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La Pornodépendance

Témoignage d'internaute trouvé sur psychologies
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A. Qu'est-ce que la pornodépendance ? La pornodépendance est le fait, pour un amateur de pornographie, de ne plus pouvoir se passer de cette consommation. Celle-ci cesse donc d'être motivée par le seul plaisir ou par la curiosité, mais bien par une réelle forme de besoin physique ou psychologique. La pornographie devient alors une drogue, car le consommateur ne peut plus s'en passer. Comme pour toute drogue, rapidement, l'usager en vient à renouveler non stop les doses… Et pour continuer à en ressentir les effets, il est contraint : soit d'augmenter la quantité consommée (la pornographie prend de plus en plus de place dans sa vie) , soit de se procurer une excitation plus forte, en recherchant des scènes de plus en plus "hard" (violentes) Comme toute drogue, la pornographie peut entraîner chez le patient des conséquences néfastes : isolement social, altération de la perception de la sexualité, ou bien encore troubles physiologiques. B. Qui sont les pornodépendants ? Une règle d'or : personne n'est à l'abri de la dépendance pornographique. Si vous pouviez savoir, vous seriez sans doute surpris dans votre propre voisinage. Néanmoins, certains publics "fragiles" semblent subir plus durement le phénomène. Une constante toutefois : la dépendance pornographique est essentiellement un phénomène masculin. Ce qui apparaît fortement logique, dans la mesure où la pornographie est un produit quasi exclusivement fait pour les hommes, et donc massivement consommé par eux. Les femmes, par contre, auront plus facilement tendance à se rendre dépendantes de relations affectives virtuelles (7) S'il est compréhensible de venir à la pornographique par curiosité, il n'est par contre pas normal d'y rester une fois les émois de la découverte passés. La pornographie ne peut JAMAIS remplacer une construction sociale normale. Les adolescents L'adolescence est l'âge des tentations, de la recherche des risques, ainsi que des premières frustrations. Certains adolescents iront chercher dans la pornographie un défi, une rébellion face aux modèles familiaux. C'est exactement la même logique qui peut intialement inciter un ado à consommer du tabac ou du cannabis par exemple. D'autres, timides et peu confiants en eux-même, ou socialement faiblement intégrés, seront naturellement séduits par les chaleureuses sirènes du monde pornographique. Il faut rappeler qu'aujourd'hui, la moitié des adolescents de 11 ans ont déjà vu un film pornographique ! La très grande majorité découvre la pornographie avant la sexualité. De manière générale, les adolescents dont les parents ne surveillent plus les comportements à la maison, sont plus facilement exposés (7). Pour nombre d'entre eux, la pornographie est d'abord passée par l'écran de la télé un soir de liberté, ou alors par le PC installé dans la chambre. Le Fil Santé Jeunes est un numéro anonyme et gratuit (faites le 32 24) , appelable tous les jours de 8 heures à minuit, vers lequel les adolescents peuvent se tourner pour faire part de leurs problèmes.Ces responsables témoignent recevoir de plus en plus d'appels d'adolescents débordés par leur excitation sexuelle permanente, causée par une addiction aux films pornographiques. Ces derniers souffrent aussi de ne pas voir de vie amoureuse en parallèle (2) Si vous pensez que votre adolescent est un consommateur de pornographie, l'article "Comment aborder la question de la pornographie", vous aidera à faire face à la situation, notamment en vous permettant de distinguer ce qui relève de la consommation occassionne, et de celle causée par une véritable addiction. Les personnes en état de fragilité affective De nombreuses dépendances pornographiques ont commencé suite à une série d'échecs amoureux, une rupture difficile ou des tensions dans le couple. Ce genre de situations isole les individus, qui vont alors chercher dans la pornographie un échappatoire, un confort, ou un remède à leurs problèmes. Ils finissent alors par se convaincre que le monde pornographique, "émotionnellement froid", est beaucoup plus supportable que la réalité. Ce n'est évidemment pas la bonne solution, dans la mesure où la pornographie ne va faire que renforcer l'isolement des dépendants. Elle "déconnecte" les dépendants du monde réel, en les installant de façon durable dans leur solitude. Les personnes atteintes de frustration sexuelle Nous vivons dans un monde dit "hypersexué" . En effet, notre réalité contemporaine déborde d'images pornographiques : unes de journaux de charme librement exposées en maisons de presse, publicités aguichantes pour