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Conséquences désastreuses

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Atteinte d'hyperthyroïdie complexe à l'âge de 15 ans, avec nodules chauds et froids, j'ai dû suivre un traitement fatiguant au Néo-mercazole. Durée du traitement : 20 mois, puis j'ai été sous Lévothyrox, à faible dose. Mon état de santé s'est plus ou moins stabilisé, j'ai pû étudier normalement et passer mon bac. A 19 ans, récidive d'hyperthyroïdie, et là, je décide de me faire opérérer. A cause de la tachicardie, j'ai suivi plusieurs mois un traitement aux béta-bloquants, pour faire baisser ma tension et mon rythme cardiaque devenus dangereusement élevés. Décembre 1997: opération. Tout se passe très bien. Sauf que…

A la clinique, je reçois le lendemain mes premiers comprimés de jeune opérée qui n'a plus de thyroïde. D'emblée, on me dose à 175, au vue de ma taille et de mon poids (1m75, 62 kg). Mais après des années avec une thyroïde qui fonctionnait au ralenti, ce dosage s'est révélé beaucoup trop fort (aujourd'hui, je suis à 125). Mais personne ne s'est rendu compte des dégats que cela a engendré. Peu à peu, j'ai retrouvé toute mon énergie. A la fac, j'étais très active, puis je suis devenue insomniaque, j'ai arrêté de manger sans vraiment m'en rendre compte, puis je n'ai plus fermé l'oeil de la nuit, j'ai maigri jusqu'à 56 kg. Comme un drogué sous emphétamine. Sauf que je ne me droguais pas et que sans le savoir, j'absorbais ma dose tous les matins. Mon coprs, à ce rythme là, a fini par exploser.

A force de ne plus dormir, de ne plus manger, d'être toujours en sur-activité, j'ai perdu les pédales et fait une bouffée délirante aigüe. En gros, je me croyais poursuivie par les forces du mal, pendant les trois jours du Jugement Dernier, je me prenais pour un personnage de roman, et les gens aux yeux marrons-verts étaient tous des démons… ça m'a conduit direct en psychiatrie.

Là bas, on m'a mis en chambre d'isolement, parce qu'il n'y avait plus de places dans l'unité psy des adolescents. Je me suis retrouvée avec des hommes agés de 40 à 60 ans, et je suis arrivée dans le service un soir où tout lemonde était très agité, il y avait pour moi des risques de viol. Pour me protéger : chambre d'isolement. Malheureusement, on ne pouvait pas m'y laisser indéfiniment, et quand j'en suis sortie, des hommes ont profité de ma faiblesse. Je croyais alors tout ce qu'on me disait, plus aucun jugement raisonnable. Le papi de 60 ans qui m'a dit qu'il était Dieu et qu'il voulait m'embrasser, je l'ai laissé faire quand il m'a roulé une pelle. J'en ai suivi un sous la douche, un autre dans sa chambre, et ils ont bien failli m'avoir. Le seul truc qui m'a sauvé, c'est que je me bornais à dire, même sans beaucoup de jugeotte, "jamais sans préservatif". Or, personne n'en avait, alors cette idée m'a sauvée la vie. Bref, expérience très douloureuse, je ne parle pas du pire.

Quand je suis sortie de l'hopital psy, j'ai été suivie par un psychiatre (en tout, il m'aura suivie 6 ans après cet épisode de BDA). Il a d'abord parlé de schyzophrénie. Pendant des mois… Puis il a bien vu que c'était pas le cas. Il s'est rabattu sur une psychose maniaco-dépressive. Mais la batterie de médecins qui me suivaient depuis des années ont remis en question son diagnostic. Ils ont fait des recherches, et on trouvé un cas similaire au mien dans les hopitaux de ma région. Une femme de 50 ans avait été victime d'une décompensation post-opératoire, après une thyroïdectomie totale. Même symptômes, mais en moins fort, parce qu'à 50 ans, on a beaucoup moins d'énergie qu'à 20. Puis, des analyses poussées ont montré que mon dosage était trop fort, et qu'en plus, j'étais hyper sensible à toutes sortes de médicaments. Donc voilà.

Mon cas est très, très rare. Mais il peut arriver, et les conséquences sur une vie sont désastreuses. A 20 ans j'ai dû arreter mes études universitaires. Tous mes amis m'ont laissé tomber, parce que j'étais folle à leurs yeux. Pendant 2-3 ans, j'ai perpétuellement douté de moi, je me suis surveillée en guettant les moindres signes de folie. Je m'en suis sortie avec beaucoup de courage et de volonté, peu de gens s'en sortent aussi bien après toutes ces horreurs, agressions sexuelles notamment. J'ai choisi d'avancer et de ne pas me laisser aller à la dépression.

Aujourd'hui, j'en veux aux médecins. Ils auraient dû être plus vigilants à la clinique. Lorsque ma cousine a subi la même opération, on ne lui a pas donné un dosage si fort dès le début. On a monté progressivement sa dose de Lévothyrox, tout en douceur. Pour moi, ils n'ont pas fait ça.
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93237
b
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