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Etre séropositif : j'ai trié les personnes à qui je l'ai dit

Témoignage d'internaute trouvé sur doctissimo
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Autant de questions récurentes dans les groupes de paroles, ou individuellement quand on est séropo ou qu'on l'apprend. Exprimez-vous sur ce sujet, témoignez, posez vos questions. Quelles sont vos craintes ? Quelles sont vos envies ? Je commence : 1/ La famille et les proches : première réaction de la personne s : ne pas le dire, pour les protéger, ne pas le dire pour ne pas susciter de questions sur : comment tu as pu être contaminé ? Merci de témoigner et de dire vos questionnements et/ou arguments à vous sur la question. Moi,, j'ai fait un tri. Ceux qui peuvent comprendre, ceux avec qui j'ai envie de le partager, ceux dont l'affection pourra m'aider. Je l'ai su peu de jours avant Noël. Je n'allais pas gâcher la fête. Mais je n'étais pas bien. Je ne sais pas dissimuler, mentir et jouer la comédie (pire encore après boire). J'ai eu beaucoup de mal à cacher mon mal-être. J'ai raté des plats en cuisinant, je n'ai pas sauté au plafond pour mes cadeaux (mon anniversaire aussi ce jour-là) J'ai fait ce que j'ai pu pourtant, mais intérieurement je ne pensais qu'à ça, parce que je n'y croyais pas, je pensais à une erreur, j'attendais le Western Blot, persuadé qu'il serait négatif. Donc par moments l'euphorie et l'espoir l'emportaient, par moments, une peur immense et intolérable. Deux personnes dans le groupe familial le savaient et ça m'a beaucoup aidé. Beaucoup pédés, oui, car ils l'étaient aussi (mais non, pas s, pédés ! ) à le cacher aux autres. J'avais au moins deux complices qui "savaient". Eux, je leur ai téléphoné à la minute même où j'ai eu le résultat du test et c'était bon de pouvoir m'écrouler à le leur dire, même s'ils ont été attérés et ne savaient quoi dire. Confirmer avec eux que "c'était pas possible", que "ça devait être une erreur". Le lendemain, le 26, une de mes filles avait noté mon agitation et mon impatience à guetter le facteur qui n'en finissait pas d'arriver. Aucune raison d'ouvrir mon courrier à l'étage. W.B. Coup de massue, je me précipite à l'étage le temps de pleurer, de me ressaisir et de redescendre "jouer la comédie". Quelques jours après, téléphone, questions, on t'a vu pleurer, qu'est ce qui se passe ? Oui, je l'ai dit au tel à ma fille aînée qui était partie à Londres. L'autre, j'ai attendu un peu, trouvant un prétexte pour qu'elle revienne chez moi afin de le dire de vive voix (je l'ai programmé en, quelque sorte.) Peut-être choc terrible pour elles ? Mais là j'ai pu trouver les mots, pour les rassurer : on est en 2006, on ne meurt plus du SIDA (en France). Je parle des traitements. En les rassurant, je me rassure. Depuis, j'ai un soutien immense de mes filles. Il y a bien eu la question de l'une : mais qu'est-ce que tu as fait ? Sur un ton de reproches. Ce que j'avais fait fait, elle le savait bien, mais comment ça pouvait être possible sachant mon engagement/prévention dans le SIDA/VIH depuis 20 ans ? . Je savais pas moi-même. Le reste de la famille ? Trop cons. Pas envie des ragots ds mon dos : "ça devait bien arriver… Il a dû le chercher, etc… Evidemment, c'est un pédé. Ou ah bon ? Il est comme ça ? " Ou me regarder avec pitié comme un pauvre malade alors que je pétais la forme. Ça non, alors. Pas de pitié, pas de commisération. La mère de mes filles (la mitigée négresse, vous savez ? ) , je le lui ai dit quand j'ai pu le lui dire de vive voix, pas par courrier, pas par tel, 6 mois après. J'ai même fait 7000 kms pour ça… (Bon un peu pour le soleil, aussi quand même - mais, au fait, me suis aperçu que je le supporte plus, le soleil et la chaleur, c'est un effet du vih, ça ? -) Les autres, ils savent pas, et si je devais être malade ou en mourir (sait-on jamais ? L'échec thérapeutique ça existe quand même) je ne veux pas qu'ils sachent. On m'a dit : il ne faut pas le dire à tes filles, il faut les ménager, ne pas les plonger dans l'angoisse. Eh ! Merde ! Nos relations sont fortes, j'aurais pas pu mentir longtemps. Et puis, quand on sait que les liens sont forts, ne peut-on pas se serrer les coudes ? Pleurer ensemble éventuellement, mais aussi se réconforter mutuellement ? C'est ça les vrais liens familiaux. Bien sûr, la "famille de circonstance", sans liens forts et vrais, c'est différent. Chez nous, seules mes filles, leur mère et mes deux amis proches le savent. Si mes parents avaient été vivants, ça aurait été niet, pas pour les ménager, ceux-là, mais trop cons pour l'entendre ! Mes filles m'ont dit qu'elles m'en auraient beaucoup voulu si j'avais tardé à le dire ou si je l'avais pas dit. 2/ le (s) partenaire (s) : quand ? Comment ? Pourquoi ? Lesquels ? Bien sûr, pour moi c'est évident de le dire quand on a un partenaire unique, a fortiori si on l'aime. Mais les autres, c'est selon… Pourquoi le dire à un partenaire occasionnel quand on sait qu'on le protège et qu'on ne lui fait courir AUCUN RISQUE ? Pour qu'il culpabilise et panique ensuite et vienne poser toutes les questions à la con qui font bondir Lolo ? Alors je dis pas - Mon médecin m'a presque traité de criminel de pas le dire, moi JE SAIS QUE JE NE LE SUIS PAS (criminel) -, il y a aussi les partenaires qui te fuient comme un pestiféré dès que tu le dis. Tous les "clean" et autres "sains". Moi, j'avais un beau, jeune, et bon copain plein de santé et plein de vie que je voyais régulièrement et avec lequel nous utilisions des préso. Alors vous pensez bien que je me le préservais bien celui-là !!! Quand je l'ai su je ne lui ai rien dit. Plus tard, me disais-je… Je ne lui ai fait courir aucun risque, mais je me suis tu. Comme je l'aimais bien, au bout de 3 mois je le lui ai dit… par e-mail. Je n'ai plus jamais entendu parler de lui, même pas un e-mail, même pas un coup de tel. Disparu, le mec !!! C'est NUL, ça !!! 3/ Les zamis et copains (hors sexe) : je dis pas, non plus. Zont pas besoin de savoir. Là encore pas envie qu'on me prenne en pitié ou qu'on me fuie. Des voisins très proches ont su que j'avais une maladie grave. En plus, savent pas que je suis pédé (ils doivent bien s'en douter un peu quand même). J'ai dit que j'avais une maladie du sang, une sorte de cancer… 5/ A son travail Alors pour moi, c'est NON ! NON ! NON !
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218447
b
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