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Le ni oui, ni non

Témoignage d'internaute trouvé sur aufeminin
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Venue passer quelques jours chez son cousin Eros, Sylvia profite de l'ombre et de la fraîcheur qu'offre le grand saule planté au beau milieu de la grande propriété de son cousin, la tête posée sur les jambes de son amie Sophie qui elle s'est adossée au tronc de l'arbre le nez plongé dans un de ses bouquins. N'aimant pas lire, Sylvia s'ennuie un peu, elle rompt alors le calme du lieu.

-Tu connais le jeu du ni oui, ni non ?

Sophie lève le nez de son livre se demandant une fois de plus où veut en venir Sylvia.

-Bien sûr !

-On y joue ?

-Attends ! Je jouais à ça quand j'avais 10 ans, c'est relou ! Aujourd'hui j'en ai 21 et c'est plus trop mon trip.

-Justement à notre âge ça peut être très drôle un jeu de questions-réponses avec interdiction de prononcer ni oui ni non. Tu as peur de ne pas y arriver ? Ou tu as peut-être peur des questions que je pourrai te poser ? Provoque malicieusement Sylvia.

-Pas du tout !! Rétorque énergiquement Sophie passablement agacée. Bon, vas-y commence, je vais t'écraser comme une fourmi, les mots c'est mon truc je te rappelle !

Se redressant pour faire face à son amie, Sylvia lance tout de go.

-Tu penses vraiment que tu peux gagner ?

-Evidemment madame ! Cela va de soi, ce n'est pas deux neurones qui vont me faire peur !

-Tu le trouves comment mon cousin ?

-Ma foi… plutôt pas mal, il a un joli petit cul.

-Tu serais capable de le sucer devant moi si je te le demandais ?

-Quoi ?!! Ça ne va pas… mmm maligne, j'ai failli prononcer le mot fatidique… t'es trop forte… mais pas assez pour moi cependant… alors pour répondre à ta question, je dirai que non seulement je lui ferai une pipe de la mort-qui-tue mais ensuite je lui arracherai tous ses vêtements et je le baiserai sauvagement devant toi !!

Sylvia éclate de rire suivie de peu par Sophie qui en rajoute une couche en mimant la scène.

-Je m'assiérai sur son visage, je lui agripperai les cheveux en lui criant humm, bouffe-moi la chatte mon mignon, c'est trop bon !!

Sautant sur l'occasion Sylvia enchaîne avec la question suivante.

-Et moi t'accepterai que je goûte à ton petit abricot ?

-Mais c'est quoi tes questions ?

-Quoi ? Ça te gène ?

-Pas du tout, ma jolie, je ne dis pas que ça ne m'a jamais traversé l'esprit mais de là à passer à l'acte.

-Et avec moi, tu te laisserais aller à un moment charnel ?

Sophie prend le temps de réfléchir mais Sylvia lui indique que le jeu veut quelle réponde du tac au tac. Agacée Sophie réplique.

-Avec toi ça entre dans l'ordre du possible. Oui !!

Souriant jusqu'aux oreilles, Sylvia jubile.

-Oh comment je t'ai eue, madame la joueuse des mots. Je vais t'écraser comme une fourmi. T'as perdue et je vais te mettre un gage.

-Un gage mais on n'en avait pas parlé de ça ?

-Attend t'as perdue, il y a forcément un gage.

2.

Ayant vu son cousin arriver au loin. Sylvia regarde Sophie avec un air de défi.

-Quoi, à quoi tu penses là ? Oh arrêtes de me regarder comme ça, tu me fais flipper.

-Ce n'est pas toi qui parlais de faire une pipe de la mort à mon cousin ?

Eros, que son prénom a du prédestiné, est un jeune étudiant de 22 ans passionné de mythologie grecque mais absolument pas porté sur les filles et les jeux amoureux contrairement à ce que son apparence aurait pu le laisser espérer puisque que c'est un très beau jeune homme brun au regard sombre et perçant.

