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coqueluche

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Bonjour,

Je tiens à apporter mon témoignage afin que le calvaire subi par ma toute-petite atteinte de la coqueluche ne soit pas vain ! Ma petite de 5 mois tousse depuis trois semaines et elle est hospitalisée depuis 9 jours ; pendant tout ce temps sa vie a été en danger. Ce n'est que depuis hier que nous pouvons dire que ses jours "ne sont plus en danger" (je reprends les termes de la chef de service). Pour autant, elle ne sortira pas avant trois semaines voire un mois et continue à faire des quintes impressionantes accompagnées d'apnées (= pauses respiratoires) , de bradycardie (=ralentissement cardiaque) , cyanose (=bleuissement dû au manque d'oxygène) et autre désaturation en oxygène…

Nous avons failli perdre notre bébé ! Pourquoi ? Parce que j'ai placé une confiance AVEUGLE en notre pédiatre qui me disait que la vacciner n'était pas urgent… Résultat des courses : à 5 mois, notre chérinette n'avait eu que le BCG. Etant plutôt d'une nature à me méfier de la sur-médicalisation, je n'ai pas bougé quand la pédiatre m'a dit ça ; à vrai dire, je n'ai pas réalisé… Je me suis dit que si la pédiatre trouvait que ce n'était pas pressé, eh bien ça ne craignait rien et je ne voulais pas "embêter" ma puce avec des vaccins si ça pouvait attendre !

Ensuite j'ai commencé à être malade. J'ai eu une laryngite, qui a dégénéré en bronchite. Le médecin m'a prescrit un sirop anti-tussif. Mes quintes étaient de plus en plus impressionnantes, jusqu'à m'en faire vomir ; jamais je n'avais toussé comme cela de toute ma vie. Je suis retournée chez le médecin, qui m'a prescrit des antibios.

Rien n'y a fait.

Quelques jours après cette visite, ma petite chérie tousse aussi. Je retourne chez le médecin (généraliste, n'ayant pas de pédiatre de garde ce samedi-là). Il diagnostique une rhinite. Quelques jours après, la petite n'allant pas mieux, je la conduis chez sa pédiatre, qui diagnostique une bronchiolite et prescrit dix séances de kiné.

Un soir, je remarque que sa fontanelle est creuse ; j'appelle de suite sa pédiatre qui me rappelle tard le soir et m'envoie aux urgences où elle est auscultée de suite, mais là encore personne ne pense à la coqueluche, juste à une gastro et à un petit début de déshydratation.

Pendant les dix jours de la kiné respiratoire, nous avons la pédiatre tous les jours au téléphone, nous voyons un kiné chaque jour, et de mon côté je revois deux médecins pour mon IMMENSE fatigue, ma toux, tout en leur parlant de la toux de ma puce et de ses vomissements. Personne ne pense à la coqueluche qui touche pourtant 30% des adultes atteints de toux prolongée. Mais l'info n'a pas criculée vers les généralistes ! Et peu d'entre nous savent que vers 25-30 ans, nous ne sommes plus immunisés contre cette saloperie, même vaccinés étant petits ! Et nous risquons de la transmettre aux tout-petits, qui en meurent encore parfois malheureusement.

Au terme des séances kiné, la petite tousse et vomit toujours. Elle a entre temps revu la pédiatre, qui n'a rien trouvé de particulier ; à cette nouvelle visite, elle me dit simplement de lui donner encore plus de ventoline ainsi qu'un traitement homéopathique anti-tussif.

Deux jours plus tard, sa nounou m'informe qu'elle a toujours du mal à respirer et qu'elle a vomi. Après discussion avec sa nounou, j'annule le RV pris avec un autre pédiatre pour aller directement aux urgences…

Là, le médecin me dit : "Ca fait dix jours que ce bébé tousse et vous n'avez rien fait ? " à quoi je réponds que nous avons eu 5 consultations médicales sans compter le kiné…

"Et comment se fait-il que votre bébé n'est pas vacciné ? " Je lui rétorque que la pédiatre n'étant pas pressée je n'ai pas vu le danger. J'ai eu tort, c'est clair, je m'en veux à un point… inimaginable. Il ne faut pas faire aveuglément confiance ! Quand bien même le pédiatre est, comme la nôtre, urgentiste aussi…

Ma fille a de suite été admise au service de pédiatrie. Les examens ont confirmé la coqueluche ; depuis elle est surveillée et est sous antibiothérapie. Surveillée par un "scope", elle a été mise sous oxygène et "réveillée" lors de ses apnées et autres ralentissements cardiaques… à la maison, que serait-il arrivé ? Sa pédiatre nous disait de ne pas nous inquiéter ; selon elle, les vomissements c'était "une gastro", la petite fièvre "sans doute une dent", et la toux "la bronchiolite qui traîne". Jamais en toutes ces consultations il n'a été question d'examen plus approfondi.

