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L'anopexie rectale m'a permis d'avoir une vie normale

Témoignage d'internaute trouvé sur doctissimo - 22/06/10 | Mis en ligne le 07/12/11
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Si vous me lisez, c'est que vous cherchez un témoignage sur l'opération de Longo, parce que vous allez la subir ou parce que vous vous tâtez pour aller voir un gastro-entérologue et lui en parler. J'étais comme vous, avant, et je sais que lire les témoignages, c'est important ; et des témoignages "optimistes", encore plus ! Malheureusement ils sont trop rares... En voici un qui pourra vous intéresser ! Je me présente : Homme de 21 ans. Hémorroïdes internes ressortant depuis la plus tendre enfance... Je n'avais pas le souvenir d'avoir eu un "anus normal", c'est pour vous dire que je les ai depuis longtemps ! Pendant des années, j'en ai parlé à personne. C'est pas évident quand on est adolescent. Peu à peu, en grandissant, ce problème a éveillé en moi un mal-être de plus en plus important. Je me sentais anormal. J'avais juste des hémorroides internes qui ressortaient à la selle, non douloureuse, qui parfois saignotaient, mais cela a suffit pendant des années à me sentir différent et difforme. Quand j'ai eu 18 ans, j'ai pris mon courage à deux mains, et en ai parlé à mes parents : c'est là que j'ai compris qu'il devait y avoir un lien de parenté, puisque mes deux parents en ont, et dans ma famille y'en a aussi... Et je suis allé voir mon médecin généraliste, tout rouge et gêné à mort ! Il m'a dit qu'il s'agissait effectivement d'une hémorroide interne qui ressortait de façon permanente. J'avais ça depuis tellement longtemps, je voulais être sûr qu'il s'agissait bien d'un problème hémorroidaire et non pas une malformation quelconque. Là a commencé la "valse des traitements inutiles" : crèmes Proctolog, Ginkor Fort, Cyclo 3 fort, Daflon... Pendant 3 j'ai tout essayé. Jusqu'à ce que je me rende compte que, tout les autres gens de mon âge s'amusant, buvant, bref vivant leur belle jeunesse etc., ce problème hémorroidaire me pourissait la vie. J'y pensais constamment depuis des années. Il fallait y mettre un terme. J'ai donc pris rendez-vous chez une gastro-entérologue à la polyclinique de Poitiers. Très professionnelle, elle m'a examiné comme il se doit : dès lors j'ai été fixé sur ce que j'avais : prolapsus muco-hémorroidaire de stade 3 relativement important. C'est MAJEUR de pouvoir mettre un nom précis sur ce qu'on a. (Sachez que ces médecins voient des culs à longueur de journée, n'ayez aucune crainte d'aller les voir. La position d'examen est la position à genou et sur les coudes. Pas agréable mais pratique.) Elle m'a aussi examiné le rectum avec les outils adéquat pour éliminer tout autre problème. A l'issue de ce rendez-vous je savais que mon problème était isolé (normalement on a 3 paquet hémorroidaire, chez moi un seul était problématique et réalisait le prolapsus) ; et qu'il fallait une chirurgie ! Elle m'a expliquée que la meilleure méthode pour moi était le "lifting" de l'anus... la fameuse anopexie, on méthode de Longo. Je précise que je lui avais demandé si la Milligan Morgan n'était pas plus indiquée... Sa réponse ? "La MM ne se fait pratiquement plus ! Qui vous en a parlé ?..." Et me voilà avec un rendez-vous chez un chirurgien ! Quelques semaines plus tard, je vois celui-ci. Son visage est rassurant, il est gentil. Il me rééxamine, me demande de serrez son doigt introduit. "Excellent". Il m'explique la procédure de Longo. M'explique les risques. Et me dit qu'il travaille avec la gastro-entérologue que j'ai vu depuis longtemps, et que si elle conseille la Longo, c'est ça qu'il me faut, même s'il était pret à réaliser une MM si je lui demandais. Comme je suis décidé à aller jusqu'au bout, j'accepte la Longo et fixe une date pour l'opération, en plein mois de Juin... Et voilà ! Après des années de souffrance psychologique et de gêne physique, une échéance est posée après avoir vu en l'espace de quelques semaines un gastro-entérologue, un chirurgien digestif et un anesthésiste ! Et arrive le Jour J. Arrivée à la polyclinique de Poitiers (la veille et le matin même : douche à la Bétadine) à 11h : je suis mis avec un garçon de mon âge dans une chambre double. La chambre est superbe, avec douche. Cool. A peine arrivé, deux aides-soigantes viennent nous raser ! C'est bien rodé, leur truc. Lui le devant, moi le derrière... Puis une infirmière nous informe de nos heures d'opération : moi à 18h45 ! La journée va être longue... Pendant cette période, j'ai 2 lavements à faire (il s'agit pour chaque d'un genre de gros tube de dentifrice à introduire dans l'anus avant d'y vider son contenu ; quelques minutes après -> évacuation en urgence ), et je les réalise pendant que mon colocataire va se faire opérer. Une heure et demie avant l'opération : nouvelle douche à la bétadine. J'enfile une blouse stérile qu'on m'a donné (sans survêtement, sans bijou ni rien). Dès lors on vient m'apporter 3 comprimés : ce sont des calmants, destinés à me préparer à l'anesthésie. Ils sont diablement efficace : aucun stress lorsque le brancardier vient me chercher. Il faut dire aussi que je la veux, cette opération. Arrivé auprès du bloc, on me perfuse avant de m'y faire entrer. Je retrouve mon anesthésite, mon chirurgien. Je suis confortablement installé sur le billard, on m'installe des électrodes sur la poitrine mais on me recouvre vite pour ne pas avoir froid. Je suis tout emmitouflé dans ma blouse et une couverture. On me parle, me rassure, et l'anesthésite me dit "c'est parti !", et là, c'est l'extase alors que je sens les poisons m'envahir... Je crois bien avoir souri bêtement avant de m'endormir profondément. Quand je me réveille, je suis comme dans un cocon de bien-être... J'entend "réveillez-vous, allez allez !", mais je me sens tellement bien que je me rendors 5 ou 6 fois. Je reste ainsi longtemps dans la salle de réveil, j'ai un peu mal et mon me demande ma douleur sur l'échelle visuelle analogique (EVA). 