoup de courage à tous ceux et celles qui sont en souffrance, malades comme entourage. A ce jour, mon père est sorti de l'hôpital, nous nous relayons à la maison pour l'accompagner au mieux. Il est extrêmement fatigué, ne bouge plus de son lit, a des diffultés respiratoires, de la constipation,
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