Ses parents sont partis passer un mois de vacances au Burkina Faso lui laissant le soin de s'occuper de la maison en leur absence. Il se voyait mal passer tout l'été dans cette grande maison vide c'est pourquoi il a eu l'idée d'inviter sa cousine et son amie pour une quinzaine de jours. Il avait imaginé que ç'aurait pu être l'occasion de longues soirées de discussion où chacun s'y serait donner à coeur joie pour philosopher sur tout et rien.

C'était sans compter sur les facéties de Sophie et Sylvia… Il n'était pas prêt de l'oublier son été 2007.

-Qu'est ce que vous faites les filles ? Questionne Eros en prenant place à côté de Sylvia.

-On jouait à un jeu le ni oui ni non et Sophie a perdu ! Elle doit donc faire un gage.

-Ha bon ! Lequel ?

-Oh rien… des bêtises ! S'empresse de répondre Sophie en rougissant légèrement ce que ne manque pas de remarquer Eros qui n'insiste pas mais qui est charmé par ce qu'il prend pour de la timidité.

-Bon ! Qu'est ce qu'on fait alors ? Demande Sylvia qui ne tient pas en place.

Sans même faire attention à elle, Eros commence à disserter sur le prénom de Sophie et sa signification, la sagesse puis sur la philosophie et enfin sur son sujet favori la mythologie gréco-romaine.

Totalement absorbé dans ce qu'il explique aux filles sur les liens filiaux qui existent entre tous les dieux et les déesses grecques, c'est à peine s'il remarque que Sylvia chuchote quelque chose à l'oreille de Sophie qui en rougit.

-Allez ma belle, c'est le moment de rebondir et d'entamer le chemin vers ton gage, je veux que tu lui fasses ta fameuse pipe de la mort qui tue, ici et maintenant.

-Mais euh comment veux tu que je…

-C'est pas toi qui a suivi un semestre sur les dieux grecs l'année dernière, parle lui dEros, il t'avais marqué celui-la. Si tu ne le fais pas, tu seras à mes ordres pendant tout le reste du séjour. Et tu sais quelle imagination je peux avoir. Ajoute Sylvia un sourire en coin sur les lèvres.

-Hmm, Ok, c'est bon. T'abuses franchement.

-Oh, ce n'est pas moi qui ai fanfaronné sur ce que tu ferais à mon cousin.

3.

Sophie s'adresse alors à Eros toujours occupé à discourir sur les dieux.

-Dis Eros, j'ai une question, le Dieu de l'amour chez les Grecs, c'est bien Eros et Cupidon chez les Romains ?

-Euh oui tout à fait… Dans la Théogonie d'Hésiode et chez les Orphiques, Eros est considéré comme un dieu créateur et l'un des éléments primordiaux du monde. Il serait le premier dieu, né de l'oeuf primordial, sans lui aucuns des autres dieux ne seraient nés. Depuis le VI ième siècle avant notre ère, il est d'abord…

-Je t'en demandais pas tant, coupe Sophie et prenant son air malicieux : j'ai très envie de toi là tout de suite, maintenant !

-Quoi ?! Mais enfin qu'est ce que vous manigancez toutes les deux ?! Bande d'intrigantes.

La jeune femme intrépide s'approche alors de lui et lui murmure à l'oreille :

-Laisse toi faire mon bel Apollon, tu ne le regretteras pas, c'est que du bonheur que je te propose, ferme les yeux et imagine toi au paradis, dans un royaume imaginaire, où l'amour est roi et la sensualité est reine. Le temps n'existe plus, seul le sang qui bat dans tes tempes rythme l'infini. Ferme les yeux te dis-je et allonge toi sur ce lit de lys aux senteurs enivrantes. Ne les sens tu pas ?

-Si. Répond Eros qui s'est allongé sur l'herbe en fermant les yeux, hypnotisé par les paroles de Sophie.

-Imagine maintenant de jolies nymphes, sept jeunes femmes d'une beauté rare comme les pléiades qui dansent et chantent autour de toi, laisse-toi bercer par leur douce mélodie.