Mais l'erreur est humaine. Je ne lui jette pas la pierrre. Mais j'ai du mal à comprendre pourquoi nous n'avons pas vacciné ma fille plus tôt ; j'aurais dû surveiller moi-même le calendrier vaccinal, mais la pédiatre regardait à chaque fois tout ça, je ne me suis pas méfiée… Mais j'assume seule la responsabilité de tout cela. C'est trop facile de se servir de la pédiatre comme d'un bouc-émissaire, et ce n'est pas très beau. Ceci dit je pense avoir beaucoup de mal à faire confiance désormais…

Ma petite fille aurait pu mourir, car sa coqueluche était "assez sévère", dixit la chef de service de l'hôpital. Ses dernières analyses révèlent que nous sommes à présent dans la dernière phase de la maladie et que nous sommes sur la voie de la guérison. Néanmoins, à cause des quintes asphyxiantes, le danger reste présent et nous devons la surveiller nuit et jour pendant au moins trois semaines encore à l'hôpital, en chambre d'isolation.

A cause de tout cela ma petite fille ne verra pas le soleil durant 4 semaines au moins, aura eu à subir des examens invasifs, douloureux, répétés. Elle aura vu son petit univers s'effondrer. Elle avait perdu le sourire, perdu du poids, et tout cela n'inquiétait pas sa pédiatre… Méfiez-vous ! Soyez vigilantes ! Informez-vous ! Puisse notre triste expérience vous servir en ce point au moins : ne soyez pas aveuglément confiants ! Informez-vous par vous-mêmes et faites respecter vos décisions de parents ! Et si vous toussez… essayez d'en… Et ne traînez pas pour les vaccins ! Quand vous vous retrouvez au chevet de votre bébé piqué de partout, électrodes partout, à vous demander s'il va vivre ou non… croyez-moi, vous regrettez d'avoir attendu !

QU'EST-CE QUE LA COQUELUCHE ?

La coqueluche est en recrudescende depuis 2004. Cette maladie bénigne voire anodine chez l'adulte (qui peut être porteur sain) peut tuer les bébés, notamment les nourrissons de moins de six mois. Or, chez l'adulte, elle peut passer inaperçue : dans mon cas, aucun médecin n'a pensé à ça… on a plutôt songé à une bronchite aiguë, voire pneumonie.

Chez le bébé, la coqueluche commence par une phase dite d'installation : rhume, rhinite qui dégénère ensuite en bronchiolite. C'est en réalité le début de la coqueluche ; peut s'ensuivre une fièvre légère (dans notre cas, pic à 38,5) qui disparaît ensuite tandis que la toux, elle, change de nature pour devenir peu à peu caractéristique de la coqueluche ("chant du coq").

LA COQUELUCHE (extrait du site de pasteur.fr : … pasteur.fr/actu/presse/documentation/coq.html).

La coqueluche est une maladie respiratoire très contagieuse due à la bactérie Bordetella pertussis. La coqueluche se développe par épidémie. La contamination s'opère par voie aérienne lors de contacts directs avec des personnes infectées. Dans les pays non vaccinés, la transmission se fait d'enfants à enfants. En revanche, dans les pays vaccinés depuis longtemps, comme la France, la transmission se ferait maintenant d'adultes à nourrissons. Cette maladie, considérée longtemps par erreur comme une maladie de la petite enfance, peut être sévère pour l'homme à tout âge mais est particulièrement dramatique, voire mortelle, pour les nourrissons de moins de 6 mois et les personnes à risque telles les femmes enceintes et les personnes agées .

Epidémiologie.

