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La prostitution

Témoignage d'internaute trouvé sur france3
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On peut bien sûr réfléchir pas seulement aux motivations individuelles des clients, mais aussi à leurs motivations collectives. Explication :

- je suis client pour des raisons personnelles (les femmes avec qui j'ai vécu ont arrêté les relations sexuelles après leur grossesse, malgré une complicité au lit qui paraissait mutuelle et réciproque).

- mon histoire familiale fait que les femmes ont souvent, dans ma famille été considérées comme des trophées plus que des partenaires de vie.

Toutefois, il faut se poser la question globale de notre regard sur la sexualité en tant que société.

- les médias et leur jeunisme sexiste font plus de place à Mélissa Theuriau qu'à Mireille Dumas : c'est les courbes et la frimousse qu'on met en avant, pas le cerveau.

- la publicité (60% des magazines féminins) nous montre non seulement des femmes sublimes (ce qui dévalorise les autres) et irréelles (3 heures de maquillage coiffure et autant de retouche à la palette graphique) , mais surtout des femmes sexuellement offertes, disponibles, qui vont ou qui viennent de faire l'amour.

Délire ? Regardez-bien les pub Dior, Perrier, les cosmétiques, le porno chic de nos publicitaires. Normal : ça fait vendre, car la promesse de plaisir agit comme un chiffon rouge sur le consomateur (trice) qui achète, mu (e) par sa libido.

- par ailleurs, la libération sexuelle est à son apogée%u2026 dans les discours ! Les rubriques sexo nous disent à longueur de semaine dans les magazines masculins et féminin tous les secrets du cunilingus et de la fellation, mais il est autrement plus difficile de passer à la pratique, surtout quand on est ni Brad Pitt, ni Angelina Jolie.

- Résultat des courses : bombardé d'images suggestives et encouragé par les gourous de l'orgasme comme droit, si ce n'est comme devoir, l'homme devient progressivement client.

Client parce que dans un monde qui le réduit à l'impuissance (le Darfour, l'Irak et la hausse du pétrole, il n'y peut pas grand chose) , il ne lui reste qu'un plaisir de plus en plus solitaire. Et le parti d'en jouir, pour reprendre l'expressio d'André Berkoff.

- bien sûr, et c'est tant mieux, les femmes "normales" ont autre chose à faire que l'amour à tout bout de champ. Multitaskées, émancipées, responsables, elles en font au moins autant que nous (si ce n'est bien plus) pour survivre dans un monde difficile. Alors la bagatelle volontaire (pas celle accordée au corps défendant, du bout des lèvres) , c'est quand les dossiers sont bouclés, les devoirs des petits faits, la tête reposée et le corps revigoré par une grasse matinée, autant dire 2 fois par mois par beau temps !

- Heureusement il y a la pornographie qui reprend pile-poil épilé là ou la décence du CSA s'arrêe : quasiment les mêmes femmes sublimes que Clarins ou Loréal (le porno classe reprend les codes du porno chic) se livrent sur les DVD ou les sites Internet. Et les mâles se retrouvent scotchés des yeux à leur ordinateur, et de la main à leur entrejambe. Triste libération sexuelle asservissante. Une webcam est plus facile à obtenir qu'un café en terasse avec une belle nana.

- heureusement, la prostituée est là. Une vraie fausse-femme, (qui répond aux canons de la beauté énoncés par la dictature médiatique) pas virtuelle pour un sou (mais bien réelle pour beaucoup plus). Et là, jackpot : on n'a pas à se prendre un rateau, à déclarer notre flamme alors qu'on voulait juste faire l'amour, à se justifier, à faire le beau, la roue et se pavanner en invoquant nos plus belles lectures. Pas besoin de la fiancer, de l'épouser, de la tromper. Du prêt à aimer qu'on peut laisser à peine consommé. Gain de temps, d'argent, d'énergie : on ne l'emmène pas en vacances, on ne prend pas un crédit sur 20 ans avec elle, on n'a pas une marmaille avec alors qu'on voulait juste jouir.

Est-ce pour autant qu'on la méprise ? Non. Vous méprisez votre dentiste ? Votre prof d'anglais ? Votre teinturier ? Non, et vous pouvez d'ailleurs entretenir à son égard une estime, parfois réciproque. La prostituée ne vend pas son corps, comme le hurlent les féministes à longeur de cliché ; elle loue un service. Et sacré service que celui qu'elle rend là.

Oui, il y a bien sûr un aspect sordide, celui de l'abattage, de l'esclavage sexuel. Mais ce n'est pas toute la prostitution (et les vraies féministes reconaissent que ce n'est même pas de la prostitution, mais de la contrainte : on ne dit pas des noirs de Virginie dans les champs de coton qu'ils étaient agriculteurs, mais ils étaient d'abord et avant tout esclaves).

Les prostituées que je fréquente sont toutes libres, et mes plus proches, celles avec qui j'entretiens des relations d'amitié (il peut nous ariver de déjeuner ensemble) se qualifient elle-mêmes comme des libertines rémunérées. Elles aiment le sexe, l'intimité partagée avec les clients et en ont fait leur activité. Il leur arrive d'avoir un conjoint, au courant parfois, d'autres pas. Elles assument cette double vie, et se laissent à jouir en privé avec les hommes qu'elles aiment en public, pas avec leur clients.

En résumé, pour moi, ce n'est pas la prostitution qu'il faut interdire, pourchasser condamner : c'est le proxénétisme, la contrainte, l'esclavage sexuel. Et la publicité sexualisée, qui vend si bien le corps de la femme et son image, qui la prostitute bien plus que les professionnelles.
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42192
b
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