Tandis qu'elle lui susurre ce conte mythologique à l'oreille, essayant d'éveiller ses sens et son imagination, Sophie lui caresse doucement le ventre pour qu'il s'habitue à la douceur de ses mains.

Dégrafant un à un les boutons de son jeans, elle poursuit :

-Imagines leurs mains délicates effleurer ton corps en de multiples endroits, imagine leurs lèvres caresser la moindre parcelle de ta peau, n'ouvre surtout pas les yeux mon bel Eros, tu les ferais fuir à tout jamais.

Sylvia, qui n'en perd pas une miette, n'en croit pas ses yeux. Elle ne fait pas un seul mouvement de peur de rompre le charme. Elle n'entend pas ce que lui dit Sophie mais elle la voit le caresser de plus en plus et lui, son cousin, complètement impudique se tordre et gémir sous les divines paroles.

Ils l'ont complètement oublié ! Ce n'est pas possible autrement. Elle se sent presque gênée d'assister à ces échanges intimes. C'est un monde quand même, c'est eux qui devraient être gênés !

Effleurant le sexe d'Eros à travers le tissu, Sophie le sent gonfler, lui murmurant au creux de l'oreille ce que les Hespérides, filles d'Atlas et d'Hespéris lui feraient subir comme châtiment s'il devait récupérer les pommes d'or, tout comme hercule lors de ses travaux. Elle l'embrasse alors à pleine bouche. Sous les yeux ébahis de Sylvia. Elle libère enfin la hampe à l'étroit dans son carcan d'étoffe. Ses lèvres sinuant dans le cou du jeune homme perdu dans le jardin des Hespérides, prisonnier des mains et des lèvres qui lui parcourent le corps.

De ses lèvres Sophie embrasse avec légèreté le sexe d'Eros qui se dresse plus fièrement encore. Sa langue en parcours toute la longueur. Les gémissements du jeune homme s'accentuent. Sophie le prend entièrement dans sa bouche, défiant du regard Sylvia qui ne sait plus quoi penser de son amie, habituellement si pudique.

4.

Elle se lève, décidée à laisser les deux amants se papouiller en paix, et rejoint la cuisine une pointe d'animosité dans le coeur.

Pourquoi cette déception en elle alors qu'elle a tout fait pour pousser Sophie dans les bras de son cousin avec ce pari stupide. Il faut bien se rendre à l'évidence, elle espérait secrètement que son amie refuserait farouchement ce gage idiot et qu'elles continueraient leurs jeux ensemble. Elle aurait fini par lui avouer son homosexualité et par lui expliquer son trouble devant elle, qu'elle lui plaisait plus qu'une amie, que ce jeu stupide n'avait été qu'un prétexte pour se rapprocher d'elle. Elle s'en voulait de plus en plus d'avoir été si maladroite dans son approche et puis d'avoir insister si fortement.

Elle jette un coup d'oeil par la fenêtre au moment où Sophie fait jaillir d'une main habile la semence divine, leurs échanges sont pleins de tendresse, ils ne se quittent pas des yeux, ils semblent si bien l'un avec l'autre, ils semblent s'être littéralement trouvé…

Emergeant du nuage sur lequel ils étaient montés, Eros et Sophie reviennent lentement à la réalité qui les entoure. Sophie remarque alors l'absence de Sylvia et bizarrement elle ressent un malaise. Elle s'en veut d'avoir relevé le défi qu'elles se sont lancées. Habituée aux facéties de Sylvia, elle ne fait plus attention au fond de ses paroles. Elle repense aux questions que Sylvia lui a posées plus tôt et à la dernière réponse quelle lui a faite, au sourire qui s'était dessiné sur les lèvres de son amie, qui ne reflétait peut-être pas seulement sa victoire au jeu.

Elle attrape son livre et file vitesse grand v rejoindre Sylvia dans la maison.

-Eh ! Tu vas où ma belle Aphrodite ?

-Il faut que j'aille voir ma petite nymphe.

