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Opérée d'une hystérectomie basse

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Je viens d'être opérée une hystérectomie basse.

Cela fait douze ans que je vivais sans le savoir avec "un myome" comme ils disent plus communément un fibrome !

J 'en veux à mes médecins, gynécologue, qui n'ont rien vu, ne m'ont jamais prescrit d'echographie. J'ai 42 ans, sans enfant ni mari, je révais de concevoir un jour un enfant ; J'en ai toujours eu le désir. Je me sens amputée dans ma féminité. Mes derniers espoirs de maternité s'évanouissent par la négligence de ces praticiens !

J'avais beau me plaindre de règles douloureuses, longues 15 jours à 3 semaines, de fatigue. La seule réponse a été de me prescrire d'autres pilules.

Comme je suis en dépression depuis deux ans je pense que l'on ne m'a pas pris au sérieux. Seul mon psychiatre m'a dit que cela était anormal en effet, en dépression les règles ont tendance à  se faire moindre voire disparaître.J 'ai donc revu mon gynécologue, aucun examen particulier sinon changement de pilule. C'est grâce à une amie qui m'a conseillé de voir son gynéco. Bien sûr mon réflexe est de faire confiance aux médecins car c'est leur métier ; J'ai toujours été suivie j'ai toujours fait les examens d'autant plus mes antécédetns cancer du sein…

C'est en septembre que le couperet est tombé en allant voir ce nouveau gynéco.A mes propos, tel un zébulon il est sorti de ses gonds et de son fauteuil pour me faire passer une échographie il s'est même étonné que je n'en ai jamais passé. Il m'a demandé :

"quel âge avez-vous ?

-42ans.

-Avez-vous des enfants ?

- non.

-Vous vouliez en avoir ?

- C'est mon voeu le plus cher, le rêve de ma vie.

-Eh bien vous pouvez faire une croix dessus vous avez un fibrome qui prend tout votre utérus d'ailleurs on ne le distingue pas et il y a un risque de cancer ! D'après la grosseur il a au moins 12 ans d'existence !

Quelle psychologie d'homme !

A l'annonce de cette question "vous vouliez en avoir" j'avais déjà compris, les larmes ont ruisselé je m'en suis même excusée ! Un comble ! Comment pouvais je réagir autrement.

Et puis j'ai pensé à ce crabe à ce Bernard l'hermitte que j'hébergeai depuis si longtemps. Puis il y a eu retour dans son bureau  

-Vous avez votre carte de groupe sanguin ?

- Oui.

Je lui remettai ma carte de donneur bénévole. Il me l'a balancé en me disant qu'elle n'était pas valable. Il me fallait une nouvelle carte.

Quand ces mecs qui se prennent pour de sherifs de la médecine auront ils un peu d'humanité ?

Je me suis battue je n'ai pas voulu croire à ce cancer, c'est étrange au coeur de ma dépression cette annonce m'a donné envie de me battre, de choisir la vie moi qui ne pourrai jamais la donner, je voulais croire au miracle.

Selon  mon entourage j'ai été exemplaire ! Je toujours été dans les moments les plus difficiles très combattive moi qui ne le suis pas d'ordinaire.

J'ai fait les analyses demandées aussitôt, j'ai passé un scanner, j'apprenais que je n'avais qu'un rein depuis je le soigne et pense à boire davantage, puis ce fut l'hystérographie. Oh la vache ! Que c'est douloureux, comme dans cette vielle pub de plizz je ne ferai pas ça tous les jours ! Ils s'y sont mis à deux radiologues  mâles ! Seul l'auxiliaire ou préparateur a eu de la compassion. Total les trompes étaient bouchées, des kystes aux ovaires, un fibrome de plus d'1,2 kilo et un sale moment passé sur la table.

Entre temps j'ai revu le gynéco qui râlait à propos des clichés scanner et hystérographie. La taille les centimètres ne lui apprenaient pas suffisamment il aurai aimé connaître la densité, l'épaisseur.

Je lui proposai l'IRM mais cela ne lui conveanit pas. Il a fallu que je me batte pour qu'il m'explique son jargon et prendre des notes Ah il était content de me dire que "a" venait du latin sens privatif ce n'était pas ça qui me génait c'était le reste du mot !

Et puis je suis rentrée le 3 novembre à la clinique avec anesthésie générale le 6 le samedi je chantai avec mon orchestre de l'époque une folie mais la musique m'a toujours aidé à sortir la tête hors de l'eau. Ce fut en ambulatoire je l'ai compris à mon réveil, j'ai d'ailleurs chopé la crève un mois à m'en remettre, bronchite, toux… J'ai attendu longtemps en salle d'op, avec un anesthésiste en dessous de tout comme disait Desproges "il y a plus d'humanité dans les yeux d'un chien"… J' étais un numéro lamda  

En fait ce jour-là on ne m'a rien fait le chirurgien gynéco a voulu se faire une idée avant l'opération.

