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Une vie sans sexe

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Qu'ils l'aient choisi ou non, ceux qui ne font pas l'amour sont plus nombreux qu'on le pense. Complexe de la performance ? Désintérêt pour la bagatelle ? Solitude enracinée ? Deux livres récents* soulignent le phénomène. Les " exclus du sexe " longtemps silencieux, feraient-ils leur coming out ?

Combien sont-ils que rien n'orientait vers l'abstinence mais qui la subissent depuis plusieurs mois, voire plusieurs années ? Qui sont-ils ces exclus d'une société où tout s'érotise ?

On pense bien sûr aux spécialistes de l'abstinence, ceux qui en en ont fait v&oelig ; ux par conviction religieuse, ou aux asexuels revendiqués, moins connus, qui affirment ne trouver aucun intérêt à la bagatelle et n'hésitent pas à se comparer à des amibes.

Et puis il y a ceux qui décrochent, plus nombreux qu'on ne l'imagine. Ils sont célibataires au long cours, divorcés, séparés, veufs, parfois même en couple…

Selon Jean-Philippe de Tonnac, auteur de La révolution asexuelle beaucoup de personnes sont en fait concernées à un moment ou à un autre de leur vie.

L'enquête publique d'analyse des comportements sexuels en France (" Rapport Spira ") réalisée en 1992 auprès de 20 000 personnes âgées de 18 à 69 ans laissait déjà apparaître que 12,4 % des femmes et 6,2 % des hommes étaient sexuellement inactifs (les sexuellement actifs étant ceux ayant eu au moins un rapport sexuel dans les 12 derniers mois !! ).

Des causes multiples.

Dans "No sex last year", David Fontaine a recueilli les témoignages d'hommes et de femmes qui n'ont pas fait l'amour pendant 6 mois, un an, trois ans…

Les raisons de cette non-pratique sont diverses : un célibat qui se prolonge avec une absence de relations sexuelles à laquelle on finit par s'habituer, le stress de la performance, une méfiance vis-à-vis de l'autre sexe suite à un échec, l'appréhension d'une reprise des rapports après un accouchement ou un affadissement du désir…

S'il existe des causes circonstancielles, Jean-Philippe de Tonnac relève dans La révolution asexuelle des facteurs nouveaux comme les MST qui rendent plus méfiants, le " couple égalitaire " qui inquiète et inhibe un certain nombre d'hommes, la solitude moderne et les leurres proposés en réponse (sites de rencontres, speed dating) , le commerce des produits sexo-actifs (viagra, alcool…) aux effets paradoxaux…

Enfin, il souligne le paradoxe de la sur-représentation sexuelle, plutôt inhibante et contre-productive selon lui : " Si certains ont certes besoin de cette vie hyper érotisée, il me semble qu'une grande proportion de la population se sent souvent blessée, heurtée dans sa haute idée de la sexualité. Mais personne ne l'avoue ".

Cette sur-représentation aurait un autre effet, celui de présenter une sexualité faite pour des champions à travers le cinéma, la pornographie…

" Du coup, poursuit Philippe de Tonnac, on délègue à d'autres le soin de faire l'amour, dans l'idée qu'il y a des spécialistes de la chose qui font ça si bien ". On développe l'idée que nous ne sommes pas de grands pratiquants du sexe et que ce qui se passe dans le lit du voisin est à priori mieux que ce qui se passe chez nous.

En finir avec le sexuellement correct.

Enfin, il y a un discours admis selon lequel la sexualité est la chose la plus importante du monde, qu'il faudrait avoir tant de rapports hebdomadaire, si possible dans des positions et des pratiques variées. Or la sexualité ne peut pas être normée et l'on ne peut la faire rentrer dans une idéologie.

En préambule de "No sex last year", David Fontaine pointe du doigt le diktat du sexuellement correct et du " bien baisant " : " si hier, c'est le pratiquant qui était durement dénoncé comme pervers et vicieux par la morale religieuse, aujourd'hui, en forçant un peu les choses, c'est le non-pratiquant qui ferait figure d'anormal, d'asocial, voire de cas pathologique… "

Jean-Philippe de Tonnac abonde dans ce sens et va même plus loin : " la sexualité n'est la preuve de rien. Le désir est toujours présent, même s'il peut emprunter des expressions inédites. Oser la non pratique peut permettre de restaurer les vraies envies. Ce qui est beau, c'est la naissance du désir. N'envisager que son aboutissement est une piètre vision des choses. Ce qui me paraît intéressant, c'est de retrouver l'amour du désir. Mais notre époque n'aime pas l'inabouti. Or, dans la grammaire du désir, c'est une dimension essentielle. "

http://www.plurielles.fr
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