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A cause d'un rapport à risque, j'ai peur de contracter le sida

Témoignage d'internaute trouvé sur doctissimo - 21/03/11 | Mis en ligne le 20/03/12
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je suis étudiant et j'ai peur d'avoir foutu mon avenir en l'air. j'ai eu un rapport à risque le 22 février 2011 entre 16h30 et 17h30. en fait j'ai 21 ans et j'ai couché pour ma 1ère fois avec une escort girl, comme je suis hyper timide avec les filles j'voulais absolument faire ma 1ère fois et donc j'ai opté pour ce moyen. la pénétration s'est faite avec préservatif (je ne suis pas un inconscient), on ne s'est pas embrassé du tout (ça me tentait pas) mais voilà elle m'a fait une fellation sans préservatif. je m'en veux trop d'avoir laissé faire ça, j'avais prévu de mettre un préservatif mais avec l'émotion de ma 1ère fois quand j'me suis déshabillé devant elle j'étais sonné et quand elle l'a aussitôt pris dans sa bouche c'était tellement bon que je me suis laissé faire (je le regrette amèrement passé ce plaisir éphémère). je n'avais pas ausculté sa bouche pour voir si elle avait des plaies et donc ça me fait peur. si j'ai le sida, c'est vraiment trop injuste de l'avoir lors de sa 1ère fois. Comme cela s'est passé à l'hôtel parce que je ne voulais pas ramener une escort girl à l'appartement (j'habite en colocation avec deux filles) , dès que je suis sorti de la chambre d'hotel vers 18h, pris de panique, au lieu de rentrer chez moi, je me suis dirigé aux urgences. là, arrivé vers 19h, j'ai été pris en charge vers 01h du matin (merci aux "urgences" pour cette formidable lenteur) et j'ai dû expliquer la nature du rapport à risque au medecin urgentiste. toujours en panique, j'ai décidé de noircir le tableau pour qu'il me donne absolument les médocs et j'ai menti en disant que j'avais fait carrément la pénétration sans préservatif avec l'escort girl. là, il m'a mis sous trithérapie d'urgence de 72h. rentré chez moi vers 03h au matin du 23 février, j'ai pris mes premiers comprimés et j'ai tout vomi. donc ça n'a servi à rien. je me suis couché, et comme toute la journée j'avais la nausée et des vomissements à cause de ces médocs, ce n'est que le soir vers 22h que j'ai pu commencer le traitement d'urgence soit environ 29h après le rapport à risque. ce qui me fait encore plus peur car cela a excédé les 24h d'efficacité après le rapport à risque. Alors pour le traitement, c'était 5 comprimés par jour. 1 comprimé bleu Truvada et 4 comprimés jaunes Kaletra à prendre à heure régulière et en mangeant. en plus les comprimés sont trop gros ça donne envie de vomir quand on les avale. rien que d'y penser à ce jour, j'ai la nausée. Donc j'ai commencé à prendre le traitement préventif le mercredi soir et je puis vous assurer que s'il y a une chose qui est pire que le sida, à mon sens, c'est bien le traitement contre le VIH. c'est un enfer sans nom. dès mercredi j'ai commencé à vomir, avoir des nausées, je ne pouvais rien manger, j'allais aux toilettes toutes les 5 min (et c'est vraiment toutes les 5 min) j'avais la diarhée surmontée d'une incontinence fécale. je sortais des toilettes que 5 min après je ne pouvais plus me retenir je devais y retourner sinon je me chier dessus. c'était atroce. j'ai perdu 6 kilos en 3 jours. j'ai trop maigri, je ne pouvais plus dormi j'avais de graves insomnies. j'arrêtais pas de vomir mais comme je pouvais rien avaler, quand je vomissais "à sec" et je recrachais du suc gastrique et le vomissement à sec fait tellement mal que l'on a l'impression que l'on vous fait sortir l'estomac par la bouche, j'étais à deux doigts de la mort. la douleur était tellement horrible que j'ai failli mourir. Ne pouvant plus supporter ce traitement, et comme j'avais rendez vous avec le médecin spécialiste des maladies infectieuses et du sida pour qu'il avise de la suite dans mon cas le jeudi 24 février, j'ai tout expliqué en rectifiant mon mensonge en disant que c'était qu'une fellation non protégée. j'en pouvais vraiment plus du traitement je ressemblais à une momie vivante. et là, le medecin m'a dit qu'il faut continuer le traitement durant 28 jours parce que les escorts sont une population à risque et qu'il faut que je supporte ces effets secondaires qui vont passer au bout d'une semaine si je veux vivre. il m'a dit que le