L'incidence de la maladie a largement diminué dans les pays ayant introduit la vaccination généralisée. On dénombre, cependant, toujours de 40 à 60 millions de cas de coqueluche dans le monde avec environ 300 000 décès par an dont la majorité recensés dans les pays en développement. Dans les pays ayant une vaccination généralisée depuis plus de quarante ans, tels l'Australie, la Belgique, le Canada, les Etats-Unis, la Finlande, la France et les Pays-Bas, on observe depuis une dizaine dannées un changement de transmission de la maladie dû principalement à l'absence de rappel vaccinal après dix-huit mois. En effet, la transmission ne se fait plus d'enfants à enfants, comme dans l'ère pré-vaccinale, mais d'adolescents-adultes à nouveau-nés. Les rappels vaccinaux n'étaient pas recommandés en raison d'une éventuelle augmentation des effets secondaires entraînés par des vaccinations répétées avec le vaccin à germes entiers. En France, suite à plusieurs enquêtes réalisées en 1991, 1993-1994 et 1999, le même changement a été observé. Pour cette raison, depuis 1998 un rappel tardif à 11-13 ans est recommandé pour les adolescents et depuis octobre 2004 pour les jeunes parents, les adultes à risque, et les personnels de santé en contact avec des nouveau-nés. Ces rappels ont pu être introduits grâce à la mise sur le marché, de vaccins sous unitaires ou acellulaires (c'est-à-dire composés de protéines bactériennes inactivées) adaptés au nourrisson et à ladolescent ou à l'adulte. D'autres pays, tels l'Allemagne, l'Autriche, l'Australie, le Canada, ont décidé de faire de même.

Symptômes et confirmation du diagnostic.

La coqueluche clinique typique se caractérise par une toux persistante (plus de trois semaines) sans fièvre dans la majorité des cas, avec quintes associées à une reprise inspiratoire difficile, ou des apnées ou… de cyanose, ou encore des vomissements survenant après les quintes. Chez les jeunes enfants, les complications majeures sont des pneumonies ou des affections neurologiques (crises convulsives, encéphalites). Chez le nourrisson, la coqueluche peut être très grave voire mortelle. Une enquête récente réalisée en France indique que la coqueluche est la troisième cause de mortalité due à une infection bactérienne chez les enfants. Il est important de noter que chez les adolescents et les adultes, la coqueluche peut être souvent atypique, ceci en fonction des rappels naturels (contacts avec des personnes infectées) que ces adolescents ou adultes ont eu au cours de leur vie et donc de leur immunité qui varie dun individu à un autre. Cependant, dans la majorité des cas il sagit dune toux par quintes, sans fièvre, qui saggrave la nuit accompagnée dune reprise inspiratoire difficile. Les caractéristiques cliniques pouvant varier, il est très important de confirmer la maladie par un diagnostic biologique afin de pouvoir arrêter la transmission et protéger les personnes en contact avec la personne infectée.

La confirmation du diagnostic de toux avec quintes évocatrices de coqueluche, supérieures ou égales à huit jours, est réalisée au laboratoire :

- dans la première semaine de toux, soit en isolant le germe à partir d'une aspiration nasopharyngée ou dans les trois premières semaines de toux en identifiant son matériel génétique (par la technique de PCR, Polymerase Chain Reaction) ,

- soit par la détermination du taux d'anticorps anti toxine pertussis ou PT dans deux sérums prélevés à un mois d'intervalle (l'un au début de la maladie et l'autre en fin de maladie). Le diagnostic sérologique est considéré comme positif s'il existe une diminution ou une augmentation importante du taux d'anticorps anti-PTentre le premier et le second sérum. Il est de plus en plus admis qu'un taux élevé d'anticorps anti-PT chez un individu ayant reçu une vaccination il y a plus de deux ans signe l'infection.

Traitements.

L'antibiothérapie de choix, utilisant le plus souvent des macrolides, élimine la présence de la bactérie dans les sécretions, ce qui diminue ainsi les risques de contamination. L'antibiothérapie est préconisée pour toutes les personnes de l'entourage proche du malade quelque soit leur âge ou leur état d'immunisation.

Vaccination.

En France, la vaccination des enfants est recommandée dès l'âge de deux mois… Le calendrier vaccinal consiste en trois injections à 2, 3 et 4 mois avec un vaccin coquelucheux associé aux vaccins tétanique, diphtérique, poliomyélite et Haemophilus. Les rappels ont été fixés à 16-18 mois et 11-13 ans. De plus, un rappel est recommandé chez les adultes en contact avec des jeunes nourrissons.
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50830
b
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