du parfum ou autre, allusions commerciales diversement grivoises… Ce monde sexuellement agressif qu'on nous impose sollicite de façon permanente nos pulsions. La pornographie agit alors comme "miroir aux alouettes". Elle prétend offrir à ses clients un monde sexuellement parfait, où tous les fantasmes prennent corps, et où toutes les frustrations se libèrent. Une personne en parfait état d'équilibre sexuel saura relativiser le message pornographique, et savoir que ce qu'elle voit est complètement irréel. Mais les frustrés croieront voir en la pornographie un exultoire à leurs pulsions. Rappelons que la frustration est le moteur essentiel de la pornographie : elle promet de la résoudre, et en même temps, elle l'entretient. Elle n'est pas la solution mais le problème (2) Rappelons que la pornographie est un marché économique de première importance ; au même titre que l'industrie du tabac, elle "fidélise" ses clients en les rendant accrocs. Les solitaires L'abîme pornographique pourrait facilement apparaître comme une solution pour tromper l'ennui et la solitude. C'est pour cela que la consommation de pornographie est plus forte chez les célibataires endurcis et les étudiants par exemple. Le dépendant se réfugie dans la pornographie, faute de "mieux"; puis, justement, à cause de la pornographie, il ne cherche plus à trouver mieux. De surcroît, en l'absence d'un réseau social, les solitaires ne risquent pas de rencontrer de freins à leurs pratiques de dépendance (nombre de femmes n'acceptentpas en effet que leur compagnon consomme de la pornographie) La consommation de pornographie devient alors un inévitable passe temps, pour éviter de se remettre en cause. On consomme de la pornographie, pour ne pas avoir à se demander pourquoi on consomme. De surcroît, la consommation de pornographie elle-même -sauf exceptions - se fait en cachette. Le dépendant ressent un mélange de honte et de culpabilité, qu'il a rarement envie de partager. C. Combien sont les pornodépendants ? Difficile à estimer ! Aucune étude quantitative ne s'est posée sur ce phénomène encore peu étudié. Les données existantes relèvent donc plutôt de l'estimation, que de l'analyse scientifique. 6 à 9% des surfeurs sur Internet seraient accros à la pornographie. Pour Patrick Carnac, fondateur de l'association américaine Sex Addicts Anonymous, 14 millions d'Américains souffrent de syndrome de la dépendance au sexe (sans qu'il s'agisse pour tous de dépendance pornographique, même si celle-ci est très présente dans toutes les dépendances sexuelles) (9) En tout cas, les dépendants sont de plus en plus nombreux. Les psychiatres et les psychologues cliniciens ont en effet constaté une progression constante de leur nombre. Rappelons que, dans le même temps, l'imprégnation et l'acceptation de la pornographie dans notre société se renforce. Internet y joue indéniablement un rôle. En effet, le web a fait s'effondrer les deux principales barrières à une consommation massive de pornographie : le coût (un nombre illimité de supports pornographiques sont en accès libre) , et la culpabilisation sociale (la consommation sur le Net est discrète et anonyme ; peu de risques de "se faire prendre" , comme auparavant à la sortie d'un cinéma porno ou d'un sex-shop) D. La dépendance pornographique est-elle une "vraie" maladie ? La dépendance pornographie est un sujet d'étude gênant. Car la pornographie, et le sexe en général, ont dans notre société une dimension ludique. Les associer à l'idée de trouble, de maladie, de dépendance, c'est aller a contrario de l'idée dominante. De surcroît, on fait souvent rimer sexe, liberté sexuelle et liberté d'expression. Exprimer ses réserves sur la pornographie revient à être rapidement catalogué comme un réactionnaire ou un censeur (9) Aussi, pendant longtemps, seule une poignée de spécialistes se sont penchés sur la question. En 1988, les psychiatres nord-américains Reed et Blaine ont élaboré un modèle de processus d'addiction sexuelle, en quatre phases (phase obsessionnelle, phase d'exécution de rituels, phase d'agir sexuel, phase de désespoir) (5). Ce modèle reconnaissait déjà un aspect addictif à la pornographie. Dans les années 1990, le docteur Young Kimberley, à l'Université de Pittsburgh, a lancé les premières recherches sur les dépendances liées à Internet (dont la dépendance pornographique). Ses travaux, ainsi que ceux d'autres psychiatres américains, ont démontré la nocivité de la consommation de sexe en ligne. Enfin, en 2000, s'est tenu à Zurich la première conférence mondiale sur le thème. S'y sont réunis des médecins, psychologues, sociologues, juristes et spécialistes du monde entier. (4) Le sujet, aujourd'hui, intéresse plus massivement la communauté scientifique