stade avancé SIDA et pire que ce je vis actuellement. J'ai encore plus paniqué et sorti de son bureau je me suis dit "allez, 28 jours à supporter l'enfer c'est mieux que le supporter toute la vie". je suis allé à la pharmacie pour me fournir des médicaments avec l'ordonnance et j'ai continué jeudi et vendredi. samedi matin était le jour de trop. samedi en prenant les deux gros comprimé jaune j'ai failli vomir mes tripes, je crachais du sang (véridique !) tellement la pression était forte dans le vomissement à sec (je mangeais rien depuis mardi et le peu que je mangeais pour prendre le comprimé bleu je le vomissais aussitôt). samedi matin, j'agonisais tellement (c'était les vacances de février et mes colocs étaient en vacances donc j'étais seul) que je ne pensais plus au sida, je ne pensais plus aux médocs, j'avais juste envie de me suicider à l'idée d'avoir gaché ma vie et surtout à l'idée de devoir vivre cette souffrance toute ma vie. j'ai quasiment frolé la mort. Donc samedi j'ai arrêté le traitement préventif contre l'avis du medecin spécialiste (je ne l'en ai même pas informé d'ailleurs) de toute façon si j'ai le sida je me suicide je n'ai plus rien à lui dire. et tout à coup, dès dimanche matin, je me suis senti revivre après l'arrêt du traitement, j'avais retrouvé l'appétit (depuis mardi je n'avais pas dégusté un bon plat), j'ai bu de l'eau comme un malade parce que je me suis rendu compte que j'avais très très soif, plus de diarrhés, plus de nausées, plus d'insomnie. la semaine suivante, j'ai repris des kilos, je mangeais comme un ogre, plus aucune fatigue. Mais... mais toujours cette peur de m'être condamné à mort en arrêtant le traitement. franchement, si j'avais pas arrêté le traitement, c'est pas du sida que je serais mort, mais de ce traitement le samedi 26 février dernier. j'avais le choix entre mourir le samedi (c'était la limite rouge je voyais déjà ma vie se rembobiner en crachant du sang) ou mourir un peu plus tard du sida. j'ai fait le choix par instinct de survie. en ce qui concerne les dépistages, le medecin spécialiste m'avait prescrit le protocole à suivre dans le cas de contamination des IST et VIH. à partir du 24 février, je devais me dépister à 15 jours pour le NFS, ALAT et créatine - soit le vendredi 11 mars dernier. j'ai sauté ce dépistage puisque j'ai lu sur internet que c'est un truc pour voir si le Truvada ne bousille pas mes reins et un truc sur les hépatites. j'ai arrêté le traitement (ce que le medecin ne sait pas) et je suis déjà vacciné contre l'hépatite b) donc ce dépistage ne servait à rien. ensuite, un 2eme dépistage à 30 jours : NFS, ALAT, créatine serologie syphilis - le samedi 26 mars prochain. dépistage que je ne raterai pas pour la syphilis. puis un 3eme dépistage dans 2 mois soit le 22 avril prochain pour la serologie VIH (ce qui m'intéresse le plus). enfin elle m'a prescrit un 4eme depistage dans 4 mois - soit le 24 Juin prochain. entre temps, j'ai des partiels prochainement et je dois passer des concours vers avril mai et je me dis à quoi bon se concentrer sur les études si c'est pour voir POSITIF VIH le 22 avril et que ma vie est déjà gâchée. je préfère me suicider plutot que de prendre le traitement et revivre ce que j'ai vécu en prenant ce traitement. voilà, je voulais partager avec vous ce témoignage et si seulement je pouvais revenir en arrière le 22 février dernier, j'aurais tellement aimé me casser le pied en sortant de chez moi plutot que d'aller à ce rdv vers la mort. j'aurais tellement aimé lire un témoignage comme celui ci la veille du rdv pour m'en dissuader, mais avec des "si" on peut refaire le monde. moi, je me suis déjà fait à ma maladie même si j'ai encore aucune certitude sur ma serologie (je dois attendre le 22 avril). dans la prise de sang de la nuit du 22 au 23 février faite aux urgences le jour du rapport à risque tout est OK. c'est d'ailleurs là que l'on m'a affirmé que j'étais vacciné contre l'hépatite B je ne le savais même pas. merci aux parents. c'est au moins ça. alors en plus de partager ce témoignage, je voulais poser des questions à ceux qui ont eu le courage et la patience de lire ce long pavé. 1 - en fait, pour ce qui est de l'escort girl en question, je lui ai parlé de tout ça, que je prends le traitement et que le medecin m'a dit que ce traitement pouvait être arrêté si ma partenaire (càd