5 ou 6 sur 10. Au final, je suis le dernier dans la salle de réveil quand un brancardier me ramène dans ma chambre. Je m'installe sur le lit me rendors ; dans la nuit, on viendra régulièrement prendre ma tension, ma température et ma douleur. J'ai une perfusion de morphine que je contrôle moi-même, une perfusion de calmant, et une perfusion de sérum physiologique. La douleur est supportable et mes constantes sont parfaites. Le lendemain matin, je dévore mon ptit déj ! J'ai aussi droit à 1g de paracétamol, 550 mg d'anti-inflammatoire, et un Topalgic ; j'ai pas trop mal car je suis aussi imbibé de morphine. Je passe le plus clair de la matinée à dormir et à appuyer sur le bouton d'injection, mais la douleur augmente peu à peu... Le chirurgien passe me voir, me dit que c'est une réussite, et regarde sous mes pansements : "Hé ! Aucune goutte de sang, rien !" ; il enlève donc tous les pansements, directement, hop. Je n'ai pas saigné de la nuit. A midi je ne manque qu'un yahourt et une compote. Et 1g de paracétamol. La douleur commence à devenir lourde. Jusqu'à ce qu'on vienne m'enlever la morphine... et que l'infirmière s'exclame "mais ! elle ne fonctionne plus depuis ce matin, ça va ?!" ; super... Je comprend mieux pourquoi j'ai mal... J'ai alors droit à une petite merveille : une gellule d'ActiSkénan, c'est-à-dire 5 mg de morphine. Hyper efficace. J'ai droit à un goûter (jus d'orange, yahourt) ; le soir je ne mange qu'un yahourt, du pain et un fruit, plus la même panoplie de médocs que le matin. La nuit la douleur est importante, je redemande un ActiSkénan, que l'on me donne : je peux ainsi dormir, sur le côté, position antalgique. Le lendemain matin, je revois mon chir. Celui-ci me donne une ordonnance de médicaments respectant le protocole de CLUD (Comité de Lutte contre la Douleur). Il me dit que tout le prolapsus est ré-entré, qu'il est confiant pour la suite mais que si les hémorroides reviennent, je ne pourrait bénéficier à nouveau de la méthode Longo. Retour at home ! J'ai mal, mais pas tant que ça. La douleur est surtout présente quand je suis assis (je m'assois sur un cousin spécial acheté en pharmacie), ou debout. Je passe le plus clair de mon temps allongé sur le dos ou sur le côté, à regarder des séries TV et à suivre scrupuleusement mon ordonnance : Le matin : 1 iNexium à prendre 30 min avant les autres médicaments (c'est un pansement gastrique qui évite que les médicaments fassent mal au ventre) puis 1 anti-inflammatoire (traite la douleur et l'oedème post-traumatique) et 1 Contramal (antalgique du système nerveux central ! presque aussi fort que la morphine, en tout cas plus fort que la codéine) 1 cuillerée à café de Lansoÿl (huile de paraffine gélifiée aromatisée à la framboise, destinée à lubrifier les selles). Le midi : 1 cuillerée à café de Lansoÿl Le soir : comme le matin, sans le iNexium. Le tout pendant 8 jours. Première selle (72h après l'opération) : très incomplète, je commence par évacuer un petit caillot de sang. C'est tout le sang que j'évacuerai par la suite. Autant dire que je n'ai jamais saigné. La peur de pousser m'empèche d'évacuer correctement, d'autant plus que je sens que le Lansoÿl n'a pas fait effet. Le lendemain matin, deuxième selle : Abondante, non douloureuse, facile grâce à la paraffine. Après : douche et repos, c'est là que les douleurs reviennent et persistent, quelques heures après la selle. Troisième selle : le soir même... comme le matin. Ainsi de suite. Chaque selle est moins douloureuse que la précédente, et les douleurs "post-selles" durent de moins en moins longtemps. J 7 : 7 jours après l'opération, je n'ai plus du tout mal. Je vais à la selle comme avant. J'ai observé avec un miroir et une lampe torche le résultat de l'opération : là où avant il y avait un gros prolapsus blanc-rougeâtre-violacé, règne à présent un anus tout neuf, comme lifté... Un anus comme ceux des autres. Bien sûr je remarque que par endroit il y a comme des discrètes bandelettes de muqueuse qui semble être tirée de l'intérieur, mais elles semblent confondues avec le reste de la peau anale. Je peux m'assoir sans problème ; je ne peux encore marcher trop longtemps, mais ça ne saurait tarder. Aujourd'hui je sens que je vais pouvoir revivre plus ou moins : me mettre au sport, reprendre confiance en moi. Mais ce qui est certain, c'est que quand je vais revoir mon chirurgien, mi-juillet, il aura droit à une belle boîte de chocolats. Au final : Plus de peur que de mal. Conseils aux futurs opérés : N'hésitez pas à parler de vos douleurs, à réclamer la morphine. Suivez scrupuleusement votre ordonnance. Ne lésinez pas sur la paraffine. Ayez envie que cela réussisse ; désirez cette opération.
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224491
b
Moi aussi !
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