Plantant Eros dans l'olympe, Sophie regagne aux pas de course la bâtisse. Elle appelle plusieurs fois Sylvia mais n'obtient aucune réponse. Elle monte alors à l'étage, toque à la porte de leur chambre, toujours aucune réaction.

-Sylvia ? … Je peux entrer ? …

Silence, Sophie pose sa main sur la poignet et essaye d'ouvrir, soulagée de découvrir que Sylvia ne s'est pas enfermée, elle entre doucement et l'aperçoit regardant par la fenêtre.

-Sylvia ? …

Les épaules de Sylvia se soulèvent et un long soupir s'échappe de sa bouche.

-Qu'est ce qu'il t'arrive ?

-Rien.

-Arrêtes, je vois bien que quelque chose ne va pas, dis moi.

-A quoi ça servirait maintenant.

5.

Sophie s'approche de son amie qui lui tourne toujours le dos, elle lui entoure la taille de ses bras, cale son menton sur son épaule et lui murmure :

-Ton cousin n'est pas prêt de descendre de son nuage olympien.

-Oh la ferme.

-C'est donc ça qui te dérange ?

-Non pas du tout.

-Hm, très convaincante.

Sophie ressert son étreinte et les mains de Sylvia rejoignent les siennes, leurs doigts s'agrippent.

-Je suis désolée de t'avoir fait du mal.

-Oh, je l'ai bien cherché… moi aussi je suis désolée d'avoir engagé un pari aussi stupide alors que… enfin, la vérité c'est que je suis un peu perdue dans mes sentiments actuellement.

-Moi aussi ma belle.

-J'aimerai tellement avoir une sexualité normale.

-Il faut s'accepter telle que l'on est.

-Je crois que tu me plais plus qu'il ne faut.

-Cest réciproque ma belle et pour moi aussi ça n'a pas été facile de l'admettre.

Sylvia regarde son amie aimée, ses traits se détendent et un sourire se dessine sur son doux visage. Sophie caresse sa joue doucement, effaçant d'un revers de main les dernières traces de sa tristesse. Enserrant son menton entre ses doigts, elle pose un baiser sur ses lèvres.

Electrisant contact, éveil des sens, libération d'un flot continu de sensations et de sentiments jusqu'alors retenus. Les lèvres s'apprivoisent, s'apprennent, les langues se délient, se lient, s'enroulent, s'emmêlent. Les mains explorent la peau de l'autre, foudroyante chaleur qui les envahie, elles caressent, saupoudrant chaque parcelle des corps de frissons explosifs.

Sophie entraîne Sylvia prés du lit, elles se libèrent l'une l'autre de leurs vêtements, derniers remparts leur ouvrant l… s à une cascade de sensations plus fortes encore. Les lèvres parcourent les corps, les mains caressent la peau, les jambes s'emmêlent. Elles se serrent fort, s'échauffent plus fort. Les volcans s'éveillent, les ventres se tendent. Elles se goûtent. Elles se dégustent, profitant de chaque bouchée, de chaque bouffée du bien être qui les envahie. Elles se serrent toujours plus fort, se tordent encore. L'une étant l'autre, elles se consument de désir, de plaisir. Les gémissements s'accordent, les coeurs battent à l'unisson. Elles atteignent leur olympe sur un nuage d'amour.

Toujours dans les bras l'une de l'autre, profitant du bien être qui les entoure encore. Elles discutent.

-Ce n'est pas cool ce qu'on a fait à Eros quand même, non ? Se demande Sophie prise soudain de remords.

-Le faire jouir, c'est pas cool ? Mais enfin arrête.

-Mais il a peut-être des sentiments pour moi, va savoir.

Sylvia éclate de rire :

-Eros ? Mais il est p.d comme un grec ! C'est bien pour ça que j'ai insisté, j'étais persuadée qu'il t'enverrai balader.

-Mais il ne l'a pas fait… ça t'apprendra à jouer avec le feu, vilaine fille ! S'écrie Sophie en chatouillant les côtes de son amie.

Le soleil se couche sur l'Olympe.

Eros, fidèle à lui-même, a ouvert la voie de l'amour saphique.
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44128
b
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