elle) se fait dépister négatif et que ça prend même pas 30 min. et là, elle a commencé à s'emporter genre qu'elle a rien, que je suis un malade psychotique d'être allé aux urgences, blabla et elle a dit qu'elle allait se faire dépister mais en fait j'ai senti qu'elle se défilait, qu'elle avait quelque chose à cacher. à ce jour, je la recontacte pour savoir où elle en est mais pas de réponse. ce qui confirme mon doute. donc ma question est : pensez-vous qu'une escort girl si elle se sait séropositive va t elle avoir le cynisme de faire une fellation sans protection à un mec au point de condamner sa vie ? soit qu'elle est vraiment odieuse soit parce qu'elle est persuadée que de toute façon il n'y a aucun risque de transmission avec la salive. alors que le risque 0 n'existe pas.en plus elle savait que c'est ma 1ère fois, avant qu'on couche je lui ai parlé de ma peur des IST j'ai même insisté (j'ai toutes les preuves écrites puisque c'était sur internet) elle m'a assuré qu'elle avait rien qu'elle avait fait le dépistage récemment et m'a dit qu'il faut pas que je me prenne la tête, je lui ai parlé de mes concours, de mes projets d'études, etc. 2-dans le cas où elle se savait séropositive et qu'elle ait délibérément pris un risque juste pour avoir son fric, comment je peux la poursuivre en justice ? c'est une escort girl française (pas une prostituée étrangère) . cela est déjà arrivé à vous ? 3- elle m'avait dit avant notre rdv qu'elle avait fait son dernier dépistage au mois de Novembre 2010. supposons que si elle a été contaminée en décembre, au jour du 22 février 2011 le seuil de prévalence du virus est-il assez fort (période de primo infection) pour le faire passer dans la salin et me contaminer par fellation ? 4 - pour ce qui sont des symptomes générales qui apparaissent durant la primo-infection (même si des fois ils apparaissent pas), j'ai rien eu ni diarrhés, ni grippe, ni nausés à ce jour (cela va faire 1 mois demain depuis le rapport à risque) hormis la diarrhée, la nausée, les vomissements et la fièvre du mercredi 23 février le lendemain. pensez-vous que les symptômes de la primo infection ont été masqués par les effets secondaires du traitement préventif ? pourtant ils se sont arrêtés juste quand j'ai arrêté le traitement. pour le reste je m'ausculte partout mais pour l'instant, je suis clean pas de glanglions, pas de rougeurs, ni aphtes, ni chaude pisse, ni rien sur mon sexe. tout est clean. à partir de quand dois-je m'attendre à l'apparition de ces symptomes ? 5 - dois-je en faire part à mes colocs ? ce sont deux charmantes filles, on partage tous nos secrets, on révise ensemble, on se soutient mutuellement dans nos problèmes, mais là, j'ai pas osé leur dire ça de peur de leur réaction. j'ai eu peur qu'elles me rejettent. le comble de l'histoire, c'est qu'une me plaisait énormément et comme un soir dans une conversation alcoolisé elle a dit qu'elle aimait pas trop les mecs qui n'ont pas d'expérience sexuelle, je me suis dit qu'il fallait que je fasse ma 1ère fois avec une escort pour que j'aie mon expérience. j'ai alors commis la connerie ma vie. maintenant, parti d'une volonté de coucher avec elle, je me suis condamné à vie, je ne pourrais jamais coucher avec elle de peur de lui transmettre cette saloperie et d'ailleurs quand elle le saura, elle ne voudra pas de moi. le cynisme de la vie est parfois effroyable. donc est-ce que je dois leur dire ? ou dois-je attendre le 22 avril pour le dépistage avant de leur dire ? les 3 jours où j'ai pris le traitement préventif j'ai réussi à expliquer les effets secondaires (diarrhée, nausée, vomissement, fièvre ) en disant que j'ai choppé une gastro. heureusement que j'ai arrêté le traitement que j'aurais été en manque de prétexte durant 28 jours. Résumé : prise de risque : fellation non protégée - risque accru : escort girl - risque accru : elle ne veut pas faire de dépistage ou semble cacher quelque chose en disant qu'elle n'a pas le temps - risque accru : arrêt du traitement préventif car j'étais à 2 doigts d'en mourir toutes les probabilités sont contre moi et je vis déjà dans la peau d'un séropositif. je raisonne en malade. j'ai raté 1 mois de cours. et un mot résume mon état actuel : le désespoir.
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230657
b
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