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Encéphalite herpétique : mes symptômes, mon traitement et ma guérison...

Témoignage d'internaute trouvé sur doctissimo
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Je me rappelle quand même que mon médecin à l'époque était parti sur une autre piste… Malgré les symptômes évocateurs qu'on lui décrivait. Donc cela ne s'applique pas à tous les cas d'encéphalite.

Pour les autres, où ça aurait pu être plus rapide…

Dans le meilleurs des cas, les symptômes de désorientation et de trouble de mémoire sont les séquelles de la maladie. Pour ceux qui ont d'autres séquelles supplémentaires, c'est que le stade de la maladie était plus avancé encore. Que la prise en charge et le début du traitement sont arrivés déjà tardivement. Pour ceux qui sont dans le coma, c'est le fil du rasoir… ou on décède, ou on en revient avec de probables lourdes séquelles.  

 

Pour info :

En faisant d'autres recherches, j'ai trouvé cette étude qui souligne que certains cas d'encéphalite herpétique ont entraîné  une nécrose rétinienne aigüe. (l'ARN) Acute Retinal Necrosis. C'est une maladie occulaire dévastatrice qui laisse un résultat visuel très décevant derrière elle. Ils concluent leur étude en disant que selon leurs recherches, l'encéphalite herpétique semble être un facteur de risque pour ce syndrôme rétinien aigü.

Ce lien vous emmènera sur la publication des résultats de cette étude sur le sujet.

 

Herpetic encephalitis is a risk factor for acute retinal necrosis.

http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed [… ] d_RVDocSum.

 

Incidence et statistiques pour la Belgique et la France.

 

Plus bas dans les posts.

(consultez les post du 03/01/2008, du 13/01/2008 et du 21/04/2008).

 

Je m'en tire encore à bon compte, j'ai des troubles de la mémoire, de l'orientation, confusion des lieux et des choses. J'ai été pris en charge à temps malgré le début des convulsions à l'hôpital.  Si cette maladie n'a pas eu l'impact qu'elle aurait du avoir à ce stade de son évolution, c'est parce que ma condition physique était irréprochable à ce moment de ma vie. Je suis un grand sportif de nature, de l'avis d'un médecin, ça m'a sauvé la vie. Cela a empêcher le virus d'avoir un impact plus important. Il s'est heurté à un organisme, heureusement pour moi, en excellente forme.

 

3 jours après mon arrivée aux urgences, je ne reconnaissais plus ma mère… ça fait peur évidemment, mais on reprend quand même ses esprit un peu plus tard avec le traitement. Néanmoins, on mélange tout, c'est le blizard total dans les souvenirs.

Pour me remonter le moral en revalidation quant à mon état, le neurologue m'a rapporter le cas d'une patiente qui était tellement déphasée par la maladie, qu'elle se mettait dans un coin de la pièce pour manger. Lapant dans son assiette comme un chien ou un chat dans sa gamelle.

 

Dans les premiers mois qui suivirent ma sortie de revalidation, dans mon propre village, je devais me diriger avec un plan. Noter toutes les rues dans lesquelles je devais passer pour aller de chez moi à un point X car dans un sens ça va, au bout de la rue je fais demi tour et pour mon cerveau, je suis dans une autre ville. J'ai déjà oublié tout ce que je viens de voir… Enfin, ça s'arrange avec le temps, ça fait 6 ans maintenant.

Aujourd'hui, niveau orientation, j'arrive à me débrouiller sans plan, mais je me plante encore dans des situations où cela fait plusieurs jours que je n'ai plus fait un trajet. Il faut vraiment que le passage à des endroits précis soit régulier pour enregistrer tous les points de repères. Le plus dur n'étant pas de les connaître, mais bien de se les représenter mentalement et surtout les replacer dans leur contexte. En connaissant tous les points de repères pour aller quelque part, je suis incapable d'expliquer ce chemin à quelqu'un parce que je visualise pas l'espace autour du point de repère. J'ai juste une liste de point de repères que je retiens.  

Je dois y être physiquement pour savoir, alors, dans quelle direction aller. Cela s'applique surtout lorsque ce sont des trajets que je fais peu. Maintenant ça évolue positivement, mais c'est très lent.

 

Extérieurement, je suis un gars comme tout le monde et pas plus perdu qu'un autre qui n'aurait pas du tout le sens de l'orientation. A la vue des séquelles possibles, je me dis que j'ai eu terriblement de chance.  

Le point négatif de tout cela, c'est que je me suis considéré comme une personne handicapée, je me suis isolé, j'ai fait le vide autour de moi, je me suis mis dans un tiroir. J'avais unbesoin énorme d'être seul.Ce n'est pas facile de faire le deuil de soi même surtout quand on est conscient et "en pleine possession de ses moyens" J'ai lutté veinement contre cela, mais c'est pourtant inévitable… je dois me laisser mourir pour mieux vivre, j'aurais tellement voulu rester celui que j'avais toujours été… Je  n' entretenais pas certaines amitiés, surtout parce que dans une telle épreuve, beaucoup de gens se moquent de vos séquelles. Ca les fait marrer de voir ce que vous êtes devenu… un perdu… alors certains utilisent ça contre vous, juste pour se marrer. Ils ne comprennent pas, ils ne savent pas se que c'est de souffrir au plus profond de soi. Ils ne savent pas ce que c'est de souffrir dans sa chaire la plus profonde. On est pas spécialement perçu de la même façon. On a aussi l'impression que c'est gravé sur son front ce qui s'est passé et que tout le monde vous regarde, comme une espèce rare (ce qu'on est un peu) , comme une bête de cirque.

Heureusement, l'homme fini toujours par s'en sortir, après une lente reconstruction de soi. On se fait une carapace contre ces choses là… Mais on prend bien vite conscience que face à la réalité de la vie, on est seul et tire ton plan…

On prend conscience violamment que la vie, c'est d'abord être en bonne santé et forme physique ainsi que bien dans son corps et sa tête. Certaines choses qu'on pensait importantes s'avèrent vite futiles et on se recentre sur l'essentiel.

 

J'ai eu l'occasion de m'entretenir avec un professeur en neurologie venu faire une conférence sur la mémoire (sujet de sa thèse) dans mon université. Il ne m'a rien appris de plus sur cette maladie et m'a répété ce que je savais déjà finalement. Que tout dépendait de la rapidité de l'intervention. Il m'a confirmé cependant que le cerveau était une chose incroyable, que les neurones intacts étaient capables de faire de nouvelles connections entre eux pour se dépanner et fonctionner à nouveau d'une manière plus optimale. Mais pour ça, faut les faire bosser. Leur donner la possibilité de refaire des connections. Je termine mon cursus universitaire j'espère en cette année 2007-2008 .  
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139363
b
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