qu'auparavant. Cela est principalement dû à la banalisation de la pornographie dans notre société. Toutefois, dans le débat public, il reste très ardu de parler de ce genre de questions. Autrefois, on n'évoquait pas les questions tournant autour de la sexualité par pudeur, ou interdit social. Aujourd'hui, on en parle de façon beaucoup plus facile, mais le plus souvent sous un angle ludique ou commercial. Il est encore aujourd'hui très difficile de présenter le sexe comme un objet d'étude sérieux. La pornodépendance est évoquée selon les spécialistes, soit comme un trouble de conduite, une maladie obsessionnelle et compulsive, ou un trouble pulsionnel. Nous ne rentrerons pas ici dans ce débat scientifique. Ce qui est intéressant ici, c'est de retenir que la dépendance pornographique, désormais, est reconnue comme un problème suffisamment majeur pour mettre en interrogation le monde scientifique. Toutefois, que l'on considère la dépendance pornographique comme une maladie ou non, il ne faut jamais perdre de vue la dimension perverse de cette consommation. En effet, les dépendants, pour nombre d'entre eux, voient dans les jeunes femmes qui les accompagnent dans leur vie, des objets sexuels disponibles. Certains passeront "le cap" , du fantasme au réel, par la recherche d'aventures par exemple. D'autres malheureusement, violeront. Le dépendant doit donc en permanence travailler sur la canalisation de ses fantasmes. Il est en effet beaucoup trop facile de se déresponsabiliser en se disant que c'est une maladie, et que donc, on n'y peut rien. II. LA PORNOGRAPHIE : UNE DROGUE ET SES EFFETS A. La pornographie est-elle vraiment une drogue ? Bien sûr ! A doses excessives, la pornographie provoque chez le dépendant une addiction similaire à celle engendrée par les autres toxicomanies. L'amateur de pornographie recherche avant tout une sensation forte, une sorte de poussée d'adrénaline. Or, l'adrénaline produit dans le cerveau ce qu'on appelle la dopamine. La dopamine est une molécule, secrétée par l'hypothalamus, qui entraîne la sensation de bien-être (5). Il est d'ailleurs à ce titre utile de rappeler que les images à caractère sexuel ont, par essence, un extraordinaire potentiel excitant. Elles sont donc particulièrement aptes à faire secréter une forte de dose de dopamine. On peut en venir à être rapidement dépendant de cette réponse chimique, et à chercher ainsi à renouveler sans cesse son plaisir. Le drogué est donc plus accro à ses propres hormones qu'a la drogue elle-même. Il en va de même pour l'excitation sexuelle. L'homme stimulé de manière régulière par des représentations explicites peut en effet concevoir un état de dépendance à ses "shoots" de testostérone. Et chercher, par conséquence, à reproduire le plus souvent possible les conditions dans lesquelles il les a ressenties. (6) Mais la surconsommation entraîne une accoutumance à cette poussée d'adrénaline. Le dépendant est alors contraint à la surconsommation, afin de pouvoir continuer à retrouver l'excitation des premiers jours. Il va donc "augmenter" les doses, ou "améliorer" le produit, ce qui, pour la pornographie, se traduit par la recherche de représentations sexuelles toujours plus extrêmes et violentes. Le consommateur entre alors dans un cercle vicieux : parce qu'il ressent le besoin de consommer de la pornographie, il en consomme ; parce qu'il en consomme, il en ressent le besoin. Et cela, les pornocrates l'ont parfaitement compris de longue date ! La frustration est pour eux la garantie de consommateurs acquis à leur business (12).
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120980
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Commentaires pour cette histoire  Ajouter un commentaire

Par Belle de nuit | le 07/01/11 à 02:04

Tu as plus que raison.et bientôt cela deviendra un fléau.Cela brise des vies.

Par AFREG | le 04/11/15 à 22:13

Bonjour,

Je suis AFREG, le webmaster du www.pornodependance.com, d'où ce texte a été copié-collé.

Mon site traite de l'addiction à la pornographie. Cette forme d'addiction est en grande partie liée à l'essor d'Internet, qui donne accès à une infinité de contenu X à l'Internaute, sans qu'aucun contrôle ne semble possible.
Les effets de l'addiction à la pornographie sont nombreux: dérive vers une sexualité violente, problèmes de couple, problèmes érectiles... Le porno a une telle prégnance dans notre société contemporaine, que le problème est susceptible de toucher aujourd'hui tout le monde.. Mon site propose un forum où les dépendants et leurs proches peuvent venir s’exprimer librement et s’entraider. Le tout est évidemment entièrement bénévole et GRATUIT.

Merci ! AFREG.

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