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Je dois me faire enlever les ovaires par précaution

Témoignage d'internaute trouvé sur doctissimo - 19/01/10 | Mis en ligne le 11/12/11
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j'ai donc appris que j'avais un cancer du sein en juin 2006, à l'âge de 36 ans (jeune pour le cancer du sein, voir BRCA plus bas) un cancer invasif hormonodépendant avec assez grosse tumeur traitement : 6 chimios FEC (car j'ai refusé à 2 reprises le taxotère pour des raisons propres à moi-même), opération (tumorectomie, car la tumeur avait incroyablement diminué suite à la chimio, et évidemment axilliaire), radiothérapie, hormonothérapie (Nolvadex et Zoladex) ma maman étant décédée en 2000 à 53 ans d'un cancer des ovaires décelé en 1997 (trop jeune aussi pour un cancer des ovaires, d'où la supposition du BRCA), on m'a fait faire l'examen génétique qui s'est révélé être négatif cependant, vu mes antécédents familiaux et mon âge, et que dans ce test la négativité ne peut être certaine (en effet, si c'est positif, c'est certain, mais si c'est négatif, le test n'étant pas assez fiable, ils peuvent avoir manqué la positivité), ils me considèrent donc comme un faux négatif, en bref comme si les résultats étaient positifs. il semble que les risques de récidive pour un cancer du sein s'élèvent à ou- 30% dans le cas d'un cancer BRCA (gène pouvant provoquer le cancer du sein et des ovaires chez les femmes jeunes et moins jeunes aussi), le taux de récidive monte à de 60% (ce que je trouve bcp trop énorme !- mais ce ne sont finalement que des statistiques) pour ma part, je préfère considérer ce renseignement comme des chiffres uniquement, ce qui me permet de moins flipper tout de même... maintenant, vu que je suis répertoriée dans ce cas de figure, j'ai droit à un bilan bi-annuel, mieux suivie peut-être mais deux fois plus de stress par an... soit, j'assume et aux deux traitements hormonaux Nolvadex (pour stopper le système hormonal général) et Zoladex (pour mettre mes ovaires au repos total) je viens néanmoins d'arrêter de recevoir ces affreuses piqûres (aussi grosses qu'un baton de coton-tige) de Zoladex, puisque je les ai eues déjà pdt 3 ans. hors, approchant à grands pas des 40 ans, et que le risque d'un cancer des ovaires, dans leurs statistiques, monte en flèche à partir de la moyenne d'âge de 40 ans, ils me conseillent de me faire enlever les ovaires... on en vient donc au sujet de cette discussion... à savoir, il n'y a pas d'examen fiable pour déceler le cancer des ovaires... l'échographie ne montre pas grand chose et bien souvent, quand elle montre qqch, c'est que c'est déjà loin... de plus, le cancer des ovaires ne se soigne pas aussi bien que le cancer du sein et a donc un taux de mortalité bien plus élevé que celui du cancer du sein... et au niveau de la contraception, je n'ai plus droit à grand chose, à savoir : uniquement préservatifs ou ligature des trompes (opération avec anesthésie totale) ou vasectomie pour l'homme (mais là la décision n'est pas de mon ressort) le stérilet m'étant proscrit vu que je l'ai déjà essayé dans le passé avec de grosses douleurs donc, si j'enlève les ovaires, je serai stérile et plus de soucis de contraception. je devrai alors subir l'examen des os en plus à chaque bilan (densitométrie osseuse) vu que je serai alors vraiment ménopausée (ce que je suis en qq sorte déjà depuis fin 2006 mais avec encore la possibilité de ne plus l'être) et que mon système osseux risque d'être mis à mal... alors, si j'hésite, c'est d'abord parce que pour ne pas être envahie par la trouille de la résidive, j'ai pris la décision de ne pas me considérer moi comme figurant dans la catégorie BRCA car je pense, surtout par expérience, que notre mental a une très grande influence sur notre état de santé... et que si j'y crois c'est déjà un très bon début de lutte contre la récidive ;-) (et que si je les enlève, c'est probablement parce que je n'y croirais pas assez... ) je laisse les médecins me considérer BRCA puisque eux ne peuvent pas faire autrement et doivent parer à toutes les pires éventualités... tout en me disant que comme l'examen était négatif, c'est que ma maman aurait eu un cancer des ovaires car ceux-ci travaillaient trop(un des facteurs à risque déclencheurs de ce cancer) et que si j'ai eu un cancer du sein, c'est la faute à "pas de bol"... néanmoins, je sais que j'avais également un ovaire qui fonctionnait trop... par ailleurs, je n'ai pas d'enfant, j'aurais évidemment rêvé d'en avoir... mais l'histoire, mon histoire en a décidé autrement... et à la question de savoir s'y j'en veux encore à présent, je répondrais non parce que je trouve que 40 ans c'est un peu tard pour avoir son premier... parce que si je voulais un enfant, c'était pour lui donner tout ce que j'avais de meilleur à offrir... qu'avec tout ce que j'ai eu, cancer, chimio, RT, hormonothérapie etc, mon corps a été mis à mal et ne peut encore donner le meilleur... puisqu'il est lui même un peu polué en qq sorte... que pour moi seule, ignorer les statistiques m'est encore abordable mais que lorsqu'on pense à sa progéniture, on ne voit plus les choses du même oeil... et les risques font d'autant plus peur... peur de ne justement pas avoir le temps de donner ce qu'on voulait lui offrir... peur de ne pouvoir être là pour lui... bref, pour le sujet, qu'on m'enlève ou pas les ovaires, mon choix est de toute manière le même... je profite du mieux que je peux des enfants des autres et ils me le rendent bien et au niveau psycho, ben avec ou sans ovaire, je me sentirai toujours aussi femme, ce n'est pas ça qui fait ce que je suis... mais si on veut m'enlever les ovaires pour me donner plus de chances de vivre plus longtemps... je demande à savoir quelles en seront les conditions... si c'est pour vivre plus longtemps certes, mais souffrir de problèmes aux os ou autre dû à cette ménopause provoquée bcp trop tôt... et ne pouvoir profiter de ce laps de temps gagné que dans la souffrance, je me demande si ça en vaudrait vraiment la peine... aurais-je vraiment ce genre de soucis ? qui peut savoir, qui peut prévoir ? ma première et seule décision jusqu'à présent est donc de demander à faire une densitométrie osseuse avant toute chose pour voir l'état actuel de mon ossature... je me posais la question de savoir si je déciderais de faire confiance à mon corps (et mon âme) dans la mesure où il est à présent vainqueur de la bataille contre le cancer et qu'il le restera... ou si je devais plutôt lui faire confiance dans cette nouvelle épreuve de s'adapter sans ovaires... pour l'aider à le rester... si on se pose la question de savoir si le cancer a une cause psychologique, comme bcp le font, comment savoir si l'on a compris la cause, qu'on ne s'est pas trompé de cause, qu'on a été jusqu'au bout du problème... comment également en être sure ? j'aime à croire que oui, que j'ai compris et appris la leçon que cette épreuve avait à me donner... mais qui peut en être certain... c'est alors qu'on en arrive au lacher-prise... faire confiance, à soi-même, à son corps, à la vie, au monde, à l'univers... philosophie dans laquelle je trouve ma force... c'est vrai... mais là, pour ce choix à faire, les réponses ne viennent pas... je veux ressentir ce choix au fond de moi, lui faire confiance et le suivre... pour ce faire, si vous avez des commentaires à faire, n'hésitez pas, toute réflexion sera la bien venue et ne fera qu'approfondir ce sujet qui me hante un peu ces temps-ci...
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224679
b
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