En novembre il voulait programmer l'intervention, je l'ai repoussé après douze ans de cohabitation avec mon fibrome je pouvais bien encore partager 1 ou 2 mois, histoire de passer les fêtes de fin d'année tranquille. J'ai bien fait  malgré 4 kilos pris pendant les fêtes je les avais perdu avec 2 autres kilos en moins très encourageant. C'était aussi le cheval de bataille de mon gynéco mon poids ! Quel "con" je n'ai pas besoin de nutritioniste ni de diététicienne depuis que je fais un travail sur moi je sais que mon poids est ma forteresse, ma façon d'exister, de dire vous voyez je suis là, je sais que je vais les perdre quand tout ira mieux dans ma tête ! Mais pitié chaque chose en son temps ! Enfin j'ai pu lui dire que j'avais un peu maigri il était content. Je connais depuis fort longtemps les méfaits du poids sur les articulations, le dos, les maladies cardiovasculaires et tutti cuanti !

Il m'a prescrit une piqure de Decapeptyl c'est ce que l'on donne aux femmes qui font de l'endométriose pour essayer d'assécher le fibrome. Il avait oublié de me parler des bouffées de chaleur qui allait m'accompagner durant 3 mois ! Moi qui suis frileuse j'ai pu mettre de jolis chemisiers juste avec une petite veste, il faut voir le positif.

Les fêtes, Ah les fêtes, l'opération était programmée pour le 26 janvier. Quelle attente, j'ai ainsi développé une tendinite de la coiffe des rotateurs gauche cela fait chic plutôt que dire de l'épaule gauche, une crise hémoroidaire, le spécialiste m'a trouvé très tendue bizarre, une gastro et une entorse du genou. J'ai bien somatisé !

Et une semaine avant je ne fermai pas l'oeil de la nuit avec une boule dans la gorge j'ai même pensé à une tumeur. Je ne pouvais plus manger ni avaler ni dormir.

La veille de l'intervention j'ai explosé le tensiomètre. L'infirmière m'a demandé si j'appréhendai bien sûr que non, j'ai vu de la lumière et j'ai eu envie de passer un séjour au club med avec les gentils GO nouvelle abréviation pour gynéco.

J'avais peur de ne pas me réveiller. L'anesthésiste différent a pris en compte ma demande je ne voulais pas le masque pour être endormie, il m'a respecté dans mes choix.

Je suis parti au bloc à 7h30 et je suis revenue dans ma chambre à 14h30. Au lieu d'un fibrome j'en avais deux, chacun pesait plus d'un kilo comme les trains un fibrome peut en cacher un autre. La myomectomie n'a pas été possible j'ai eu une hystérectomie. C'est dur moralement. Les 2 premiers jours furent rès pénibles et rès douloureux, malgré la morphine j'avais mal. Ma douleur n'a pas été prise en compte malgré la charte du patient. Certaines infirmières ont minimisé ma souffrance en me disant que ce n'était rien. Evidemment sur mon dossier au bout du lit était inscrit myomectomie au lieu d'hystérectomie.La sonde urinaire a été enlevé au bout de deux jours quant au drain et à la perfusion au bout de trois jours. J'ai été étonné de me remettre aussi vite, il y a eu l'euphorie de l'anesthésie, j'en avais déjà marre de rester à la clinique, puis c'est une immense fatigue qui s'est installée. Le plus pénible fut de me lever le lendemain forcée par les infirmières pour éviter phlébite et activer le transit. Là j'ai vraiment douillé, j'ai failli  m'évanouir. Je suis sortie au bout de 7 jours. Bien sûr la douleur reste présente, ce qui est difficile c'est l'acceptation de mon état moral et physique mais il ne faut pas  commettre d'imprudence, la douleur se fait moins présente sauf lorsque je change de position debout puis assise ou allongée, il y a un temps d adaptation. Ce qui m'inquiète c'est la cicatrisation on m'a enlevé la moitié des points avant de partir en clinique puis le reste hier soir. D' après l'infirmière il y en a un qui est blanc et il est à surveiller. J'ai peur des conséquences. J'ai des piqures tous les jours et des ovules à mettre un soir sur trois.

Je ronge mon frein car il ne faut pas porter de poids, je dors beaucoup de par le contrecoup et puis je pense à cet enfant que je n'aurai jamais. Je reproche aussi au service gynécologique sa proximité avec le service maternité entendre des nouveaux-nés voir dans les couloirs les berceaux avec les mamans c'est vraiment dur. Malgré ma détresse j'ai eu la chance d'être très entourée amis, parents, proches, au téléphone ou en visite. Maintenant que je suis sortie la transition est difficile il faut affronter la réalité, l'absence. La coupure est dure j'hésite encore pour la maison de rpos ou une clinique psy. Avec mon médecin de famille je pense pour  l'aide psychologique en clinique psy car je sais que j'ai maintenant  un deuil à faire. J'en ai marre de ces femmes qui me disent c'est rien moi aussi on m'a enlevé l'utérus à 60 ans la différence avec celles qui m'ont dit ça, elles ont eu la chance de donner la vie plusieurs fois et moi je ne connaitrai pas ce bonheur. Le Chemin de l'adoption est possible mais à 42 ans, célibataire, le combat me semble compromis,  plus difficile car seule à le mener.

Maintenant j'ai le blues du bébé.
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50588
b
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